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Conférence franco-britannique sur la mission défensive du détroit d’Ormuz
Cessez-le-feu entre Israël et le Liban, le gouvernement russe en lutte contre les VPN, décomposition du prix des carburants, projet de loi contre les ingérences étrangères dans les élections.
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Conférence franco-britannique sur la mission défensive du détroit d’Ormuz
Une conférence organisée par la France et le Royaume-Uni doit préciser les contours d’une mission maritime dans le détroit d’Ormuz. Emmanuel Macron a détaillé l’objectif de cette initiative : “La France et le Royaume-Uni organiseront à Paris une conférence qui réunira en visioconférence des pays non belligérants prêts à contribuer à nos côtés à une mission multilatérale et purement défensive, destinée à restaurer la liberté de navigation dans le détroit [d’Ormuz] lorsque les conditions de sécurité le permettront”.
Depuis plusieurs semaines, la France défend une ligne constante : garantir la sécurité du trafic maritime sans entrer dans une logique d’escalade militaire. Dans une déclaration conjointe avec l’Allemagne, le Japon, les Pays-Bas et l’Italie datant du 19 mars, la France affirmait déjà être “prête à contribuer aux efforts appropriés pour garantir la sécurité de la navigation dans le détroit”.
Cette “Initiative pour la navigation maritime dans le détroit d’Ormuz”, comme elle est officiellement baptisée par la France, doit permettre de permettre de progresser en vue de la restauration de la liberté de navigation dans cette zone stratégique pour le commerce des hydrocarbures, en établissant les conditions permettant aux bateaux de circuler en toute sécurité.
La conférence, organisée selon un format hybride (un certain nombre de dirigeants y assisteront à distance), doit rassembler des Etats “non belligérants” volontaires et prêts à contribuer à cette mission. Y participent le chancelier allemand Friedrich Merz ou encore la présidente du Conseil italien Giorgia Meloni.
Au total, une trentaine de pays participants sont mentionnés par l’Elysée, selon qui le reste de l’Europe, le Moyen-Orient, l’Asie, la région indopacifique et l’Amérique latine seront représentés. S’ils ne sont pas invités, les Etats-Unis et l’Iran ont été informés de cette conférence. “La Chine est la bienvenue”, assure par ailleurs l’Elysée, sans donner davantage de précisions. La présidence française évoque “le besoin de rassembler le plus largement possible” pour “construire une proposition crédible”.
Il restera ensuite aux participants à convaincre Washington. Le ministre de la Défense américain, Pete Hegseth, a assuré que les Etats-Unis bombarderaient à nouveau l’Iran si Téhéran faisait “le mauvais choix”. Il s’est dit prêt à maintenir “aussi longtemps qu’il le faudra” le blocus des ports iraniens.
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Entrée en vigueur d’un cessez-le-feu entre Israël et le Liban
Un cessez-le-feu est entré en vigueur jeudi 16 avril à 23 heures, heure de Paris. De nombreux coups de feu ont néanmoins été entendus dans la banlieue de Beyrouth au-delà de cet horaire ont constaté les journalistes de l’AFP.
C’est Donald Trump qui avait annoncé un peu plus tôt dans la journée que le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou et le président libanais Joseph Aoun étaient d’accord pour un cessez-le-feu. Quelques minutes plus tard, Donald Trump a annoncé qu’il allait “inviter” les deux dirigeants à la Maison Blanche, “au cours des quatre ou cinq prochains jours”. “Les deux parties veulent la PAIX, et je crois que ça va se réaliser rapidement”, a-t-il ajouté.
L’annonce faite par Donald Trump intervient deux jours après qu’Israël et le Liban ont convenu d’entamer des négociations directes en vue d’une paix durable à l’issue de plus de deux heures de discussions entre leurs ambassadeurs à Washington, les premières du genre depuis 1993.
Ce cessez-le-feu, a ensuite précisé Donald Trump devant des journalistes, comprendra le mouvement libanais pro iranien Hezbollah. Le département d’Etat américain a ensuite fait savoir que le Liban s’était engagé à prendre des “mesures concrètes” pour empêcher toute attaque du Hezbollah contre Israël dans le cadre du cessez-le-feu.
“Nous allons respecter le cessez-le-feu de manière prudente à condition qu’il s’agisse d’un arrêt global des hostilités contre nous et qu’Israël ne l’exploite pas pour mener des assassinats”, a déclaré le député du Hezbollah Ibrahim Moussaoui. L’armée libanaise a, elle, demandé aux habitants du sud du pays déplacés par l’offensive israélienne de ne pas retourner chez eux malgré le cessez-le-feu.
Le gouvernement russe intensifie sa lutte contre les VPN
En Russie, les VPN sont devenus indispensables pour se connecter au monde extérieur. Ils offrent notamment la possibilité de consulter Telegram, Facebook, YouTube ou encore Instagram, services bloqués ou ralentis par les autorités. Ils permettent également d’accéder aux médias inscrits au registre des agents de l’étranger, bannis dans le pays.
Ces réseaux privés virtuels permettent en effet d’accéder en tout anonymat à un réseau, derrière la connexion à un serveur intermédiaire, qui fait office de bouclier. Le recours à ces outils a explosé depuis le début de la guerre en Ukraine, afin de contourner les restrictions introduites par les autorités, et le Kremlin tente de trouver la parade.
Depuis la mi-avril, les plus importantes plateformes du pays affichent des ralentissements et des erreurs quand un VPN actif est détecté sur un téléphone ou un ordinateur. Cela concerne des banques, des opérateurs télécoms, des plateformes de vente ou encore des services en ligne. Tous affichent des messages invitant les utilisateurs à couper leur VPN s’ils veulent poursuivre leur visite.
Il y a quinze jours, le ministre des Communications, Maksout Chadaïev, a convié les dirigeants des plus grandes plateformes du pays afin de leur rappeler l’importance de la lutte contre les VPN. Le gendarme des médias, Roskomnadzor, a ensuite transmis aux entreprises une liste d’adresses IP – les numéros d’identification uniques – susceptibles d’être utilisées par les VPN, ainsi que des recommandations pour les détecter et les bloquer.
Avant même cette date, 22 des 30 applications Android les plus populaires en Russie parvenaient déjà à identifier l’usage d’un VPN. Ces restrictions pourraient contrarier les campagnes publicitaires, compliquer les transactions et entraîner un manque à gagner de 15 milliards de roubles (165 millions d’euros) par an aux grandes plateformes russes.
Pour lutter contre les VPN, le ministère a également demandé aux opérateurs mobiles de facturer un surcoût, à partir du 1er mai, quand la consommation de données internationales dépasse 15 Go par mois. Autre levier, enfin : menacer les entreprises récalcitrantes de leur retirer leur “accréditation numérique”, un sésame qui débloque et qui protège les employés d’un envoi au front.
Les consignes passées début avril aux entreprises font suite à l’accueil très froid réservé à MAX par les Russes. Cette nouvelle messagerie souveraine, pleinement intégrée à l’écosystème russe, a pour ambition de remplacer les habituelles messageries chiffrées. Pourtant, 65 millions de Russes continuent d’utiliser Telegram avec un VPN. La connivence supposée de MAX avec les services de renseignement explique l’entêtement des Russes à privilégier les messageries classiques.
Décomposition du prix des carburants à la pompe
Alors que les prix des carburants sont au plus haut depuis le début du conflit au Moyen-Orient, le gouvernement envisage d’encadrer les marges des distributeurs, tout en refusant l’idée d’un blocage des prix.
Le poids de la production de la matière première dans le prix à la pompe est en forte augmentation depuis le début de la guerre en Iran. Il représentait 26,8% du prix total du SP95-E10 à la veille du conflit et atteint aujourd’hui 35%. Pour le gazole, il est passé de 31,1% à 45,2%.
Cette catégorie inclut le coût de l’extraction du pétrole et de son exploitation, mais aussi la marge des raffineurs. Or, cette dernière est en hausse depuis le début de la guerre : la marge brute de raffinage sur le Brent s’élevait ainsi à 192,68 euros par tonne en moyenne la semaine du 20 mars, contre 36,66 euros en début d’année.
Le transport, le stockage et la distribution des carburants jusqu’aux stations-service représentent aussi une part importante des prix à la pompe : 11,8% pour le gazole et 14,3% pour le SP95-E10. Cela correspond à la marge des distributeurs, à laquelle s’ajoutent les certificats d’économie d’énergie qu’ils doivent payer et qu’ils répercutent sur les prix. Le 10 avril, la part des distributeurs sur les prix à la pompe était ainsi de 27 centimes sur le litre de gazole, 28 centimes pour le SP95-E10. Pour avoir une vision plus précise de la marge des distributeurs, il faut alors soustraire la somme d’environ 16 centimes de CEE le litre dont ils doivent s’acquitter.
Autre composante importante du prix à la pompe : la TVA de 20% appliquée sur les carburants en France métropolitaine. Cette TVA est calculée sur le prix global des carburants. Donc plus ils sont chers, plus les prélèvements sont élevés.
Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le poids de cette TVA a grossi d’1,2 point pour le SP95-E10 et de 2 points pour le gazole, pour peser respectivement 10% et 11,4% dans les prix à la pompe.
Par ailleurs, les droits d’accise sur les produits pétroliers (anciennement TICPE, c’est-à-dire taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques en France), sont un impôt indirect fixe. On retrouve notamment, parmi les droits d’accise, la “taxe carbone”.
Les droits d’accise sont à régler par les professionnels gérant la production, l’importation ou le stockage. Leurs valeurs sont ensuite répercutées sur le prix du carburant. Ils représentent entre 26% (pour le gazole) et près de 34% (pour le SP95-E10) du prix final au 10 avril.
La dernière part du prix de l'essence, également la plus faible, correspond à la TVA de 20% appliquée sur les droits d'accise (ex-TICPE). Elle représente de 5,3% (gazole) à 6,7% (SP95-E10) du prix à la pompe au 10 avril.
Emmanuel Macron annonce un futur projet de loi contre les ingérences étrangères lors des élections
À un an de la présidentielle qui désignera son successeur, Emmanuel Macron a annoncé un projet de loi pour lutter “contre les ingérences étrangères”.
“Le gouvernement aura à présenter un projet de loi et des mesures réglementaires pour améliorer la protection de nos élections”, a déclaré le chef de l’État devant plusieurs centaines de maires réunis à l’Élysée.
En ligne de mire : la Russie qui “achète massivement en période électorale des millions de faux comptes”, comme l’avait déjà souligné Emmanuel Macron en février. “On va se battre au niveau européen pour interdire ces faux comptes. L’Europe doit être le premier territoire où on les interdit”, a-t-il insisté.
Promettant de “prendre toute une série de textes pour permettre de mieux protéger le débat démocratique des vicissitudes des réseaux sociaux”, le président français a également souhaité “réguler la parole sur les réseaux sociaux, en particulier la possibilité d’acheter cette parole dans les périodes électorales”.
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