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mercredi 13 février 2013

Bruno Le Maire : « La droite a reculé dans le cœur et l'esprit des Français »

                                                        Marianne

ENTRETIEN



Bruno Le Maire : « La droite a reculé dans le cœur et l'esprit des Français »

Mercredi 13 Février 2013 à 05:00 | 

PROPOS RECUEILLIS PAR NICOLAS DOMENACH ET MAURICE SZAFRAN

L'ancien ministre de Nicolas Sarkozy revient sur le livre singulier* - témoignage politique littéraire aux "verbatim" hallucinants de l'ancien président - qu'il consacre à l'exercice du pouvoir. Autoproclamé "non-aligné" à l'UMP, cet ambitieux en profite pour dresser sa feuille de route, en n'épargnant au passage ni la gauche ni la droite.


BAZIZ CHIBANE/SIPA
BAZIZ CHIBANE/SIPA
Marianne : N'appartenez-vous pas à une espèce en voie de disparition, celle des hommes politiques qui écrivent ? 

Bruno Le Maire : La politique et la littérature, en France, ont toujours été étroitement mêlées, la politique se représente dans la littérature qui a toujours été l'interrogation de la politique. Notre pays se grandit en gardant ce lien et, pour beaucoup voyager, je vois que ce qui reste le plus respecté de la France ailleurs, ce sont sa culture et sa langue. Si nos responsables politiques abandonnent la culture et la langue françaises, je ne sais pas ce qu'il nous restera. 

Les deux derniers présidents n'en sont pas forcément l'illustration. Nicolas Sarkozy était un homme de l'image et François Hollande ne lit aucun roman... 

B.L.M. : Chaque président a son imaginaire et ce qui fait peut-être le plus défaut, aujourd'hui, à François Hollande, c'est justement l'imaginaire. On est face à quelque chose de plat, sans relief. Les autres présidents avaient su trouver leur relief, que ce soit Nicolas Sarkozy qui est venu à la littérature, Jacques Chirac qui avait trouvé une profondeur dans des cultures éloignées, une manière d'arriver à voir la politique en surplomb. Et je ne parle pas de Mitterrand qui écrivait bien et même très bien. 

Dans votre livre, vous faites parler des Français de droite et vous êtes vous-même surpris de la radicalité de leurs propos sur les immigrés, sur les assistés, etc. Comment faites-vous pour faire le pont ? ...
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Continuités diplomatiques

                                                       Marianne


Continuités diplomatiques

Mercredi 13 Février 2013 à 16:00 |

JEAN-DOMINIQUE MERCHET - MARIANNE

Plus que l'orientation politique, c'est le style qui différencie la politique étrangère des présidents successifs.


Thibault Camus/AP/SIPA
Thibault Camus/AP/SIPA
Est-ce parce qu'il assure «ne jamais avoir voté à droite» tout en ayant été ministre des Affaires étrangères de Nicolas Sarkozy que Bernard Kouchner estime aujourd'hui que la politique extérieure de François Hollande est «la même» que celle de son prédécesseur ? Il y a, dans son propos, un peu d'autojustification, mais les faits lui donnent plutôt raison. 

Questions de personnes ? 

François Hollande n'est pas Nicolas Sarkozy, comme celui-ci n'était pas Jacques Chirac, qui lui-même ne ressemblait pas à Mitterrand. On pourrait remonter ainsi jusqu'à Charles de Gaulle, le fondateur de la Ve République. Car, sous ce régime, le président de la République est le vrai patron de la politique étrangère, que l'on appelait même jadis le «domaine réservé».Chacun des sept présidents de la République y imprime sa marque personnelle, plus en fonction de son style que de ses convictions. A l'exception notable du premier d'entre eux, le général de Gaulle, qui a posé les fondations d'une politique qui est devenue celle de la France. Hubert Védrine, l'ancien ministre des Affaires étrangères, a même théorisé cela en parlant de «mitterrando-gaullisme»... Bernard Kouchner le reconnaît volontiers : «Il y a des différences de style.» A celui, exubérant et survolté, de Sarkozy a succédé celui plus patelin et conventionnel de Hollande. L'ambiance des rencontres internationales s'en ressent, ce qui n'est pas pour déplaire à certains responsables étrangers, comme Barack Obama ou Angela Merkel, qui avait parfois un peu de mal à apprécier les manières de l'ancien maire de Neuilly. 

Quelle rupture ? ...
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Corruption et paradis fiscaux, par Abdeslam Aboudrar

                                                        Marianne

L'ARGENT ET L'ETHIQUE




Corruption et paradis fiscaux, par Abdeslam Aboudrar


Dans son rapport de 2012, le Réseau pour la Justice Fiscale (TJN) a estimé qu’entre 21000 et 32000 milliards de dollars américains sont mis à l’abri dans les paradis fiscaux. Ce qui représente une perte en revenus évaluée entre 190 et 280 milliards de dollars américains. Toujours selon cette étude, si l’argent de cette fraude fiscale était taxé, de nombreux pays deviendraient créditeurs au lieu d’être débiteurs.


Abdeslam Aboudrar
Abdeslam Aboudrar
En mars 2007, l’Affaire des biens mal acquis défrayait la chronique suite à la publication par le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD) d’une étude évaluant entre 100 et 180 milliards de dollars les avoirs détournés par des dirigeants africains au cours des dernières décennies. Lorsqu’en décembre 2008, l’ONG Transparence International France dépose plainte contre trois chefs d’Etats africains dans cette affaire, elle commence par essuyer une fin de non recevoir avant qu’une décision historique de la Cour de cassation ne permette, deux ans plus tard de rouvrir le dossier.  

Peu après, l’irruption du « printemps arabe » et la chute consécutive de certains régimes de la région révèlent au grand jour l’étendue des fortunes colossales amassées par les dirigeants en place des décennies durant. Des voix se sont aussitôt élevées pour réclamer la restitution de cet argent et sa réinjection dans les caisses de l’Etat au profit de projets de développement. Ce qui semblait être de prime abord évident et aisé, s’est avéré bien plus ardu. En réalité, le gros de ces avoirs est surtout conservé à l’abri dans des paradis fiscaux. L’histoire a montré qu’il est plus facile d’entrer de l’argent dans ces zones que de l’en sortir... 
  
Cette succession d’affaires a remis à l’ordre du jour le sujet des paradis fiscaux, abri « légal » s’il en est, pour l’argent des transactions internationales licites ou illicites, notamment le blanchiment, les trafics ou la corruption, qui portent un coup sévère au développement des pays du sud en particulier. 
  
Lors de la 15ème Conférence Internationale Anti-Corruption tenue en novembre 2012 à Brasilia, la démonstration a été faite que les paradis fiscaux se trouvent en majorité dans les pays réputés être les meilleurs élèves dans le classement de Transparency International sur l’Indice de Perception de la Corruption (IPC). Ce qui jette, sinon un discrédit, du moins un doute sur la pertinence de cet indice comme évaluation du degré de corruption des pays. 

Il existe aujourd’hui des moyens techniques pour contrôler les paradis fiscaux : l’examen systématique des traces laissées par les transactions financières vers les pays concernés dans les réseaux sécurisés ou encore la conformité de ces pays avec les standards de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), du Groupe d'Action Financière (GAFI), du réseau de communicateurs antifraude de l'OLAF (OAFCN), etc. 

Réduire les paradis fiscaux renforcerait la lutte contre la corruption. Surveiller les transferts d’argent permettrait de remonter à l’acte de corruption et au final d’identifier corrupteurs et corrompus, ce qui exercerait ipso facto un effet dissuasif sur les candidats potentiels au détournement et au blanchiment. 

Mais cela nécessite à l’amont une volonté politique forte au Nord, au Sud et dans les organisations internationales. 


* Abdeslam Aboudrar est président de l’Instance centrale de prévention de la corruption du Maroc 

Les débats se dérouleront au Centre Universitaire Méditerranéen le jeudi 14, le vendredi 15 et le samedi 16 février 2013. 
Entrée libre et gratuite sur inscription. 


Inscription sur Internet : marianne.net/inscription-assemblee/ 
Inscription par téléphone : 04 97 13 46 10

 

Des rencontres auront lieu entre le public et l'équipe de Marianne le jeudi et le vendredi de 18 h 15 à 19 heures. 
 
Pendant L'Assemblée : possibilité d'inscription le jour même au CUM, en fonction des places disponibles. 
Le comité de coordination se réserve le droit de modifier les horaires et les intervenants. 

La Cour des Comptes s’alarme de la récession programmée par l’Europe

                                                            Marianne


La Cour des Comptes s’alarme de la récession programmée par l’Europe

Mercredi 13 Février 2013 à 05:00 | 

LAURENCE DEQUAY - MARIANNE

Quelques semaines après le mea culpa du FMI, Didier Migaud, le Président de la Cour des Comptes tricolore somme les autorités européennes de préciser leurs objectifs en terme de déficits.


                                              La Cour des Comptes s’alarme de la récession programmée par  l’Europe
Quelques semaines après le mea culpa du FMI, Didier Migaud, le Président de la Cour des Comptes tricolore somme les autorités européennes de préciser leurs objectifs en terme de déficits. Car pour la première fois, cette institution gardienne de nos finances publiques redoute que les multiples efforts de redressement engagés par la France – 38 milliards d’euros en 2013- comme par ses voisins, ne tuent la croissance du Vieux Continent. 
 

En dépit d’une diète des finances publiques et d’un choc fiscal sans précédent, le Président de la République François Hollande n’a que peu de chances de ramener le déficit de la France sous la barre des 3% comme il s’y était engagé avant son élection. « Cela bien que l’effort de redressement structurel considérable engagé en 2012 dans l’Hexagone, ait représenté plus d’1,4% de PIB » a souligné Didier Migaud en présentant mardi 12 février, le rapport annuel de la Cour des Comptes. Du jamais vu dans l’histoire récente de notre pays !  

 
En conséquence de quoi, ce expert de nos dépenses publiques appelle, indirectement, à relativiser cet impératif des 3%. «  Il doit y avoir une place, dans l’analyse, pour un raisonnement complémentaire, insiste-t-il.  Raisonnement que privilégient d’ailleurs le nouveau traité européen sur la stabilité, la coordination et la gouvernance et la nouvelle loi organique du 17 décembre 2012. » .  
 
 
Concrètement, la Cour des Comptes exhorte donc les autorités européennes à préciser le poids respectif qu’il importe de donner aux déficits effectifs (constatés) et aux déficits structurels des différents états membres (corrigés de tout impact conjoncturel). Un enjeu crucial pour tous les Français puisque le FMI ne prévoit plus qu’une croissance de 0,3% en 2013 dans l’Hexagone, alors que le gouvernement de Jean-Marc Ayrault a bâti tout son budget sur une hypothèse de 0,8%. Ce qui sous-entend que pour atteindre l’objectif de 3%, le Premier ministre devrait encore prendre de nouvelles et importantes mesures d’ajustement. Au risque de provoquer une crise sociale.  

 
Bref, Didier Migaud et c’est bienvenu, invite donc fort poliment nos partenaires et la chancelière allemande Angela Merkel au premier chef, à ne pas nous entraîner dans le mur pour des raisons purement idéologiques ou électorales… 

État d’alerte après le tir nucléaire nord-coréen

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 le 13 Février 2013
Essai nucléaire

État d’alerte après le tir nucléaire nord-coréen


             
Unanimement condamné, ce troisième essai devrait conduire à de nouvelles sanctions. Pour la première fois, Pékin devrait travailler avec les États-Unis contre Pyongyang.
Tout a commencé, hier, par des secousses sismiques. Inhabituelles et artificielles. De magnitude 5,0 sur l’échelle de Richter, le séisme a mis en alerte Séoul et Washington, qui tentent dès lors de confirmer le caractère atomique de l’explosion souterraine perçue dans la région de Kilju, en Corée du Nord. À en croire Séoul, qui a placé son armée en état d’alerte et compte déployer des missiles en direction de la partie septentrionale de la péninsule, l’explosion serait d’une puissance de 6 à 7 kg/tonne, une valeur supérieure à l’essai réalisé par Pyongyang en 2006. Reste à savoir si la Corée du Nord a effectué son test « d’autodéfense » au plutonium ou à l’uranium, et donc si elle en maîtrise le procédé d’enrichissement. En novembre déjà, le régime nord-coréen avait dévoilé l’existence d’une usine d’enrichissement d’uranium pourvue d’un millier de centrifugeuses sur le site nucléaire de Yongbyon. Dès hier, la Corée du Nord indiquait son intention de poursuivre ses tests de fusées à longue portée. Selon l’agence de presse KCNA, le bureau politique du Parti communiste « a appelé à préparer une action générale de forte intensité ».
À la veille de son discours sur l’état de l’Union, Barack Obama s’est empressé de fustiger un acte « hautement provocateur », qui appelle des sanctions venant renforcer les résolutions 1718 et 1874 avalisant sanctions économiques et blocus. Le Conseil de Sécurité se réunissait ainsi, hier, en urgence. « Les États-Unis et leurs partisans font une triste erreur s’ils pensent que la Corée du Nord respectera les résolutions totalement déraisonnables à son encontre. La Corée du Nord ne se pliera jamais à aucune résolution », a plaidé Jon Yong Ryong, premier secrétaire de la mission de Corée du Nord à Genève, lors de la conférence sur le désarmement. La voie diplomatique, qui semblait se dégager avec le changement de régime à Pyongyang et l’arrivée au pouvoir de Park Geun-Hye en Corée du Sud, paraît désormais pleine d’embûches. Alors que la conservatrice avait tendu la main pendant sa campagne, évoquant un rapprochement entre les deux parties de la péninsule, l’apaisement des relations risque une nouvelle fois d’être reporté. « Si Séoul veut la paix et la sécurité dans la péninsule coréenne, elle ferait bien d’inciter les États-Unis à mettre fin d’abord à leur politique hostile envers la Corée du Nord, sur une base impartiale », a poursuivi Jon Yong Ryong.
C’est par ailleurs un grave pied de nez à l’allié chinois, qui, pour la première fois, avait mis en garde la Corée du Nord contre un troisième essai nucléaire. Hier, le ministère chinois des Affaires étrangères convoquait l’ambassadeur nord-coréen et Pékin, habituellement tenté d’alléger les sanctions, devrait travailler à une action concertée avec Moscou et Washington. « Ce que les Nord-Coréens ont fait représente un vrai défi lancé aux Chinois », estime un diplomate. De fait, la Chine, premier partenaire économique de Pyongyang, n’a aucun intérêt à voir se renforcer un axe Washington-Tokyo-Séoul dans son entourage immédiat et à être rendue responsable, par ricochet, de l’accroissement des tensions.
L’iran et la destruction des armes atomiques. «Nous devons arriver au point où aucun pays ne possède d’arme nucléaire et où toutes les armes atomiques et de destruction massive sont détruites.» Cette déclaration émane de la diplomatie iranienne, à la suite de l’essai nucléaire nord-coréen. Engagé dans un processus de négociations bilatérales avec les États-Unis, Téhéran s’emploie à envoyer des signes positifs. Menacé de guerre par le premier ministre israélien, le porte-parole de la diplomatie iranienne, Ramin Mehmanparast, a ainsi réclamé un « mouvement général pour un désarmement nucléaire total » et exhorté les grandes puissances à « créer un climat dans lequel aucun pays ne cherchera à posséder des armes atomiques ». L’Iran est soupçonné de développer un programme d’enrichissement d’uranium à 20 %, proche de l’uranium enrichi à 90 % utilisable pour une bombe atomique.
  • Lire aussi :
Lina Sankari

L'éditorial de Jean-Emmanuel Ducoin : "l’égalité pour tous !"

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POLITIQUE -  le 13 Février 2013
Editorial par Jean-Emmanuel Ducoin

L'éditorial de Jean-Emmanuel Ducoin : "l’égalité pour tous !"


Quand la République, dans ce qu’elle a de plus sacré, se rehausse d’elle-même par un acte législatif qui dépasse le cadre ordinaire, l’horloge de l’Histoire tinte toujours différemment. Il était 16 h 58, hier, quand l’Assemblée nationale a voté en première lecture la loi autorisant le mariage des personnes de même sexe. L’émotion, palpable dans l’hémicycle, fut nôtre.
Nous avons alors pensé à toutes les associations, à tous les élus, à tous les citoyen(ne)s qui n’ont jamais renoncé à ce combat au long cours, s’attirant les injures et toutes les formes d’obscurantisme. Sans cette mobilisation, jamais démentie, le gouvernement serait-il allé au bout de cet engagement ? Nous avons aussi pensé à Christiane Taubira, qui aura incarné, assez magistralement, le choix du progressisme contre la réaction, plaçant résolument cette réforme dans le cadre de la longue bataille pour l’égalité des droits et parachevant l’évolution de cette institution qu’est le mariage, jusqu’alors incomplète. Notre pays vient de rappeler qu’aucune différence ne peut plus servir de prétexte à des discriminations d’État…
Cette victoire parlementaire aura été assombrie par la bataille d’arrière-garde menée par l’opposition, qui, adossée à ce qu’il y a de pire dans l’Église catholique, a parfois réactivé un vieux fond d’homophobie, au sens le plus élémentaire de rejet et de haine de l’homosexualité. Soyons-en sûrs : dans un futur plus ou moins éloigné dans le temps, selon le degré d’imprégnation de notre universalisme collectif, quand les idées auront chassé le langage, les historiens se demanderont comment certains Français ont pu, lors d’un débat proposant l’extension d’un droit à tous, se montrer à ce point réactionnaires. En sacralisant un « ordre familial immuable », ces néo-réacs auront, en vérité, défendu ce qu’ils considèrent comme le socle fondamental de la vie sociale. Seulement voilà, la « norme » est instituée par le droit : changer le droit permet donc de desserrer l’étau des contraintes normatives...
Voyons-y un présage. C’est au lendemain de 
la démission de l’ultra-conservateur Benoît XVI que cette loi a été adoptée par la fille aînée de l’Église. Réjouissons-nous ! Car ce progrès démontre avec quelle force la gauche peut se rassembler sur ses promesses dès lors qu’elle est mise sous surveillance citoyenne. L’exemple doit servir, car, en raison même de son incapacité à montrer le même zèle pour réorienter la politique économique, le gouvernement a alimenté la tentation d’opposer les luttes sociales aux luttes sociétales. Ce serait prétendre que les questions de couple, de la famille, de la filiation n’auraient rien à voir avec les questions économiques et sociales. Ce serait même oublier qu’un chômeur ou un précaire peuvent avoir besoin de la couverture sociale de leur partenaire, 
et vouloir protéger juridiquement le statut de leurs enfants. L’émancipation réclame la multiplicité des combats !
Jean-Emmanuel Ducoin

Droit d'asile en France : un état des lieux alarmant


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SOCIÉTÉ -  le 13 Février 2013

Droit d'asile en France : un état des lieux alarmant


Documents à télécharger : Le rapport 2012 sur le droit d'asile -
          
                   Des demandeurs d'asile, après leur interpellation à Calais en mai 2012
Dépôt de la demande, hébergement, accès aux soins... Les demandeurs d'asile doivent suivre un "parcours du combattant" de plus en plus difficile pour faire valoir leurs droits, selon un rapport (voir ci-dessous) publié ce mercredi par une vingtaine d'associations.
Il y a depuis quelques années "une profonde détérioration du dispositif d'accueil des demandeurs d'asile" malgré "un coût de plus en plus élevé", déplore la Coordination française pour le droit d'asile, qui regroupe notamment la Cimade, Amnesty International ou le Secours catholique. Cela traduit, selon les auteurs du rapport, "un état d'esprit général beaucoup plus rétif que jadis à l'accueil de l'étranger" mais aussi "une logique technocratique parfois sourde" aux propositions des associations.
En raison des engagements internationaux de la France, les demandeurs d'asile ont un droit au séjour, à un hébergement, à l'accès aux soins et à un petit pécule pendant l'examen de leur dossier. Chaque étape est toutefois une gageure, selon les auteurs du rapport.
D'abord, car les demandeurs d'asile doivent disposer d'une adresse pour mener leurs démarches. Des associations agrées par le préfet peuvent servir de boîtes postales, mais certains préfets se servent de ces agréments comme "outil de régulation", selon le rapport. Au final, obtenir une adresse peut prendre jusqu'à cinq mois (en Seine-Saint-Denis notamment). Il faut ensuite s'inscrire en préfecture pour obtenir le droit de rester sur le sol français. Si l'accueil est satisfaisant à Bordeaux ou Marseille, le rapport épingle notamment la Loire-Atlantique où il faut sept semaines pour obtenir une "autorisation provisoire au séjour" (APS).
Vient ensuite la demande à l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra). La remise du dossier est parfois l'objet de tracasseries, comme à Grenoble et Lyon où les documents sont envoyés par lettre recommandée à des personnes qui n'ont souvent pas de papiers d'identité pour les retirer.
Tout est à l'avenant, déplorent les associations, rappelant qu'il existe seulement 21.400 centres d'accueil pour demandeurs d'asile (CADA) pour 57.000 demandes déposés en 2011. Ceux qui n'accèdent pas à ce type d'hébergement basculent dans des dispositifs d'urgence, notamment dans des hôtels coûteux et pas adaptés. Parfois, ils se retrouvent à la rue.
Les difficultés existent aussi pour percevoir l'allocation temporaire d'attente (ATA) ou s'inscrire à la couverture maladie universelle (CMU), selon ces associations qui évoquent un "des-accueil" des demandeurs d'asile.
  • Lire aussi :
Documents à télécharger: 
Le rapport 2012 sur le droit d'asile
Le rapport 2012 sur le droit d'asile

Afin d'obtenir sa libération, les proches de Nadir Dendoune en appellent à Fabius




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Le peintre et graphiste Michel Quarez, natif de Saint-Denis, où réside également le journaliste, a adressé à l’Humanité, à travers ce portrait, son soutien à Nadir Dendoune.
MÉDIAS -  le 13 Février 2013

Afin d'obtenir sa libération, les proches de Nadir Dendoune en appellent à Fabius


Le comité de soutien du journaliste français Nadir Dendoune, détenu depuis le 23 janvier en Irak pour des photos non autorisées, a demandé à être reçu par le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius. Un nouveau rassemblement est prévu samedi 16 février devant l'Ambassade d'Irak à Paris.
"Depuis 21 jours tout le monde est préoccupé par ses conditions de détention. Face à cette situation insupportable, la famille et le collectif demandons à être officiellement reçu par le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius", écrit le comité de soutien dans un communiqué. Les proches du journalistes espèrent ainsi "obtenir, des autorités françaises et irakiennes, la libération de Nadir Dendoune dans les meilleurs délais". "Nous demandons également au président de la République François Hollande et au Premier ministre Jean-Marc Ayrault de s'exprimer publiquement" sur son cas, poursuit le comité de soutien.
La justice irakienne reproche à Nadir Dendoune d'avoir photographié sans autorisation le QG des services de renseignements irakiens, ainsi que des barrages de police et de l'armée. "Pour l'instant, je ne vois pas de preuve qui ait été fournie contre lui", avait observé dimanche Laurent Fabius, interrogé sur la chaîne BFM TV.
Nadir Dendoune, 40 ans, a comparu le 5 février devant un juged'instruction de Bagdad qui l'a maintenu en détention, en attendant de prononcer son éventuelle inculpation ou sa libération. "Nadir ne faisait que son métier de journaliste", ont protesté ses soutiens en France, rappelant qu'il préparait des reportages avec un visa de presse délivré par l'ambassade d'Irak à Paris, notamment pour Le Monde Diplomatique. Plus de 21 000 personnes ont signé une pétition sur internet en faveur de sa libération.
Par ailleurs, le comité de soutien du journaliste donnera une conférence de presse ce mercredi à l'Assemblée nationale, et organise un nouveaurassemblement de soutien au journaliste est prévu, samedi 16 février à 14h30, devant l'ambassade d'Irak à Paris.
  • Lire aussi :

Chez Renault, une compétition déjà très coûteuse humainement


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SOCIAL-ECO -  le 12 Février 2013
Flexibilité

Chez Renault, une compétition déjà très coûteuse humainement


          
Des ouvriers d'Auto Chassis International, filiale de Renault, lors d'un débrayage au Mans le 5 février dernier
Anticipant sur l’accord du 11 janvier, Renault menace d’imposer réduction d’effectifs et recul des droits sociaux au nom de la compétitivité. Pourtant, déjà, dans les usines, le travail souffre, l’efficacité productive aussi. Enquête.
« En dix-huit ans de maison, je n’avais jamais vu autant de collègues abîmés, de membres atrophiés, de jeunes salariés qui souffrent du canal carpien ou qui doivent se faire opérer du dos, du cou. » Bienvenue chez Renault. Ici, la cure d’amaigrissement opérée par la direction entre 2008 et  2010 aura modifié en profondeur la capacité de production de l’un des fleurons de l’automobile française. Pour le pire, à en croire les représentants du personnel, qui pointent d’énormes gâchis côté humain, comme industriel. « Il y a quelques années, lorsque les équipes arrivaient en phase d’industrialisation, chacun donnait le meilleur de lui-même », se souvient Alain Tailleur, secrétaire général CGT du Technocentre (Guyancourt). « Aujourd’hui, il y a une grande démotivation. Les ingénieurs font ce qu’ils peuvent, mais guère plus. » Ce récent phénomène de désenchantement fait suite à la vague de suicides de 2007 qui continue d’habiter les esprits. « Ce que demandent les collègues de l’ingénierie, comme ici à Guyancourt, c’est que l’on revienne à des méthodes normales de travail. On peut assurer une forme de compétitivité si on se pose et qu’on arrête les petites avancées et les gros reculs. »
Sur le site historique de Flins, la situation est tout aussi préoccupante. Là-bas, salariés et véhicules souffrent de concert. « Depuis des années,les maladies professionnelles sont en croissance permanente», relève Ali Kaya, secrétaire du syndicat CGT. « On compte un nombre conséquent d’inaptitudes temporaires et définitives, mais la direction essaye de décourager les victimes, en les poussant à la démission ou au départ en préretraite. » Le syndicaliste évoque également des cas de « harcèlements » pour lesquels l’inspecteur du travail a été récemment saisi. Les tableaux contenus dans le bilan social 2011 du site de Flins valident en grande partie ses affirmations. Le nombre de « salariés atteints par des affections pathologiques à caractère professionnel » est passé de 23 en 2009 à 34 en 2011, avec un pic de 41 en 2010. Les salariés reclassés dans l’entreprise à la suite d’une inaptitude (provisoire ou définitive) sont au nombre de 582, contre 571 en 2010. « Les chiffres sont stables du fait des départs en retraite mais, concrètement, la direction continue de produire chaque année de nouveaux cas de souffrance physique. »....
Pour lire la suite de l'article,cliquer sur le lien ci-dessous

Un discours sur l’état… d’Obama (analyse)

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MONDE -  le 13 Février 2013

Un discours sur l’état… d’Obama (analyse)

            
                Barack Obama, le président des États-Unis, le 12 février 2013 à Washington.
Les chroniques américaines de Christophe DeroubaixIl y a au moins deux façons d’analyser le discours sur l’état de l’Union de Barack Obama mardi soir devant le Congrès, premier discours important de son nouveau mandat.
La première serait de souligner le nombre important de propositions et de pistes de nature « démocrates », « keynésiennes » voire « progressistes » avancées par le président réélu : réforme fiscale (tax reform), augmentation du salaire minimum fédéral (de 7,25 dollars de l’heure à 9 dollars), des investissements (50 milliards de dollars) dans des infrastructures, réforme « globale » (comprehensive) du système d’immigration, réglementation de la détention d’armes, appel à des mesures contre le réchauffement climatique…
La deuxième consisterait à rappeler que Barack Obama ne disposant pas de majorité à la Chambre des représentants il peut proposer tout ce qu’il veut, rien ne sera voté sans les Républicains. Or, comme ces derniers n’ont vraiment pas envie de transiger, rien de ce qu’a proposé le président des Etats-Unis ne sera adopté…
La vraie question n’est pas de savoir laquelle des deux analyses est juste - les deux le sont -  mais de discerner la façon dont Obama va dénouer ce nœud. En gros, s’agit-il d’une posture pour l’Histoire ou d’un jalon dans un rapport de forces ?
La réponse viendra avec le temps mais une absence et un fait inhabituel contribuent déjà à l’élaboration d’une réponse.
L’absence. Contrairement à ce qu’il avait faut lors de son discours d’investiture, Barack Obama n’a pas mentionné la nécessité pour les Américains de peser dans le processus politique. Certes, on pourra objecter qu’il s’adressait au Congrès. Physiquement, oui. Mais le discours sur l’état de l’Union s’adresse à l’ensemble de la nation, pas seulement aux 435 représentants et cent sénateurs. Oubli ? Changement de pied ?
Le fait inhabituel : alors qu’il parlait des armes à feu, le président a été interrompu par… des élus démocrates. "Un vote ! Un vote !", ont-ils demandé, pendant plusieurs dizaines de secondes, à haute voix, tout en se levant. L’appel est on ne peut plus spectaculaire. Le président lui-même a consacré une partie de son discours à affirmer que les victimes des armes à feu "méritaient un vote". Le sens du geste de ces quelques élus démocrates peut être double : montrer aux Républicains qu’ils sont déterminés et rappeler à Barack Obama, dont la tendance à agir seul a été critiquée à de nombreuses reprises dans son propre camp, qu’ils existent et qu’il faudra aussi compter sur eux… Comme s’ils pensaient que le "Mr Nice Guy ", celui qui pendant son premier mandat recherchait à tout prix le consensus républicain, se soignait mais qu’il ne semblait pas à l’abri d’une rechute…
  • A consulter:
Les coulisses de l'Amérique, le blog de Christophe Deroubaix
  • A lire aussi:
Christophe Deroubaix