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samedi 14 mars 2026

Mon actu insoumise du Samedi 14 mars 2026





 


Tribune signée d'une trentaine de personnalités de la communauté juive
"Nous savons bien pourquoi cette offensive déchaînée est menée : la possibilité d’une arrivée de la gauche au pouvoir terrifie les représentants d’un ordre social, économique et idéologique."
" Il leur faut absolument briser l’alliance de gauche, disqualifier par une sorte de mise à mort politique l’une de ses forces les plus importantes et les plus combatives. "
L’accusation d’antisémitisme portée contre LFI est un outrage. Pour ce parti en général, et pour celles et ceux, juives, juifs, qui en sont membres, ou simplement soutiennent ses positions, votent pour cette organisation. C’est le cas de plusieurs parmi nous, qui n’en peuvent plus de se voir associés-es à cette injure infâme et d’être traîné-es dans la boue. Jean-Luc Mélenchon, qui subit au quotidien cette disqualification à nos yeux injuste et écœurante, a eu ces mots lors d’un meeting du 23 mai dernier : « le cœur saigne en pensant à ceux de nos compatriotes juifs qui sont de notre avis et qui subissent tous les outrages, jusque dans leur propre famille. Notre pensée se tourne vers eux, en solidarité humaine, totale, complète ».
Le 7 octobre a été une journée monstrueuse. LFI l’a clairement dit : le Hamas et les autres organisations ayant participé aux tueries de civils ont commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, et bien sûr des actes terroristes. Il n’y a pas de tergiversation sur ce terme, on peut d’ailleurs trouver nombre de déclarations publiques – de Mathilde Panot, Jean-Luc Mélenchon, Alma Dufour, Aymeric Caron, Rima Hassan, Manuel Bompard et de bien d’autres encore, indiquant clairement que ces tueries étaient des actes terroristes1. Aux lendemains du 7 octobre, s’il y a eu parfois une hésitation sur la caractérisation du Hamas comme organisation terroriste, c’est essentiellement pour une raison de qualification juridique au regard du droit international. Mais évidemment, ces tueries atroces ont été condamnées avec la plus grande fermeté, dans l’effroi partagé. Elles n’ont pas cessé de l’être depuis par LFI. Le 12 octobre, dans un communiqué, étaient rappelées sa « condamnation totale des crimes commis lors de l’attaque opérée par le Hamas sur le territoire israélien » et sa « condamnation de tous les actes de terreur, crimes de guerre, susceptibles d’être requalifiés en crimes contre l’humanité par la justice internationale ».
Dans ce contexte effroyable, certains détracteurs accusent la France insoumise de vouloir « assimiler les juifs à des nazis » parce qu’elle parle de génocide à Gaza. Double erreur inqualifiable. D’abord évidemment, les juifs ne sont en rien assimilables à Israël et, en Israël même, des manifestations considérables demandent l’arrêt des massacres ; ensuite, c’est une insulte à toutes les victimes de génocides de réduire une appellation fondée sur le droit international et d’en faire une spécificité nazie.
Les accusations contre Rima Hassan sont particulièrement choquantes, parmi d’autres. Que des « chroniqueurs » puissent affirmer sans ciller qu’elle aurait « la haine des juifs chevillée au corps » est une abomination2. R. Hassan est d’une solidité à toute épreuve sur le sujet, connaît l’histoire des persécutions antisémites, comprend la peur face à leur recrudescence et exprime cette compréhension avec une véritable attention – sensible, humaine, politique. Si elle est une cible privilégiée de détracteurs sans vergogne et sans honneur, c’est qu’elle ne s’excuse pas d’être Palestinienne. Il est inadmissible, éthiquement et déontologiquement, d’associer à une quelconque forme d’antisémitisme l’expression qu’elle utilise comme tant et tant d’autres : « Du fleuve à la mer, la Palestine sera libre ». Dire que cet espoir politique serait antisémite est une odieuse manipulation. Rima Hassan n’a cessé de le répéter avec les plus grandes clarté et fermeté : il s’agit d’une aspiration que portent depuis des décennies les partisans d’une paix fondée sur l’anticolonialisme, une coexistence des deux peuples sur cette même terre, un État binational. À ceux qui jugent cet espoir utopique, elle répond avec l’exemple, de fait probant et concret, de l’Afrique du Sud post-Apartheid. Quoi que l’on pense de ce débat ancien et sans cesse renouvelé, entre la « solution à deux États » et la perspective d’un seul État fondé sur l’égalité, l’accusation d’antisémitisme est au minimum le signe d’une grave inculture politique et au pire, pour les malveillants sans scrupules, une attaque infamante qui doit être fermement condamnée, au lieu d’être reconduite dans tant de médias sans interrogation aucune et sans matrice factuelle sur un enjeu pourtant essentiel.


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