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31 mars 2019 – En France, la fin de la trêve hivernale donne le signal des expulsions, qui vont reprendre pour des milliers de familles. Pendant cette période de trêve, qui commence le 1er novembre, un locataire ne peut pas être expulsé de son logement, sauf si un relogement décent est prévu pour lui et sa famille ou si les locaux font l’objet d’un arrêté de péril. En 2017, 126 000 décisions d’expulsion ont été prononcées, dont plus de 120 000 pour impayés locatifs (soit une augmentation de 49 % depuis 2001), selon le dernier bilan annuel de la Fondation Abbé Pierre. La même année, 15 547 ménages ont été expulsés avec le concours de la force publique.
30 mars 2019 – Radio France rend publique une note interne des sociétés d’autoroutes, datant de 2014, qui proposait de prendre en charge une partie du réseau routier national non concédé sur les « grands itinéraires ». Ces sociétés y exposent leur objectif : transformer ces routes en autoroutes. « Ce qui nous intéresse, c’est de répondre au défi des nouvelles mobilités, explique à Radio France le président de l’Association des sociétés françaises d’autoroutes (ASFA), Arnaud Hary. Nous proposons de moderniser l’accès aux grandes métropoles, d’aménager les sections des autoroutes non concédées, comme nous le faisons déjà pour les sections concédées, afin de les remettre à niveau. » La contrepartie se ferait soit par une extension de la durée des concessions, soit par un péage complémentaire.
30 mars 2019 – À Gaza (Palestine) des dizaines de milliers de manifestants convergent vers la frontière israélienne où les soldats israéliens ouvrent le feu, faisant quatre morts et des centaines de blessés palestiniens. Les Gazaouis, étaient appelés à se rassembler en masse vers la frontière de l’enclave coincée entre l’État d’Israël, l’Égypte et la Méditerranée, pour le premier anniversaire du mouvement de protestation appelé « grandes marches du retour ». Ces manifestations sont organisées pour marquer le premier anniversaire d’une mobilisation contre le blocus imposé par Israël depuis plus de dix ans, et pour le droit à revenir sur les terres qu’eux-mêmes ou leurs parents ont fuies ou dont ils ont été chassés à la création d’Israël en 1948.
29 mars 2019 – Pour le sixième vendredi consécutif, manifestations monstres dans toutes les villes d’Algérie. Pour le quotidien algérien El Watan, le slogan du jour qui constitue la réponse des Algériens à la proposition du chef de l’armée est ‘Ni Bensalah ni Gaid Salah’, pour dire non à l’option de l’article 102 de la Constitution qui verra Abdelkader Bensalah propulsé président par intérim. D’autres slogans sont relevés par El-Watan : “Le numéro 102 est hors service”, “le chef d’état-major n’est pas l’armée”, “nous demandons l’arrestation de la bande de Said [le frère du président]” et “le peuple veut l’application de l’article 7”, qui stipule que “Le peuple est la source de tout pouvoir”.
29 mars 2019 – La manifestante blessée à Nice, Geneviève Legay, a bien été poussée par un policier, reconnait désormais le procureur de Nice.
29 mars 2019 – Arjowiggins Papiers Couchés, filiale du groupe français Sequana, a été placée en liquidation judiciaire par le tribunal de Commerce de Nanterre. Cette société emploie 570 salariés dans l’usine de production de papier recyclé à Bessé-sur-Braye (Sarthe), et une cinquantaine au siège social à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).
28 mars 2019 – Le président du Haut conseil de financement de la Sécurité sociale, a remis à la ministre Buzyn un rapport sur la dépendance qui propose de pérenniser la Contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS) pour financer la perte d’autonomie, dont le coût risque d’exploser à moyen terme. Il propose de remplacer la CRDS, qui a servi à rembourser la dette sociale et doit être supprimée en 2024, par un prélèvement social pérenne, pour éviter selon lui une hausse des prélèvements obligatoires. La ministre a annoncé à cette occasion « une grande loi » sur la dépendance à l’automne.
28 mars 2019 – Belfort : General Electric va bien supprimer 264 emplois. En 2015, lorsque l’américain GE avait racheté la branche énergie d’Alstom, le groupe s’était engagé à créer 1.000 emplois en France d’ici fin 2018. Une promesse non tenue. GE a payé une amende et supprime aujourd’hui des postes.
28 mars 2019 – Plus d’un millier de salariés de la petite enfance ont manifesté à Paris et des rassemblements ont eu lieu dans les régions (plusieurs centaines à Nice) contre une réforme des normes encadrant les modes de garde à l’appel de plusieurs syndicats et du collectif «Pas de bébé à la consigne». Depuis plusieurs mois, le gouvernement prépare une réforme des modes d’accueil de la petite enfance. Elle fait partie de la loi ESSOC, dite de simplification de l’administration et permettrait au gouvernement d’appliquer par ordonnance la dégradation de l’accueil de la petite enfance et des conditions de travail des professionnels du secteur.
28 mars 2019 – La mobilisation des enseignants et parents d’élèves se poursuit, notamment aux Mureaux, dans les Yvelines où les enseignants des maternelles Victor-Hugo, Marcel-Pagnol, et Paul-Raoult ont organisé une assemblée générale ou encore dans plusieurs écoles des quartiers nord de Marseille où des parents d’élèves se mobilisent contre la loi Blanquer. Des blocages et des occupations sont en cours.
28 mars 2019 – Face à la colère – qui ne cesse d’enfler- des parents d’élèves et des enseignants mobilisés contre son projet de loi, le ministre de l’Education nationale Blanquer assure, dans une interview au Parisien, que les regroupements écoles-collège ne seront pas imposés et qu’il est prêt à amender son projet de loi.
27 mars 2019 – Le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Action et des Comptes publics Dussopt, a précisé la réforme de la fonction publique, présentée en Conseil des ministres qui doit être rapidement soumise au Parlement pour une adoption définitive attendue d’ici à la fin juillet. Il a déclaré : «Nous voulons tenir l’objectif de supprimer 120 000 postes de fonctionnaires» et ajouté : «notre texte prévoit aussi de créer des contrats de mission afin de faciliter le recrutement de contractuels pendant un maximum de six ans sur des projets ou missions spécifiques. Pour les agents contractuels en CDI – ils sont plusieurs centaines de milliers-, nous allons proposer de bénéficier de la rupture conventionnelle comme dans le secteur privé. »
27 mars 2019 – Après qu’un des derniers conseillers de Macron, Emelien, a quitté l’Elysée en début de semaine, ce sont trois ministres ou secrétaires d’Etat qui quittent le gouvernement pour préparer les élections européennes (Loiseau) ou les élections municipales à Paris (Griveaux et Mahjoubi).
27 mars 2019 – La direction du groupe Carrefour doit ouvrir, à l’occasion d’un comité central d’entreprise les 27 et 28 mars, des négociations en vue de signer un accord de rupture conventionnelle collective (RCC) avec les représentants du personnel. Contrairement à un plan social, la mesure permet de se séparer de salariés sans justifier d’un motif économique. Mais aucun des départs ne peut être contraint. Selon les syndicats, l’accord pourrait concerner jusqu’à 1500 des 60.000 salariés du groupe en France.
27 mars 2019 – Le Conseil d’Etat annule le décret du 3 août 2018 permettant la nomination de l’écrivain Philippe Besson, ami des Macron au consulat de France à Los Angeles. Contesté par plusieurs syndicats du ministère des Affaires étrangères, le décret ouvrait une série de postes de consul, dont celui très convoité de Los Angeles, à des personnalités n’appartenant pas au corps des diplomates. Selon le Conseil d’Etat, un consul ne peut pas être nommé hors respect des règles statutaires car il occupe des fonctions essentiellement administratives et non diplomatiques comme un ambassadeur.
27 mars 2019 – Le porte-parole du gouvernement annonce que la synthèse des différentes contributions au « grand débat » national, conçu comme une porte de sortie à la crise inédite des « Gilets jaunes », sera présentée le 8 avril par les cinq garants en présence du Premier ministre.
27 mars 2019 – Selon une note de mars 2018 restée confidentielle et réalisée par la Drees, service statistique du ministère des solidarités et de la santé, l’exécutif envisage bien un âge pivot pour inciter à travailler au-delà de 62 ans. Cela signifie que la personne qui décide de faire valoir ses droits à 62 ans, verra sa pension faire l’objet d’un abattement – ou décote – temporaire s’appliquant sur le montant de sa pension. A l’inverse, l’assuré qui poursuit son activité au-delà de l’âge pivot de 62 ans voit le niveau de sa retraite majoré (grâce à une surcote).
27 mars 2019 – Au Maroc, alors que des milliers de jeunes enseignants contractuels sont en grève depuis trois semaines, défilant derrière des banderoles « Non au démantèlement de l’école publique », « Non aux contrats à durée déterminée dans l’enseignement», le ministre marocain de l’éducation déclare :« Les grévistes doivent cesser de perturber l’éducation nationale (…) et retourner dans leurs classes sous peine d’être limogés. »
26 mars 2019 – Le projet de loi Buzyn réformant le système de santé français, a été adopté en première lecture par les députés avec 349 voix (LaRem), les députés de gauche et une majorité du groupe Les Républicains (droite) votant contre le texte. Selon la députée rapporteure du projet, l’objectif est que la loi soit définitivement votée « fin juin-début juillet »
26 mars 2019 – En Algérie, le chef de l’état-major de l’armée, Gaïd Salah, a demandé que soit engagée la procédure prévue par l’article 102 de la Constitution. Celui-ci prévoit le remplacement du président de la République si, « pour cause de maladie grave et durable», il « se trouve dans l’impossibilité totale d’exercer ses fonctions.» La demande est rejetés par l’opposition mais applaudie parmi les plus zélés soutiens de Bouteflika. Reflétant l’opinion des manifestants de ces dernières semaines, un étudiant déclare que «le pouvoir cherche juste à gagner du temps en tentant de calmer la rue». Mais «les manifestations ne vont pas s’arrêter car le peuple veut le départ de tout le système et pas seulement celui de Bouteflika».
ALGÉRIE — « Régime dégage ! La parole au peuple ! Assemblée constituante souveraine ! Organisons-nous ! » La déclaration du Comité d’organisation des socialistes internationalistes (COSI) du 26 mars 2019
La Tribune des travailleurs du 27 mars a distribué, avec le journal qui venait de boucler, la déclaration parue dans le n°5 du bulletin Minbar El Oumel (Tribune ouvrière) et datée du 26 mars.
Vu son importance, nous reproduisons intégralement ce document.
La situation en Algérie est à suivre dans la Tribune des travailleurs qui publie chaque semaine des correspondances du pays. Abonnez-vous en cliquant ici !
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« Régime dégage ! La parole au peuple ! Assemblée constituante souveraine ! Organisons-nous ! »
Gaid Salah, chef d’état-major et vice-ministre de la défense a demandé, ce mardi 26 mars, au conseil constitutionnel d’appliquer l’article 102 de l’actuelle constitution. Il prévoit une procédure pour constater l’incapacité de remplir la fonction présidentielle par son actuel détenteur Abdelaziz Bouteflika. Personne ne doute que la haute institution répondra positivement à l’injonction du général-major d’une part et d’autre part que cela ne se termine par la mise à l’écart du président sortant. Il n’y a aucun doute non plus que les deux chambres du parlement réunies en congrès avaliseront sans problème cette décision prise par la colonne vertébrale du régime « pour sortir de la situation de blocage politique dans laquelle est plongée l’Algérie depuis maintenant plusieurs semaines » (déclaration de Gaid Salah).
Ce nouveau plan met fin à la transition imaginée par les rédacteurs des deux lettres à la nation, du 11 et 19 mars, attribuées à Abdelaziz Bouteflika, mais vise le même objectif : assurer la continuité du système. C’est contraint par la détermination du peuple tout entier réaffirmant encore ce vendredi 22 mars, par millions, son opposition à tout plan venant du régime, disant « système dégage », et son aspiration à décider de toutes ses affaires.
Gaid Salah a justifié sa sortie politique par la volonté de l’armée de répondre aux attentes et aspirations du peuple. Il n’en est rien !
En vérité l’armée agissant au nom du régime a compris que l’obstination à maintenir Abdelaziz Bouteflika au pouvoir, et à prolonger son mandat aggravait la crise politique et pourrait la conduire jusqu’au point de devenir incontrôlable. Le régime ne pouvait rester sur cette ligne, mais sans renoncer à son objectif, c’est-à-dire à rester en place.
Ce que veut et continue à vouloir le peuple, ce n’est pas que les personnages à la tête des institutions cèdent la place à d’autres personnages, ce que veut le peuple, c’est d’autres institutions. « Système, dégage ! Régime, dégage ! » pour laisser la place à un autre régime, à un autre système.
Le Comité d’organisation des socialistes internationalistes (COSI) partage, avec nombre de nos concitoyens, de jeunes, de femmes, de travailleurs, la conviction que c’est au peuple de décider de son avenir, que c’est au peuple de s’ériger en peuple constituant à travers son Assemblée constituante souveraine.
Il y a pour cela une voie : celle qui est engagée depuis plus d’un mois, celle de l’organisation de la mobilisation par les travailleurs et les jeunes eux-mêmes avec leurs syndicats arrachés à la tutelle de l’État, avec leurs syndicats indépendants, leurs syndicats autonomes, leurs sections UGTA ayant recouvré leur souveraineté, avec leurs comités, etc. Ce mouvement ne peut pas s’arrêter avant l’établissement de la démocratie pleine et entière. C’est à l’Assemblée constituante souveraine représentant l’ensemble du peuple qu’il revient de le faire.Alger, 26 mars 2019
Déclaration publiée dans le n° 5 du bulletin Minbar El Oumel (Tribune ouvrière), publication du COSI.
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