Présentés comme plus précis, plus sûrs et plus respectueux de l’environnement, les pesticides génétiques reposent sur un mode d’action entièrement nouveau : l’utilisation de molécules d’ARN capables d’interférer avec l’expression des gènes d’organismes vivants afin de provoquer la mort lente d’insectes jugés « nuisibles ».
Il s’agit d’un changement technologique majeur, dont les effets à moyen et à long terme sur le Vivant restent largement inconnus.
L’histoire des pesticides chimiques, et plus récemment des néonicotinoïdes, a montré combien les promesses de spécificité, de non-persistance et d’innocuité peuvent s’effondrer lorsque les effets chroniques, cumulatifs et indirects apparaissent, des années plus tard.
Quelques exemples, avec à chaque fois les mêmes promesses :
- Le DDT (organochloré) considéré dans les années 1940-1950 comme un insecticide "miracle" agissant seulement sur les insectes, peu toxique pour l'homme et la nature, et rapidement dégradé dans l'environnement.
>> En réalité : bio-accumulation massive dans les chaînes alimentaires, contamination globale des sols, des eaux et des organismes vivants dans leur ensemble : interdit dans les années 1970 (16).
- L'Atrazine, vendu dans les années 1960-1980 comme un herbicide rapidement dégradé dans les sols et sans effet sur les animaux et l'environnement.
>> En réalité : contamination massive des nappes phréatiques et de l'eau potable, effets perturbateurs endocriniens : interdit en Europe en 2004 (17).
- Les organophosphorés comme le chlorpyrifos, présentés comme une alternative sûre au DDT, moins persistante dans l'environnement et ciblant mieux les insectes.
>> En réalité : effets chroniques sur le système nerveux et neurotoxicité développementale chez l'enfant : interdits progressivement en Europe depuis 2020 (18).
- Les néonicotinoïdes, comme l'imidaclopride ou l'acétamipride : présentés dans les années 1990 comme des pesticides révolutionnaires se dégradant rapidement dans l'environnement et agissant uniquement sur les insectes nuisibles.
>> En réalité : contamination massive de l'environnement ; tueurs d'abeilles notoires, de pollinisateurs et d'insectes en général, d'amphibiens, de poissons, d'oiseaux et de petits mammifères : interdit progressivement en Europe de 2013 à 2018 (19).
A chaque fois, les effets catastrophiques de ces poisons ont été révélés par des études indépendantes, des années après leur autorisation...
...en contradiction totale avec les études réglementaires officielles et les arguments qui avaient justifié cette autorisation !
Nous devons refuser aujourd'hui que ces erreurs soient répétées pour une énième classe de pesticides "révolutionnaires" comme les pesticides génétiques : ils ne doivent pas être autorisés sans que leurs effets réels sur le Vivant, leurs interactions avec d’autres substances et leur impact réel sur les équilibres écologiques, n'aient été pleinement étudiés et évalués.
Face à ces incertitudes majeures, le principe de précaution doit impérativement s’appliquer.
Nous ne lâcherons pas la pression :
Nous avons lancé une procédure d’accès aux documents fournis par l’industriel auprès de l’agence américaine qui a autorisé le Calantha (EPA) pour avoir enfin accès aux données et vérifier une à une ses affirmations (20) – malgré le coût prohibitif de ce type de démarches : les recherches de données sont facturées au quart d’heure par les agences américaines !
Nous l’avons doublé d’une demande de tous documents déposés par l’industriel auprès des autorités européennes pour l’approbation de la substance active, et auprès des autorités belges pour l’autorisation d’urgence pour préparer les éléments de notre riposte. Nous n’hésiterons pas à attaquer en justice tout ce qui ne se fondera pas sur le droit et la science.
Nous avons lancé des analyses répliquant les tests produits par les industriels pour démontrer les failles et les incertitudes que cherchent à masquer les fabricants de pesticides.
Nous travaillons à proposer un protocole d’évaluation réellement adapté à ce nouveau mode d’action que l’administration est aujourd’hui incapable d’évaluer correctement.
Pour imposer ces principes fondamentaux aux industriels et protéger les abeilles, les pollinisateurs mais aussi l’ensemble des équilibres du Vivant et notre santé à tous, s’il vous plaît, soutenez notre combat.
Aidez notre petite équipe à combattre le cynisme sans limite des lobbys qui n’hésitent pas à recourir à tous les artifices pour imposer leurs produits partout et à laisser aux citoyens le soin de réparer les dégâts après avoir engrangé le maximum de profits.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire