| | HADRIEN MATHOUX RÉDACTEUR EN CHEF POLITIQUE Gare à l'hirondelle des européennes
Quiconque a déjà visionné une soirée électorale connaît par cœur cette triste farce : lorsque la participation atteint des niveaux particulièrement décevants, chaque responsable politique entame sa première intervention d'un air grave, affirmant qu'il a compris le message envoyé par les Français qui ont boudé les urnes. Puis chacun y va de son analyse, comme si ce qui avait précédé ne recelait plus aucune importance.
Les européennes se prêtent particulièrement bien à ce type de pantalonnades. Puisqu'elles ont lieu trois ans avant la présidentielle, et opposent des forces politiques nationales, stratèges et analystes ont tôt fait de les considérer comme un grand sondage, susceptible de dicter les rapports de force en prévision du scrutin suprême. Et peu importe si, généralement, moins d'un Français sur deux s'y intéresse au point d'aller voter.
Depuis une trentaine d'années, on a ainsi vu annoncer le triomphe des souverainistes, l'émergence de mouvements ruraux, la nouvelle hégémonie des écologistes à gauche, sans que jamais les hirondelles de l'élection européenne ne soient suivies d'un printemps présidentiel. En cette année 2024, la tendance est ainsi de claironner que le succès de l'entreprise Glucksmann signe le grand retour de la social-démocratie à gauche.
Rien n'est moins certain, mais on peut être sûr d'une chose : chacun tentera d'interpréter le vote du 9 juin à son avantage. L'enjeu réel des européennes réside sans doute ailleurs, dans la survie à long terme de formations politiques en difficulté comme Reconquête, le Parti communiste français ou Les Républicains, qui prieront pour atteindre la barre des 5% et envoyer des députés au Parlement de Bruxelles. Twitter @hadrienmathoux
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