Bret Easton Ellis revient. C’est le 16 mars que vous pourrez découvrir son nouveau roman, « Les Eclats » (chez Robert Laffont). Pour vous la faire courte, Bret était plus ou moins en panne. La faute à ses lecteurs, qui le bassinaient depuis des siècles avec « American psycho ». Comment écrire après tout ça ? Après avoir fait vomir des millions de fans à travers le monde ?
« Les Eclats », c’est l’histoire d’un certain Bret qui tente d’écrire un livre sur ses années de lycée, à Buckley, établissement chic que fréquentait la jeunesse dorée de L. A. La drogue ne manquait pas. Tout le monde était beau, sexy, fils de, et vous ne savez pas le plus beau : les parents n’étaient jamais là dans leur villa de milliardaire. C’était open bar pour faire n’importe quoi. Bien sûr, la mort rôde. C’est Bret, nom de Dieu, pas Bertrand Blier. Pas « Préparez vos mouchoirs ».« Préparez vos bassines », à la rigueur.
Est-ce que Bret Easton Ellis pourrait être français ? C’est la question que je me suis posé en lisant ses glamoureuses descriptions de promenades en BMW sur les collines de Mulholland. Et je me suis dit qu’il faudrait essayer de le traduire, pour voir un peu. En civilisation frenchie. Façon « Emily in Paris ». Essayons.
Bret : « J’ai préféré appeler Jeff Taylor depuis une cabine téléphonique sur Ventura Boulevard, ce dimanche après-midi, pour lui demander s’il avait de l’herbe ou des Quaalude, et Jeff a confirmé qu’il avait les deux et qu’il les apporterait à Buckley le lendemain, mais j’en avais besoin immédiatement et je lui ai dit que je viendrais à Malibu. J’ai roulé dans Topanga Canyon jusqu’à la Pacific Coast Highway et j’ai foncé vers la movie colony, où Jeff m’a retrouvé devant chez lui — il m’aurait bien invité à entrer mais son père regardait des matches de football, complètement ivre, et l’avait averti qu’il ne voulait voir personne quand Jeff avait mentionné que j’arrivais. »
Bret in Paris : « J’ai préféré appeler Jean-Claude depuis un bistrot à Mabillon, ce dimanche après-midi, pour lui demander s’il avait de l’herbe ou du Chablis, et Jean-Claude a confirmé qu’il avait les deux et qu’il les apporterait à Saint-Louis-de-Gonzague le lendemain, mais j’en avais besoin immédiatement et je lui ai dit que je viendrais avenue Paul-Doumer. J’ai testé les Vélib mais aucun ne fonctionnait, alors j’ai pris le putain de métro au Troca jusqu’à la Muette mais il y avait une putain de manif, ce dimanche-là, et la station était fermée et Ranelagh aussi et j’ai dû courir depuis putain de Jasmin pour retrouver Jean-Claude devant chez lui — son père regardait un putain de match du PSG avec des potes et, selon l’intéressé, il n’était pas beau à voir. »
Bon, pas si mal, en fait.
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