À partir du 2 avril 1871, alors que la Commune sépare l'Église et l'État, des édifices religieux sont perquisitionnés : leurs biens sont inventoriés et emportés pour être nationalisés. Or, parfois, les communards s'installent et occupent durablement les lieux saints. Ces occupations constituent le point de départ de l'enquête de Thomas Caubet, qui, en mobilisant les archives des procès des communards, relève le défi d'"entrer dans les églises", pour observer le quotidien de ces occupations. Cet ouvrage restitue et croise les récits de religieuses, communards, membres du clergé, employé·es d'église, gardes nationaux, habitant·es, etc. - autant de trajectoires qui, sans ce basculement révolutionnaire, n'auraient pu se croiser. À partir de ces zones de rencontre imprévues, l'auteur retrace les processus d'emparement urbain en situation révolutionnaire. Comment le décret est-il appliqué ? Quelle forme le pouvoir de la Commune prend-il lorsqu'on l'observe par le bas, au plus près des acteur·ices censé·es l'exercer ou le subir ? Ces occupations s'inscrivent-elles dans un processus général de reconquête urbaine, ou présentent-elles de fortes disparités en fonction des quartiers ? Les atteintes aux lieux religieux sont-elles des manifestations d'un simple sentiment anticlérical, ou le signe d'une critique urbaine du sacré, prélude à l'entreprise de communalisation de l'espace urbain ? En somme : à quelles conditions un espace en révolution devient-il un espace révolutionné ?
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