L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES
par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI.
Avant les élections, nous avions, dans ces colonnes, prévenu : s’ils se soumettent au
TSCG, président et gouvernement, quels qu’ils soient, seront amenés à poursuivre et aggraver la politique de Sarkozy.
Où en sommes-nous ? Ayrault vient d’annoncer que l’objectif de 3 % de déficit public ne serait pas tenu en 2013. La mécanique infernale se met aussitôt en route. La France étant inscrite sur la liste des Etats à la dérive, Bruxelles a le choix : ou bien imposer de procéder, tout de suite, aux coupes permettant de retrouver les 3 % dès 2013 ; ou bien admettre le report à 2014, à condition que le gouvernement français ait, sous deux mois, « fourni les efforts structurels » nécessaires. Dans le cas contraire, l’Union européenne pourrait imposer des sanctions dès le mois de mai. Ainsi va la dictature du TSCG !
Aussitôt, Hollande et Ayrault s’exécutent. Ils décident de nouvelles mesures pour faire payer les retraités, les familles (fiscalisation des allocations familiales), et les chômeurs. Des coupes massives sont annoncées dans les dotations de l’Etat aux collectivités territoriales invitées à sabrer à la hache dans les services publics. Le calendrier parlementaire s’accélère. En quelques mois, devraient être adoptés la réforme Peillon, l’acte III de la décentralisation, la réforme des universités et
la transposition de l’accord Medef-CFDT. Cette dernière étant, on l’a compris, la réforme des réformes, démembrant le Code du travail, dont
l’OCDE, réunie en ce moment, exige que la France y consacre des efforts particuliers.
Certes, on peut s’amuser avec les mots, et prétendre, comme le gouvernement, qu’il ne s’agit pas d’austérité mais de « gestion rigoureuse » (1). Mais, les faits sont les faits. Alors que près de 70 000 emplois marchands ont été détruits en France en 2012 ; alors que les plans de licenciements succèdent aux plans de licenciements ; alors que par millions, travailleurs, jeunes, paysans, retraités sont menacés de s’enfoncer dans une véritable misère, ne disposant même pas des moyens de survivre ; les mesures annoncées ces derniers jours par le gouvernement constituent bien un plan de guerre contre les travailleurs et la jeunesse, ainsi contraints à une légitime défense.
Après le 12 février qui a vu les enseignants, du premier degré surtout, dresser leur grève massive contre le décret sur les rythmes scolaires et la réforme Peillon, se profile à présent le 5 mars. Dans tout le pays, travailleurs, militants et organisations saisissent
l’appel des deux confédérations FO et CGT pour bloquer la transposition de l’accord scélérat Medef-CFDT, et comme un point d’appui pour organiser la résistance contre les politiques anti-ouvrières et antisociales.
Cette résistance est légitime, nécessaire, conforme à la démocratie (2).
Et au plan politique, cela ramène au point de départ : rupture avec l’Union européenne, abrogation du TSCG et de l’ensemble des traités européens qui ne sont que des instruments du capital financier et de la classe exploiteuse ! Dehors la troïka et ses plans ! Dehors les contre-réformes et attaques anti-ouvrières que ce gouvernement au service de l’Union européenne et du capital financier prétend imposer !
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(1) On se souvient de Delors et de sa « parenthèse » de la rigueur… qui a duré trente ans !
(2) Il ne suffit pas, comme le fait L’Humanité, de dénoncer « un tour de vis de trop », ou de proposer : « D’autres voies sont possibles. » Faut-il, oui ou non, aider les travailleurs à bloquer par leur lutte de classe les coups qui leur sont portés ? Faut-il rompre avec l’Union européenne et les traités ? Questions incontournables.