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L’ex-sénateur Joël Guerriau condamné à quatre ans de prison, dont 18 mois ferme
Des manquements au protocole dans la mort d'Alex Pretti, le futur remaniement du gouvernement Lecornu, rapport annuel sur l'immigration, les crises les moins médiatisées sont africaines.
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L’ex-sénateur Joël Guerriau condamné à quatre ans de prison, dont 18 mois ferme
L’ex-sénateur Joël Guerriau a été condamné à quatre ans de prison, dont 18 mois ferme avec mandat de dépôt à effet différé, pour avoir drogué en vue d’agresser sexuellement ou de violer la députée Sandrine Josso, à Paris, en novembre 2023.
L’ancien élu, âgé de 68 ans, a également été condamné à une obligation de soins, une peine d’inéligibilité de cinq ans et une interdiction d’entrer en contact avec la victime. Il devra par ailleurs l’indemniser à hauteur de 9 000 euros, dont 5 000 euros de préjudice moral. Le tribunal l’a également reconnu coupable de détention de stupéfiants.
Le tribunal a décerné un mandat de dépôt à effet différé mais sans exécution provisoire. Celui-ci sera suspendu par l’appel du sénateur, que son avocat a annoncé dès la sortie de l’audience.
Le procureur et la partie civile ont déploré des propos “indélicats” de Joël Guerriau vis-à-vis de Sandrine Josso à l’audience. Il a notamment salué le combat législatif de la députée contre la soumission chimique, qu’elle mène depuis les faits dont elle l’accuse, affirmant que “des gens” y avaient vu un choix “calculé” de la députée pour faire avancer sa carrière politique.
L’ex-sénateur Horizons a néanmoins longuement présenté ses excuses à Sandrine Josso. “J’ai reconnu ma faute, j’étais stupide, j’étais ridicule”, a-t-il lancé, estimant qu’il avait été un “apprenti sorcier” en conservant pendant des mois de la MDMA avec lui sans avoir connaissance de ses effets.
“Je voudrais qu'elle sache que je n'avais pas de mauvaise intention à son égard”, a-t-il ajouté, alors que les deux parties ont témoigné de la relation d'amitié qui les unissait depuis une dizaine d'années avant les faits. De son côté, Sandrine Josso a dit ne pas croire à l'erreur de manipulation plaidée par le prévenu et est revenue en détail sur le traumatisme psychologique et les problèmes de santé qu'elle connaît depuis cette soirée.
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Mort d’Alex Pretti : Stephen Miller reconnaît de possibles manquements au protocole
Stephen Miller, très influent et très radical conseiller de Donald Trump, a déclaré que la mort Alex Pretti à Minneapolis pouvait résulter d’un manquement au “protocole” des agents fédéraux qui l’ont tué.
“Les renforts envoyés dans le Minnesota pour une mission de protection devaient être utilisés pour conduire des opérations rapides créant une barrière entre les équipes procédant aux arrestations et les perturbateurs. Nous examinons pourquoi l’équipe de la police de protection des frontières pourrait ne pas avoir suivi le protocole”, a-t-il écrit dans une déclaration transmise à l’AFP.
C’est un net changement de ton de sa part. Après la mort d'Alex Pretti, Stephen Miller avait pris la défense des agents de la police aux frontières qui ont abattu cet infirmier de 37 ans, en le traitant d'“assassin en puissance”. Mais la présidence américaine a changé de discours. Le décès d'Alex Pretti est une “tragédie” et le président américain “ne veut pas voir de gens blessés ou tués dans les rues”, a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt. Des agents fédéraux ont commencé à quitter Minneapolis. “J'ai parlé avec le président Trump aujourd'hui et j'ai apprécié la conversation”, a déclaré le maire Jacob Frey.
Pourquoi Sébastien Lecornu compte remanier son gouvernement
Sébastien Lecornu a sans doute sauvé sa place à la tête du gouvernement, mais tous ses ministres ne peuvent pas en dire autant. “Le Premier ministre réfléchit à proposer au président de la République un ajustement gouvernemental, après la séquence budgétaire, si elle se termine bien”, a fait savoir son entourage. Ce remaniement pourrait intervenir à partir de la mi-février, une fois le budget adopté, avant que la campagne officielle des municipales commence.
Il s’agit avant tout de pallier le départ de Rachida Dati. La ministre de la Culture a assuré qu’elle renoncerait à son portefeuille pour se consacrer à sa tentative de conquête de la mairie de Paris. Mais Sébastien Lecornu a bien l’intention de ne pas se cantonner aux seuls cas des ministres candidats.
Parmi les noms cités comme menacés, celui de Marie-Pierre Vedrenne, la ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. L’ex-eurodéputée avait créé un couac gouvernemental en estimant que la naturalisation de George Clooney et sa famille n’envoyait pas “le bon message”. Sauf que cette procédure avait été enclenchée sur proposition de son collègue, Jean-Noël Barrot, le ministre des Affaires étrangères. Plus largement, son action est critiquée, assure une source gouvernementale.
À l’heure de ce premier bilan, les ministres recrutés au sein de la société civile seront parmi les plus scrutés. Nommé à l’Education nationale, Edouard Geffray, haut fonctionnaire et ancien directeur général des ressources humaines du ministère, s’attire les louanges de ses collègues. Mais tous les nouveaux visages découverts en octobre n’ont pas connu la même réussite.
Le nom de Monique Barbut, la ministre de la Transition écologique, revient souvent dans les conversations au sein de l’exécutif. Certains au gouvernement s’étonnent de sa très grande discrétion, elle qui fuit les plateaux télévisés et ne possède pas de comptes sur les réseaux sociaux.
L’ancienne envoyée spéciale d’Emmanuel Macron sur le climat a déjà mis sa démission dans la balance alors qu’un différend l’a opposée à la ministre des Outre-Mer sur une proposition de loi d’un sénateur guyanais voulant autoriser les recherches d’hydrocarbures dans les territoires ultramarins.
Gérald Darmanin ne devrait pas échapper à une conversation avec Sébastien Lecornu, dont il est très proche, sur son avenir au gouvernement et son intention de le quitter ou pas. Le locataire de Matignon tient à dresser une frontière étanche entre ses ministres et la campagne présidentielle.
Rapport annuel du ministère de l’Intérieur sur l’immigration
Le ministère de l’Intérieur a publié ses premières données provisoires sur l'immigration en 2025. Une année qui a vu une hausse des premiers titres de séjour accordés par la France, portée par les motifs humanitaires et les étudiants, tandis que l'immigration économique marquait le pas. Dans le même temps, les expulsions ont été plus nombreuses et les naturalisations ont ralenti, après un durcissement des conditions d'accès à la nationalité française.
La France a délivré 384 000 premiers titres de séjour en 2025, soit 39 000 de plus qu’en 2024. Cette augmentation est portée principalement par ceux qui ont été accordés pour un motif humanitaire – près de 93 000, soit 36 000 de plus que l’année précédente. Une hausse très nette est donc observée pour cette catégorie, qui comprend essentiellement les titres attribués aux réfugiés et aux bénéficiaires de la “protection subsidiaire”, destinée aux demandeurs d’asile menacés dans leur pays.
Les étudiants étrangers sont l’autre moteur de la hausse, et restent la première catégorie de bénéficiaires. Près de 118 000 titres leur ont été accordés en 2025, soit 6,4% de plus qu’en 2024. Les titres de séjour pour motif économique sont, en revanche, en recul. L’immigration familiale, elle, reste stable par rapport à l’an passé.
Les trois pays du Maghreb arrivent en tête, avec un quart des titres. Mais leurs ressortissants ont été moins nombreux à recevoir un titre de séjour qu’en 2024 : -2,3% pour les Marocains, -4,6% pour les Algériens et -6,2% pour les Tunisiens.
On observe surtout une augmentation des premiers titres délivrés à des ressortissants ukrainiens et afghans, pour des motifs humanitaires. Les bénéficiaires ukrainiens ont été multipliés par quatre entre 2024 et 2025, avec 14 400 primo-délivrances. Les ressortissants afghans enregistrent une hausse de 45,8%.
Le nombre de demandes d’asile a nettement diminué en un an (-10,1%). Pour autant, les décisions favorables progressent. Les attributions de l’asile augmentent de 12,1%, avec un taux d’accord de protection qui atteint 52,1%. Concrètement, plus d’une demande d’asile sur deux a été acceptée.
Parallèlement à l'augmentation des admissions, les éloignements du territoire ont fortement progressé. Un terme qui recouvre à la fois les départs contraints sous escorte, les départs volontaires accompagnés par l'Etat et les départs dits spontanés après décision administrative. Au total, on compte près de 25 000 éloignements en 2025, soit 15,7% de plus qu'en 2024. Les départs contraints, c'est-à-dire les expulsions, augmentent de plus de 21%.
Au total, en 2025, 62 235 personnes ont obtenu la nationalité française (contre 66 745 naturalisations en 2024), soit un recul de 6,8%. La baisse touche surtout les naturalisations par décret, en recul de 13,5%, après la mise en œuvre d’une circulaier de mai 2025 de Bruno Retailleau.
Selon le rapport, au 31 décembre 2025, 4,47 millions de titres de séjour étaient valides en France, soit 3,2% de hausse en un an. Dans le même temps, le nombre de visas délivrés a augmenté de 3,5%, mais moins vite que le nombre de refus, en hausse de 6,3%.
Au 1er janvier 2024, l’Insee estimait à environ 6 millions le nombre d’étrangers résidant en France, soit 8,8% de la population totale de 68,4 millions de personnes. Parmi ces 6 millions, 5,1 millions sont immigrés, c’est-à-dire nés à l’étranger. Les autres sont nés en France, très majoritairement des mineurs qui pourront devenir Français à leur majorité. Les trois pays d’origine les plus importants des immigrés sont l’Algérie, le Maroc et le Portugal.
80% des crises les moins médiatisées se situent en Afrique
“80% des crises les moins médiatisées se situent en Afrique et souffrent d’un sous-financement systémique de l’aide”, alerte l’ONG Care qui publie la 10e édition de son rapport annuel “sur les dix crises humanitaires passées sous silence dans les médias”.
Depuis dix ans, “le continent africain est, chaque année, largement oublié par les médias. En 2025, près de 43 millions de personnes sont affectées par les dix crises humanitaires les moins documentées au monde, dont près de 80% se situent dans des pays africains”, insiste Care.
Le nombre d’articles publiés en ligne sur “les dix crises les moins documentées” a connu une diminution de plus de 55% en 2025. “Ces crises sont en train de disparaître complètement des radars, même auprès des médias qui en parlaient au moins un peu”, peut-on lire dans ce rapport.
L’invisibilisation de ces crises a des conséquences directes pour les personnes affectées par les guerres, les catastrophes naturelles et la faim car elle se traduit par moins de financements, moins d’aide humanitaire et davantage de vies en danger. Informer reste l’un des leviers essentiels pour mobiliser l’action politique et la solidarité.
La 10e édition du rapport annuel de l’ONG CARE sur les dix crises humanitaires passées sous silence rappelle le contexte troublant dans lequel paraît cette étude avec “près de la moitié des financements publics mondiaux de l’aide humanitaire qui ont disparu en dix ans”. Par ailleurs, cette étude confirme année après année que “le changement climatique est désormais un facteur commun à l’ensemble des crises du classement”.
Le classement des dix crises oubliées en 2025 :
1/ République centrafricaine : déplacement d’1 Centrafricain sur 5
2/ Namibie : sécheresse inédite depuis 100 ans
3/ Zambie : sécheresse historique et pire crise alimentaire jamais connue en Afrique Australe
4/ Malawi : 6.1 millions de personnes en situation d’urgence et plusieurs zones déclarées en état de catastrophe naturelle
5/ Honduras : l’un des pays les plus pauvres et les plus exposés aux chocs climatiques d’Amérique latine
6/ Corée du Nord : plus de 10 millions de personnes souffrant de malnutrition
7/ Angola : 1,3 million d’enfants ayant besoin d’aide humanitaire
8/ Burundi : 2,7 millions de personnes en zone rurale menacées d’insécurité alimentaire
9/ Zimbabwe : 7,6 millions de personnes en situation d’urgence humanitaire
10/ Madagascar : 2,3 millions d’enfants ayant besoin d’aide humanitaire et 4 cyclones au cours du premier semestre de l’année
Entretien avec Marc Chesney
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