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mardi 5 mai 2026

Le Monde Moderne - La Quotidienne - Les principales propositions du rapport sur l’audiovisuel public - Mardi 5 mai 2026

 

Les principales propositions du rapport sur l’audiovisuel public

Vaccination recommandée pour les soignants, Sophie la girafe est chinoise, loi de programmation militaire, fin de l'enquête contre Aurore Bergé pour faux témoignage.

 
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Les principales propositions du rapport sur l’audiovisuel public

Le site de l'Assemblée nationale vient de publier le rapport de Charles Alloncle “sur la neutralité et le financement de l'audiovisuel public”, une semaine après son adoption de peu (12 voix contre dix, et huit abstentions) par les députés membres de la commission d'enquête. Dans ce texte, Charles Alloncle formule 80 recommandations, avec comme objectif de réaliser un milliard d'euros d'économie, soit le quart des crédits alloués par l'Etat à l'audiovisuel public.

Le rapport recommande de supprimer France 4 et Slash, l’offre numérique de France Télévisions destinée à la jeunesse, “pour redéployer les moyens” sur une nouvelle offre notamment sur les réseaux sociaux. Côté radio, Charles Alloncle préconise de supprimer Mouv’, antenne musicale de Radio France principalement dédiée au rap.

Le rapporteur de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public propose aussi de fusionner France 2 et France 5. Selon lui, cette fusion permettrait de “réduire la part de nombreuses rediffusions” et de bâtir “une vraie chaîne du service public qui pourrait se distinguer des chaînes privées commerciales”.

Il préconise également que les chaînes de télévision franceinfo et France 24 soient refondues en une seule entité. Charles Alloncle considère que franceinfo, la chaîne d’info du service public, “n’a trouvé ni son public ni sa singularité dans un paysage de l’info en continu déjà saturé”.

Enfin, le rapporteur propose également un rapprochement supplémentaire entre l’ex-France Bleu et les antennes régionales de France 3, dans le prolongement de la marque ICI, commune aux deux réseaux depuis 2023.

Charles Alloncle considère qu’il y a trop d’émissions de jeux sur les chaînes de l’audiovisuel public. Le coût des retransmissions sportives est aussi une cible d’économies. Il préconise une réduction d’un quart du budget mais assure vouloir “sanctuariser les grandes compétitions sportives” associées au service public que sont Roland-Garros, le Tour de France ou encore le Tournoi des six nations.

Pour le rapporteur, le processus de désignation des présidents de Radio France et France Télévisions doit également être modifié : il propose que ce soit le président de la République qui soumette un nom au vote du Parlement, à l’image d’autres entreprises comme la SNCF.

Selon Le Figaro, le député de l’Hérault souhaite également conditionner la nomination à des postes de direction au sein des entreprises de l’audiovisuel public à une audition devant leur conseil d’administration, où siègent notamment des représentants de l’Assemblée nationale et du Sénat. Enfin, il propose que Radio France et France Télévisions ne dépendent plus du ministère de la Culture mais directement de Matignon.

Charles Alloncle souhaite que l’expression des salariés de l’audiovisuel public sur les réseaux sociaux soit davantage encadrée, et recommande pour cela d’instaurer un devoir de neutralité, qui s’apparenterait à celui exigé des magistrats. Un manquement serait alors passible de sanctions disciplinaires.

Son rapport recommande aussi la fin des “éditorialistes made in service public”, pour confier ce rôle à des figures issues de la presse privée d’opinion.

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La vaccination contre la grippe recommandée pour tous les soignants

L'Académie nationale de médecine (ANM) s'est prononcée en faveur de la vaccination obligatoire contre la grippe pour “tous les personnels de soins”. Les soignants libéraux et les aidants en contact avec “des patients vulnérables à risque d'infection grippale” sont aussi compris dans cette recommandation.

L'Académie nationale de médecine justifie sa position. Elle évoque notamment la gravité des infections grippales, “très sous-estimées” au sein des établissements de santé, une recommandation actuelle de vaccination antigrippale “insuffisamment suivie” et le devoir des soignants vis-à-vis des patients. L'ANM ajoute aussi une raison économique : “Les coûts directs et indirects engendrés par les infections grippales sont supérieurs aux coûts de la vaccination des personnels soignants”.

Durant la campagne de 2023-2024, seuls 19% des personnels de santé étaient vaccinés dans les établissements de santé et 22,4% dans les Ehpads. L’Académie nationale de médecine recommande donc, “pour la troisième fois”, une “obligation vaccinale du personnel soignant contre la grippe”. Elle demande aussi la gratuité de ce vaccin, y compris pour les libéraux.

L’ANM ne se prononce pas directement sur quoi prévoir en cas de refus, mais souligne l’importance de cette question. L’Académie nationale de médecine a pour mission de “répondre, à titre non lucratif, aux demandes du gouvernement sur toute question concernant la santé publique”. Elle peut être saisie d’une demande d’avis par les pouvoirs publics, mais elle peut aussi s’autosaisir dans les domaines de la santé publique et de l’éthique médicale.

Sophie la girafe est produite en Chine

C’est le jouet préféré des bébés toutes générations confondues : Sophie. Cette girafe en caoutchouc naturel, née en 1961 dans l’Oise avant d’être fabriquée à partir de 1991 en Haute-Savoie, est devenue le cadeau incontournable des naissances. Succès story à la française, Sophie est connue à l’international : entre 700 000 et 800 000 exemplaires sont fabriqués chaque année de manière artisanale dans l’usine Vulli de Rumilly.

Mais une enquête de Mediapart révèle que, depuis 2013, “un grand nombre de Sophie la girafe sont produites dans des usines chinoises” et que “selon de nombreux récits et documents, depuis 2019 au moins, la production réalisée en France n’est qu’infinitésimale, servant de vitrine pour dissimuler la réalité”.

L’usine de Rumilly serait “à l’arrêt, ou presque”, sa seule activité consistant à empaqueter et réexpédier les jouets reçus de Chine. Vulli a reconnu produire des jouets Sophie en Chine, tout en assurant qu’il s’agit d’une situation temporaire due à des difficultés dans les cadences de l’usine de Saint-Nabord (Vosges) lancée en 2016.

D’après Mediapart, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes a ouvert une enquête pour “pratique commerciale trompeuse”.

Des associations dénoncent la création d’un état d’alerte de sécurité nationale

Plusieurs associations et syndicats, dont la Ligue des droits de l’homme, France Nature environnement, le Syndicat de la magistrature ou encore la CGT, dénoncent l’instauration, dans le projet de loi de programmation militaire, d’un “état d’alerte de sécurité nationale”“Ce qui nous inquiète, c’est qu’il s’agit en réalité d’un état d’urgence qui ne dit pas son nom et qui serait déclenché par le gouvernement sur des critères absolument flous et vagues”, déclare Nathalie Tehio, présidente de la Ligue des droits de l’homme.

En déclenchant cet état d’alerte de sécurité nationale, il y a des possibilités de dérogation au droit du travail, au droit de l’environnement et au droit sur le patrimoine.

“On voit déjà que sur tout ce qui concerne le budget militaire, on n’a pas de réelle délibération, on n’a pas de transparence”, fustige Nathalie Tehio. “C’est un déni démocratique, parce qu’on parle de choix budgétaire contraint et qu’on va toucher aux prestations sociales”.

L’enquête visant Aurore Bergé pour faux témoignage sur les crèches est terminée

L’enquête de la Cour de justice de la République visant Aurore Bergé, soupçonnée d’avoir menti sous serment sur ses liens avec une lobbyiste des crèches privées, s’est conclue sans mise en examen de la ministre. “Cette information judiciaire ouverte est clôturée. Le dossier a été communiqué au ministère public pour règlement. Aucune mise en examen n’est intervenue dans cette procédure”, a précisé le parquet général près la Cour de cassation.

La ministre à l’Égalité entre les femmes et les hommes et à la lutte contre les discriminations, ex-présidente du groupe Renaissance à l’Assemblée nationale, a été entendue deux fois dans cette enquête en juin et octobre 2025. Elle avait alors été placée sous le statut de témoin assisté. L’information judiciaire dans ce dossier avait été ouverte suite à un signalement du bureau de l’Assemblée nationale.

Des députés insoumis et écologistes soupçonnaient Aurore Bergé d’avoir passé sous silence des relations avec les lobbys devant la commission d’enquête parlementaire sur le modèle économique des crèches. Sous serment, elle avait affirmé n’avoir aucun “lien personnel, intime ou amical, ni d’accointances” avec Elsa Hervy, la déléguée générale de la Fédération française des entreprises de crèches. Dans son livre-enquête intitulé Les Ogres sur les dérives de certains groupes privés de crèches, le journaliste Victor Castanet évoquait un “pacte de non-agression” conclu entre les deux femmes.


La revue de presse du Monde Moderne du mardi 5 mai

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