Chère amie, Cher ami,
Il y a un an, le président de la République, Emmanuel Macron procédait à la promulgation de la loi « pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration » dite loi asile et immigration, l’une des plus répressives de ces 40 dernières années.
Dans le même temps, le gouvernement actuel évoque déjà l’idée d’un nouveau projet de loi en 2025 ; le ministre de l’intérieur Bruno Retailleau vient d’abroger la circulaire « Valls », restreignant encore davantage les régularisations, annonce qu’il veut s’attaquer à l’Aide médicale d’État et abolir le droit du sol à Mayotte ; le Premier ministre François Bayrou reprend à son compte la terminologie nauséabonde et fantasmée d’une prétendue « submersion migratoire ».
Un climat particulièrement délétère s’est ainsi installé, entretenant toujours plus l’amalgame “immigration = délinquance”, envers des personnes étrangères considérées comme des indésirables par essence, perçues comme des dangers en puissance.
Dans ce contexte, les équipes de La Cimade observent des atteintes sans précédent aux droits des personnes migrantes, à travers les premiers effets de loi promulguée l’année dernière.
Le constat est bien sombre : la loi fabrique des personnes sans-papiers, les critères de régularisation sont de plus en plus restrictifs de par la volonté d’exclure davantage de personnes de leur droit à un titre de séjour. Les mesures concernant l’apprentissage de la langue française contenues dans la loi réhaussent les niveaux de français exigés pour différents titres de séjour. Pour de nombreuses personnes, particulièrement les femmes migrantes qui ont pu connaître un moindre accès à l’éducation dans leur pays d’origine, ces mesures qui introduisent une rupture d’égalité devant l’accès aux titres de séjour seront particulièrement discriminantes et excluantes.
Chaque jour dans nos permanences d’accueil et d’accompagnement, dans nos ateliers d’apprentissage du français, nous observons les conséquences dramatiques de ces mesures sur la vie des personnes migrantes et ce ne sont qu’une partie des atteintes aux droits fondamentaux permises par cette loi : nos équipes de La Cimade en témoignent, c’est aujourd’hui plus que jamais un parcours long et semé d’embûches pour espérer sortir les personnes étrangères de l’impasse. Et les mois à venir laissent à craindre une nouvelle escalade.
Nous allons devoir redoubler de vigilance et accentuer notre travail d’accompagnement pour être au côté des personnes étrangères dans ce climat d’angoisse et de menace qui les entoure au quotidien, pour les aider à défendre leurs droits et à vivre dignement, plutôt que de subir les conséquences délétères de la politique migratoire actuelle.
L’accompagnement indispensable que les équipes de La Cimade accomplissent auprès de plus en plus de personnes dure beaucoup plus longtemps et nécessite des moyens supplémentaires.
Face à ces constats, votre soutien est déterminant pour nous permettre de déployer pleinement nos missions aux côtés des personnes exilées en difficultés, et de défense les valeurs d’humanité et de solidarité qui nous rassemblent.
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