Lu dans le DL du 1.04.2018
LE BILLET
PAR GILLES DEBERNARDI
Colombe et mouettes,
les oiseaux de Pâques
De son illustre balcon, ce matin, le pape ne manquera pas
d’énumérer les hautes vertus de Pâques.
La fête, chez les Hébreux,
commémore le passage de l’esclavage à la liberté pour leur peuple
guidé par Moïse.
Au regard des chrétiens, elle célèbre la victoire de la
vie sur la mort et du pardon sur la haine.
Malgré le message de Jésus,
pourtant, les hommes persistent à s’entretuer.
En Terre biblique,
singulièrement, où Israéliens et Palestiniens s’enlisent dans une
guerre sans fin.
Les nouvelles de Gaza laissent redouter le pire.
La
colombe de la paix, là-bas comme ailleurs, tarde à ressusciter.
Mais d’autres oiseaux inquiètent la curie romaine, de manière plus
prosaïque.
L’an dernier, des milliers de mouettes belliqueuses avaient
perturbé la parole du souverain pontife.
Ce qui les attire sur le parvis
de Saint-Pierre, au jour pascal ?
Les 300 tonnes de fleurs traditionnellement
offertes par les horticulteurs hollandais.
Il y a là de quoi
casser la graine et semer la pagaille à tire d’aile.
François, qui n’est pas d’Assise, a donc décidé de leur clouer le bec.
Pas question de tirer dans le tas, bien sûr, ni même de dresser des
épouvantails autour de la cathédrale.
Pour faire place nette, aujourd’hui,
le Saint-Père compte utiliser la technologie moderne.
Outre les
gardes suisses, une armée de drones veillera à sa déclaration urbi et
orbi.
Quelques heures avant la cérémonie, des dizaines de rapaces
factices survoleront le périmètre, épaulés par des rayons lasers.
Résultat : les mouettes indésirables iront se faire bénir ailleurs ! Ainsi
le Vatican, 2000 ans plus tard, continue de s’assurer la maîtrise du
ciel.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire