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jeudi 4 avril 2013

Privation d'allocations familiales : haro sur les plus pauvres ?


Communiqué LDH
Paris, le 3 avril 2013

Privation d'allocations familiales : haro sur les plus pauvres ?

Le Sénat vient, à la quasi-unanimité, de voter un projet de loi porté par l'UMP qui priverait les familles, dont les enfants sont placés auprès des services de l’Aide sociale à l’enfance, des deux tiers des allocations familiales de la totalité de la prime de rentrée scolaire. Ce serait alors les départements qui percevraient ces allocations.

La Ligue des droits de l'Homme considère que cette décision est discriminante au sens où certains bénéficiaires ne seront plus à égalité de droits et qu'elle est socialement inique puisque, la plupart du temps, les familles concernées sont pauvres ou très pauvres, souvent monoparentales. Cette mesure est de surcroît inutile puisque les magistrats peuvent suspendre ou retirer les allocations familiales, ou encore prononcer une tutelle aux prestations sociales.
La LDH rappelle que la décision prise par le Sénat est contraire à la réglementation qui stipule que l'autorité parentale reste la règle, sauf décision de justice. De ce fait, les parents – selon l'article L28-1 du code de l'action sociale et des familles – sont tenus de subvenir aux besoins d'entretien et d'éducation de leur enfant même en cas de placement à l'Aide sociale à l'enfance, comme c'est le cas pendant les fins de semaine ou les vacances.

La LDH considère que le retrait d'allocations relève de la punition morale et pas du traitement social. Cet aspect est particulièrement visible en matière de logement. Alors que l'augmentation du nombre de placements est directement liée à l'aggravation de la crise, l'accès à un logement décent et stable est l'un des problèmes majeurs des familles, à fortiori quand elles sont parmi les plus pauvres Il n'est guère possible de croire que la privation d'allocations – puisque les familles à la rue subissent le placement de leurs enfants – soit le début d'un règlement de leur situation. Où l'on voit que la vengeance sociale se cache sous le manteau du souci des enfants.

La LDH refuse la fausse idée qui fait de la fraude le comportement explicatif de la protection sociale. A cette aune, les  chômeurs le seraient volontairement, les allocataires seraient des assistés sociaux et les pauvres les responsables de leur pauvreté. La Ligue des droits de l'Homme attend de la représentation nationale qu'elle fasse que la loi ne fragilise pas encore plus des familles en détresse.

Affaire Cahuzac : "Ça devient difficile de dire qu’on est socialiste"

                                             Le Nouvel Observateur

Affaire Cahuzac : "Ça devient difficile de dire qu’on est socialiste"

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A Paris et Marseille, les militants socialistes enragent, deux jours après les aveux de Jérôme Cahuzac.

                                                       Des jeunes socialistes le 17 juin 2012. (FRED DUFOUR / AFP)
Rire jaune et colère froide. Deux jours après les aveux de Jérôme Cahuzac, les militants socialistes accusent le coup et réclament des comptes. "C'est un attentat à la démocratie et un déni d'idéologie, un coup de massue qui va laisser des traces sur le parti", dénonce Charlie, retraité marseillais encarté au PSdepuis 34 ans.
C'est dégueulasse. On a été pris pour des imbéciles et maintenant on est spectateurs", soupire Clément Tavenard, animateur fédéral des Jeunes socialistes deParis.
"Avec la crise économique et le chômage qui augmente, on n'avait pas besoin de ça", déplore Louis, un fonctionnaire des Bouches-du-Rhône, encarté au PS depuis 30 ans.
La plupart d'entre eux admettent qu'ils s'attendaient à la mise en examen de l'ex-ministre du Budget. Mais leur déception n'en est pas moins profonde. "Les militants ont la rage", affirme Thierry Marchal-Beck, le président du Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS).
On ne s'est pas engagé en politique pour ça, mais pour parler des vrais sujets. Hélas, on ne le pourra pas. S'il y a une colère, c'est bien celle-là", poursuit le jeune homme de 27 ans.
"Un ministre des Finances mis en examen pour fraude fiscale. C'est terrible", répète Simon Payen, coordinateur des MJS à Paris, dans les 6e et 14e arrondissements.

"Beaucoup se demandent ce qu'ils font là"

Les socialistes l'ont d'ailleurs vite compris : le teint, déjà blême, de l'exécutif risque de pâlir encore davantage face au miroir brisé de la promesse d'une "République exemplaire".
Les mensonges de Cahuzac font symboliquement très mal. Comment voulez-vous qu'après ça, on aille expliquer aux citoyens les bienfaits de la réforme du marché du travail ?", interroge Grégoire Potton, qui dirige un courant réformiste au sein du MJS.
"Au vu de l'ampleur de la crise, le message du gouvernement ne doit pas être parasité. Or, il l'est complètement", poursuit Clément Tavenard. Et ce dernier de pointer le ras-le-bol qui gagne les rangs des socialistes : "Dix mois après la victoire, beaucoup de ceux qui nous ont rejoint se demandent ce qu'ils font là."
Chez les militants socialistes marseillais, qui ont déjà vu leur réputation ternie par l'affaire Guérini, les mensonges de l'ex-ministre du Budget avivent un sentiment de rupture avec leur parti. "Pendant les primaires, les présidentielles et les législatives, nous avons fait un travail ininterrompu. Nous avons sacrifié une partie de notre vie familiale. Tout ça, pour ça", se désole Mady, une sexagénaire marseillaise militant au PS depuis plus de dix ans. "Ça devient difficile de dire qu'on est socialiste", confie Charlie.
Le PS est devenu un parti de notables et de politiciens alors qu'il devrait être un parti de militants."
Tout aussi amer, le parisien Clément Tavenard invite sa formation à une sévère remise en cause : "Le PS doit rendre des comptes aux militants. On veut des responsables transparents. Sur cette question, le parti doit prendre conscience qu'il est à un niveau stratosphérique, et qu'il doit remettre les pieds sur terre."...
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Pour Michel Sapin "on peut faire de très belles choses en bricolant"


                              Challenges

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Au moment où l'accord sur la sécurisation de l'emploi est examiné par les députés, le ministre du Travail se veut rassurant. Selon lui, la promesse de Hollande sur l'inversion de la courbe du chômage sera tenue.
Michel Sapin, le 29 mars, au ministère du Travail C. Beauregard pour Challenges
Michel Sapin, le 29 mars, au ministère du Travail C. Beauregard pour Challenges
C'est l'homme qui doit désamorcer les bombes sociales menaçant le pays. La crise s'installe, le chômage est au plus haut, la désespérance sociale s'exprime plus violemment... Mais, ce 29 mars, dans son grand bureau donnant sur un magnifique jardin, Michel Sapin se veut serein. Le ministre du Travail tient à montrer qu'il a la situation bien en mains. "Je ne suis pas un démineur, j'explique, je cherche à convaincre. S'il y avait des mines, il faudrait déminer, mais ce n'est pas le cas." Au point même de plaisanter: "Si besoin, j'utiliserai mes brevets de sapeur, car je suis lieutenant-colonel du génie spécialisé dans le déminage et dans la construction des ponts."
A l'entendre, la situation n'a rien d'explosif. Nul besoin d'une panoplie d'urgence, la boîte à outils prévue devrait suffire. Et d'égrainer les instruments, contrats de génération, emplois d'avenir, renforcement des effectifs de Pôle emploi. La veille, sur France 2, François Hollande tenait le même discours aux Français. Sans convaincre. Michel Sapin a l'habitude de défendre son ancien camarade de promotion à l'ENA. De nombreux éditorialistes ont raillé ce président perçu comme un "Monsieur Bricolage dépourvu d'audace" ... Le ministre du Travail rétorque: "Je suis moi-même un grand bricoleur, j'adore le bricolage et je sais qu'on peut faire de très belles choses en bricolant." Et qu'importe s'il faut user de la langue de bois: "J'ai trouvé le président extrêmement présidentiel sur toute la partie qui doit réunir les Français. Et pédagogue dans la partie qui est la plus compliquée, celle de la bataille de l'emploi."
7% des Français croient que la courbe du chômage peut être inversée en 2013
C'est tout l'enjeu. Comment inverser la courbe du chômage d'ici à la fin de l'année, comme l'a encore martelé le locataire de l'Elysée? Le pari semble hors de portée. En février, le nombre de chômeurs a frôlé le record absolu de juin 1997, à 3,1 millions. En incluant ceux qui sont en activité réduite, le nombre d'inscrits à Pôle emploi frôle les 5 millions. Selon les économistes, les armes antichômage de Hollande - les contrats aidés, notamment pour les jeunes - ne seront pas suffisantes. D'ailleurs, les Français n'y croient pas.
D'après le baromètre de l'économie BVA-BFM-Axys Consultants et Challenges, seuls 7% des personnes interrogées pensent que l'objectif élyséen est atteignable avant la fin de l'année, avec seulement 15% des sympathisants de gauche convaincus. Toutefois, pour 48% des sondés, cette inversion de la courbe du chômage aura lieu avant la fin du quinquennat.
Défendre à l'Assemblée l'accord sur la sécurisation de l'emploi
Face à cette défiance, le pouvoir semble un peu démuni. Michel Sapin évoque les tristes résultats de ces dernières années, lorsque la droite était aux manettes: "Ce chômage de masse n'est pas nouveau, il ne cesse d'augmenter depuis cinq ans." Et il rappelle la dégradation de la conjoncture internationale: à son arrivée, pour stopper l'hémorragie des destructions d'emplois, le ministre du Travail pariait sur une reprise dans la zone euro dès 2013. Alors que faire? Le démineur de la rue de Grenelle met en avant l'une des rares bonnes nouvelles: l'accord signé par les partenaires sociaux le 11 janvier sur la sécurisation de l'emploi, examiné par l'Assemblée nationale depuis le 2 avril.
Le voilà maintenant en première ligne pour défendre un texte, salué par des organismes internationaux - comme l'OCDE - et par les agences de notation, qui a donné l'image d'une France capable de se réformer. "Je serai le garant de cet accord", déclare-t-il, après avoir redoublé d'efforts pour tenter de rassurer les troupes les plus à gauche, dénonçant un projet trop favorable au patronat. Revue de détail des outils du démineur Sapin.
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Seuls 27% des Français font confiance à François Hollande

                                                Le Nouvel Observateur


Seuls 27% des Français font confiance à François Hollande

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Soit la cote de confiance la plus basse enregistrée depuis 1981 par un chef de l'Etat après 11 mois de présidence. Un sondage réalisé avant les aveux de Jérôme Cahuzac.

La cote de confiance de François Hollande a une nouvelle fois chuté (-3 points) en mars. (PHOTOPQR/LE BIEN PUBLIC)
La cote de confiance de François Hollande a une nouvelle fois chuté (-3 points) en mars. (PHOTOPQR/LE BIEN PUBLIC)
La cote de confiance de François Hollande a une nouvelle fois chuté (-3 points) en mars à 27%, le plus bas taux enregistré, depuis 1981, par un président au 11e mois de son mandat,selon le baromètre mensuel TNS Sofres pour "Le Figaro Magazine", réalisé avant les aveux de Jérôme Cahuzac.
Son Premier ministre Jean-Marc Ayrault perd aussi trois points de confiance et se situe à un niveau encore plus bas (25%), un taux légèrement supérieur à ceux enregistrés par Dominique de Villepin en 2006 (24%) et Edith Cresson en 1992 (22%), juste avant son départ de Matignon.
Ces niveaux de confiance pour François Hollande et Jean-Marc Ayrault sont les plus bas de tous les instituts de sondage.

40% des Français ne font "pas du tout confiance" à Hollande

24% (-3 points par rapport au mois dernier) des personnes interrogées disent faire "plutôt confiance" au chef de l'Etat pour résoudre les problèmes du pays et 3% (=) lui faire "tout à fait confiance". A l'inverse, une forte majorité de Français (70%, +4) ne fait pas confiance au président. 40% (+4), soit une proportion très élevée, ne lui font "pas du tout confiance" et 30% (=) "plutôt pas confiance". 3% sont sans opinion.
Jean-Marc Ayrault poursuit aussi sa chute, 23% des personnes interrogées déclarant lui faire "plutôt confiance" (-3) et 2% "tout à fait confiance" (=). 67% (+3) ne lui font pas confiance (37% "pas du tout confiance", 30% "plutôt pas confiance"). 8% n'ont pas donné d'avis.

Valls toujours en tête du baromètre

Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls reste en tête du palmarès des cotes d'avenir des personnalités politiques, avec 40% des personnes interrogées (+1 point) déclarant souhaiter qu'il joue un rôle important dans l'avenir.
Derrière lui viennent Nicolas Sarkozy (37%, -1), François Fillon (35%, -3), Martine Aubry (33%, +3), Alain Juppé (33%, -2), Christine Lagarde (33%, +2).
La progression la plus forte est à mettre au crédit de Marine Le Pen, qui gagne quatre points à 32% et figure au 7e rang, ex-aequo avec François Bayrou (+3) et Jean-Louis Borloo (+1).
Sondage réalisé auprès d'un échantillon de 1.000 personnes représentatif de l'ensemble de la population âgée de 18 ans et plus et sélectionné par la méthode des quotas. Entretiens réalisés en face-à-face au domicile des personnes interrogées du 27 au 30 mars.

Ban Ki-moon : "il sera bientôt trop tard" pour sauver la planète

                                                          Sciences & Avenir

Ban Ki-moon : "il sera bientôt trop tard" pour sauver la planète

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Le secrétaire général des Nations Unies estime qu'il est indispensable de mettre en place un "instrument contraignant" d'ici à 2015 pour sauver l'environnement.

Le secrétaire général des Nations Unies durant la commémoration du 20è anniversaire de l'entrée de Monaco dans les nations Unies.
AP Photo/Lionel Cironneau
Le secrétaire général des Nations Unies durant la commémoration du 20è anniversaire de l'entrée de Monaco dans les nations Unies. AP Photo/Lionel Cironneau
URGENCE. "Les paroles n'ont pas été suivies d'effets. Il sera bientôt trop tard. Nos modes de consommation sont incompatibles avec la santé de la planète. Notre empreinte écologique est démesurée", a asséné Ban Ki-moon, le Secrétaire général des Nations Unies, en visite à Monacomercredi.
"Nous devons agir maintenant si nous voulons qu'en 2050, la planète soit vivable pour ses neuf milliards d'habitants", a-t-il plaidé.
Sur quatre-vingt-dix objectifs adoptés d'un commun accord par la communauté internationale dans le domaine environnemental ces 20 dernières années, seuls quatre enregistrent des progrès notables, a déploré Ban Ki-moon.
"Notre empreinte écologique est démesurée" Ban Ki-moon, Secrétaire général de l'ONU
CO2. Le responsable a mis en exergue l'amoindrissement de la biodiversité, la diminution des stocks de poissons, la plus grande acidité des océans, ou encore l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre.
"Il faut que la dynamique s'accélère. Nous devons développer ce que nous testons en éprouvette depuis 40 ans. Pour cela, nous devons adopter des mesures d'incitation efficaces, et notamment mettre un prix sur les émissions de carbone", a-t-il dit.
"Nous devons aussi adopter, d'ici à 2015, un instrument universel et juridiquement contraignant relatif au climat, afin que tous les pays prennent des mesures supplémentaires pour réduire les effets des changements climatiques et s'y adapter", a préconisé le secrétaire général des Nations unies.
Ban Ki-moon qui avait débuté en début de semaine une tournée européenne par une visite dans les petites principautés de Saint-Marin et d'Andorre, doit ensuite se rendre en Espagne et aux Pays-Bas. Il s'entretiendra jeudi matin à Monaco avec le chef du gouvernement. Pour la petite principauté (2 km2), la visite officielle de Ban Ki-moon marque le 20e anniversaire de l'entrée de Monaco à l'ONU le 28 mai 1993.
Erwan Lecomte avec AFP, 4/04/13

La bonne nouvelle de l’affaire Cahuzac

                                                           Marianne

CHRONIQUE

La bonne nouvelle de l’affaire Cahuzac

Jeudi 4 Avril 2013 à 16:09 |



Session au tribunal de grande instance, Paris - WITT/SIPA
Session au tribunal de grande instance, Paris - WITT/SIPA
C’est entendu : l’affaire Cahuzac est un désastre. Un désastre démocratique et républicain. Un désastre pour la crédibilité de la parole politique – déjà bien amochée. Un désastre pour l’autorité du chef de l’Etat – déjà fortement remise en cause. Un désastre pour la gauche dite morale – déjà sacrément plombée par l’affaire DSK. Un désastre pour l’ensemble des citoyens, car le menteur n’est autre que celui qui nous infligeait l’huile de foie de morue de la rigueur. Faites des efforts, serrez-vous la ceinture, moi je suis au-dessus de tout ça ! Dévastateur. D’ailleurs, je ne saurais trop vous engager à lire le numéro que publie Marianne samedi matin. 

Et comme si ça ne suffisait pas, on apprend que le trésorier de campagne de François Hollande, un ami de 30 ans, possède des participations dans des sociétés offshore aux Iles Caïmans, que Jérôme Cahuzac a des amis à l’extrême droite et que c’est même l’un d’eux qui lui a ouvert son compte bancaire en Suisse en 1992. Comme disait Coluche, on a là, pour le même prix, deux romans de Sartre : La nausée et Les mains sales. 

Pourtant, cette affaire Cahuzac est porteuse d’une bonne nouvelle, d’une excellente nouvelle même : dans ce dossier, la justice a fonctionné. Elle a même fonctionné en toute indépendance. Reprenons le film des événements : révélations de Mediapart, ouverture d’une enquête préliminaire pour blanchiment de fraude fiscale, puis ouverture d’une information judiciaire – le moment où Hollande choisit de se séparer de son ministre. L’enquête s’est poursuivie sans frein, sans pression. Et c’est justement parce que l’enquête a pu progresser sans entraves que Cahuzac s’est senti cerné et a fini par avouer. Un modèle du genre. 

On peut reprocher à François Hollande d’avoir fait trop confiance à son ministre du Budget – comme si, en politique, on ne mentait jamais, même !  On peut lui reprocher d’avoir sous-estimé le danger et fait preuve d’une naïveté crasse, voire d’une imprudence coupable. Mais pour une fois, la justice a fait son travail en toute impartialité. Et, pardon pour tous ceux qui, aujourd’hui, demandent - légitimement - des comptes au président de la République et à son premier Ministre : oui, le traitement judiciaire de ce dossier tranche singulièrement avec la manière dont ont été traités les dossiers les plus chauds du précédent quinquennat. 

On pense évidemment à l’incroyable affaire Bettencourt, au comportement intrusif de l’Elysée et au rôle joué, notamment, par l’ancien procureur de Nanterre Philippe Courroye… Ce n’est pas faire de la basse politique politicienne que de dire cela ; ce n’est pas non plus chercher à polémiquer pour le plaisir, encore moins à couvrir ou à défendre l’actuel pouvoir exécutif, que de souligner cette évidence : en quatre mois, les magistrats instructeurs sont parvenus à dénouer une affaire qui affecte le cœur même du pouvoir quand, pendant plus de cinq ans, la justice a été empêchée, entravée, obstruée pour qu’on ne connaisse jamais le fin mot de l’histoire Bettencourt qui, elle aussi, menaçait l’Elysée. 

Un dernier mot : bizarrement, ceux qui, hier, n’avaient pas de mots assez durs pour qualifier le travail du juge Gentil – celui qui a osé mettre en examen Nicolas Sarkozy dans le cadre de l’affaire Bettencourt – ne trouvent rien à redire sur la justice quand elle met en cause un ministre de la majorité – qui, lui, certes, a avoué. Toujours le même syndrome : les juges sont excellents quand ils frappent l’adversaire ; ce sont des incompétents ou, pire, des vendus, quand ils s’en prennent à ceux de ma famille politique. C’est démocratiquement navrant. Qu’en pense le grand républicain Henri Guaino ? 
 

Maintenant, il faut tout changer!

                                                       Marianne


Maintenant, il faut tout changer!

Jeudi 4 Avril 2013 à 05:00 | 
PAR N. DOMENACH, A. ROSENCHER, G. ANDRIEU ET L. NEUMANN
L'affaire Cahuzac a contraint le président à éteindre le feu judiciaire en se séparant du ministre. Au lieu d'un remaniement a minima, François Hollande aurait dû profiter de cet énième déboire pour remettre au carré sa gouvernance délétère et redéfinir le cap de sa politique.

François Hollande accompagné de l'ancien ministre du Budget Jérôme Cahuzac, et de Laurent Fabius, ministre des Affaires Etrangères - LEMOUTON-POOL/SIPA
François Hollande accompagné de l'ancien ministre du Budget Jérôme Cahuzac, et de Laurent Fabius, ministre des Affaires Etrangères - LEMOUTON-POOL/SIPA
Ce n’est pas la peste ni le choléra qui couche ce pays, c’est pire. La maladie de gouvernance qui l’anémie et l’enfonce est plus grave encore. Et il ne suffira pas de se couper un bras, passé en Suisse, pour espérer guérir ce mal profond qu’on n’ose même plus diagnostiquer en haut lieu, tant on aurait peur de constater que les remèdes adoptés ne sont pas adaptés. Car ce n’est pas une crise qui nous frappe et dont on nous rebat les oreilles comme s’il s’agissait d’une crisette passagère ; ce n’est pas une crise, non, mais une mutation, un changement de monde. 
  
Il suffirait de gouverner gentiment pour s’en sortir, en priant avec « Pépère Noster » qui est au ciel élyséen, et tout s’arrangera par miracle économique en 2014. On ne touche à rien ou presque, enfin pas grand-chose, juste un réajustement ministériel obligé pour faute morale alors qu’on est censé incarner la vertu… Mais il y a urgence, et on lambine. On procrastine ! Il aurait fallu tout bouleverser, blackbouler, réinventer et pas seulement au nom de l’éthique, mais par exigence démocratique aussi bien que par impératif économico-social. Tout changer maintenant pour que tout ne continue pas de se dégrader, de se déliter, de se désespérer. La maison France est minée de l’intérieur, et l’on se contente de ripoliner un étage à Bercy....
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L'affaire Cahuzac met les agents du fisc au supplice

                                                             Marianne

L'affaire Cahuzac met les agents du fisc au supplice

Mercredi 3 Avril 2013 à 19:56 |

Grand reporter au journal Marianne En savoir plus sur cet auteur

Infliger des redressements fiscaux aux contribuables en pleine crise n’était déjà pas une partie de plaisir pour les fonctionnaires des impôts. Mais avec cette affaire cela devient mission impossible.


Déclaration pour l'impôt sur le revenu - SIMON ISABELLE/SIPA
Déclaration pour l'impôt sur le revenu - SIMON ISABELLE/SIPA
Infliger des redressements fiscaux aux contribuables ou recouvrer les recette publiques, au moment ou les Français pâtissent d’une sévère baisse de leur pouvoir d’achat, n’était déjà pas une partie de plaisir depuis le début de la crise. Cependant avec l’incroyable feuilleton Woerth-Bettencourt et ses ramifications, puis l’ahurissante mise en examen pour« blanchiment de fraude fiscale » de Jérôme Cahuzac, les milliers de vérificateurs fiscaux, de percepteurs que comptent l’Hexagone ont désormais l’impression d’aller de Charybde en Scylla. 

« Ce qui se passe est extrêmement grave, s’émeut Vincent Drezet secrétaire général du SNUI, le syndicat unifié des impôts, première organisation de la DGFIP. Car depuis deux jours, la fronde des contribuables est d’une telle ampleur, leur confiance à ce point rompue, que nous redoutons qu’ils ne consentent plus à l’impôt. Or ce consentement, c’est l’un des piliers de notre démocratie. » 

« Pourquoi vous en prenez-vous à nous et pas aux gros ? » s’entendent en effet dire, du matin au soir, les agents des finances publiques qui ne peuvent rien répliquer à ces interpellations car soumis au devoir de réserve. Mais qui ne sont pas loin de partager ces indignations, puisque depuis plusieurs années, ils estiment ne plus avoir suffisamment de moyens humains pour assumer leurs missions. 

A savoir : veiller au respect des principes de neutralité, d’accessibilité et d’égalité de traitement de tous les contribuables et les usagers ! « Nous nous sentons totalement floués, poursuit Vincent Drezet. Comment notre ancien ministre a-t-il pu nous tenir tant de discours flamboyants sur la grande fraude fiscale après avoir détenu un compte en Suisse ? Cette déconnection entre son discours et la réalité de ses aveux nous laissent totalement incrédules. » 

C’est dire l’immense tâche qui attend désormais Bernard Cazeneuve le successeur de Jérôme Cahuzac au Budget et même François Hollande pour remonter le moral des troupes de Bercy…

Hollande dans le coeur du cyclone Cahuzac

                                                             Marianne


Hollande dans le coeur du cyclone Cahuzac

Mercredi 3 Avril 2013 à 15:08 |
Jack Dion
Directeur adjoint de la rédaction de Marianne et grand amateur de théâtre En savoir plus sur cet auteur


François Hollande parle avec son ancien ministre du Budget, Jérôme Cahuzac - CHESNOT/SIPA
François Hollande parle avec son ancien ministre du Budget, Jérôme Cahuzac - CHESNOT/SIPA
Selon les sondages, François Hollande n’avait guère convaincu les Français lors de sa récente prestation télévisée sur France 2. On peut penser sans trop de risque de se tromper qu’il en sera de même à propos de sa réaction à l’onde de choc de l’affaire Cahuzac.   

Non que le Président de la République n’ait pas eu les mots à la hauteur de l’événement. Il a parlé d’une« faute impardonnable », d’un « outrage à la République », d’un « choc », d’un « grave manquement à la morale Républicaine ». Ce sont des formules qui marquent et qui claquent, à la mesure du soufflet administré à la France par l’un de ses principaux ministres. 

Dans la foulée, le président a annoncé une série de mesures dont nul ne peut contester l’impérieuse nécessité, qu’il s’agisse de renforcer l’indépendance de la justice, de contrôler le patrimoine des élus, ou d’interdire tout mandat public à des élus condamnés. Mais il en faudra bien davantage pour répondre aux doutes qui tenaillent une opinion de plus en plus sceptique (le mot est faible) vis-à-vis de ses élus et de ses ministres, et pour laver une République souillée par l’un de ceux qui devaient donner l’exemple. 

Car Jérôme Cahuzac, ce n’était pas n’importe qui (le passé s’impose). C’était l’un des ministres régaliens. C’était l’une des consciences socialistes. C’était celui qui gêrait les deniers publics, et qui était comptable de la chasse aux fraudeurs. Le retrouver inculpé de « blanchiment de fraude fiscale », c’est comme si le Pape François était accusé de piquer dans les deniers du culte. On comprend que  le citoyen lambda ait le sentiment que le ciel lui tombe sur la tête. 

Des voix, à droite, tentent d’enfoncer le clou et de transformer l’affaire Cahuzac en affaire Hollande, arguant que le Président ne pouvait pas ne pas savoir. C’est de bonne guerre, serait-on tenté de dire, encore qu’en la matière, chacun aurait intérêt à prendre de la hauteur et ne pas tomber dans des querelles politiciennes qui rejailliront sur l’ensemble du monde politique, au profit de qui vous savez. On ajoutera qu’en matière de scandale, la droite ferait bien de balayer devant sa porte, où il y a assez de casseroles pour faire un bruit de fond difficile à étouffer. Au moins peut-on reconnaître à Hollande qu’il n’a cherché à étouffer ni la justice ni la presse. Tout le monde ne peut pas en dire autant. 

On était cependant en droit d’attendre de la gauche une autre forme de prestation que cette mise en scène d’un ministre capable de tricher puis de mentir à la représentation nationale les yeux dans les yeux.  Certes, il s’agit de la dérive d’un homme. Certes, on se gardera de généraliser son comportement et de faire de tous les élus (quelle que soit leur étiquette politique) des délinquants en puissance. 

Reste que le cas Cahuzac est emblématique d’une connivence avec l’Argent qui ne date pas d’hier. Cette dérive a ouvert la porte à des personnages ayant des mœurs inimaginables à l’époque de Jaurès, de Blum ou de Mendès-France. Personne ne découvre aujourd’hui que l’ex ministre du budget a eu une carrière qui lui permettait d’être plus à l’aise dans les beaux quartiers que dans les cantines d’usine. Sans doute eût-il fallu s’en souvenir au moment où il fut nommé au poste qu’il vient d’entacher. 

Peut-être cette histoire permettra-t-elle au PS de redécouvrir le sens du mot « vertu ». Pour le moment, elle le met en plein cœur du cyclone. Nul ne sait comment et quand il en sortira.



J'écris ton nom AMINA LIBERTE

                                                           Marianne

J'écris ton nom AMINA LIBERTE

Jeudi 4 Avril 2013 à 13:21

MARTINE GOZLAN
Le 4 avril est la journée internationale de solidarité avec Amina Tyler, 19 ans, majeure, Tunisienne, qui a choisi d'écrire sur son corps nu la révolte d'un esprit libre contre le sort fait aux femmes dans la société où elle a grandi. La révolte des Femen, Amina l'a saisie au vol: avec plus de force qu'ailleurs, son geste radical a brisé les tabous. Captive de sa famille et des menaces salafistes, soutenue par 110 000 signataires, Amina-Liberté est à la fois seule et au coeur de l'universel.

Zied
Zied
Chère Amina,  

J'espère que tu liras bientôt ces lignes comme les centaines de messages qui te sont adressés depuis le vaste monde où tu rêves de vivre ta vie. Ou plutôt j'espère que tu auras autre chose à faire que de nous lire. J'espère que tu seras trop occupée à courir en riant, à bondir  d'un rêve et d'une ville à l'autre, d'un livre et d'un cours au suivant, vers toi et vers les autres, vers ce que tu décideras seule de devenir.  
  
Amina, tu m'as dit durant ces deux heures étranges où j'ai pu te rencontrer, le 27 mars, faible, et la voix souvent couverte par les voix de ta famille, mais toujours décidée, que tu voulais être journaliste. Je te comprends:  partir  vers les zones cachées de la vérité, cela remplit une vie. T'avoir découverte cachée et captive, assourdie par les psychotropes mais t'arrachant  à leurs effets pour me transmettre ta vérité, cela restera pour moi l'un des moments les plus forts, les plus graves de ce métier que je fais depuis si longtemps. C'est ainsi: les guerres que livrent les individus, seuls,sans armes, peuvent être aussi impressionnantes que les guerres livrées par les peuples. 

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