Cette gazette vous plaît ? Transférez-là à votre carnet d’adresses… Ils vous remercieront et nous aussi. | | Entre quarante et cinquante gendarmes, le PSIG, vétérinaires armés de fusils hypodermiques… Tout ça pour vacciner un troupeau de vaches saines. Avant même le lever du jour, la sous‑préfète fait déployer les troupes autour de la ferme de Christelle Record, à Baulou. Sur place, une petite cinquantaine de paysans et de citoyens tentent de faire barrage. Et comme si la situation n’était pas assez kafkaïenne, l’un des vétérinaires ose jusqu'à affirmer que : « ce n’est pas une propriété privée, c’est une ferme ». Les images sont fournies par Adeline, membre des Patriotes, partie de chez elle à 4 h 30 — covoiturage puis vélo électrique pour rejoindre la ferme — et par Yann et Ananda Guillet de Kokopelli. La sous‑préfète refuse tout pourparlers et fait la sourde oreille aux arguments de Maître Diane Protat, alors qu’on attend encore l’arrivée de Christelle et la réponse du juge. Il n’y a aucune urgence : « il n’y a aucune bête malade », insiste Maître Protat, qui rappelle que Christelle a trente jours, sur le papier, pour « choisir » entre payer 7 500 euros ou vacciner, mais qu’on veut lui imposer la seringue en trois jours, sans laisser au juge des libertés le temps de contrôler la visite domiciliaire. L’avocate doit en plus exiger qu’on vérifie la température des vaccins — « ils doivent être entre 2 et 8 degrés, on me dit que je ne suis pas vétérinaire mais je sais lire un thermomètre » — et alerte sur le choix du fléchage : si l’on tire sur des bêtes avec des vaccins mal conservés ou injectés en intramusculaire, les effets secondaires peuvent être massifs. Dans le second live de la journée, que vous pouvez retrouver sur la chaîne de Tocsin, Hélène Banoun rappellera d’ailleurs que ce type d’injection a déjà conduit à « jusqu’à 15 kg de viande nécrosée » saisie à l’abattoir et ira jusqu’à parler de gestes « criminels » sur des veaux à peine nés, puisqu’à moins de trois mois leur système immunitaire n’est pas encore formé.
Trente à quarante personnes sont aux côtés de Christelle, dont Kyria et son mari, submergés par l’émotion et la fatigue. « Il n’y a vraiment plus rien de sanitaire, c’est juste une histoire de soumission », lâche Kyria, qui résume ensuite la vie de milliers d’éleveurs : « On travaille 80 heures par semaine. Vous savez combien on gagne par mois ? 660 euros par mois ! 660 euros pour travailler 80 heures par semaine. Pourquoi ? Pour vous nourrir ! Et après, pour se faire maltraiter par terre, pour se faire traîner par terre… Franchement, c’est ça la police aujourd’hui ? »
Viennent alors les fusils hypodermiques. Christelle tente le tout pour le tout en appelant ses vaches, qui lui répondent immédiatement en la suivant dans la forêt. Comme elle le raconte au micro d’Ananda Guillet, elle « avait pensé à ce scénario depuis des jours, même mes vaches avaient compris. Quand je leur ai demandé de fuir, de traverser une route pour aller dans la forêt, elles m’ont toutes suivies ». Mais l’État ne renonce pas pour autant. Pour éviter que la situation ne dégénère physiquement sur sa ferme, Christelle finit par accepter le passage des veaux et le retour du troupeau. Vers 12 h 30, les vétérinaires tirent à bout portant, vaccinent à coups de fléchettes sous ses yeux ; Christelle est submergée de rage et de désespoir. Sept années passées à construire patiemment son cheptel partent en fumée, de manière irréversible, alors même que les vaches étaient toutes saines. Ayant assisté à la scène, Louis Fouché estime que « le pouvoir est en train de mettre en scène la violence » : il va y avoir un après. Hélène Banoun n’en pense pas moins : « dans l’histoire des révolutions, lorsque les paysans, les ouvriers s’allient, c’est là qu’il y a des révolutions. Et là, le pouvoir doit commencer à trembler, parce qu’on rend visible ce totalitarisme ». Ananda Guillet regrette qu’il n’y ait pas eu plus de monde présent pour soutenir Christelle, ainsi que les querelles de chapelle. Il se veut néanmoins optimiste pour la suite : « la mèche qu’ils ont allumée, ils vont avoir du mal à l’éteindre.» |
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