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Les faux amis. |
Il fut un temps (pas si lointain) où l’expression utilisée pour qualifier l’attelage gouvernemental et son assise parlementaire était « socle commun ». En cette mi-avril, il ne reste ni socle, ni chose commune en terres macronistes. Il suffit pour s’en convaincre de regarder le fiasco provoqué par la tentative hasardeuse de légiférer à la hussarde sur le 1er mai. Le groupe présidé par Gabriel Attal a réussi à fâcher les syndicats et à braquer le gouvernement et ses alliés du MoDem en tentant d’escamoter le débat parlementaire, avec une motion de rejet sur son propre texte. |
Comme s’il était possible de toucher à une date aussi symbolique sans associer les partenaires sociaux. Comme si cette initiative répondait à une urgence autre que politique. Mis devant le fait accompli et soucieux de ménager la gauche, Sébastien Lecornu n’a pas eu d’autre choix que de temporiser, pour éviter un printemps social déjà échaudé par la flambée des prix à la pompe. On aurait tort cependant de limiter ces guerres intestines à une opposition entre le gouvernement et ses forces au Parlement. Au sein même des députés macronistes les fractures se creusent à mesure que les ambitions s’aiguisent. |
Suppression des ZFE, assouplissement du ZAN, loi Yadan… Chaque texte examiné en cette fin de règne offre son lot de divisions. Alors que la présidence Macron entre dans sa dernière année, l’échec du « en même temps » théorisé en 2017 saute aux yeux. Et les prétendants à sa succession apparaissent comme des autoentrepreneurs réduits à spéculer sur les restes d’une politique qui se délite dans l’illusion d’un « bloc central » ne cessant de dériver à droite. Le destin de ceux qui naviguent sans boussole. |
Romain Herreros, chef du service politique du HuffPost. |
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