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Chère lectrice, cher lecteur,
Fedil El Tahir a trente ans lorsqu'il pose le pied en Suisse en 1996. Requérant d'asile, il travaille longtemps comme plongeur dans les restaurants de la place genevoise puis postule, par un concours de circonstances, à la mission diplomatique du Qatar.
Les Qataris cherchent alors un économiste, et Fedil a fait des études d’économie à Khartoum. Il obtient péniblement une carte de légitimation des autorités suisses et se fait engager pour… 2800 francs par mois.
Comme soutier? Pas vraiment. Il participe aux réunions avec les diplomates étrangers, rédige des opinions alors que le Qatar est en train d’accéder à l’OMC. Il occupe même le siège du Qatar au sein de la Commission des droits de l’homme. Durant plus de vingt ans.
Fedil a été licencié en 2016 sans motif et l'affaire est aujourd'hui devant les prud'hommes. Notre journaliste Luis Lema l'a longuement rencontré et raconte ce destin de forçat de la diplomatie.
– Xavier Filliez, rédacteur en chef adjoint
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