Rural noir Quand la crise éclate, il devient urgent de saisir les ressorts de la colère. Et de comprendre pourquoi le malaise, latent, se transforme soudain en happening. Nous sommes plutôt polars urbains mais la révolte des agriculteurs nous a rappelé que le «rural noir» est un genre qui explose ces dernières années. Ce n'est peut-être pas un hasard, les auteurs et autrices de noir sentent souvent avant les autres les soubresauts du monde, ils n'ont pas leur pareil pour se glisser dans les interstices de la société et déceler ce qui fait mal et là où ça fait mal.
Les maîtres du rural noir sont américains, ils se nomment Ron Rash ou Chris Offutt et l'on pourrait vous en citer plein d'autres mais cela ne vous en dira pas plus sur le mal-être des agriculteurs d'ici. Si vous voulez découvrir leurs homologues français, il faut lire d'abord ce chef-d'œuvre, Prendre les loups pour des chiens, d'Hervé le Corre (Rivages noir, 2017). Mais aussi Grossir le ciel de Franck Bouysse (la Manufacture de livres, 2015), certains livres de Sandrine Colette comme Des nœuds d'acier (Denoël, 2013) ou On était des loups (JC Lattès, 2022)... Mais encore Ecorces vives d'Alexandre Lenot (Actes Sud, 2018), l'Ame du fusil d'Elsa Marpeau (Gallimard, 2021), Rural noir de Benoît Minville (Série noire, 2016), Dans les murmures de la forêt ravie de Philippe Alauzet (Rouergue noir, 2023) ou Feux dans la plaine d'Olivier Ciechelski (Rouergue noir, 2023). Pardon à tous ceux et toutes celles que nous oublions, nous aurons peut-être, et même sûrement, l'occasion d'y revenir tant cette crise est profonde. Vous avez déjà là de quoi vous immerger dans du bon, du très bon, d'autant que la plupart de ces romans sont publiés en poche.
Nous, on retourne plonger dans nos piles de livres qui ne cessent de grossir. Plus on en lit, plus il en arrive. Il faut vraiment avoir la passion du noir chevillée au corps...
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