Il y a deux ans, après la publication d’une tribune1 dans le journal le Monde, pour que « l’école publique, laïque, gratuite et obligatoire soit la priorité du pays », se mettait en place le collectif « Pour l’École publique, laïque ». La Convergence Nationale des collectifs de défense et de développement des Services Publics ne pouvait qu’être intéressée par la démarche de ce collectif qui regroupe une vingtaine d’organisations non réunies depuis 1994 (organisations syndicales -FSU, UNSA, CGT, SUD- et associations- comité national d’action laïque, UFAL, libre pensée, ...) Parce que le service public est un vecteur essentiel de l’intérêt général. Parce que l’école publique laïque propose une scolarisation à tous les jeunes et que cette école dont l’accès est gratuit doit être la priorité de notre pays. Parce que face aux crises que traverse notre société il est plus que jamais nécessaire de faire société, et l’école publique laïque doit revenir au centre de cette ambition . Parce qu’elle doit faire l’objet de politiques qui assurent la mixité sociale. Au delà des scandales qui ont pu révéler au grand jour des conceptions inacceptables de l’éducation dans certains établissements privés, au-delà de l’atteinte au principe de laïcité représentée par la loi Debré ( financements accordés aux écoles privées sous contrat) et le manque de contrôles des sommes allouées, dénoncé par la Cour des Comptes et un rapport parlementaire, le financement public du séparatisme social n’est pas acceptable. Les élèves issus des familles très favorisées constituaient en 2000 26,4 % des effectifs des écoles privées sous contrat. Ils en représentaient 40,2 % en 2021 ! Or, elles sont financées aux trois quarts par l’argent public (État et collectivités locales). « L’argent public doit permettre aux services publics, ici à l’École publique, de renforcer sur tout le territoire national l’égalité dans l’accès aux savoirs, donc les perspectives d’émancipation pour chaque élève », affirme le collectif. D’où sa volonté de proposer un plan de sortie progressive du financement public de l’école privée. Dans un premier temps, à l’approche des élections municipales, le Collectif a élaboré un document (lien en fin d’article), qui vient de faire l’objet d’une conférence de presse le 12 janvier, pour aider les futurs élus à décrypter les textes en vigueur sur les obligations de financement de l’école privée. Il s’agit de leur donner un point d’appui pour diminuer de façon significative le montant de forfait communal qui doit être versé aux écoles privées, alors que certaines communes contribuent davantage que ce que leur impose la loi. Et cela dans un contexte budgétaire pourtant contraint ... Il s’agit aussi de mener une campagne d’opinion auprès de la population pour permettre d’aller plus loin , notamment par voie législative, dans la volonté d’une sortie progressive du financement public des écoles privées. Alors que la Convergence a entrepris de faire campagne pour placer la question des services publics au cœur des enjeux des élections municipales, en vue d’une égalité d’accès aux droits à l’école comme pour d’autres services publics, sans discrimination, elle en appelle, avec le Collectif, aux futurs élus communaux pour qu’à titre de première étape, les communes ne financent pas l’école privée au-delà de leurs obligations légales. Et pour permettre un débat serein sur cette question, elle en appelle aussi à une parfaite transparence. Merci à chacun et chacune de faire vivre ce débat dans les territoires, il est primordial pour la jeunesse et pour l’école.
1 À lire en page 15 du dossier ci-dessous
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