Vous saviez qu'en France, 1 enfant sur 100 naît avec un trouble du spectre autistique ? Il manquerait entre 30 000 et 47 000 places en établissements médico-sociaux pour que chacun ait une solution adaptée à ses besoins. Pour illustrer ça, on est allés visiter Sihem et son fils Adam, atteint d'autisme sévère, pour comprendre à quoi ressemble leur vie sans prise en charge appropriée : "Il se tape parce qu'il angoisse. Il se tape quand il veut quelque chose et qu'il n'arrive pas à se faire comprendre. Il peut se taper par frustration. Il peut se taper parce que je me suis lâché les cheveux. C'est pour ça que mes cheveux sont toujours attachés."
C'est comme ça que Sahem, 34 ans, décrit son quotidien avec Adam. L'autisme dont il est porteur le pousse à adopter quotidiennement des comportements violents envers lui-même et les autres.
À 6 ans, Adam doit encore être sorti en poussette parce qu’autrement, il risque de se mettre en danger. Dans la rue, les gens les regardent en croyant qu'il est battu. Mais Sahem porte elle-même les traces des coups et des griffures d'Adam sur le corps :
"Avant, il se tapait un peu la tête contre le sol. Maintenant, c'est des gros coups de poing et il s'en prend à nous, chose qu'il ne faisait pas avant. S'il n'est pas pris en charge rapidement, ce comportement va s'installer."
Depuis 1 ans, Sahem attend d'obtenir de l'aide auprès d'un Institut médico-éducatif, afin de tempérer ces comportements violents mais aussi de le socialiser. Mais la place manque :
"Je ne comprends pas pourquoi on laisse des parents en détresse. Il en va de sa vie parce que plus il sera pris en charge tard, plus ce sera compliqué. Il en va aussi de ma vie et celle de mon mari (...). Il ne faut pas attendre un mort, mon cas n'est pas isolé."
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