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mercredi 1 mai 2013

Fonds en liquide : la défense hasardeuse de Claude Guéant


Fonds en liquide : la défense hasardeuse de Claude Guéant

Le Monde.fr |  • Mis à jour le 
Par 
                 Claude Guéant.
Claude Guéant est dans la tourmente judiciaire. Selon Le Canard enchaîné du mardi 30 avril, l'ancien ministre de l'intérieur, fidèle d'entre les fidèles de Nicolas Sarkozy, a vu son domicile perquisitionné à deux reprises, dans le cadre de deux affaires, celle de l'arbitrage Tapie-Crédit lyonnais et celle d'éventuels financements libyens de la campagne 2007 de l'ex-chef de l'Etat.
Or, révèle l'hebdomadaire satirique, lors de ces deux procédures, les enquêteurs ont découvert deux éléments troublants : d'une part, un versement sur son compte de 500 000 euros, d'autre part des traces de paiement de factures en liquide pour des montants importants. L'ex-ministre, qui a multiplié les interviews (RMC, Canal+, RTL, Europe 1, LCI et France 2 dans la seule journée de mardi), a dû s'expliquer sur ces deux points....
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À la veille du 1er Mai, Hollande offre de nouveaux avantages aux patrons

                         http://parti-ouvrier-independant.fr


À la veille du 1er Mai, Hollande offre de nouveaux 

avantages aux patrons


les patrons à l'élysée
s'informerÀ l’occasion d’une réunion intitulée « Assises de l’entreprenariat », le chef de l’État François Hollande annoncé de nouveaux avantages fiscaux en faveur des chefs des patrons. C’était lundi à l’Élysée, à la veille du1er Mai (♣).
Une réduction de la fiscalité sur plus values de cession de société ou de parts de société sera accordée, ainsi que des avantages sur l’assurance vie en actions et sur les Plans d’Epargne en actions. Ensuite, ce seront des simplifications administratives, conduisant toutes à supprimer des contrôles fiscaux. Enfin des aides aux entreprises, déjà utilisées largement, pour les quartiers défavorisés, l’innovation, l’exportation.
Il également a annoncé la création, de la sixième à la terminale, d’un programme dédié à l’entrepreneuriat. Selon Philippe Hayat, chef d’entreprise, chargé par le président de la République d’un groupe de travail sur ce point, « ce programme consistera à familiariser les élèves avec l’entrepreneuriat avec des mises en situation, la création de mini entreprises au sein des classes ». Ce sont les chefs d’entreprises essentiellement qui assureront cette formation. « Sur la base du volontariat, tous les enseignants peuvent participer à cette initiative ».
Les chefs d’entreprises ont affiché leur satisfaction. Pierre Gattaz, candidat à la succession de Laurence Parisot à la présidence du MEDEF, a estimé que « la méthode est bonne », que « les mesures annoncées aujourd’hui vont d’une façon générale dans le bon sens », en ajoutant toutefois que « ce n’est pas suffisant ».

Sous la gauche, un premier 1er Mai divisé

                                  http://www.liberation.fr


Sous la gauche, un premier 1er Mai divisé

 (Mis à jour: 30 avril 2013 à 11:41)

                    Le défilé traditionnel des syndicats lors de la Fête du travail. Paris, le 1er mai 2012.


Le défilé traditionnel des syndicats lors de la Fête du travail. Paris, le 1er mai 2012. (Photo Charles Platiau. Reuters)

RÉCIT Les nouveaux dirigeants de la CGT et de la CFDT s’écharpent au sujet de l’accord sur l’emploi.

Par FRÉDÉRIQUE ROUSSEL
Ce 1er Mai n’aura pas l’air de fête de l’année dernière, organisé dans l’espoir, cinq jours plus tard, de la victoire de François Hollande à la présidentielle. Cette année, les syndicats défileront en ordre dispersé, façon puzzle.
Il y a un an, le carré de tête voyait les leaders de cinq organisations (CFDT, CGT, Unsa, FSU et Solidaires) défiler unis de Denfert-Rochereau à la Bastille, la mine réjouie. On était sous Sarkozy, qui tenait le même jour un meeting au Trocadéro. Ses déclarations sur «le vrai travail» avaient rameuté plus de manifestants que de coutume. Le seul couac entre CGT et CFDT tenait à une consigne de vote. Thibault avait appelé à se rendre aux urnes contre Sarkozy, Chérèque n’y avait pas sacrifié.
Reims. Un an plus tard, on est sous Hollande. La photo de groupe aurait pu changer, avec l’avènement de deux ténors syndicaux à la CGT et à la CFDT. Thibault a passé la main à Thierry Lepaon en mars ; François Chérèque a laissé la place en novembre à Laurent Berger. La gauche est au pouvoir et les deux hommes s’évitent. Le premier défilera avec la FSU et Solidaires à Paris, de Bastille à Nation (à 15 heures) et annonce 279 manifestations en France. Bien loin de la capitale, le deuxième participe à un rassemblement à 10 heures au stade de Cormontreuil, près de Reims (Marne) avec Luc Bérille, de l’Unsa et Philippe Louis de la CFTC.
Une division entre les deux grandes confédérations qu’on avait pas vue depuis la campagne pour le référendum européen en 2005. Encore en 2006, alors que la CGT, l’Unsa, Solidaires et la FSU battent le pavé contre le CPE avec les étudiants et les lycéens à Paris, François Chérèque est en Franche-Comté, affirmant «ne pas vouloir rentrer dans une béatitude de l’unité syndicale». Auront finalement suivi cinq années de béatitude, avec cortèges unitaires, avant ce nouveau schisme.
Principale pomme de discorde cette année : l’ANI, l’accord national interprofessionnel sur la sécurisation de l’emploi, signé le 11 janvier entre le patronat (Medef, CGPME, UPA) et trois syndicats (CFDT, CGC et CFTC). CGT et FO ont dénoncé ce texte «scélérat» et organisé plusieurs manifestations.
Drapeau. CGT et CFDT sont depuis à couteaux tirés. Des noms d’oiseaux ont volé, et un drapeau CFDT a même été brûlé par un militant CGT à Lille, lors de la manif du 5 mars organisée par FO et la CGT contre l’accord. «On ne va pas défiler avec un syndicat qui brûle nos drapeaux», résume un proche de Laurent Berger. Côté CGT, on aurait été moins intransigeant si une partie de la base ne tirait pas vers une tendance plus contestataire. Quant à FO, elle fait bande à part, comme de tradition, au Père-Lachaise. Mauvaise ambiance, qui augure d’une piètre participation.

Les dernières publications de ReSPUBLICA le 30/04/2013

                                       ReSPUBLICA

n°719 - 30/04/2013

Le mur du SM : beaucoup de bruit…


Communiqué LDH
Paris, le 30 avril 2013


Le mur du SM : beaucoup de bruit…


L’existence d’un panneau d’affichage situé au siège du Syndicat de la magistrature (SM), et dédié « aux cons » peut provoquer haussement d’épaules ou sourires selon qu’on soit ou non resté attaché à l’esprit potache. Mais elle ne saurait justifier ni la tempête médiatique, ni le flot de protestations pseudo effarouchées dont on nous abreuve ces derniers jours. Rappelons, pour mémoire, qu’il n’y a pas si longtemps, on a vu se cristalliser de grands mouvements de soutien à la publication de caricatures dont le goût et l’intention étaient fort discutables.

On ne peut s ' empêcher de penser qu ' il s ' agit d ' un coup monté et calculé à propos d’un fait divers qui n ' aurait jamais dû aller au-delà des salles de rédaction. D’évidence, les droites, y compris extrêmes, ont décidé de charger une organisation dont elles exècrent l ' existence.
Le torrent de commentaires outragés stigmatisant l’existence du panneau d’affichage controversé semble postuler que les juges n’auraient droit, même dans leurs locaux syndicaux, ni aux traits d’humour ni au mauvais esprit. Ce double interdit serait-il garant de la sérénité judiciaire ? On peut en douter. Ce qui ne saurait en revanche être mis en doute c’est le caractère attentatoire aux libertés syndicales de ces attaques.
Il est, dès lors, parfaitement regrettable que la garde des Sceaux ait cru devoir y donner suite en saisissant le Conseil supérieur de la magistrature.

La Ligue des droits de l’Homme exprime le vœu que cette affaire retourne là d ' où elle n ' aurait jamais dû sortir : un lieu privé où s ' exerce la liberté individuelle, un local syndical où s ' exerce la liberté d ' expression. La LDH rappelle qu’il existe quelques autres enjeux sur le champ judiciaire tels que les peines planchers, la peine de sûreté, la justice des mineurs, la situation des prisons. Leur importance mérite qu’on ne s’en laisse pas distraire.

Aminata Traoré privée de visa par la France


Communiqué du Crid, dont la LDH est membre.

Aminata Traoré privée de visa par la France
27 avril 2013

Aminata Traoré, ancienne ministre de la culture du Mali et militante altermondialiste, s ' est vue refuser le renouvellement de son visa de circulation par le consulat de France, alors qu ' elle devait se rendre en France et en Allemagne à l ' occasion de plusieurs conférences mi avril.

  Nos organisations considèrent que le droit à l ' expression est indispensable au débat démocratique, y compris quand il s ' agit d ' un point de vue critique sur la politique menée par le pays concerné par l ' octroi du visa. Doit-on penser qu ' il y a un lien entre les positions publiques d ' Aminata Traoré sur l ' intervention de la France au Mali et ce refus de visa ?

  Nos organisations, alors même que leurs appréciations et positions publiques sur l ' intervention de la France au Mali et ses prolongements actuels peuvent être différentes, désapprouvent unanimement qu ' une personne dont les apports dans les débats internationaux et les liens avec les mouvements de solidarité internationale sont incontestables, soit ainsi privée de parole en étant privée de visa.

  Elles réaffirment leur attachement à la liberté d ' expression, à la nécessité de débats citoyens et transparents sur des questions aussi graves qu ' une intervention militaire de cet ordre et au droit de circulation des personnes

VIDÉO. Claude Guéant ne sait pas comment blanchir de l'argent? Et pourtant...


VIDÉO. Claude Guéant ne sait pas comment blanchir de l'argent? Et pourtant...

Le HuffPost  |  Par Nabil TouatiPublication:   |  Mis à jour: 01/05/2013 11:49 CEST
Guant
Claude Guéant et le blanchiment d'argent
POLITIQUE - Après la révélation par Le Canard enchaîné d'un versement de plus de 500.000 euros depuis l'étranger sur un compte de Claude Guéant, l'ancien ministre de l'Intérieur a fait le tour des médias pour expliquer que "tous les justificatifs sont à la disposition de la justice" et nier tout lien avec un éventuel financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.
Claude Guéant dément également tout blanchiment d’argent: "Je n’ai jamais rien blanchi, je ne sais pas comment on fait", a-t-il déclaré sur Canal +. Réponse interloquée du Canard Enchaîné sur le plateau du "Grand Journal" de canal Plus: "C'est un peu inquiétant quand on a été ministre de l'Intérieur de ne pas du tout savoir comment on fait du blanchiment. Mais bon, il se défend comme il veut."
Pourtant, Guéant semblait très au fait des techniques de blanchiment d'argent lorsqu'il présidait, en mai 2011, un G8 élargi consacré à la lutte contre le trafic de drogue. Au programme de cette rencontre internationale: la lutte contre le blanchiment de l'argent sale... comme l'annonçait le ministre de l'Intérieur de l'époque lors d'une conférence de presse.
Notre rendez-vous vidéo, "Ce qu'il ne fallait pas rater", vous propose de regarder comment Claude Guéant évoquait en 2011, en buttant légèrement sur les mots, la lutte contre le blanchiment de l'argent dont il dit pourtant tout ignorer aujourd’hui:
Les autres vidéos de notre rendez-vous quotidien

Le PS adopte un texte expurgé des attaques anti-Merkel

                                                      


Le PS adopte un texte expurgé des attaques anti-Merkel

Voté par le Bureau national, le texte va être soumis aux militants socialistes en vue de la convention du PS sur l'Europe, le 16 juin à Paris.

                          Le Premier secrétaire du PS, Harlem Désir, le 5 avril 2013 à Limoges (Haute-Vienne).
Le Premier secrétaire du PS, Harlem Désir, le 5 avril 2013 à Limoges (Haute-Vienne). (PASCAL LACHENAUD / AFP


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Le texte n'a plus grand-chose à voir avec sa version initiale, dont les attaques contre les conservateurs allemands avaient suscité un tollé. Le Bureau national du Parti socialiste a adopté, mardi 30 avril, un texte de "réorientation" des politiques européennes en faveur de la croissance. 
Après la polémique qui a forcé Jean-Marc Ayrault à intervenir le week-end précédent, le texte a été expurgé de toutes les mentions qui s'en prenaient à Angela Merkel. Un premier "brouillon" du document, qui évoquait "l'intransigeance égoïste" de la chancelière allemande, avait suscité un vif émoi en France et en Allemagne.

Les militants invités à se prononcer

Le texte a été adopté mardi soir, par 26 voix contre 6, et 4 abstentions. Il va maintenant être soumis aux militants socialistes en vue de la convention du PS sur l'Europe, le 16 juin à Paris, étape dans la préparation de la campagne pour les élections européennes de mai 2014.
"Nous avons adopté un texte de rassemblement des socialistes pour réorienter les politiques européennes, avec en priorité la croissance et l'emploi, a déclaré le porte-parole du PS, David Assouline. C'est aussi un texte de combat contre les droites européennes qui ont non seulement aggravé la crise par leurs politiques mais qui, avec le verrou de l'austérité, ne permettent pas d'en sortir."
Plusieurs représentants de l'aile gauche du PS ont confié à la presse qu'ils avaient proposé de déposer devant le Bureau national un "texte alternatif", intitulé "L'Europe le sursaut", mais que leur demande avait été refusée. Un seul texte doit être soumis aux militants, a expliqué David Assouline.

L'aile gauche va déposer des amendements

"On va déposer des amendements [à l'attention des militants] pour réorienter la construction européenne et faire des propositions un peu concrètes en termes de calendrier pour les mois à venir, a expliqué Emmanuel Maurel, du courant Maintenant la gauche. On va le proposer avec ceux qui le souhaitent, je pense aux amis de Benoît Hamon", du courant Un monde d'avance.
Ces amendements, "un peu clivants", selon le député Jérôme Guedj, portent sur plusieurs sujets principaux, notamment "un moratoire sur l'application du Pacte de stabilité" et le refus du nouveau budget européen. "On demande que l'euro fort soit mis en débat (...) ainsi que son impact sur la compétitivité et les exportations", a poursuivi Jérôme Guedj.

A qui va profiter le 1er-Mai ?


                               

                     A qui va profiter le 1er-Mai ?

Autour d’un brin de muguet ou sous la statue de Jeanne d’Arc, cette journée rassemble chaque année plusieurs familles syndicales et politiques. Qui défile, pourquoi, et à qui va profiter le 1er-Mai cette année ?

                    Défilé intersyndical du 1er mai 2009 à Grenoble (Isère). Cette année, les organisations défileront en ordre dispersé.

Défilé intersyndical du 1er mai 2009 à Grenoble (Isère). Cette année, les organisations défileront en ordre dispersé. (JEAN-PIERRE CLATOT / AFP)

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Mis à jour le  , publié le 
Premier mai, jour chômé. Jour de mobilisation aussi. Historiquement, les rassemblements du 1er-Mai remontent à la fin du XIXe siècle et au combat pour les huit heures quotidiennes de travail, mais différents cortèges politiques et syndicaux vont se croiser mercredi. Qui défile, pourquoi, et à qui va profiter le 1er-Mai cette année ?

Des syndicats en ordre dispersé

Journée de manifestations revendicatrices instaurée en 1889, le 1er-Mai est devenu, après la seconde guerre mondiale, le "seul jour obligatoirement chômé pour tous les salariés", selon le Code du travail. Et d'ordinaire, c'est dans un même cortège que se retrouvent les syndicats.
Mais cette année, pas de grande manifestation unitaire : plusieurs organisations feront bande à part. "C'est la configuration la plus originale qu'on ait eue ces dernières années du point de vue syndical, analyse Stéphane Sirot, historien du mouvement social qui enseigne à l'université de Cergy-Pontoise. On se dirige vers deux cortèges : celui des 'réformistes' et celui des contestataires." 
Divisés sur l'accord emploi, les syndicats défilent avec d'un côté la CGT et ses alliés, opposés au texte, et de l'autre la CFDT et deux autres centrales réformistes. FO fera aussi cavalier seul au mur des Fédérés. Outre cette division, "on peut penser que les rangs seront assez clairsemés cette année, soutient Stéphane Sirot, car à l'inverse des années précédentes, il n'y a pas de revendications, ces démonstrations sont symboliques." Et même s'il est remis en cause, le pouvoir en place a été soutenu par les syndicats lors des élections de 2012.
Difficile d'envisager une aussi forte affluence que l'an passé, entre les deux tours de l'élection présidentielle : 300 000 manifestants, selon la police, et 750 000, selon les syndicats. Cette année, prévient l'historien, "on se dirige vers un 1er-Mai syndical morose".

Une montée en puissance du Front national ?

Ce ne devrait pas être le cas du Front national. Depuis 1988, le parti d'extrême droite défile à cette date en l'honneur de Jeanne d'Arc bien que, selon plusieurs historiens, le 1er mai n'ait rien à voir avec la Pucelle d'Orléans. "C'est une volonté de se rapprocher des milieux populaires en récupérant ce jour", explique Stéphane Sirot.
Cette année, le parti de Marine Le Pen profite de la conjoncture économique et de sesbons sondages pour tenter de mobiliser plus que ses militants. Et entre 5 000 et 10 000 personnes sont prévues, la même fourchette que l'an passé où l'on attendait les consignes de vote de Marine Le Pen pour le second tour.
Pourtant, nuance l'historien du mouvement social, on ne devrait pas voir trop de différence avec les années précédentes : "Toute l'extrême droite organisée et encartée sera dans la rue, mais pas plus. Car entre voter pour le FN dans le secret de l'isoloir et aller défiler sous sa bannière, il y a un pas que beaucoup ne franchissent pas."
Pour autant, la présidente du Front national doit prononcer son discours depuis la place de l'Opéra pour la seconde année d'affilée, et non plus sur la plus modeste place des Pyramides.

Vers un troisième round dimanche

Cette année, la droite républicaine n'a pas appelé au rassemblement. A la différence de l'an dernier, où Nicolas Sarkozy avait mobilisé ses partisans sur le thème du "vrai travail", ou encore des années 1950 avec les rassemblements du général de Gaulle au parc de Bagatelle, à Paris.
Pas de consignes non plus à gauche. Le 1er-Mai mobilise surtout lorsqu'il y a un enjeu politique direct, ce qui n'est pas le cas en 2013. Mais si l'extrême gauche n'a pas prévu de manifester ce mercredi, ce n'est que partie remise. Car un troisième round se profile dès dimanche 5 mai, à la suite de l'appel à la mobilisation de Jean-Luc Mélenchon pour une VIe République et "un coup de balai". Le même jour, la Manif pour tous a aussi prévu de défiler contre la loi ouvrant le mariage et l'adoption aux personnes de même sexe et, plus largement, contre la politique du gouvernement.

 

 

 


mardi 30 avril 2013

Jean-Marie Pernot "Le 1er Mai est l’occasion de remettre à jour les questions sociales"

                                         Accueil

SOCIAL-ECO -  le 30 Avril 2013
Mobilisation

Jean-Marie Pernot "Le 1er Mai est l’occasion de remettre à jour les questions sociales"

           
Chercheur à l’Institut de recherches économiques et sociales (Ires), Jean-Marie Pernot analyse le mouvement social en France dans un contexte où la plus grande défiance à l’égard du gouvernement porte sur l’emploi.
À la veille de ce premier 1er Mai après l’élection 
de François Hollande, 
comment analyser le mouvement social en France, dans un contexte 
de crise politique profonde ?
Jean-Marie Pernot. Traditionnellement, le 1er Mai 
est l’occasion de remettre à jour 
les questions sociales. 
Et aujourd’hui, au cœur de 
la conjoncture politique actuelle, il est assez clair que la question sociale est cardinale. La plus grande défiance à l’égard 
du gouvernement porte sur 
sa politique en matière d’emploi. 
La déception est énorme. 
Le gouvernement est calé sur 
une politique de réduction trop rapide des déficits dictée par l’Europe mais totalement contre-productive. Les gens attendaient évidemment autre chose. 
Par ailleurs, les mouvements sociaux sont toujours sous-tendus par l’idée d’un changement politique. C’est ce qui a nourri, par exemple, le grand nombre de manifestations durant la période Sarkozy. Mais aujourd’hui, que signifie l’attente du « gouvernement d’après » ? Certains pensent 
à une réorientation «à gauche», mais si cette idée n’aboutit pas, 
le «gouvernement d’après» 
serait très, très à droite… 
Ce n’est paslà un support très positif pour les mobilisations sociales.
Les syndicats apparaissent aujourd’hui pour le moins divisés. S’agit-il de divergences temporaires sur des sujets précis, ou, au contraire, d’une division profonde et durable ?
Jean-Marie Pernot. Les divisions syndicales sont en effet particulièrement affichées, 
mais en réalité, on ne fait que redécouvrir des divergences qui ne datent pas d’hier. Aujourd’hui, l’ANI du 11 janvier pèse lourd. Il y a un désaccord profond entre les deux plus importantes confédérations (CGT, CFDT–NDLR), sur un sujet important. 
La CFDT a montré des convergences avec le gouvernement et le patronat, mais elle est dans l’air du temps, elle reflète aussi l’état d’esprit d’un grand nombre de salariés qui sont dans une logique défensive, et défaitiste. 
La CGT se veut plus volontariste, le désaccord est donc cohérent. Quant à savoir si le clivage 
va durer, il y a plusieurs facteurs à prendre en compte. D’abord, le changement des deux premiers dirigeants va peut être libérer un peu l’espace par rapport 
à d’anciens contentieux. Mais ça 
ne jouera qu’à la marge. L’évolution des politiques économiques et sociales ou une catastrophe aux élections municipales qui verraient une montée de radicalisation 
à droite peuvent être des éléments déterminants qui pousseraient 
les syndicats à se rapprocher. Peut-être aussi les syndicats vont-ils 
se pencher sur les résultats du sondage CSA que vous publiez 
et qui montre, tout de même, 
une confiance en berne des salariés vis-à-vis du mouvement syndical.
À quoi diriez-vous que cette baisse 
de confiance est liée ?
Jean-Marie Pernot. En premier lieu à la situation économique et sociale. Les salariés font moins confiance aux syndicats car le mouvement syndical ne parvient pas à entraver la perte des emplois,et le recul des conditions de vie. Sur l’ANI par exemple, nous avons d’un côté 
des syndicats signataires qui accompagnent la dégradation 
du marché du travail et de l’autre, des syndicats qui ne l’ont pas signé mais qui n’ont pas été capables d’empêcher quoi que soit. L’absence de résultats, le manque de prise des syndicats dans la réalité leur reviennent en boomerang. D’autant que les deux premières centrales ont accompagné le changement politique. Il est certes difficile d’imaginer 
un syndicalisme en bonne santé dans un pays qui connaît trois millions de chômeurs depuis trente ans, mais s’afficher un peu plus souvent ensemble ne ferait tout de même pas de mal.
Entretien réalisé par Marion d’Allard