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vendredi 19 juin 2026
Marianne : - Circulaire Lecornu contre la drogue dans les ministères : des protestations stupéfiantes - Vendredi 19 juin 2026
Hadrien Mathoux
Directeur adjoint de la rédaction
Circulaire Lecornu contre la drogue dans les
ministères : des protestations stupéfiantes
L'annonce glace les échines dans les ministères, elle fait passer des sueurs froides dans les directions générales et provoque des frissons d'effroi dans les grands corps de l'Etat. Le site Politico a révélé que Sébastien Lecornu a envoyé ce mardi 16 juin à tous les ministres de son gouvernement une circulaire les sommant d'organiser les dépistages des membres de leurs cabinets et des hauts fonctionnaires nommés en conseil des ministres. En clair : s'assurer, via des tests salivaires inopinés, que les équipes gouvernementales ne travaillent pas sous l'emprise de stupéfiants. Des dépistages réguliers devront désormais être organisés. Le Premier ministre lui-même s'est plié à l'exercice, avec un test négatif.
L'initiative de Matignon provoque un vif mécontentement chez certains concernés. On pointe une mesure « démago ». Gabriel Attal, président du groupe Renaissance à l'Assemblée, refuse le dépistage de ses collaborateurs et des députés macronistes, affirmant qu'il n'a « pas de suspicions » — curieux, dans ce cas, de refuser de se plier à un banal test qui confirmerait l'inanité des soupçons. Toujours auprès de Politico, un directeur de cabinet ministériel s'épanche, brocardant la « bande de préfets et de miloufs un peu hystériques qui sont autour du Premier ministre. Ils ont un côté "ordre public" assez caricatural ».
On se pince pour y croire, et mesurer la désinvolture et le mépris pour l'autorité de l'Etat qui exhalent de cette incartade. Car la circulaire du Premier ministre vient à point nommé, dans un pays où la consommation de drogues illégales atteint de nouveaux sommets chaque année. Les cercles politiques ne sont pas épargnés, loin s'en faut, par ce fléau. Et les membres du gouvernement sont les premiers à devoir faire la preuve de leur irréprochabilité.
Puisque le cannabis, la cocaïne ou encore les amphétamines altèrent le jugement, il est inacceptable d'envisager une seconde que les décisions prises par ceux qui nous gouvernent soient influencées par des stupéfiants. Tout aussi inadmissible est le fait d'imaginer un élu de la République organiser son agenda autour de la consommation de drogues, devenir vulnérable au chantage, financer indirectement des réseaux criminels, enfreindre la loi, saper la confiance envers les institutions, se placer en position d'être corrompu…
Entre les drogues dures et l'exercice de responsabilités politiques, il faut choisir. Inutile d'ergoter sur la part de communication contenue dans la démarche du Premier ministre : non seulement ces tests anti-drogues sont une bonne idée, mais il serait justifié de les généraliser à tous les députés et sénateurs. La crédibilité de la lutte contre le cancer du narcotrafic est à ce prix.
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