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vendredi 24 novembre 2017

L'exonération de 80 % des foyers, puissant moteur d'adhésion à Macron


24 novembre 2017

L'exonération de 80 % des foyers, puissant moteur d'adhésion à Macron

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L'exonération de taxe d'habitation pour 80  % des foyers tricolores (jusqu'à environ 2 500  euros de revenu réel par mois pour un célibataire, 5 000  euros pour un couple avec deux enfants) est l'un des principaux points de friction entre l'Elysée et les élus locaux. Mais elle reste une " mesure totémique " d'Emmanuel Macron " qui a contribué à son élection et qui constitue un marqueur structurant de sa politique ", estime l'IFOP. Dans une étude à paraître jeudi 23  novembre, l'institut de sondage a mis en évidence une corrélation entre la popularité du chef de l'Etat et les annonces relatives à ce dispositif fiscal.
Et ce dès la présentation de la mesure. Intervenue le 24  février, soit deux jours après le ralliement de François Bayrou au candidat d'En marche !, la proposition d'exonération de taxe d'habitation a amplifié la remontée sondagière de l'actuel président, estime l'IFOP. Tombée à un plus bas de 19  % avant le 22  février, l'intention de vote en faveur de M.  Macron avait rebondi à 23,5  % après les propos du patron du MoDem. Mais elle a atteint 24,5  % après l'annonce sur la taxe d'habitation, puis 25,5  % début mars. " Cette mesure concrète a été l'une des seules promesses de campagne d'Emmanuel Macron mémorisées par ses concitoyens ", indique Jérôme Fourquet, directeur du département opinion de l'IFOP, qui rappelle que le vote Macron s'est appuyé sur des aspirations plus diffuses : renouvellement politique, ancrage européen du candidat.
Triple avantageLa proposition présentait un triple avantage : s'appuyer sur un discours simple (une taxe " injuste " car fondée sur des valeurs locatives caduques, -datant des années 1970), cibler des recettes fiscales perçues par les collectivités et non par l'Etat directement, et, -surtout, s'adresser aux classes moyennes et populaires. L'IFOP compare d'ailleurs la mesure à la proposition de taxe à 75  % pour les plus hauts revenus " dégainée " par François Hollande en  2012. L'intention de vote en faveur du candidat socialiste avait à l'époque progressé de deux points.
Au premier tour de l'élection présidentielle, ensuite, l'IFOP a identifié un " survote " Macron dans les communes où le montant de la taxe d'habitation est le plus élevé. " Quel que soit le profil sociologique de la commune, Emmanuel Macron a obtenu (…)en moyenne entre 2,5 et 3,6 points de plus dans les communes où (…) le montant de la taxe d'habitation était le plus élevé, par rapport aux communes où il était le plus faible ", note l'IFOP.
Enfin, l'IFOP relie la chute brutale de popularité du président, début juillet  2017 (moins 10  points), aux tergiversations de l'exécutif sur l'exonération envisagée. Le 4  juillet, dans son discours de politique générale, le premier ministre, Edouard Philippe, avait laissé entendre que la mesure pourrait être -repoussée. Cinq jours plus tard, devant l'émoi provoqué par ces déclarations, M.  Macron tranchait en faveur d'une application dès 2018 de ses promesses fiscales (taxe d'habitation, mais aussi impôt de solidarité sur la fortune et " flat tax ").
Depuis, constate l'institut, la mesuredemeure " très populaire " : 72  % des Français y sont favorables, et même 80  % des personnes vivant dans un foyer " modeste " ou " pauvre ", selon un sondage réalisé en septembre pour le groupe Les Républicains de l'Assemblée nationale. " Même si des maires protestent contre cette annonce dont ils pensent qu'elle va à terme les priver de ressources (…), Emmanuel Macron ne reviendra sans doute pas " dessus, conclut l'étude. Et ce même si le débat, largement ouvert, " est aussi constitutionnel que politique : il pose la question de la concentration de la charge fiscale sur un public de plus en plus étroit ", souligne M.  Fourquet.
Audrey Tonnelier

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