HISTOIRE et MÉMOIRE
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UN APERO GARGANTUESQUE
Un beau jour de l’été 1901, André Berthelot, fils du célèbre chimiste, se promenait à la source de la Loue.
Il trouva soudain que l’eau avait la couleur et l’odeur de l’absinthe. Il y goûta… c’était bien de l’absinthe!
Il trouva soudain que l’eau avait la couleur et l’odeur de l’absinthe. Il y goûta… c’était bien de l’absinthe!
En outre, les truites du cru avaient adopté un comportement bizarre, sortant de l’eau, y rentrant pour en ressortir de nouveau, et ainsi de suite, comme sous l’emprise d’une boisson forte.
Mais voici le pourquoi du comment…
L’avant-veille, à Pontarlier, un million de litres de « la fée verte » s’étaient déversés dans le Doubs à la suite de l’incendie des usines Pernod.
L’avant-veille, à Pontarlier, un million de litres de « la fée verte » s’étaient déversés dans le Doubs à la suite de l’incendie des usines Pernod.
Ces litres ne se sont pas déversés tout seuls. En fait, pour éviter que cet incendie ne tourne à la catastrophe, les cuves d'alcool anisé furent intentionnellement vidées par les pompiers, dit-on, dans le Doubs qui coulait au pied de l'usine. Le Doubs prit alors cette teinte opalescente verte si caractéristique de l'absinthe…
L’hypothèse fut émise que la source de la Loue n’était peut-être qu’une résurgence du Doubs.
Édouard Martel confirme celle-ci, en déversant, dans une crevasse qu’il avait repérée au fond du lit de la rivière, près de Pontarlier, un colorant qui ressortit, 64 heures plus tard, à la source de la Loue.
La preuve était faite que cette « source » n’est qu’une résurgence et que « découverte et apéritifs n’ont rien de contradictoire! ».
L’hypothèse fut émise que la source de la Loue n’était peut-être qu’une résurgence du Doubs.
Édouard Martel confirme celle-ci, en déversant, dans une crevasse qu’il avait repérée au fond du lit de la rivière, près de Pontarlier, un colorant qui ressortit, 64 heures plus tard, à la source de la Loue.
La preuve était faite que cette « source » n’est qu’une résurgence et que « découverte et apéritifs n’ont rien de contradictoire! ».
Cela dit, la source de la Loue est l’un des plus beaux sites du Jura. Brusquement, après un tournant, l’hémicycle fantastique et impressionnant où se produit la résurgence de la Loue apparaît. La source débouche d’une vaste grotte qui s’ouvre au pied de la falaise, haute d’une centaine de mètres !
Et quand il pleut, les eaux grossissent rapidement et restent troubles quelque temps. Malheur au voyageur imprudent qui trop près de la rivière se promène !
Il faut se dire que la Loue est, en outre, alimentée par les pertes du Drugeon et par l’infiltration des pluies que reçoit le plateau. Tout ça pour dire que, malgré la présence des eaux du Doubs en sa source, la Loue est rivière à part entière.
Notre ami peintre, Courbet, écrivait « Pour peindre un pays, il le faut connaître. Moi, je connais mon pays, je le peins. Les sous-bois, c’est chez-nous. Cette rivière, c’est la Loue, allez-y voir et vous verrez mon tableau ».
De fait, c’est entre source de la Loue et Ornans que la vallée présente le plus de magnificence !
Ah, les gorges de Nouailles ! Entre sa résurgence située à 528 mètres d'altitude sur la commune d'Ouhans, à 19 kilomètres de Pontarlier, et sa sortie des gorges en amont de Mouthier-Haute-Pierre à 380 mètres d'altitude, la Loue aura parcouru 4 kilomètres au fond d'une gorge magnifique en exécutant de nombreux sauts dont le "Grand Saut" d'une dizaine de mètres de hauteur. Elle aura alimenté, grâce à un barrage situé à 330 mètres en aval de la source et une galerie souterraine de 2 200 mètres, une usine hydroélectrique avec un dénivelé d'une centaine de mètres.
Et après Mouthier ? Eh bien, ce n’est pas fini du tout ! Que de merveilles à suivre !
« Au-delà, la Loue s’assagit et laisse place à une rivière plus régulière, riche en salmonidés (truites, ombres), posée dans un écrin de verdure. Se succèdent alors quelques-uns des plus beaux villages fluviaux de France : Lods et son moulin à aube de 1435, Vuillafans, son église et ses tableaux de l’école suisse du XVI e, Ornans, “petite Venise franc-comtoise”, ville natale de Courbet, Scey-en-Varais et son “miroir” situé dans un méandre, Cléron et son château féodal du XIV e siècle, dernière étape de la “route Courbet”. Puis viennent la confluence avec le Lison, le grand méandre de Quingey, Arc-et-Senans et la saline royale imaginée par Nicolas Ledoux au XVIII e siècle, dans cette plaine délicieusement appelée Val d’amour. Enfin la Loue se jette dans le Doubs et forme l’île du Girard, une réserve naturelle où vivent chats forestiers, loutres et de nombreux oiseaux »…
La confluence avec le Doubs se fait donc à une dizaine de kilomètres au sud de Dole, après un parcours de 122 kilomètres à compter de la source.
Ci-dessous : La source de la Loue. Photographie « maison » du 31 mars 2019.

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