Les craquements d’un système économique mondial à bout de souffle, incapable de relever les défis climatiques, sociaux et sociétaux, n’ont cessé de s’intensifier ces dernières années. Avec le recul, ce début d’année 2026 sera sans doute vu comme le point de bascule. Le sommet de Davos en Suisse, où les responsables politiques et économiques (les « élites mondiales ») se réunissent depuis cinquante ans, a illustré à lui seul ce moment de rupture.

Quelque chose d’irrémédiable s’est produit entre les alliés occidentaux et dans le capitalisme lui-même : le néolibéralisme, qui a dominé l’économie mondiale pendant plus de trois décennies, est mort lors de ce sommet du Forum économique mondial. Donald Trump l’a tué.
Attendu comme un roi, le président américain a monopolisé l’attention, comme à son habitude. Déchirant toutes les conventions admises, il a imposé avec brutalité et vulgarité son agenda. Plus question de s’embarrasser des principes de liberté, de démocratie, de règles de droit, derrière lesquelles le capitalisme essayait de s’abriter pour justifier ses dysfonctionnements.
Pour Donald Trump, l’ère d’un capitalisme autoritaire et prédateur est venue. Tout doit être mis au service des intérêts de l’Amérique d’abord, et des siens propres ensuite. L’enrichissement personnel, les conflits d’intérêts et la corruption sont devenus des pratiques ouvertement assumées par le résident de la Maison-Blanche et par son entourage.
« Parfois, on a besoin d’un dictateur », a-t-il lancé, sans guère créer de remous. Depuis un an, les dirigeants du numérique et des multinationales américaines, tout comme les milliardaires de tout poil, se sont parfaitement accommodés du tournant illibéral de sa présidence et sont prêts à l’accompagner dans son durcissement. Au risque d’accélérer le chaos et la ruine.
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