Cette gazette vous plaît ? Transférez-là à votre carnet d’adresses… Ils vous remercieront et nous aussi. | | Hier à Toulouse, ce ne sont pas des casseurs qui se sont fait charger, mais des paysans. À 6 heures du matin, Amandine Zoutal et Pierre Solana rejoignent leurs collègues. Coordination rurale, FNSEA, Confédération paysanne s’étaient donné rendez-vous pour boire un café avant d’aller « poser des doléances auprès du préfet de région », à quelques mètres de la préfecture. C’en était déjà trop pour les autorités : ni une ni deux, « on s’est fait virer de la terrasse du café parce qu’en fait on était trop près de la préfecture », explique Amandine Zoutal. Soixante CRS pour expulser manu militari une quinzaine d’agriculteurs. « On était parqués, clairement parqués, avec des CRS en face… l’itinéraire de la manif a changé au dernier moment, et là ils nous ont dit : “C’est comme ça et c’est pas autrement et puis si vous faites autre chose, en gros on vous rentre dedans.” » En un claquement de doigts, tout bascule. Amandine, « en première ligne », raconte l’envers de la vidéo qui a fait le tour des réseaux sociaux, et dans laquelle on voit un de ses collègues tuméfié, le visage en sang. « Un agriculteur a été interpellé assez violemment par les CRS et du coup on est tous arrivés en soutien pour venir l’aider et pour voir ce qui se passait. » Puis « il y a un CRS qui a commencé à être violent… il a commencé à balancer des coups de matraque et là après c’est parti. » Pierre Solana refuse de voir dans ces violences une simple bavure. Amandine, elle, va encore plus loin : « Même les animaux, ils les traitent pas comme ça. » Pas de quiproquo possible pour les deux éleveurs : l’objectif est de mater, quoi qu’il en coûte, le mouvement agricole. Et le bilan d'hier à Toulouse, semble malheureusement leur donner raison : « On a eu huit blessés, donc deux graves quand même, un avec plusieurs points de suture à la tête et un traumatisme crânien… des blessés suite aux grenades dispersives. ». « Honnêtement aujourd’hui, on serait une certaine catégorie, on subirait cette répression et cet acharnement… je pense qu’on appellerait ça du racisme. Alors je sais pas si on peut parler de racisme envers une… ou antipaysan. », lâche Pierre. Après les charges, les coups de matraque et l’odeur de lacrymo, les agriculteurs venus manifester ont tous repris le chemin de l’étable pour finir leur journée de travail, écœurés, découragés, mais malgré tout déterminés à poursuivre leur combat : « On n’a pas du tout l’intention de lâcher, parce qu’aujourd’hui nous on joue nos vies… Ce n’est pas un plaisir d’aller manifester, on le fait parce que pour nous c’est une nécessité et que si on veut pas mourir très clairement, on n’a plus le choix que de se montrer et de faire entendre nos revendications. » Et s’il était encore besoin de le rappeler à ceux qui observent la détresse paysanne d’un peu trop loin, Amandine et Pierre leur adressent un message : « Notre combat, on le fait aussi pour les consommateurs, parce qu’a priori tout le monde mange, et donc, si on veut continuer à manger, il faut qu’il continue à y avoir des agriculteurs. » |
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