Lu dans le DL du 1 er avril 2018
VOS LETTRES, VOS COURRIELS, VOS RÉACTIONS
R. S. 38
Avertissements inoubliables
Dans l’intérêt de mes concitoyens (ne) s, il me paraît
utile de rappeler les avertissements d’Aldous
Huxley en 1939, que chacun devrait photocopier et
afficher sur un mur de sa maison.
« Pour étouffer
par avance toute révolte, il ne faut pas s’y prendre de
manière violente. Les méthodes du genre d’Hitler
sont dépassées. Il suffit de créer un conditionnement
collectif si puissant que l’idée même de révolte
ne viendra même plus à l’esprit des hommes.
L’idéal serait de formater les individus dès la naissance
en limitant leurs aptitudes biologiques innées.
Ensuite, on poursuivrait le conditionnement
en réduisant de manière drastique l’éducation, pour
la ramener à une forme d’insertion professionnelle.
Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée
limité, et plus sa pensée est bornée à des préoccupations
médiocres, moins il peut se révolter.
Il faut
faire en sorte que l’accès au savoir devienne de plus
en plus difficile et élitiste, que le fossé se creuse
entre le peuple et la science, que l’information
destinée au grand public soit anesthésiée de tout
contenu à caractère subversif.
On diffusera massivement,
via la télévision, des divertissements flattant
toujours l’émotionnel ou l’instinctif.
On occupera
les esprits avec ce qui est futile et ludique.
Il est
bon, dans un bavardage et une musique incessante,
d’empêcher l’esprit de penser.
On mettra la
sexualité au premier rang des intérêts humains.
Comme tranquillisation sociale, il n’y a rien de
mieux.
En général, on fera en sorte de bannir le
sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce
qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante
apologie de la légèreté, de sorte que l’euphorie de
la publicité devienne le standard du bonheur humain
et le modèle de la liberté.
Le conditionnement
produira ainsi de lui-même une telle intégration que
la seule peur qu’il faudra entretenir sera celle d’être
exclus du système et donc de ne plus pouvoir
accéder aux conditions nécessaires au bonheur.
L’homme de masse, ainsi produit, doit être traité
comme ce qu’il est : un veau, et il doit être surveillé
comme doit l’être un troupeau. Tout ce qui permet
d’endormir sa lucidité est bon socialement, ce qui
menacerait de l’éveiller doit être ridiculisé, étouffé et
combattu. Toute doctrine mettant en cause le systè-
me doit d’abord être désignée comme subversive et
terroriste, et ceux qui la soutiennent devront ensuite
être traités comme tels.
On observe cependant qu’il
est très facile de corrompre un individu subversif : il
suffit de lui proposer de l’argent et du pouvoir. »
M. F. 38
Entrons dans l’action !
En réponse à G. B. 26, “Arrêtons nos jérémiades”
dans le journal du 12 mars 2018.
Cher Monsieur, je
ne partage pas totalement votre analyse sur la
situation des retraités, vous semblez défendre les
décisions du gouvernement Macron concernant la
hausse de la CSG.
Il est important de rappeler à ce
stade que la décision qui impacte le plus le pouvoir
d’achat des retraités est la décision du gouvernement
Balladur en 1992 de calculer les retraites non
pas sur les 10, mais sur les 25 meilleures années.
Cette décision ampute nos retraites d’environ, selon
les calculs, 100 à 150 euros mensuels.
Les décisions
des différents gouvernements successifs (allongement
de la durée de cotisation, recul de l’âge
de la retraite pour un taux plein) ont également
considérablement entamé notre pouvoir d’achat.
Mais cela convient aux retraités qui selon les sondages
votent majoritairement à droite.
La décision
de ce gouvernement modifie le financement du
modèle social français voulu par le CNR (Conseil
National de la Résistance), chacun cotise en fonction
de ses moyens, chacun bénéficie en fonction
de ses besoins.
Je m’explique, la Sécurité sociale
est (était) financée par les cotisations sociales
prélevées sur les salaires, le gouvernement en
décidant d’alléger les cotisations pour les actifs en
les remplaçant par un impôt. La CSG change la
donne.
On peut avoir des craintes que bientôt on
nous dise que la Sécu est en déficit et qu’il faut
prendre des mesures (hausse du forfait hospitalier,
déremboursement des médicaments…) et vous
verrez que ce que vous considérez comme un
calcul particulier en votre faveur sera très rapidement
beaucoup moins bénéfique.
Vous appelez, si je comprends bien à une solidarité
intergénérationnelle entre actifs et retraités.
Pour ma part, j’appelle à une solidarité riches/pauvres.
Mais vous avez raison : arrêtons nos jérémiades,
entrons dans l’action pour nos retraites à côté des
actifs pour la défense du service public pour s’opposer
à ce gouvernement qui, dans un contexte bien
particulier n’a obtenu que 24 % des suffrages sur
son programme.
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