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Le texte n'a plus grand-chose à voir avec sa version initiale, dont les attaques contre les conservateurs allemands avaient suscité un tollé. Le Bureau national du Parti socialiste a adopté, mardi 30 avril, un texte de "réorientation" des politiques européennes en faveur de la croissance. 
Après la polémique qui a forcé Jean-Marc Ayrault à intervenir le week-end précédent, le texte a été expurgé de toutes les mentions qui s'en prenaient à Angela Merkel. Un premier "brouillon" du document, qui évoquait "l'intransigeance égoïste" de la chancelière allemande, avait suscité un vif émoi en France et en Allemagne.

Les militants invités à se prononcer

Le texte a été adopté mardi soir, par 26 voix contre 6, et 4 abstentions. Il va maintenant être soumis aux militants socialistes en vue de la convention du PS sur l'Europe, le 16 juin à Paris, étape dans la préparation de la campagne pour les élections européennes de mai 2014.
"Nous avons adopté un texte de rassemblement des socialistes pour réorienter les politiques européennes, avec en priorité la croissance et l'emploi, a déclaré le porte-parole du PS, David Assouline. C'est aussi un texte de combat contre les droites européennes qui ont non seulement aggravé la crise par leurs politiques mais qui, avec le verrou de l'austérité, ne permettent pas d'en sortir."
Plusieurs représentants de l'aile gauche du PS ont confié à la presse qu'ils avaient proposé de déposer devant le Bureau national un "texte alternatif", intitulé "L'Europe le sursaut", mais que leur demande avait été refusée. Un seul texte doit être soumis aux militants, a expliqué David Assouline.

L'aile gauche va déposer des amendements

"On va déposer des amendements [à l'attention des militants] pour réorienter la construction européenne et faire des propositions un peu concrètes en termes de calendrier pour les mois à venir, a expliqué Emmanuel Maurel, du courant Maintenant la gauche. On va le proposer avec ceux qui le souhaitent, je pense aux amis de Benoît Hamon", du courant Un monde d'avance.
Ces amendements, "un peu clivants", selon le député Jérôme Guedj, portent sur plusieurs sujets principaux, notamment "un moratoire sur l'application du Pacte de stabilité" et le refus du nouveau budget européen. "On demande que l'euro fort soit mis en débat (...) ainsi que son impact sur la compétitivité et les exportations", a poursuivi Jérôme Guedj.