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mardi 9 avril 2024

Scandale à la Légion d'honneur, Macron et les magistrats, géants mondiaux de l'agrobusiness, la CEDH et le climat, le pacte asile-immigration... au sommaire de Mediapart mardi 9 avril 2024

 

La lettre quotidienne
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Mardi 09 Avril 2024

À la une de Mediapart

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La justice soupçonne le général Benoît Puga, en poste sous Nicolas Sarkozy et François Hollande, de s’être compromis avec un richissime sénateur de droite. Ce dernier a bénéficié de nombreuses décorations pour ses proches quand le militaire dirigeait la Légion d’honneur.
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En quelques décennies, une toute petite poignée d’acteurs a pris le contrôle du commerce mondial agricole, des terres à la finance. C’est le constat dressé par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement. Peut-on laisser à quelques groupes le destin de la sécurité alimentaire mondiale ?
 
Un président et son ministre de la justice qui s’en prennent à des magistrats. Des magistrats qui n’ont pas l’intention de s’en laisser conter. La justice marseillaise est devenue ces dernières semaines le petit théâtre de la volonté de caporalisation de la magistrature par le pouvoir exécutif.
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Les textes composant le Pacte migratoire européen devraient être votés à Bruxelles d’ici mercredi 10 avril. Ils pourraient réduire considérablement les droits des personnes en exil qui tenteraient de rejoindre l’Union européenne.
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Pour Haggaï Matar, figure de +972 Magazine et de Local Call, deux médias israélo-palestiniens à l’origine d’une enquête choc sur l’usage de l’intelligence artificielle par l’armée israélienne à Gaza, l’État hébreu a « peur du journalisme ».
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Fait inédit, la juridiction européenne s’est penchée ce 9 avril sur trois contentieux climat, dont l’un a conduit à la condamnation de la Suisse pour inaction climatique. Par cette décision, la Cour entérine que le réchauffement planétaire représente une menace pour les droits humains.
 
Après une action contre le site Lafarge de Val-de-Rueil (Eure) en décembre dernier, plusieurs militants sont interrogés par la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire.
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Ces perquisitions sont menées dans le cadre d’une information judiciaire pour « mise en danger d’autrui » ouverte à l’automne 2023 dans l’affaire des PFAS.
 
Une famille d’origine turque, installée en Allemagne et soudain endeuillée, émet des signaux polyphoniques et fragmentaires sur la désespérance de l’immigration. Et sur l’espoir de s’extraire de la spirale patriarcale. Entretien avec l’autrice, Fatma Aydemir.
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Moustapha, un Guinéen souffrant de troubles psychiatriques, a été arrêté par la police après un signalement de l’établissement lyonnais Saint-Jean-de-Dieu. Proches et soutiens y voient une forme de « délation » qui s’inscrit dans le contexte politique actuel.
 
Le président de la République n’a finalement pas prononcé, à l’occasion des trente ans du génocide des Tutsis, le discours que l’Élysée avait publiquement promis. Bien plus qu’un « couac » aujourd’hui avancé, cette cacophonie révèle des divisions internes.
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La Cour de cassation va se prononcer sur le droit à la filiation pour les deux mères d’un couple homoparental, même en cas de séparation. Malgré l’extension de la PMA et la réforme de la filiation en 2021, les inégalités persistent dans le cas d’une parentalité portée par deux femmes lesbiennes.
Dans le studio

Dans le Club  Les lecteurs et lectrices prennent la parole

Témoins des exactions commises par l'armée israélienne à l’égard des civils de la partie sud de la bande de Gaza, vingt revenant de Gaza, à la faveur de leurs engagements déontologiques de médecins et infirmiers soutenu·es par des collègues, n'acceptent plus « l’hypocrisie et le silence gêné de la classe politique et des médias nationaux, en particulier au centre et à droite, bercés par une narration unique ». Ils et elles demandent solennellement à être reçus par le Président de la République.
 
Ceci n'est pas un portfolio. Ce sont des photographies et une histoire qui avancent ensemble, imbriqués, se fabricant les une l'autre, au fur à mesure. Histoire inspirée par la proximité de la mer et les questions qu'on ne manque pas de se poser. Jusqu'à quand ? Jusqu'où ? Comment ?
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Seule en scène sur un plateau entièrement nu, Victoria Quesnel se lance dans une poursuite effrénée de liberté, une quête absolue de soi, époustouflante d’intensité et de rage. Adapté du troisième roman de Constance Debré, « Nom » est un combat, celui d’une femme contre les faux-semblants d’une société qui se ment à elle-même. À quel point peut-on vivre libre ?
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Le jeune héros que «Yurt » met en scène est coincé dans un va et vient entre ces deux mondes antagoniques. Le jour il est scolarisé dans une école mixte, laïque, ouverte sur le monde (le film s’ouvre sur une classe d’anglais), le soir il rejoint un pensionnat de garçon (yurt) d’une confrérie islamique.
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Des mains tentent de le relever. Partout sur la planète. Des mains visibles ou invisibles. Faisant tout qu’il puisse au moins se redresser. Parfois ces mains ont le bras assez long pour être médiatisées. Et on aperçoit un visage face caméra. Pour continuer le travail de « relevage » avec des mots. Essayant de convaincre de l'urgence. Le monde peut-il se relever ?
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Face au nombre de morts consécutifs à des refus d’obtempérer, l’Etat et l’institution policière font corps pour décliner toute responsabilité. Mais les faits sont têtus, et entêtants.
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Bruno Le Maire l'a annoncé : il souhaite durcir sa politique de rigueur pour le plus grand nombre alors même qu’il se refuse à taxer les ultra-riches et les superprofits. Cette politique injuste et injustifiée aggrave les crises sociale et climatique. Mais ce n’est pas une fatalité. Attac propose six mesures pour dégager 60 milliards en imposant mieux les plus riches et les multinationales.
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Six mois après les attaques meurtrières du 7 octobre, le Club propose ce livre numérique avec une sélection de billets marquants publiés dans notre agora. Témoignages, analyses, tribunes, ce florilège propose des textes singuliers pour « que d’une façon ou d’une autre soit entendue la voix de l’autre ».
 
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LSDJ (La Sélection du Jour) - SOCIÉTÉ Surveillance de masse en Chine et JO de Paris - le 9.04.2024

 


La Sélection Du Jour
09 AVRIL 2024 - N°2164

SOCIÉTÉ

Surveillance de masse en Chine et JO de Paris

Photo : Pékin, 6 septembre 2007. Des travailleurs chinois ajustent une caméra place Tiananmen en prévision de la fête nationale. (Photo de Guang Niu/Getty Images AsiaPac via AFP)

La révolution numérique offre une deuxième vie à la formule de Mao « le parti contrôle tout » selon le journal québécois Le devoir. Le système appelé « kējì qiángguó », mot qui décrit l'alliance de la puissance et de la technologie, permet une surveillance à très grande échelle. Cette surveillance utilise des millions de caméras et implique un système de notation appelé le crédit social (voir la sélection). Les données sont extrêmement précises : on peut savoir, par exemple, qu'en mai 2017, dans la seule ville de Jinan, 6 000 piétons ont brûlé un feu rouge.

Toujours selon le Devoir, le régime présente ce système comme l'accomplissement du contrat social chinois. Celui-ci est simple : sécurité contre surveillance. La propagande du gouvernement de Xi Jinping insiste donc sur l'insécurité régnant dans les autres pays, particulièrement les démocraties, pour qu' éclate en miroir la sécurité chinoise. Des contestataires du régime préfèrent y voir une nouvelle étape dans la mise en place d'un système totalitaire. Ainsi, dans le « pays le plus sûr du monde », les habitants vivent avec la peur au ventre, craignant d'être ciblés à la moindre faute comme le rappelle Zhang Zhulin, journaliste chinois émigré à Paris.

Il faut dire que ce système classe les citoyens et que leurs droits fondamentaux en dépendent. D'un « citoyen exemplaire » (noté AAA) à un « malhonnête » (noté D) le traitement n'est pas le même. En cas de mauvais classement, tout individu peut se retrouver sans crédits bancaires, ne pas avoir accès à certains services sociaux publics, ne pas pouvoir prétendre à certains emplois et à l'inscription de ses enfants dans des écoles privées.

La mise en place de ce système de surveillance extrêmement développé participe ainsi d'un plus grand projet de contrôle des populations, même hors des frontières. Zhang Zhulin raconte : « Pékin veut tout contrôler et pense pouvoir y arriver. C'est très pénible pour les Chinois à l'étranger, qui sont constamment surveillés pour ne pas nuire à l'image de la Chine ». Il révèle aussi que des paroles de chanson sont changées pour magnifier la Chine ou encore que le sens de certains mots, comme « démocratie » ou « liberté » sont détournés.

Par ailleurs, la relation caméras-sécurité n'est pas si évidente que ça. Une récente étude de Comparitech met en relation le nombre de caméras publiques et l'indice criminel de Numbeo. De grandes disparités apparaissent : par exemple, l'indice criminel est plus de trois fois supérieur à Mexico qu'à Fukuoka avec pourtant plus de 13 fois plus de caméras pour 1000 habitants à Mexico.

La question qui demeure est celle des conséquences en France. En mars dernier, la fameuse « loi olympique » a été votée par l'Assemblée Nationale sans les voix de la gauche, qui s'opposait notamment à son article 7. Celui-ci concerne le recours à la vidéo-surveillance dite « intelligente » pendant les Jeux olympiques de cet été. Les caméras seront en effet reliées à un algorithme chargé d'analyser toutes les informations collectées. Ces caméras – pour précision – pourront être embarquées sur drone. L'algorithme sera chargé de repérer tout comportement ou événement suspect, par exemple, un départ de feu, un colis abandonné, ou encore la présence ou l'utilisation d'une arme. Huit types d'événements anormaux ou dangereux ont ainsi été répertoriés par le ministère de l'intérieur. Une fois la situation dangereuse repérée, un avis humain sera donné qui permettra de déclencher – ou non – l'intervention des forces de l'ordre. Notons que la reconnaissance faciale a cependant été écartée pour l'instant. Le dispositif est censé être provisoire en se limitant au temps des JO. Ces caméras intelligentes seront testées début mars à Paris, lors de concerts.

Noémie Levain est chargée d'analyses juridiques et politiques pour La Quadrature du Net, une association de promotion des droits et libertés sur Internet. Elle rappelle au journal 20 minutes que « quasiment tous les pays qui ont accueilli des grands événements sportifs ont passé des lois sécuritaires. Et les infrastructures sont restées. On craint de passer à la généralisation, puis à d'autres technologies biométriques de surveillance, comme la reconnaissance faciale ou la reconnaissance des émotions, qui sont déjà proposées par des députés ».

Plutôt que 1984, cela fait surtout penser au film de Steven Spielberg Minority Report avec Tom Cruise. Dans ce film dystopique, la sécurité dans la ville de Washington est assurée par trois mutants qui prédisent les crimes quelques heures avant qu'ils ne soient perpétrés. La police peut alors agir et d'arrêter les criminels avant qu'ils ne commettent leur acte. Bien qu'utopique, cette vision peut rejoindre le système du crédit social qui a la capacité d'alerter sur des profils « dangereux ». Quel prix sommes-nous vraiment prêts à payer pour notre sécurité ? Tocqueville en son temps posait déjà cette question, voyant dans la démocratie les ferments de l'illibéralisme : le peuple pourrait accepter à terme d'échanger sa liberté contre son confort.

Benoit Bertan de Balanda
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Pour aller plus loin :

La Chine veut noter tous ses habitants et installe 600 millions de caméras

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