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samedi 29 mars 2025

Canopée : Défendre la démocratie pour défendre les forêts

 

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En-tête la lettre de canopée

Bonjour

 

« Il n’y a pas de démocratie sans contre-pouvoir », insistait Robert Badinter. La démocratie ne se résume pas au droit de glisser un bulletin dans l’urne : elle vit du débat, de la transparence, et du respect des contre-pouvoirs qui garantissent l’équilibre et la liberté — comme je vais vous le démontrer dans cette lettre.
 

 

VOUS ÊTES PLUTÔT NOEUD PAPILLON...

 

On commence avec élégance par notre dernière action au Salon International de l’Agriculture. Notre invitation pour le cocktail officiel de la filière s’étant égarée, nous nous sommes invités, avec champagne et petits fours, pour organiser le cocktail de « ceux que la filière veut faire taire ». Je vous laisse découvrir cela en vidéo 👇

 

Ce fut l’occasion de vernir et distribuer notre nouvelle brochure : « 36 idées reçues sur la forêt. Petit manuel de résistance intellectuelle à l’usage de ceux qui s’intéressent à la forêt ». Cette brochure est un clin d’œil en réponse à celle portant le même nom, publiée par la filière. C’est aussi une démonstration de nos valeurs : nous l’avons rédigée, mise en page et imprimée en trois semaines chrono.
Notre pari : faire une brochure vivante. Une deuxième version est déjà envisagée, enrichie des retours argumentés que nous recevrons. Parce que nous, nous sommes convaincus que le débat est utile, enrichissant et permet de produire des argumentaires de meilleure qualité.
L’élément déclencheur qui nous a poussés à la rédiger et à organiser cette action aussi rapidement, c’est un appel de notre avocat.


 

...OU BÂILLON

 

Comme vous le savez, Canopée fait l’objet d’une procédure sans précédent en France visant à nous museler : treize organisations de la filière forêt-bois se sont liguées pour attaquer notre agrément de protection de l’environnement, au prétexte que nous menaçons leurs intérêts économiques. 
Notre avocat vient de nous informer qu’ils sont allés un cran plus loin et qu’ils contestent désormais notre habilitation — c’est-à-dire notre capacité à nous exprimer dans les espaces de consultation et de débats relatifs à la politique forestière.

 

Que craignent-ils ? 
Ces dernières années, nous avons abattu un énorme travail pour faire progresser la loi au niveau européen et français afin de mieux protéger nos forêts. Je ne vais pas entrer dans les détails dans cette lettre, mais comprenez simplement que si l’on met bout à bout les directives, les règlements, les plans et autres stratégies adoptées, alors des choses doivent changer en forêt.

 

Ces dernières semaines, Bruno a passé beaucoup de temps dans la Vienne, l’Indre et la Creuse, aux côtés des habitants et des associations locales. Il a notamment découvert une coupe rase abusive d’environ 15 hectares, dans une forêt de feuillus, réalisée par le groupe papetier Sylvamo, qui prétend pourtant s’approvisionner en bois durable (à voir sur FacebookInstagram ou LinkedIn). Ce type de coupes rases ne devrait plus être possible si les textes de loi étaient mis en cohérence et correctement appliqués. C’est ce que redoute la filière. Alors elle tente de nous écarter des groupes de travail pour introduire des failles ou des exceptions. Elle multiplie les procédures-bâillon pour nous empêcher de révéler certaines dérives. Ou encore, elle pousse des amendements dangereux au détour d’un texte de loi. 
D’une certaine façon, ces manœuvres démontrent notre efficacité. Mais c’est aussi épuisant et parfois très déstabilisant de sentir que, dans le contexte politique actuel, tout ne tient qu’à un fil.
 

 

LA JUSTICE NOUS DONNE (DOUBLEMENT) RAISON

 

Heureusement, il y a de bonnes nouvelles qui nous galvanisent. La justice est l’un des contre-pouvoirs les plus essentiels en démocratie. 
Vous vous souvenez de l’affaire de la coupe rase de Meymac ? Nous avions dénoncé dans une vidéo l’incongruité d’élire comme président de la filière régionale un responsable d’entreprise ayant rasé une forêt de plus de 50 hectares, en forte pente. 
Poussé par la filière, et notamment par Alliance Forêts Bois, ce responsable a porté plainte pour « injure publique »
Après avoir été débouté en première instance, il l'a été une nouvelle fois le 10 janvier 2025 et a été condamné à nous verser 10 000 € (dont 5 000 € en raison du caractère abusif de son action). 
La Cour d’Appel a ainsi reconnu que « la multiplication des procédures qui oblige l'association à multiplier les frais pour se défendre devant les différentes juridictions, tend à établir un acharnement et une mauvaise foi de la partie civile, et en conséquence l'abus de procédure ». Les procédures s’accumulent. Pour nous défendre, certes, mais aussi parce que nous avons décidé de passer à l’offensive. Avec une équipe juridique renforcée, nous saisissons désormais les tribunaux chaque fois que nécessaire.

 

 

Autre bonne nouvelle : le Conseil constitutionnel a écarté plusieurs dispositions qui auraient pu fragiliser la protection des forêts. Profitant de la loi d’orientation pour la souveraineté agricole, le gouvernement puis le Parlement ont tenté d’introduire divers amendements, notamment l’un affirmant que « les travaux forestiers sont indispensables à la préservation des écosystèmes » — ce qui est un brin abusif. Pour en savoir plus, je vous invite à lire notre intervention volontaire auprès du Conseil Constitutionnel.

À Canopée, nous sommes convaincus qu’il est indispensable de répondre aux besoins des entreprises de travaux forestiers en leur offrant un cadre sécurisé. Mais nous sommes également convaincus que cela ne doit pas se faire au détriment des exigences en matière de protection de la biodiversité ou des sols. Nous pensons que la solution passe par un renforcement des documents de gestion. C’est pour cela que nous continuons à pousser pour faire adopter une nouvelle loi en ce sens. Pour nous aider, je vous invite à signer et partager notre pétition :

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JE SIGNE LA PÉTITION

 

 

LA SCIENCE EST AUSSI UN CONTRE-POUVOIR

 

Un mot sur ce qui se passe aux États-Unis. La décision d’une cour locale de sanctionner Greenpeace pour avoir contesté pacifiquement un oléoduc est un terrible message et montre l’état d’affaissement de ce pays. Tout notre soutien à eux. Il reste heureusement des voies de recours, qui seront — je l’espère — l’occasion, pour des instances juridictionnelles plus hautes, de contrecarrer cette décision, si l’indépendance de la justice n’est pas entravée par l’administration Trump.
Un mot de solidarité aussi avec les scientifiques et ceux dont les financements ont été coupés parce qu’ils mènent des projets en lien avec la lutte contre les changements climatiques. En Europe et en France, nous n’en sommes pas encore là… mais nous nous en rapprochons dangereusement.

 

La science est au cœur du projet de Canopée depuis sa création. Et ce n’est pas toujours facile, car la science amène souvent des réponses complexes. Complexité qui peut être utilisée par certains pour justifier de ne rien changer à ce qu’ils font. 
J’ai eu l’honneur et la chance d’être invité au colloque sur les forêts organisé par l’Académie des sciences pour un débat. Une belle initiative, réunissant la crème des scientifiques et ouverte au grand public : voilà ce qu’il nous faut défendre. 

 

 

Sylvain Angerand

Coordinateur des campagnes de Canopée

 

 

 

PS1 : Le plus efficace pour nous soutenir est d’adhérer en faisant un don. En 2024, nous étions 6 500 adhérents. Notre objectif est d’être 10 000 pour renforcer notre représentativité auprès des pouvoirs publics et pouvoir ainsi défendre notre agrément.

 

J'ADHÈRE EN FAISANT UN DON

 

 

PS2 : Vous êtes nombreux à nous demander de la documentation. Vous pouvez commander sur notre boutique notre nouvelle brochure « 36 idées reçues sur la forêt. Petit manuel de résistance intellectuelle à l’usage de ceux qui s’intéressent à la forêt », par lot de 10, et ainsi les distribuer autour de vous.

 

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