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samedi 28 novembre 2015

Pour la République exemplaire par Gérard Filoche

Le Club de Mediapart

https://blogs.mediapart.fr/gerardfiloche/blog

Pour la République exemplaire

Paris attaqué, Paris assassiné lâchement un vendredi soir… Paris, c’est la ville des Lumières, Paris, c’est la fraternité. Paris, ce sont les salariés, jeunes et vieux, femmes et hommes, ceux qui défendent leurs droits de vivre libres et égaux, qui créent et produisent dignement, ces humains qui font la fête, en fin de semaine et avant le repos du dimanche, grâce à ce qu’ils gagnent en travaillant dans une des plus belles villes du monde.
 1) Humanité
Après les 17 victimes des 7 et 8 janvier 2015, nous étions des millions au-delà des dessinateurs et artistes talentueux à dire ensemble « je suis Charlie » !
Ce vendredi 13 novembre, nous étions encore des millions à être visés : professeur, graphiste, informaticien, chercheur, serveur, restaurateur, juriste, éditeur, artiste, maquilleuse, étudiant, musicien, commercial, employé de banque, chauffeur, livreur, charpentier, communicant, administrateur, contrôleur des impôts, technicien, apprenti architecte, rugbyman, journaliste, avocat, douanier , programmateur, chanteur, sportive, rédacteur, brigadier…
Nos noms sont : Hyacinthe, Fabien, Lucie, Domi, Valeria, Matthieu, Victor, Cécile, Manu, Maud, Germain, Ludovic, Amine, Djamila, Yannick, Asta, Milko, Elif, Nohémie, Francois-Xavier, Gregory, Patricia, Elsa, Luis Felipe, Juan Alberto, Nick, Lola, Guillaume, Elodie, Mayeul, Ariane, Alban, Manuel, Ciprian, Fabrice, Thierry, Baptiste, Quentin, Hugo…
129 morts, 350 blessés, ils venaient de Venise, de Suresnes, de Berlin, du Burkina Faso, de Neuilly, de Montpellier, de Normandie, du Congo, de Tarbes, de Marne-la-Vallée, d’Asnières, de Cherbourg, de Ceyrat, d’Epervans, du Maroc, de Belgique, de Biarritz, de Californie, de Lambersart, de Madagascar, du Chili, d’Espagne, d’Amiens, de Colchester, d’Algérie, de Bobigny, de Saint-Tropez, de Tonnerre, d’Alsace, de Gondecourt, de Nancy, de Sancerre, de Bagnolet, de Tunisie, du Brésil, de Suède, du Portugal, de Roumanie… renoi ou rebeu..  21 nationalités, loin par-delà les frontières et le périphérique. (1)
Ils étaient, nous étions, tous mélangés, car c’est ça notre République, elle n’est pas que tricolore, c’est ça notre pays, il est ouvert, accueillant, pluriel, multiculturel. Ce n’était pas la race blanche, ni le cocorico chauvin, ni la décadence des riches, ni une quelconque « identité nationale » qui étaient visés, c’était notre peuple si fécond, si joyeux et si divers. Le match de foot était international, un des restaurants s’appelait « le petit Cambodge », le rock était « hard » : ceux qui ont expliqué que « Charlie » était allé trop loin, que disent-ils ?  Que la musique était trop forte au Bataclan ? Toutes les victimes avaient le même sang et la même joie de vivre. Ce n’est pas seulement une « nation » qui a été visée, c’est l’humanité entière qui est touchée.
Les assassins tuent sans distinction des athées comme des musulmans, des arabes et des blancs, des noirs et des jaunes. Déjà dans de précédents attentats, les bombes étaient placées dans le métro ou devant chez Tati. Ils ne cherchent pas à frapper ceux qui commandent les Rafales qui les bombardent, ils nous tuent, nous, les gens en mobylette. Ils n’ont aucun autre message : ils ne cherchent pas à aller frapper des dirigeants et élites, des cibles militaires ou des quartiers riches. Ils sont bien les pires ennemis du peuple, les tueurs de nos libertés comme de nos amours, de nos fêtes comme de nos droits du travail. On comprend les hommes et les femmes qui veulent échapper à leur emprise et se réfugient chez nous. Chacun de leurs attentats nourrit l’obscurantisme, les fanatismes, les racismes, les extrémismes de droite et leurs crimes sont pain béni pour tous ce qui sert la réaction, ils nous empêchent, en premier, de nous défendre nous, les salariés licenciés d’Air France, les hospitaliers surmenés, les chômeurs humiliés, les bas salaires et les retraités pauvres.
François Hollande a raison de dire que « ce n’est pas une guerre de civilisation car ces assassins n’en représentent aucune».
Il faut aller jusqu’au bout : ce n’est pas non plus une guerre « entre nations ».
Ce n’est pas non plus une « guerre de religions ».
Ce n’est pas non plus « une guerre ».
Evidemment que ce n’est pas une « guerre entre nations » : les charognards, ignares assassins étaient de nationalité française et belge. Les autres, de même origine, qui commandent chez Daech se sont mis en marge de l’humanité entière. Ces crevures croyaient-elles tuer leur propre pays ? Elles avaient le même âge et parfois le même visage que leurs victimes ! La réponse n’est pas de s’enfermer dans le tricolore, dans les chants patriotiques, dans les identités culturelles, dans la fermeture des frontières, dans la traque de l’étranger, de l’immigré, du réfugié, pour lutter contre eux. Les morts de vendredi ne sont ni blancs ni tricolores.  « L’union nationale » n’est pas une réponse. Comme le dit Noël Mamère, « l’union sacrée est une défaite de la pensée ». Philippe Martinez le dit aussi : « l’unité nationale n’est pas bonne pour les salariés et nos revendications ». L’étranger est bienvenu chez nous. L’immigré veut travailler comme nous. Le réfugié veut justement échapper à l’enfer pour survivre avec nous. Il ne s’agit pas d’un combat entre nations.

Evidemment qu’il ne s’agit pas d’une « guerre de religion » : les abrutis tueurs croyaient-ils faire justice pour leur « dieu » et frapper les mécréants, les apostats et les « croisés » ? Ce qu’ils retiennent de leurs bibles est la lecture la plus primate, 90 % des motifs des assassins ne proviennent absolument pas de préceptes religieux – qu’ils ignorent -  mais d’abord de leurs frustrations, de leurs échecs, de leur marginalisation, de leurs trafics impuissants et des haines antisociales qu’ils ont cultivées dans leur cerveau malade. « Plus de 80 % des victimes du prétendu djihadisme sont des musulmans », selon Le Monde. La réponse n’est pas de se claquemurer dans les églises et de fermer les mosquées pour opposer Dieu à Dieu.

Ce n’est pas une « guerre », ni nationale ni religieuse : il n’y a ni Etat ni armée de Daech, aucune légitimité à ce groupe, aucun projet humain universel à cette secte, c’est un terrorisme de déchet, une sous-production résiduelle catastrophique des terribles destructions commises par les interventions, les « ingérences » criminelles des grandes puissances pendant des décennies au Moyen-Orient. Ces déchets des guerres impériales ont encore une fonction : aggraver les résultats tragiques de celles-ci

Là-bas, c’est comme « après l’humanité », c’est comme l’allégorie des méchants de Mad Max 2.
Des fous dégénérés se sont rassemblés avec assez de force pour faire un pseudo-Etat, un pseudo-califat, des sectes, des armées de mercenaires, mafieux et criminels, trafiquants et illuminés, sous-produits dérivés du pétrole, des armes et de la finance qui règnent « en Occident » et des dictatures barbares locales. On sait d’où ils viennent : ils sont le produit local de la fin de l’espoir et veulent donc tuer l’espoir. Pas seulement en France, en Espagne, en Grande-Bretagne, en Belgique, en Tunisie, au Mali, puisqu’ils viennent de faire 147 morts et 79 blessés dans l’université de Garissa, au Kenya, à 150 km de la Somalie. Puisque la secte Boko Aram est responsable de la mort de 150 personnes au nord-est du Nigeria.  Et encore : 23 morts et 100 blessés au Tchad, et 1100 écoles détruites au Cameroun, Tchad, Niger, et Nigeria. De telles barbaries n’étaient pas une fatalité locale, elles ont été engendrées par les guerres impérialistes depuis plus d’un siècle : les frontières découpées, imposées, les richesses pillées, les peuples occupés, bombardés, assassinés, torturés, affamés, sous des dictatures féroces façon Shah d’Iran, baasistes, talibans, ou saoudiennes. Une peste s’est implantée et déborde, menaçante, vengeresse, haineuse, générant des criminels obscurantistes sous de vieux prétextes religieux, travestis en bannière dite « islamique ».
Redisons-le, face à ce terrorisme de déchet, il n’y pas de réponse symétriquement barbare comme ces autres abrutis identitaires et d’extrême droite qui font des « ratonnades », détruisent des cimetières ou des mosquées, et veulent enfermer 4000 « suspects », déchoir des Français de leur identité, expulser des millions d’étrangers, refuser des milliers de réfugiés, instaurer des dictatures policières répressives, bombarder des populations civiles. Cette extrême droite identitaire est aussi un déchet d’humanité. Ne pas se laisser contaminer.
2°) Paix !
Car répondre en tant que nation, en tant qu’armée, en tant que puissance à laquelle un défi est lancé, c’est accréditer l’importance de l’ennemi, renforcer ses délires, valoriser leurs sectes, abaisser nos valeurs, tomber dans leurs pièges, donner sujet aux escalades des logiques folles de crimes
Il ne faut pas parler « guerre », il faut parler « paix ».
Il faut parler de vie contre la mort. Pour les éradiquer, il faut parler de démocratie, de République, de liberté, égalité, fraternité, plus que de représailles.
Le langage martial est impuissant et fascinant face à des fous de guerre. Il faut défendre l’universel, pas la revanche. Il faut en appeler davantage à la beauté et la bonté du monde qu’à la patrie. Il faut défendre les valeurs universelles : égalité des droits entre les peuples, respect de la démocratie, défense des droits des humains, coopération économique, désarmement, retraits des troupes étrangères, autodéterminations.
Pour la vaincre, il ne faut pas agir seuls dans un tête à tête, il faut mobiliser l’humanité entière puisque c’est elle qui est attaquée.

Convoquer le conseil de Sécurité, négocier avec Obama et Poutine, impliquer l’Europe entière, multiplier les conférences de paix internationales et régionales, telle est l’urgence !
C’est mieux que l’escalade de l’état d’urgence, policier, militaire, autoritaire, nationaliste.
Il ne faut pas croire que des représailles nationales suffiront : elle ne sont pas efficaces pour faire disparaître l’origine commune à ces déchets terroristes, il faut permettre la pacification et que puissent se reconstruire la région, l’Irak, la Syrie, avant que la Jordanie, la Turquie, les émirats ne s’effondrent.  Car tout concentrer pour écraser Daech…  en s’alliant comme cela semble paradoxalement se faire avec les successeurs d’Al Qaida, Al Nosra, ou en nourrissant d’autres sectes ou avec les émirats, n’est pas une solution durable.
L’affichage politique doit être de défendre et restaurer les droits et la souveraineté des peuples. De tous les peuples.  Pour cela, oui, il faut organiser toutes les saisines possibles des institutions internationales pour tenter toutes les négociations possibles. Et sans préalable : car parler avec des dictateurs, tôt ou tard isole ces dictateurs et, dans cette région du fait de son histoire tragique, il y en a dans tous les camps. On ne peut pas faire autrement que discuter avec TOUS les belligérants sans exclusive.
Mais il faut avoir comme axe durable de soutenir partout les forces vives démocratiques, pas les dictatures ni les dictateurs. Donner les moyens aux peuples de la région (Kurdes, Syriens) d’imposer la paix et la démocratie. Retirer le PKK de la liste des organisations terroristes, soutenir le peuple kurde en armes.

La première chose est d’obtenir des accords internationaux pour contrôler pétrole et finances de Daech, empêcher qu’ils bénéficient d’un trésor de guerre pour alimenter leurs crimes.
Stop à tout achat de pétrole en provenance de leurs actuels domaines.
Stop à toute activité bancaire et financière émanant de Daech.
Comment prétendre battre leurs terroristes sans accords internationaux pour couper le robinet du pétrole et des finances qui les alimentent partout dans le monde ?
La meilleure façon de battre Daech, c’est idéologiquement (la culture : bibliothèque contre kalachnikov),  économiquement (le pétrole étranglé), financièrement (les banques : bloquer leurs milliards), diplomatiquement et militairement (ONU)
 Impossible « d’oublier » les mauvais bilans de l’ONU : les résolutions inappliquées concernant Israël. Car, quel crédit peuvent avoir des résolutions appliquées dans un sens et pas dans l’autre ?
Il faut la fin des pillages impérialistes du pétrole, les coups d’État, les invasions, les manipulations. Et si cette reconnaissance des crimes impérialistes des dernières décennies ne peut pas être un préalable, il importe, pour reconstruire politiquement la région, de les afficher : car toute continuation de la brutale politique militaire ne fera que perpétuer indéfiniment la barbarie de tous côtés.
Les puissances américaines et anglaises avec les deux guerres du Golfe, les crimes de Bush et de Blair, chacun le sait, ont enfanté Ben Laden, Al Qaïda et Daech. Les puissances françaises et anglaises ont aussi la responsabilité majeure de la décomposition de la Libye.
Des deux grandes révolutions populaires, tunisienne et égyptienne, une seule a survécu, à Tunis, mais bien menacée et isolée. Aidons–la.
Mais par contre, les grandes puissances internationales ont été bien complices de la contre-révolution au Caire ainsi que de l’abominable régime qui y règne. Et c’est une immense honte d’alimenter les dictatures du Golfe en armement et de se taire, pour de l’argent, sur la barbarie de ces régimes. Car comment vanter l’Arabie Saoudite et les émirats face à Daech ?
Paix, démocratie et diplomatie doivent désormais l’emporter sur l’impérialisme, la fuite en avant, la corruption et les va-t-en guerre – symétriques des terroristes.
 3) République exemplaire : sociale !
Pour  notre pays : isoler et liquider les assassins de Daech, redresser notre politique et notre diplomatie envers le Moyen-Orient et les pays arabes, c’est vital.
C’est indispensable aussi pour stopper l’hémorragie d’une partie petite mais significative de notre jeunesse. Car, comment expliquer qu’un grand pays comme le nôtre soit victime du départ, de l’endoctrinement, puis de l’assaut contre lui-même de plusieurs milliers de ses enfants ?  De 1200 à 4000 dit-on ? Comment les déchets du terrorisme Daech peuvent-ils se nourrir d’une part de nous-mêmes ? Les criminels étaient français !
Là encore, les cris guerriers, moralistes, religieux, les appels ouverts ou masqués au raidissement national et nationaliste, les concessions aux identitaires, n’auront aucun effet.

Les surveillances, les contrôles, l’état d’urgence, les pratiques policières, la répression n’auront que des efficacités très relatives, à court terme, et un pays qui s’enfonce dans l’état d’urgence policier au détriment de l’état de droit cède à ses ennemis, et affaiblit sa propre cause. « Le problème, c’est qu’on a trop de libertés », ose déjà déclarer un général français, car  il y a toujours des imbéciles pour rêver « d’hommes forts ». Ce n’est pas une modification de la constitution, ni un état d’urgence prolongé qui permettront de tarir les sources de financement et d’armement des terroristes d’autant que l’Etat français est le 2ème pays vendeur d’armes au monde, devant la Russie et la Chine. Tout l’arsenal des lois nécessaires existe, ce n’est pas d’un « Patriot act » ni d’un état d’urgence prolongé de 3 mois dont nous avons besoin, non, mais par contre il manque des effectifs pour agir, à commencer par les 12 000 agents de police supprimés par Sarkozy et que la politique de restriction des fonctionnaires n’a pas permis de rétablir.
Non, on n’en a pas assez de libertés citoyennes, il faudrait au contraire une 6° République plus démocratique, car les salariés se sentent méprisés et non pas associés, et le fait que la gauche n’ait pas tenu ses promesses creuse le terreau des abstentions, désillusions, déceptions, amertumes, rages et cynismes.
La solution n’est surtout pas au tout militaire et policier, aux états d’exception, mais elle est à la politique et à la démocratie : liberté, égalité, fraternité !
La République exemplaire doit séduire et rapprocher les jeunes et pour cela, il faut qu’elle soit sociale et non qu’elle creuse les différences et les inégalités.

Impossible de défendre « les valeurs » de notre pays sans éradiquer la « crise », les 6 millions de chômeurs, les 9 millions de pauvres, les fantastiques inégalités : la République sans social ne vaut rien. Jaurés l’a crié : sans social la République reste un mot creux. « Liberté » avec un « état d’urgence », « égalité » avec 1% de super riches, « fraternité » avec une extrême droite en expansion, ça ne peut pas marcher. Plutôt que des idées creuses, il faut du pain dans toutes les assiettes.
Et des services publics ! Cette tragédie a aussi montré combien nous avions besoin de fonctionnaires, pompiers, policiers, infirmiers, médecins et agents hospitaliers, services sociaux, personnels éducatifs, fonctionnaires territoriaux, militaires…

Il faut travailler mieux, moins, tous et gagner plus : partager les richesses et les fêtes au Bataclan.

Dans les quartiers où il ne reste que le chômage, le bas salaire, et aucune perspective d’intégration, la réponse n’est sûrement pas de dire aux jeunes « Ayez envie de devenir milliardaires. » Pareille phrase, nous l’avions écrit, nourrit le désert des idéaux et encourage les désespoirs et les aventuriers.
Il faut un projet de société, il faut le socialisme, il faut le changement maintenant. Il faut une République sociale. Il faut la priorité pour la jeunesse. Il faut l’égalité, la redistribution des immenses richesses de notre pays.
« Avant la fin de la 2ème guerre mondiale, lors de la déclaration de l’OIT en 1944, l’ensemble des pays de la planète avait affirmé que seule la justice sociale serait facteur de paix. » rappelle opportunément la CGT.
Sinon, on en revient à l’Europe libérale et austère qui creuse nos tombes, qui nourrit ses extrêmes, qui menace nos fêtes du vendredi soir et nos repos du dimanche – pour la seule rapacité de ses banksters.

Il est étonnant d’entendre François Hollande déclarer : « Dans ces circonstances, je considère que le pacte de sécurité l’emporte sur le pacte de stabilité ». Ainsi, rien ne l’aura fait renoncer aux 41 milliards donnés aux patrons, aux 40 milliards dépensés en moins pour notre sécu, nos collectivités, nos équipements, nos salaires, rien. Il aura tenu bon sur la « politique de l’offre », sur la réduction des déficits, il n’aura concédé aucune conquête sociale à la gauche, il faut l’horreur de vendredi dernier pour qu’il dise aux libéraux européens : « Je ne vais pas me conformer tout à fait à la feuille de route que vous exigez et que j’ai acceptée depuis 2012. » Il ne le fait pas pour nourrir les besoins sociaux de notre peuple mais pour imposer l’état d’urgence. A méditer.
Concluons avec les syndicats : « La CGT note que le pacte de stabilité n’est pas un horizon indépassable et elle exige un pacte de progrès, de démocratie sociale, d’éducation, de sécurité et de paix pour toutes les populations. » « Pas plus qu’il n’y a de trêve dans les attaques contre le monde du travail, il n’y aura de trêve dans l’action syndicale pour le progrès social ».
Nos revendications, celles de tous les salariés, ne passeront pas sous la table : stop au licenciement des salariés d’Air France, renforcement des droits du travail, hausse des salaires, non à l’accord forcé et antidémocratique dans les hôpitaux, recrutement partout des fonctionnaires si utiles en temps de crise, renforcement des services publics, et repos dominical pour tous ceux pour lesquels il n’est pas nécessaire de travailler, qu’ils puissent faire la fête et écouter de la musique.
Gérard Filoche, le 17 novembre. 
(1) : mentionnons parmi les victimes : Patricia San Martín et Elsa Delplace San Martín- Patricia San Martín travaillait comme fonctionnaire à la mairie de Sevran, en Seine-Saint-Denis. Elle a été tuée en même temps que sa fille Elsa Delplace San Martín. Les deux femmes étaient originaires du Chili. D’après la télévision chilienne T13, Patricia San Martín avait pour oncle l’ambassadeur du Chili au Mexique, Ricardo Nuñez Muñoz. Elle s’était exilée en France avec ses parents, avant de retourner vivre au Chili, mais sa fille résidait à Paris. La nouvelle de sa mort a été annoncée sur Twitter par Isabel Allende, la fille de l’ancien président Salvador Allende. Selon le site 24 Horas, Patricia et Elsa Martín avaient respectivement 61 et 34 ans.
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