| | | | | | | | | |  | | | | | |
| | Crédit : Sean Gallup/Getty Images | | |
| 1. La formationLa durée de la formation des policiers est de 8 mois en école et 16 mois sur le terrain. Les policiers et les gendarmes ayant suivi une formation en maintien de l’ordre sont de moins en moins nombreux. « On a réduit le nombre de forces spécialisées, le nombre d’agents dans ces forces spécialisées. Et de l’autre côté, on demande aux agents non spécialisés d’intervenir de plus en plus en maintien de l’ordre, sans avoir d’argent ni de temps disponible pour leur formation », déplore Fabien Jobard, sociologue et auteur de Politiques du désordre.En Allemagne, en Finlande et en Norvège, la formation des policiers dure 3 ans. En France, selon le sociologue Sebastian Roché, « on apprend aux policiers à se faire respecter par la force », tandis qu’en Allemagne et au Danemark, « on apprend aux policiers à se faire respecter par leur capacité à communiquer et à mériter le respect pour gagner la confiance ». 2. L’équipementGaz lacrymogènes, grenades de désencerclement, tirs de LBD… Les forces de l’ordre françaises sont parmi les plus équipées d’Europe. 13 000 tirs de LBD ont été recensés pendant le mouvement des Gilets jaunes, d’après Fabien Jobard, qui rappelle que 25 personnes ont été gravement blessées à l’œil, voire en ont perdu l’usage pendant ces manifestations.Pour le sociologue, « c’est une spécificité française pur jus ». Il oppose ce type d’équipement à ce qu’on appelle le « policing by consent » en Angleterre, soit l’efficacité de la police fondée sur la confiance que la population lui porte. En Allemagne, seuls les canons à eau sont utilisés pour disperser la foule. Les policiers interviennent sans bouclier, à mains nues. |
| | | | | « Confier l’enquête sur des policiers à des policiers nourrit évidemment très vite le soupçon que les enquêtes sont partiales » | | |
| | 3. La stratégieFabien Jobard rappelle que « la doctrine du maintien de l’ordre reste celle d’une recherche de mise à distance des foules, de pacification et de négociation avec la foule ». Néanmoins, il affirme que « les moyens mis au service de cette doctrine ont évolué ». « La place symbolique de la police dans notre société et son usage par les gouvernements, son usage par les politiques et les manifestations elles-mêmes ont évolué. Le tout combiné, ça fait que la pratique prend de plus en plus congé de la doctrine. »En 2013, plusieurs pays européens ont cherché à élaborer une stratégie commune afin d’apaiser les relations entre manifestants et forces de l’ordre. « Ils ont échangé dans le cadre d’un projet Godiac qui repose sur la nécessité de maintenir le dialogue avec les manifestants, sur la nécessité de maintenir un niveau minimal d’engagement de la force, en maintenant le dialogue chaque fois avec le gros des manifestants afin de rendre clair le sens des manœuvres engagées », explique Fabien Jobard. La France n’a pas participé à ces échanges. 4. La police des policesL’IGPN (Inspection générale de la police nationale) est un service de la police française chargé d’enquêter sur les défaillances au sein de l’institution policière. « Confier l’enquête sur des policiers à des policiers nourrit évidemment très vite le soupçon que les enquêtes sont partiales », estime Fabien Jobard. Autre problème selon lui : elle est débordée. « Rien que les saisies dans le cadre du mouvement des Gilets jaunes suffisent à épuiser ce service d’inspection qui, pourtant, a grandi, s’est rajeuni, a modernisé ses structures, ses manières de faire, sa communication. Elle est sous-dimensionnée par rapport aux défaillances structurelles de la police nationale. »Au Royaume-Uni, ce service est dirigé par une personne civile qui n’a jamais fait partie de la police. En Allemagne, il n’y pas d’institution nationale mais des institutions fédérales. Dans plusieurs Länder, les habitants peuvent saisir un défenseur des droits. En Suède, une unité spéciale de la police nationale peut enquêter. Les enquêtes sont décidées et supervisées par des procureurs spéciaux. |
|
| |
|
|---|
| | |
|
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire