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mardi 28 mai 2013

Cannes 2013. D’Abdellatif Kechiche à Alain Guiraudie, le désir et la liberté récompensés

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CULTURE -  le 28 Mai 2013
Festival de Cannes 2013

Cannes 2013. D’Abdellatif Kechiche à Alain Guiraudie, le désir et la liberté récompensés

             
"L’Inconnu du lac" d'Alain Guiraudie a reçu le prix de la mise en scène dans la sélection Un Certain Regard
L'analyse de Marie-José Sirach. Il est rare que la rumeur cannoise coïncide avec le verdict du jury. Le film de Kechiche, présenté en compétition, et celui de Guiraudie, à un Certain regard, avaient, à quelques jours de distance, suscité un véritable engouement chez les critiques.
L’Inconnu du lac a reçu le prix de la mise en scène. La Vie d’Adèle la palme d’or. Ces deux films, dans des esthétiques différentes, des processus narratifs singuliers, racontent une histoire d’amour, un coup de foudre, une passion qui passe, à l’image, par les corps entremêlés, les caresses, les baisers, la palpitation des cœurs, le sexe, chacun contenant une charge érotique et émotionnelle comme rarement nous en avons vu au cinéma. On oublie qu’il s’agit dans l’un de deux femmes, dans l’autre de deux hommes, tant on est subjugué par leur histoire d’amour à laquelle chacun, chacune, peut s’identifier. Là où un Soderbergh, avecLiberace, situe son propos (une espèce de Cage aux folles made in Las Vegas à l’aune de l’apparition du sida) dans un temps révolu ou l’on peut affirmer qu’il y a prescription. Donc pas d’enjeu là où, dans le Kechiche comme dans le Guiraudie, leurs films transcendent les genres et les codes pour filmer le désir et la liberté. 
Le désir et la liberté comme le 
lieu de la désaliénation…
Kechiche ne dit pas autre chose lorsque dimanche soir, il dédie « ce prix, ce film à cette belle jeunesse de France qui m’a beaucoup appris sur l’esprit de liberté et du vivre-ensemble », ainsi qu’à « une autre jeunesse (...) de la révolution tunisienne, pour son aspiration à vivre elle aussi librement, s’exprimer librement et aimer librement ». Guiraudie aussi quand, évoquant Bataille, il dit : « Je me suis aperçu qu’il y avait d’autres aspects de la pensée de Bataille qui recroisaient mes préoccupations : la manière 
de superposer les questions de l’érotique, du politique et de l’économie au sens large, vital. »
On dit que les artistes sont en avance sur leur temps. Peut-être. Peut-être sont-ils sensibles à des signaux tangibles d’un monde en mouvement. Ce qui est sûr, c’est qu’il est des cohortes d’ignorants qui continuent de brandir le modèle familial moyenâgeux, empêtrés dans les interdits, les fausses convenances et la pudibonderie mortifère. Ceux-là ont des retards d’avenir…
  • Lire aussi :
Retour sur le palmarès du Festival de Cannes 2013Prolétaires de tous les pays, caressez-vous !, notre critique de l’Inconnu 
du lac d'Alain Guiraudie
Adèle ou la double constance de l’intime et de l’universel, notre critique de La Vie d’Adèle, d’Abdellatif Kechiche
Marie-José Sirach

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