Alliance verts-macronistes sur l'immigration de travail : derrière l'humanisme guimauve, le cynisme du bourgeois progressiste
Il y a des initiatives transpartisanes plus significatives que d'autres. Celle dont nous parlons n'est pas aussi anecdotique que l'interdiction des « puffs », votée à l'unanimité ce jeudi 13 février par l'Assemblée. Il s'agit d'une proposition de loi, visant « à faciliter l'accès des demandeurs d'asile au marché du travail », déposée conjointement par des députés écologistes… et macronistes. Alliance de la carpe verte et du lapin pro-business ? Pas vraiment. Car une réelle cohérence libéral-libertaire se dégage derrière cette alliance apparemment incongrue.
Écologistes et macronistes défendent la suppression de la période d'attente de six mois imposée aux demandeurs d'asile pour travailler sur le sol français au nom de nobles sentiments : droits des « exilés », hospitalité, ouverture. Emmanuel Kant est même cité dans l'exposé des motifs. On verserait presque une larmichette, si la traduction concrète de ce geste en faveur de « l'intégration par le travail » n'était pas froide comme les « eaux glacées du calcul égoïste. » Car la conséquence de telles mesures en faveur de l'importation de labeur étranger est connue, vieille comme le capitalisme : compression des salaires, maintien de conditions de travail difficiles, rupture de la cohésion entre employés. Que de telles mesures soient adoptées avec les intentions les plus élevées moralement ne change strictement rien à leurs implications matérielles.
Karl Marx parlait « d'armée de réserve du capital », Jean Jaurès refusait que « le capital international aille chercher la main d'oeuvre sur les marchés où elle est la plus avilie, humiliée, dépréciée », la CGT d'après-guerre proposait des mesures anti-immigration qui feraient frémir les no-border progressistes d'aujourd'hui. Tout cela est fini depuis belle lurette à gauche, entièrement convertie (PCF compris) à une rhétorique humanitaire qui considère toute frontière comme un obstacle au progrès, sans aucune considération pour les intérêts des travailleurs manuels qui se sont, pour beaucoup, détournés d'elle depuis longtemps.
« Qui remplacera nos poubelles et remplira les cuisines de nos restaurants, si ce n'est pas les immigrés ? », font remarquer à intervalles réguliers les hérauts de la gauche bien-pensante, comme si leur remarque goguenarde clouait le bec aux réactionnaires de tout poil. Sans se rendre compte que derrière cet humanisme guimauve se cache le cynisme du bourgeois, à la fois profondément méprisant envers les Français réputés incapables de s'adonner aux tâches difficiles, et retors avec les immigrés, considérés comme une main-d'oeuvre corvéable à merci.
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