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jeudi 4 avril 2013

La (réversible) agonie du syndicalisme français

                                                         Marianne

La (réversible) agonie du syndicalisme français

Jeudi 4 Avril 2013 à 15:26 
LAURENT MAUDUIT*

Le syndicalisme n'occupe plus une grande place dans la vie publique française. Il faut un événement véritablement exceptionnel pour que l'on s'intéresse à lui. Et encore, pas longtemps !

50e Congrès de la CGT, Toulouse - LANCELOT FREDERIC/SIPA
50e Congrès de la CGT, Toulouse - LANCELOT FREDERIC/SIPA
C'est peu dire que le syndicalisme n'occupe plus une grande place dans la vie publique française. Il faut un événement véritablement exceptionnel, comme le 50e congrès de la CGT, à Toulouse, qui s'est clos le 22 mars dernier, pour que l'on s'intéresse à lui. Et encore, pas longtemps ! Comme on subodore que les principales confédérations sont en piteux état, l'effet de curiosité se dissipe rapidement. Pourquoi faudrait-il s'attarder sur Bernard Thibault qui tire sa révérence, ou sur Thierry Lepaon qui va lui succéder, puisque, sur le fond, chacun sait pertinemment à quoi s'en tenir ? Le lent et irrémédiable déclin du syndicalisme va se poursuivre... 

Il n'empêche ! Cette agonie - que la droite comme la gauche disent déplorer mais à laquelle elles contribuent activement - est l'un des rouages majeurs de la crise démocratique française. Une crise qu'il serait opportun de scruter d'un peu plus près et qu'il serait urgent d'enrayer. 

Certes, à ce déclin, il y a des causes anciennes. Et tout d'abord des causes internes au syndicalisme. Eclatées en de nombreuses confédérations dont certaines sont groupusculaires, viscéralement incapables de s'entendre entre elles, bafouant perpétuellement, chacune à leur manière, les principes d'indépendance édictés par la charte d'Amiens, les centrales françaises meurent d'abord, depuis l'après-guerre, de leurs propres divisions et de leur incapacité suicidaire à les surmonter. De leur absence d'ambition, de leur obstination à ne gérer que leur pré carré. 

Et puis, surtout, il y a des causes plus lourdes, qui tiennent aux mutations du capitalisme européen et français. Jusqu'à la fin des années 70, le capitalisme «rhénan», celui des Trente Glorieuses, avait érigé le compromis social comme règle première de fonctionnement. Selon les rapports de forces du moment, le compromis pouvait avantager tantôt le capital, tantôt le travail. C'était l'époque de la politique contractuelle et du paritarisme, où le vieux leader de Force ouvrière André Bergeron pouvait encore se réjouir qu'il y ait «du grain à moudre»

Mais, dans le prolongement de l'effondrement du Mur, ce capitalisme-là s'est effacé au profit d'un capitalisme anglo-saxon qui ignore le compromis - un capitalisme d'actionnaires beaucoup plus tyrannique au sein duquel le syndicalisme voit son utilité sociale contestée. Et les ondes de choc de cette mutation ont été immenses sur la vie sociale du pays, même si souvent la presse n'y a guère prêté d'attention et si l'opinion n'a du même coup pas toujours pu prendre la mesure de la véritable contre-révolution sociale qui a été mise en œuvre. 

Ainsi, qui a sonné le tocsin quand le gouvernement Raffarin a procédé en 2004 à une réforme majeure, organisant une inversion de la hiérarchie des normes sociales - une mesure chamboulant l'ordre qui garantissait jusque-là la supériorité de la loi sur les accords de branche et des accords de branche sur les accords d'entreprise ? Pas grand monde, il faut bien le dire. Et il en a été de même en 2008, quand la même réforme a été achevée par Nicolas Sarkozy. Pourtant, cette inversion a eu des conséquences incalculables puisqu'elle a mis fin à ce que l'on appelait depuis la Libération l'«ordre public social». 

Cette irruption du capitalisme patrimonial anglo-saxon s'est donc accompagnée d'un mouvement de déréglementation sociale au travers duquel la place des syndicats a été de plus en plus contestée. Et les socialistes ont eux-mêmes contribué à cette évolution, par exemple avec la réforme récente du marché du travail qui s'adosse à l'inversion de la hiérarchie des normes sociales, en faisant de l'entreprise le lieu privilégié du débat collectif. En quelque sorte, gauche et droite se sont souvent entendues pour sommer les centrales de renoncer à ce qui devrait être leur raison d'être, le syndicalisme de négociation, pour opter soit pour un syndicalisme de soumission, soit pour un syndicalisme de protestation. Soit gérer la remise en cause des acquis sociaux, soit sortir du jeu social... 

La réforme des critères de représentativité des syndicats qui doit entrer en vigueur en avril n'est donc qu'un cautère sur une jambe de bois. Car c'est une refondation plus profonde qu'il faudrait envisager pour redonner du dynamisme à une vie sociale aujourd'hui à l'arrêt. Quelles sont les pistes pour œuvrer en ce sens ? Faudrait-il envisager la suppression de l'actuel Conseil économique, social et environnemental, qui ne sert strictement à rien, sauf à offrir une sinécure à des syndicalistes en fin de mandat (aux côtés de quelques obligés du palais), et créer à sa place un authentique parlement social, en charge de véritables responsabilités ? Ou alors, sous une forme ou sous une autre, faudrait-il redessiner les contours de ce que pourrait être un nouveau paritarisme, qui redonnerait une légitimité aux centrales syndicales ? 

Pour l'heure, c'est le cadet des soucis du gouvernement socialiste. Et le syndicalisme se meurt, n'offrant à voir de lui-même, de proche en proche, que quelques figures locales, courageuses et pugnaces. Celle de Mickaël Wamen, le leader CGT de l'usine Good-year d'Amiens, ou celle, émouvante et généreuse, d'Edouard Martin, le porte-parole CFDT des sidérurgistes de Florange... 

* laurent.mauduit@mediapart.fr 

Meeting Mélenchon Front de Gauche Mulhouse (3)


Pour visionner le meeting,cliquer sur le lien ci-dessus


Meeting Mélenchon Front de Gauche Mulhouse 






Réferendum : à Mulhouse, Jean-Luc Mélenchon dit non

600 personnes étaient présentes à Mulhouse hier soir pour entendre les arguments du Front de gauche en défaveur de la collectivité territoriale d'Alsace. 
  • C. Dengall
  • Publié le 04/04/2013 | 10:29, mis à jour le 04/04/2013 | 15:24
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Un non porté haut et fort par Jean-Luc Mélenchon, l'ex candidat du front de gauche à la présidentielle et Pierre Laurent, le chef du PCF. Deux chefs de file qui ne voulaient surtout pas politiser leurs arguments, préférant "s'adresser aux Français" qu'aux "gens de gauche".

POLITIQUE MATIN : LA MATINALE DU JEUDI 4 AVRIL 2013

                                                         LCP Assemblée nationale

POLITIQUE MATIN : LA MATINALE DU JEUDI 4 AVRIL 2013

La matinale du jeudi 4 avril 2013 
Publiée le 04/04/2013 
[Durée] 56mn
[Tags] gérard leclerc , yves thréard , patrick chêne , denis jeambar , philippe dallier , céline bittner , jean-daniel levy , pierre kupferman , régis juanico
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A PROPOS DE CETTE VIDEO

Votre petit-déjeuner politique décline l’actualité sur tous les tons et bouscule les codes convenus.
Émission quotidienne présentée par Patrick Chêne avec Ahmed Tazir, Pierre Kupferman, Gérard Leclerc, Robert Namias, Guillaume Roquette, Anne Levade
Invités politiques du jour : 
-  Régis Juanico, député socialiste de la Loire
-  Philippe Dallier, sénateur UMP de la Seine-Saint-Denis
A l’heure du fast news et du prêt-à-penser, LCP propose chaque jour en DIRECT : Politique Matin, un rendez-vous unique qui bouscule les codes convenus de l’information et éclaire l’actualité sous un jour nouveau.
Présentée par Patrick Chêne, cette émission quotidienne dédiée à l’information politique décline l’actualité sur tous les tons. Résolument pertinente, forcément agitée, délibérément décalée, Politique Matin impose une autre façon d’aborder l’information politique.
Revues de presse nationale et régionale incontournables, Chroniques d’information thématiques indispensables, LCP Politique Matin, c’est aussi et surtout deux temps forts qui animent cette matinale d’info :
+ Eco mais pas trop !
Une chronique présentée par Pierre Kupferman.
+ Le débat
Deux personnalités politiques débattent et confrontent leur point de vue sur l’actualité du jour.
Le face à face oppose ce matin deux personnalités politiques :
-  Régis Juanico, député socialiste de la Loire
-  Philippe Dallier, sénateur UMP de la Seine-Saint-Denis
+ Ça va faire du bruit
un temps d’avance sur l’info ! 

Entouré de quatre chroniqueurs (journalistes et experts), Patrick Chêne met en perspective un événement, un texte de loi, un thème, une décision politique… qui demain fera les grands titres et alimentera le débat.
en partenariat avec LeFigaro.fr
en partenariat avec : La Tribune
Diffusions : du lundi au vendredi de 8h30 à 9h30, en direct

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Grève pour les salaires à la SAUR

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Grève pour les salaires à la SAUR

s'informerLes douze mille agents de la SAUR, la troisième entreprise de distribution de l’eau en France, pour dix mille communes, ont été appelés hier à une « grève illimitée » par les syndicats CFDT, CFTC, CGT, FO et CFE-CGC qui réclament la réouverture de négociations salariales.
Les travailleurs, déjà mécontents de ce que la direction ne veuille accorder que 1 % d’augmentation en 2013, ont été révoltés d’apprendre, fin mars, que les cadres supérieurs de la SAUR allaient percevoir des primes de bonus importantes pour 2012, dont 200 000 euros pour le président, Olivier Brousse.
La grève a été suivie par 21 % des salariés, d’après la direction, 40 % d’après la CGT et à 100 % dans certains centres, comme à Saint-Fons dans le Rhône.
La direction renvoyant les négociations au mois de septembre, pour un « complément de rémunération » et « un accord d’intéressement », les syndicats ont appelé à poursuivre la grève aujourd’hui.
Un courrier de la CGT au Premier ministre, le 8 février dernier, lui a fait savoir que la situation de l’entreprise, détenue à 38 % par l’État, au travers du Fonds Stratégique d’Investissement, est périlleuse. L’entreprise, en elle-même, est rentable mais, à la suite de spéculations financières, la SAUR, achetée et revendue par un fond de pension américain, est endettée à hauteur de 1,4 milliard d’euros auprès des banques. Elle paye 90 millions d’euros par an pour les seuls intérêts.

Chez ArcelorMittal, la stratégie de l’échec

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SOCIAL-ECO -  le 4 Avril 2013
Lutte

Chez ArcelorMittal, la stratégie de l’échec

        
Le rapport d’expertise qui doit être rendu au CCE aujourd’hui alerte sur les dangers du transfert d’activité de Basse-Indre vers Florange, ardemment défendu par le gouvernement pour maintenir des emplois.
«Un rapport de plus qui va dans le même sens ! » Pour Philippe Verbeke, délégué central CGT, l’expertise remise par le cabinet Secafi au comité central d’entreprise aujourd’hui, révélée mardi par France-Bleu Loire Océan et que l’Humanité a pu se procurer, va permettre de « remettre l’ouvrage sur le feu ». Au vu des conclusions sévères des experts mandatés par le CCE sur le projet de transfert d’activités du site de Basse-Indre (Loire-Atlantique) vers Florange (Moselle), le dossier ArcelorMittal, que le gouvernement espérait clos, risque fortement de revenir sur le devant de la scène. « De notre point de vue, le projet introduit des contraintes industrielles qui individuellement sont surmontables mais, combinées, risquent fortement de conduire à un échec en regard des objectifs assignés et in fine de se retourner contre la filière dans son ensemble et de réduire à néant les efforts commerciaux en conquête et reconquête de parts de marché », conclut le cabinet dans la synthèse de son rapport.
Schématiquement, le projet de la direction consisterait à faire laminer et décaper les bobines d’acier produites sur le site de Dunkerque à Florange, où celles-ci seraient transformées en brut de tandem, ensuite envoyées à Basse-Indre pour subir une nouvelle transformation.
Un montage aberrant
À l’heure actuelle, Basse-Indre est directement alimenté en bobines d’acier par Dunkerque. En introduisant un nouveau maillon dans la chaîne de production, ce montage industriel ne deviendrait rentable qu’à condition d’enregistrer un volume de commandes de 650 000 tonnes d’acier, contre une charge d’environ 450 000 tonnes aujourd’hui, d’après Philippe Verbeke. Si l’objectif chiffré semble réaliste au vu des perspectives de reprise du marché de l’acier à court terme, la capacité d’ArcelorMittal de répondre à la demande paraît, elle, loin d’être assurée. En effet, pour fournir les volumes exigés, les lignes d’étamage à Basse-Indre et à Florange devraient tourner respectivement à 99 % et 98 % de leur capacité maximale. « Cela veut dire tourner en cinq équipes vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept », estime Mickaël Éveillard, secrétaire de la CGT à Basse-Indre. « Nous considérons que ces taux de charge restent trop importants pour absorber la fluctuation de la demande et les risques techniques sur les outils », tranche le rapport....
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Evasion fiscale : Pierre Laurent appelle à "une convocation extraordinaire du Parlement"

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POLITIQUE -  le 4 Avril 2013

Evasion fiscale : Pierre Laurent appelle à "une convocation extraordinaire du Parlement"

               
Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, a demandé ce jeudi que le Parlement suspende ses débats pour se consacrer à la lutte contre l'évasion fiscale. C'est que selon lui la crise est totale, et nécessite qu'on s'attaque aux racines du pouvoir de l'argent.
Sur France inter au journal de 13 heures, le sénateur de Paris a réaffirmé son diagnostique de "crise très grave" à propos de l'affaire Cahuzac mais aussi des révélations du Monde sur des paradis fiscaux et le trésorier de campagne du candidat François Hollande.
"C’est une crise très grave, il faut aller à la racine des problèmes, on ne va pas se contenter de belles paroles. On voit bien que c’est le conflit d’intérêt entre le monde de la finance et des fractions importantes du monde politique qui sont à l’origine de cette crise. Et c’est à cela qu’il faut s’attaquer. Il y a des propositions pour ce faire qui sont sur la table depuis longtemps. "Je rappelle qu’à l’initiative d’un sénateur communiste, Eric Bocquet, le sénat a adopté un rapport qui fait 60 propositions pour lutter contre l’évasion fiscale, ces propositions sont aujourd’hui lettre morte. Donc il faut passer aux actes."
"La crise politique est totale, la crise de confiance est totale"
Dans une interview accordée à l’Humanité de ce jeudi, Pierre Laurent explique le fond de la crise politique. "Mais la crise politique est déjà là ! Elle a été nourrie depuis des années, pendant dix ans de pouvoir de droite, menée de concert avec les institutions européennes pour dessaisir les citoyens, en appliquant des traités désavoués par la majorité des Français. Dans ces conditions, et si le pouvoir socialiste continue de manière si indécente à tourner le dos aux engagements, aux espoirs de changement social qui ont été exprimés par les Français, et que s’ajoutent des dérives graves comme celle de Jérôme Cahuzac au cœur de l’appareil d’État, le risque d’une amplification de la crise politique est évident. Si nous voulons empêcher que la suspicion du «tous pourris» empoisonne la vie publique, il convient de s’attaquer aux racines du pouvoir de l’argent, en clarifiant les relations entre le pouvoir politique, qui doit émaner des citoyens, et les milieux financiers, qui n’ont pas à se substituer à l’intérêt général. C’est ainsi que l’on reconstruira une politique guidée par l’intérêt général et non par l’appât du gain. "
Pierre Laurent a ainsi estimé qu’"il faut un acte fort pour changer de politique, et donc changer d’équipe pour la mener." Il a jugé les 3 mesures proposées hier par François Hollande clairement insuffisantes. Pierre Laurent avance notamment que si on veut une justice vraiment indépendante, il faut changer le mode de nomination des juges. Quant aux conflits d’intérêts, "bien sûr qu’il faut plus de transparence sur les déclarations des élus, mais il faut s’attaquer surtout aux conflits d’intérêts avec le monde économique et là l’affaire est beaucoup plus sérieuse. Il faut aller beaucoup plus loin que ce qu’a annoncé le Président de la république."


Eric Bocquet: "Les évadés fiscaux ont toujours un coup d'avance"

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SOCIAL-ECO -  le 22 Janvier 2013

Eric Bocquet: "Les évadés fiscaux ont toujours un coup d'avance"

         
Fin juillet dernier, Eric Bocquet présentait les conclusions du rapport de la commission d’enquête du Sénat sur l’évasion des capitaux et l’optimisation fiscale, dont Solidaires Finances publiques s'inspirent pour chiffrer ce mardi la fraude fiscale en France entre 60 et 80 milliards d'euros.
Pour le sénateur communiste du Nord, audelà de la fraude, "toutes ces niches fiscales qui permettent aux privilégiés et aux multinationales d’échapper à l’impôt doivent être remises en question".
Quelle est l’ampleur de l’évasion fiscale ?
Éric Bocquet. Concernant la France, les estimations, qui sont le fait d’ONG, vont de 40 à 50 milliards d’euros, à 1 000 milliards d’euros, cinq fois le budget de l’Union européenne, dans les 27 pays qui la composent. On pourrait prendre aussi l’exemple des États-Unis, cela concerne donc beaucoup de pays et des sommes considérables. Il y a aussi, au-delà de la fraude, l’optimisation fiscale qui consiste à utiliser tous les moyens non interdits par la loi et qui est également condamnable. Toutes ces niches qui permettent aux privilégiés et aux multinationales d’échapper à l’impôt doivent être remises en question.

Qui pratique cette évasion ?
Éric Bocquet. Il y a des particuliers fortunés qui s’expatrient. Il y a aussi de grands groupes multinationaux qui ont des entités dans les paradis fiscaux, je pense aux sociétés du CAC 40, à des banques comme BNP Paribas ou la Société générale. Ces groupes transfèrent leurs profits dans les paradis fiscaux où la fiscalité est faible ou nulle et font apparaître des pertes dans des pays comme le nôtre où la fiscalité est plus élevée.

Quels sont les liens 
entre ces « évadés » 
et les autorités des pays 
qui favorisent cette évasion ?
Éric Bocquet. Au sein, par exemple, de la City of London Corporation, qui est en quelque sorte son gouvernement politique de la City, il y a des gens comme Lord Sassoon qui sont d’anciens de la banque suisse UBS qui s’est illustrée récemment dans des scandales financiers. À Jersey, notre interlocutrice au sein des services financiers de l’île est une ancienne du grand cabinet fiscaliste anglo-saxon Deloitte. Les liens sont patents entre les décideurs, gestionnaires des États, et le monde de la finance. C’est en quelque sorte la finance qui organise sa propre évasion....
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Nicolas Maduro, le chauffeur qui veut prendre le volant de la révolution bolivarienne

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MONDE -  le 4 Avril 2013
Venezuela

Nicolas Maduro, le chauffeur qui veut prendre le volant de la révolution bolivarienne

              
PORTRAIT. Le président intérimaire et candidat socialiste fait la course en tête dans les sondages pour la présidentielle du 14 avril. Il est décrié par l’opposition qui raille ses origines modestes, et dénonce une prétendue incompétence. Mais il fut en fait, une cheville ouvrière du processus de transformation.
Nicolas Maduro est un homme modeste, que rien ne prédestinait à occuper les plus hautes fonctions du Venezuela. Président par intérim de la puissance pétrolière, et candidat du Parti socialiste uni (PSUV) à l’élection présidentielle du 14 avril, ce géant d’un mètre quatre-vingt-dix, se présente comme « un fils de Chavez qui se devait d’être à ses côtés ». Depuis la mort du « Comandante », le 5 mars, il est appelé à succéder à l’instigateur de la révolution bolivarienne que le peuple présente désormais comme le « libertador » du XXIe siècle.
Assumer cet héritage n’a rien d’évident après quatorze années de leadership incontestable. Car, non seulement Hugo Chavez a bouleversé la patrie de Bolivar mais il a aussi été l’artisan d’une nouvelle architecture politique continentale. « Nicolas », comme l’interpelle son principal concurrent de droite, Henrique 
Capriles, dans une volonté délibérée de le rabaisser, assume. Pendant des années, a-t-il rappelé, il a été « un garde du corps » d’Hugo Chavez. Plus qu’un homme de l’ombre, comme on le présente, il fut un proche sincère et dévoué. « Et s’il avait fallu tourner un boulon dans une entreprise, je l’aurais fait », confie-t-il.
Sa simplicité est un gage en direction d’un peuple qui a été le garant des succès électoraux enregistrés par le PSUV et la majorité présidentielle. Elle est aussi une posture assumée face aux attaques de la Mesa de la Unidad Democratica (Table de l’unité démocratique, coalition électorale de la droite) et de ses détracteurs en général. L’homme revendique son passé d’ouvrier, et de syndicaliste. « La société doit être bien mal en point pour élire un vulgaire chauffeur comme président », se plaisent à invoquer le leader de la droite avec une dédaigneuse ironie, projetant ainsi une haine de classe, toujours aussi vive. Roy Chaderton, ancien ambassadeur du Venezuela en France et actuellement représentant de l’État vénézuélien au sein de l’Organisation des États américains (OEA), rappelait que derrière le coup d’État d’avril 2002 contre Chavez fomenté par le patronat se trouvait « une idéologie chargée de racisme social ».
Nicolas Maduro est à peine âgé de douze ans lorsqu’il commence à militer
Qu’à cela ne tienne, « ma main est ferme sur le volant, direction le socialisme », rétorque Maduro. Il faut dire que la campagne électorale offre bien peu de moments de grandeur politique. La confrontation idéologique est aux abonnés absents. Même la moustache fournie du socialiste est sujette à raillerie. C’est dire.
Nicolas Maduro ne serait pas à la hauteur ? C’est mal connaître le personnage. Il a vu le jour le 23 novembre 1962, dans le quartier populaire d’El Valle, au sud de Caracas. « Mon origine modeste et mes racines ont débouché sur un long chemin de luttes pour les droits sociaux alors que je n’étais encore qu’un enfant », s’est-il livré. En effet, il est à peine âgé de douze ans lorsqu’il commence à militer au sein du mouvement révolutionnaire Ruptura. Puis il rejoint la Ligue socialiste. Il rencontrera Jorge Rodriguez, le père de l’actuel maire de la capitale, qui sera assassiné durant les années noires de la répressions sous la IVe République. Il se passionne pour la révolution cubaine, et son pays, en se rendant dans chaque recoin des « barrios » (quartiers populaires), véritables concentrés de misère et d’oppression.
Au sein du mouvement ouvrier, il se forme aux revendications sociales, en déjouant, comme nombre de militants de gauche de l’époque, les traques de la Disip, la police politique, responsable d’enlèvements, de tortures et d’assassinats. Il devient conducteur de bus à Caracas et délégué syndical. Selon un rapport de la CIA, il aurait alors cumulé les infractions… Depuis, il n’a pas hésité bien souvent à conduire le camion sur lequel était juché Chavez lors des campagnes électorales. C’est encore lui qui tenait le volant de la voiture transportant les principaux ministres lors du cortège funéraire du président.
Au début des années 1980, Nicolas Maduro s’adonne à la musique au sein du groupe de rock Enigma où il joue de la basse et de la guitare. Il sera l’un des fondateurs du nouveau syndicat du métro de Caracas (Sitrameca) et de la Force bolivarienne des travailleurs avant d’en devenir son coordinateur national.
Il est désormais au volant de la révolution bolivarienne
Le 4 février 1992, il découvre, comme nombre de Vénézuéliens, Hugo Chavez devant les caméras assumant l’échec de l’insurrection civico-militaire dont il a pris la tête. « Je me suis dit, c’est lui. Une nouvelle histoire va enfin commencer. C’est comme ça que je l’ai vécu », a-t-il déclaré récemment lors d’un meeting.
Durant les années de prison du Comandante, il milite pour sa libération avec sa compagne Cilia Florez, ancienne procureur de la République. Après son élargissement, il fondera avec lui le Mouvement Ve République avec lequel Chavez remportera la présidentielle de 1998. Élu député en 1999, puis réélu, il présidera même l’Assemblée jusqu’en 2006 lorsque le leader du socialisme du XXIe siècle lui demande d’assumer la responsabilité du ministère des Affaires étrangères. Un poste qu’il occupera, avec abnégation, pendant six ans et trois mois, et durant lesquels le Venezuela multipliera ses relations diplomatiques et les échanges commerciaux.
Désormais au volant de la révolution bolivarienne, il devra s’imposer et cultiver son style. De ses mots, il se revendique de la fibre des indépendantistes, de Bolivar et du héros indien Guaicaipuro, de « ces patriotes qui se proposent de construire la patrie ou rien. L’indépendance ou rien ! »
  • Lire aussi :
Caracas (Venezuela), envoyée spéciale, Cathy Ceïbe

Audition de Paul Jorion sur les paradis fiscaux, centres off-shore et juridictions non coopératives – Assemblée nationale, mardi 26 mars

                                http://www.pauljorion.com/

Audition de Paul Jorion sur les paradis fiscaux, centres off-shore et juridictions non coopératives – Assemblée nationale, mardi 26 mars

27 MARS 2013 par PAUL JORION | 
« La commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale a créé une mission d’information sur la lutte contre les paradis fiscaux, centres off-shore et juridictions non coopératives, dont les rapporteurs sont MM. Alain Bocquet et Nicolas Dupont-Aignan, députés. »
J’ai été entendu hier. Le texte que j’avais préparé se trouve ci-dessous. Les points sur lesquels des précisions supplémentaires m’ont été demandés sont : Chypre, le fonctionnement des « trusts », le « scandale du LIBOR », l’amende payée par HSBC pour blanchiment d’argent sale, la décision de la Cour suprême des Etats-Unis d’autoriser le financement illimité des campagnes électorales par les personnes morales, le projet de chambre de compensation multilatérale internationale de John Maynard Keynes.
Intervention de Paul Jorion sur les paradis fiscaux – Assemblée nationale, mardi 26 mars
Disons tout de suite que la question des moyens pratiques de l’élimination des havres fiscaux, une fois prise la décision de mettre hors d’état de nuire les nations ou subdivisions de nations jugées coupables, est aisément résolue : recourant à la même méthode que celle utilisée pour mettre en place un embargo financier contre l’Iran, par exemple. Instruction est donnée aux chambres de compensation internationales (telle Clearstream) et messageries de transfert interbancaire (telle SWIFT) de cesser toute communication avec les destinations mentionnées sur la liste communiquée.
Mais la volonté de fermer les havres fiscaux existe-t-elle ? Leur existence est en effet tolérée depuis l’origine de l’Union européenne : le Luxembourg, qui se trouve au 2e rang mondial de ceux-ci, fait partie des États fondateurs de l’Union (membres de la CECA), au même titre que la Belgique qui se situe au 9e rang. Quatre pays européens se trouvent aujourd’hui parmi les dix premiers havres fiscaux. La zone financière quasi-autonome de la « City de Londres » constitue le foyer d’un réseau réglant environ 70% de la circulation des flux financiers entre havres fiscaux.
Pour comprendre la question des havres fiscaux et pouvoir déboucher ensuite sur des solutions, elle doit être située pour commencer dans un plus vaste contexte où leur fonctionnalité est mise en lumière....
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Le coût des guerres d'Irak et d'Afghanistan pourrait s'élever à 6000 milliards de dollars

                       

Le coût des guerres d'Irak et d'Afghanistan pourrait s'élever à 6000 milliards de dollars

Par Bill Van Auken 
4 avril 2013
Les plus de dix ans de guerres d'agression déclenchées par les États-Unis en Afghanistan et en Irak devraient en fin de compte coûter jusqu'à 6 000 milliards de dollars, soit 75 000 dollars pour chaque ménage américain.
Ces guerres ont laissé les États-Unis lourdement endettés et auront un effet durable sur les crises fiscales et budgétaires du gouvernement fédéral. Telles sont les conclusions d'un nouveau rapport publié par la Kennedy School of Government [faculté d'administration publique] de l'Université de Harvard.
Rédigé par Linda Bilmes, maître de conférence en politique publique à Harvard et experte de premier plan sur les questions financières, budgétaires et celles liées aux anciens combattants, ce rapport attribue la plus grande part de ces milliers de milliards à des coûts qui continuent à s'accumuler pour soigner et indemniser des centaines de milliers de soldats laissés physiquement et psychologiquement blessés par ces deux guerres.
« Les conflits en Irak et en Afghanistan, pris ensemble, seront les guerres les plus coûteuses de l'histoire américaine – totalisant entre 4000 et 6000 milliards de dollars, » écrit Bilmes. « Cela comprend les soins médicaux et les indemnités pour invalidité versées pour les soldats en service actif, les vétérans et les familles, l'embauche de nouveaux soldats pour les remplacer, et les coûts sociaux et économiques. La plus grande partie de cette facture reste encore à payer. »
Une autre partie importante des coûts à long terme de ces guerres vient du remboursement de milliers de milliards de dollars de dettes contractées par le gouvernement américain et dont il n'a pas inclus le coût dans les budgets annuels tout en appliquant dans le même temps des réductions d'impôts de grande ampleur pour les riches....
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