La tactique n’était finalement pas la bonne. En déposant, vendredi 10 avril, une motion de rejet de la proposition de loi portant sur le travail le 1er-Mai, les député·es macronistes pensaient faire un coup stratégique : envoyer le texte en commission mixte paritaire (CMP) et le voir définitivement adopté quelques jours plus tard, en s’évitant le débat parlementaire.
Raté : face à la fronde des syndicats, unis et vent debout, et la menace émergente d’une motion de censure, le gouvernement a définitivement renoncé le 13 avril à convoquer cette CMP, et donc à voir la loi entrer en vigueur avant le 1er mai 2026.
Alors que le gouvernement avait promis un décret « limitatif », les syndicats avaient découvert un projet allant
« bien plus loin que l’ouverture des boulangeries et des fleuristes » et intégrant même
« des commerces qui actuellement n’ont pas le droit d’ouvrir le dimanche », s’étaient-ils indignés dans une lettre au premier ministre.

Pour les huit organisations syndicales, l’objectif de la proposition de loi était
« l’ouverture d’un maximum d’établissements le 1er-Mai », journée fériée depuis 1919 en France – et depuis 1946 sous sa forme actuelle. Actuellement, la loi interdit aux employeurs de faire travailler leurs salarié·es (mais les oblige à les payer intégralement), et seules quelques dérogations sont possibles pour les secteurs ne pouvant s’interrompre
« en raison de la nature de leur activité ».
« Le gouvernement est conscient de la sensibilité particulière de ce sujet », a indiqué le ministre du travail Jean-Pierre Farandou.
« La mobilisation paye », s’est immédiatement félicitée la CGT.
« Nous avons quitté le monde des mythos de Gabriel Attal », a aussi ironisé, devant la presse, sa secrétaire générale Sophie Binet, en référence aux arguments du président du groupe Renaissance qui avait porté la proposition de loi.
Mais si ce recul du gouvernement est une victoire à saluer, elle reste une victoire défensive seulement, évitant un (nouveau) recul des droits sociaux. Elle souligne aussi l’absence de conquête déterminante du mouvement social depuis de trop longues années. Le succès est décidément doux-amer.
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