La grève générale et des manifestations massives font trembler le régime islamiste tunisien soutenu par les États-Unis
Par Barry Grey
11 février 2013
Des dizaines de milliers de Tunisiens ont manifesté vendredi pour commémorer la mort du politicien laïc d'opposition Chokri Belaid et demander le départ du gouvernement islamiste soutenu par les États-Unis.
Une grève générale d'une journée appelée par l'Union générale du travail de Tunisie (UGTT) a fermé des usines des banques des bureaux, des écoles et des commerces dans la capitale et d'autres villes et la compagnie aérienne publique Tunis Air a annulé tous ses vols. Mais les bus ont néanmoins continué à circuler.
C'était la première grève générale en Tunisie depuis 35 ans.
Belaid, 48 ans, membre dirigeant du mouvement libéral de gauche des Patriotes démocrates, l'un des douze partis qui constituent la coalition du Front populaire, a été abattu mercredi lorsqu'il quittait sa maison dans le quartier Jebel al-Jaloud de Tunis pour se rendre au travail. Son assassin a pris la fuite à moto.
Si personne n'a revendiqué l'assassinat, la veuve de Belaid a accusé le gouvernement du parti Ennahda de s'être allié à des salafistes d'extrême-droite pour assassiner son mari. Belaid avait fortement critiqué Ennahda, parti issu des Frères musulmans, pour avoir laissé des salafistes attaquer des cinémas des théâtres, des bars et des groupes laïcs ces derniers mois. Il avait publiquement déclaré qu'il était la cible de menaces de mort répétées et avait demandé la protection de la police.
Plus de 50.000 personnes se sont rassemblées près du foyer de Belaid vendredi et ont défilé jusqu'au cimetière de Jallaz, où il a été enterré. Ils scandaient des slogans anti-gouvernementaux et révolutionnaires comme «Le peuple veut une nouvelle révolution» et «Le peuple veut la chute du régime».
Le cortège funéraire demandait également «Du pain, la liberté et la justice sociale», l'un des principaux slogans de la révolution de 2011. À l'enterrement, les manifestants ont appelé Rachid Ghannouchi, chef d'Ennahda, «un boucher et un meurtrier»...
Pour lire la suite de l'article,cliquer sur le lien ci-dessous