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samedi 23 mai 2026

Blast - Le souffle de l'info - La Niouzeletteur de Pacôme Thiellement : Dehors maintenant - samedi 23 mai 2026

 

Blast - Le souffle de l’info
Le souffle de l’info

Où l'auteur de la niouzeletteur parle du nouvel épisode de L'Empire n'a jamais pris fin, donne la bibliographie, annonce ou rappelle trois rendez-vous et dit au-revoir à un immense chanteur.

Adoncques voilà le dernier épisode à ce jour de L’Empire n’a jamais pris fin, sur la Guerre d’Algérie.

C’est l’antépénultième épisode. Reste encore l’avant-dernier : Hara-Kiri contre Charlie. Et le dernier sur Macron, Explosion. Et on a fini. Est-ce que j’ai déjà le blues ? J’ai déjà le blues.

Et puis y a le texte. Plus long, comme d’habitude. Avec plus de trucs. Mitterrand, Le Pen & Co : Faites entrer les colonialistes

Bien entendu, il n’est pas question de laisser passer l’épisode sans remercier toute l’équipe.

Réalisation : Mathias Enthoven, Ameyes Aït-Oufella
Montage : Ameyes Aït-Oufella
Son : Baptiste Veilhan, Théo Duchesne
Musique : Baptiste Veilhan
Graphisme : Morgane Sabouret, Margaux Simon
Production : Hicham Tragha
Directeur du développement des collaborations extérieures : Mathias Enthoven
Co-directrice de la rédaction : Soumaya Benaïssa
Directeur de la publication : Denis Robert

Et puis ceux qui m’ont aidé, qui m’ont relu, conseillé, corrigé : Raphaël Carbonne, Marie-Aimée Romieux, Adila Bennedjaï-Zou, Amar Belmabrouk, Ilies et Delfeil de Ton. Merci.

Une question qui est revenue souvent depuis sa mise en ligne, et même dès l’avant-première, c’est celle de la bibliographie. Quels sont les livres que j’ai lu pour l’épisode. Dès les premiers commentaires de YouToube, quelqu’un a parlé des livres. Il a demandé les livres. Et puis, en début de semaine, je suis allé tourner à Blast. Je suis allé tourner le prochain épisode. Lisa (de Blast) m’en a également parlé. Elle m’a dit que les spectateurs demandaient les livres. La bibliographie de chaque épisode est toujours dans le tome publié ensuite. Parfois celle-ci est très longue, parfois moins. J’essaie d’être le plus exact possible. Pour cet épisode, la bibliographie sera dans le tome 3, qui sortira en octobre. Ce sera le dernier tome de cette longue saga : De Napoléon à Macron.

Mais bon. Exceptionnellement. Parce que ça a été beaucoup demandé. Parce que ça a été un enjeu pour moi, de constituer le corpus de cet épisode. Parce que c’est là-dessus que l’ami Ilies m’a aidé, en me conseillant notamment Karima Lazali ou Todd Shephard. Parce que des personnes qui lisaient la niouzeletteur m’ont aidé à trouver les livres de Yamina Mechakra (et je leur ai d’ailleurs dit merci dans l’épisode, c’est Aurélia, Hélène, Alexis et Tim). Enfin parce que ça me fait plaisir de le faire.

Adoncques je vais donner ici la bibliographie du dernier épisode. Et puis la filmographie aussi.

Les livres.
Henri Alleg, La question (Editions de Minuit, 1958)
Grey Anderson, La guerre civile en France, 1958-1962 (La Fabrique, 2018)
Georges Arnaud et Jacques Vergès, Pour Djamila Bouhired (Editions de Minuit, 1957)
Frantz Fanon, Oeuvres (La Découverte, 2011)
La Gangrène (Editions de Minuit, 1959)
Jean Genet, Les Paravents, cf. Oeuvres complètes vol. 5 (Gallimard, 1979)
Jean Genet, L’Ennemi déclaré (Gallimard, 1991)
Alistair Horne, Histoire de la Guerre d’Algérie (Albin Michel, 1980)
Hermine Kharagueuz, Roger Blin (Séguier Archimbaud, 2002)
Sadri Khiari, La contre-révolution coloniale en France (La Fabrique, 2009)
Karima Lazali, Le trauma colonial (La Découverte, 2018)
Hervé Leuwers, Maximilien Robespierre (PUF, 2019)
Rachid Makhtari, Yamina Mechakra (Chihab, 2015)
Yamina Mechakra, La grotte éclatée (Sned, 1979 - livre épuisé, quasi introuvable)
Yamina Machakra, Arris (Algérie-Littérature-Action, 1999 - livre épuisé, quasi introuvable)
Benamar Mediene, Kateb Yacine le coeur entre les dents (Robert Laffont, 2006)
Albert Memmi, Portrait du colonisé précédé du Portrait du colonisateur (Pauvert, 1966, prépublié dans Les Temps Modernes en 1957)
Edward W. Said, L’Orientalisme (Seuil, 1980)
Todd Shephard, Mâle décolonisation (Payot, 2017)
Siné, Siné Massacre (Livre de poche, 1973)
Siné, Mémoires (Les Cahiers dessinés, 2018)
Benjamin Stora, Histoire de la guerre d’Algérie (La Découverte, 1993)
Jacques Vergès, De la stratégie judiciaire (Editions de Minuit, 1968)
Pierre Vidal-Naquet, L’affaire Audin (Editions Minuit, 1958)
Pierre Vidal-Naquet, La Défense d’état (Editions de Minuit, 1962)
Pierre Vidal-Naquet, Face à la Raison d’état (La Découverte, 1989)
Simone Weil, Contre le colonialisme (Choix de textes présenté par Valérie Girard, Rivages, 2018)
Kateb Yacine, Nedjma (Seuil, 1956)
Kateb Yacine, Le polygone étoilé (Seuil, 1966)
Kateb Yacine, L’Oeuvre en fragments (Sindbad, 1986)
Kateb Yacine, Le poète comme un boxeur (Seuil, 1994)
Kateb Yacine, Boucherie de l’espérance (Seuil, 1999)
Kateb Yacine, Minuit passé de douze heures (Seuil, 1999)
Kateb Yacine, Parce que c’est une femme (Des femmes, 2004)

Et puis les films.
Jacques Panijel, Octobre à Paris (1962)
Nico Papatakis, Les Abysses (1963)
Nico Papatakis, Les Pâtres du désordre (1967)
Nico Papatakis, Gloria Mundi (1976 et 2004)
Nico Papatakis, La Photo (1987)
Nico Papatakis, Les Equilibristes (1992)
Gillo Pontecorvo, La Bataille d’Alger (1966)
Jean Rouch et Edgar Morin, Chronique d’un été (1961)
Barbet Schroeder, L’Avocat de la terreur (2007)
Et tous les films indispensables de René Vautier. Films que vous pouvez trouver en coffret aux Mutins de Pangée (bravo à eux).

Voilà, voilà.

Je tiens à ajouter une fois de plus, si nécessaire, que les livres de Yamina Mechakra sont absolument bouleversants. C’est une misère qu’un éditeur ne se soit pas déjà attelé à les rééditer. Et presque à les éditer, tant les publications initiales étaient confidentielles. Yamina Mechakra. Ce n’est pas normal de ne pas se préoccuper davantage de celle que, pas seulement moi, les gens, mais Kateb Yacine considérait comme une écrivaine majeure. Kateb Yacine, un des deux ou trois plus grands écrivains du siècle. You think ot that people.

À mon avis, il y a un gros problème avec la littérature à partir de l’après-guerre. Ça ne date pas de Bolloré. Je ne sais pas en quelle langue vous dire à quel point ça ne va pas du tout. Tous les poètes et écrivains majeurs sont laissés de côté. Marginalisés. Minimisés. Oubliés. Ignorés ou peu s’en faut. À partir de Roger Gilbert-Lecomte et de Colette Thomas, ça déconne. Toute la postérité déconne. On ne possède aucune édition complète de : Jean Carteret, Claude Gaignebet, Christian Gabriel/le Guez Ricord, Juliet Berto, Hermine Karagheuz, Yamina Mechakra. En bref : les plus importants. Tout simplement les plus importants.

Et même Cavanna. Il n’existe pas d’édition complète des articles de Cavanna.

Et bien sûr Delfeil de Ton, toujours vivant, lui, et bien vivant, mais dont les oeuvres majeures, toutes publiées dans la presse, manquent dans notre bibliothèque. Les Mémoires de Delfeil de Ton, par Delfeil de Ton, pour commencer. Le texte qui le fit entrer à Hara-Kiri. La grande émotion d’éditeur de Cavanna. Le chef-d’oeuvre des chefs-d’oeuvre. Mais quand sera-t-il publié en livre enfin !

(Ici l’auteur de la niouzeletteur s’est autorisé un point d’exclamation, c’est très rare, aussi rare que des félicitations données à un membre du parti socialiste, alors faites comme avec Rocard, et profitez-en.)

J’ai fini de me plaindre ? J’ai fini de me plaindre.

Maintenant j’ai quelques bons trucs à vous annoncer ou à vous rappeler.

Tout d’abord, Lung’s Poetry ouvre le festival Cobalt à La Belleviloise. Lung’s Poetry et sa musique belle et lumineuse. Sa musique belle à vivre. La Bellevilloise, c’est 19-21 rue Boyer, 75020 Paris. Le Festival Cobalt, c’est mardi 26 mai, à partir de 19h. Lung’s Poetry fait la première partie. Après, les groupes s’enchaînent : Daïda, Foehn, Hyperlison, Jet Whistle. Réservez et venez, si vous voulez l’écouter.

La Belleviloise, ce n’est pas seulement Marine Tondelier qui échoue à faire crier un truc débile à un groupe de gens qui n’en ont rien à foutre. C’est aussi un très chouette lieu pour les concerts.

Et puis, avant que ce ne soit trop tard, allez voir Tout est vivant, l’exposition majeure d’Olivia Clavel à l’Espace Niemayer. Ça dure jusqu’au 30 mai, et c’est 2 place du Colonel Fabien, 75019 Paris. C’est les anciens locaux du Parti communiste français.

Le Parti communiste, ce n’est pas seulement Fabien Roussel et son barbecue de con. C’est aussi un très chouette lieu pour les expositions.

Et allez voir l’exposition incroyable, bouleversante, de Sandra Ghosn à la bibliothèque de l’Institut du Monde Arabe, Sutures. 1 rue des Fossés Saint-Bernard, 75005 Paris. Jusqu’au 31 mai. Les deux expositions superbes s’arrêtent à la fin du mois. Ne les laissez pas passer comme ça.

L’Institut du Monde Arabe, ce n’est pas seulement Jack Lang qui ne paie pas ses factures au traiteur Noura. C’est aussi l’Institut du Monde Arabe.

Tout simplement.

C’est quand la prochaine fois qu’on se voit ? Je ne sais pas. Je sais juste que la prochaine avant-première de L’Empire n’a jamais pris fin, l’épisode sur Hara-Kiri, sera le jeudi 25 juin à L’Archipel, mais c’est encore trop tôt pour réserver. Je vous le rappellerai. Vous en faites pas.

Et le morceau de Zappa ?

Ce sera Outside Now.

Je sais, je l’ai sans doute déjà choisi cent et trois fois. C’est un de mes deux ou trois morceaux préférés de Zappa, avec Peaches en Regalia et Inca Roads. Je vous l’ai sans doute déjà conseillé mille et deux fois.

Mais ce sera Outside Now. Forcément. Outside Now, la façon dont les instruments entrent et sortent pour la suivre ou en sortir, l’arrivée complètement inattendue du sitar dans sa musique (par Warren Cucurullo), le déchaînement des percussions (par Vinnie Colaiuta). Et puis, comme pour une toute petite poignée d’autres morceaux qui sont parmi ses plus beaux (Watermelon in Easter Hay, The Deathless Horsie, etc.), cette boucle perpétuelle qui en fait une sorte de soul modale, rencontre inattendue de la musique noire et de la musique orientale.

Mais surtout ce sera Outside Now parce qu’il est chanté par Ike Willis et qu’il n’aurait peut-être pas été possible sans Ike Willis.

Zappa composait pour certains musiciens, certaines voix. On n’imagine pas les morceaux de Roxy & Elsewhere ou de One Size Fits All sans les percussions de Ruth Underwood et les claviers de George Duke. De même, les années 1980 de Zappa sont les années Willis. Joe’s Garage ou Thing Fish n’existent que parce que Frank a rencontré Ike. Willis a apporté de la profondeur, de la gravité à la musique de Zappa. Ike Willis lui inventé sa tristesse. Une tristesse drôle, comme celle de Wolinski. Et cette tristesse drôle n’est nulle part aussi audible que dans Outside Now.

Ike Willis nous a quitté cette semaine. Au revoir Ike Willis. Tu vas beaucoup nous manquer.

Soutenez Blast, le souffle de l’info.
 
 
 

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