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samedi 27 janvier 2018

HISTOIRE et MEMOIRE - La Galerie de l'Histoire.- LA COMMUNE AU POUVOIR

HISTOIRE et MEMOIRE



 
La Galerie de l'Histoire.
 

   
Christian LE Moulec
27 Janvier, 09:44
 
LA COMMUNE AU POUVOIR 


« Il ne faut plus de gens vivant du travail des autres » écrivait Victoire Béra, une femme remarquable qui signait André Léo (prénoms de ses deux enfants). 
Qu’elle fut la durée exacte de la Commune de Paris ? En fait, elle commence le 29 mars 1871 au matin (et non le 18 mars), lors de la première réunion de l’Assemblée communale et elle va se dissoudre à partir du 24 mai au cours de la Semaine sanglante. Elle n’aura donc durée que 57 jours mais a marqué l’Histoire pour toujours ! 
Les élections sont organisées le 26 mars pour désigner les 92 membres du Conseil de la Commune. Compte tenu des départs de Parisiens, avant et après le siège de Paris par les Prussiens, et de ceux qui suivent Thiers à Versailles, le taux d'abstention est de 52 %. L'élection d'une vingtaine de candidats « modérés », représentant les classes aisées, montre que le scrutin ne fut pas du tout biaisé. Les arrondissements de l'Est et du Nord (18e, 19e, 20e, 10e, 11e), le 12e et le 13e dans le Sud ont voté massivement pour les candidats fédérés. Les 1er, 2e, 3e, 9e et 16e ont quant à eux voté massivement pour les candidats présentés par les maires du parti de l'Ordre et les abstentions y ont été très importantes. 
En réalité, 71 élus seulement siègeront, du fait de la démission rapide desdits modérés (de fait, ceux qui pensent que l’Assemblée nationale, quoiqu’élue sur une duperie, représente la volonté populaire), de l'impossibilité d'être à Paris pour certains (par exemple Blanqui car emprisonné) et des doubles élections. Le Conseil est représentatif des classes populaires et de la petite bourgeoisie. On y trouve 25 ouvriers, 12 artisans, 4 employés, 6 commerçants, 3 avocats, 3 médecins, 1 pharmacien, 1 vétérinaire, 1 ingénieur, 1 architecte, 2 artistes peintres, 12 journalistes. 
Loyalement, le Comité central de la Garde nationale a remis le pouvoir à l’Assemblée communale. 
Ce qui n’empêche pas madame Sand, baronne Dudevant, d’éructer à propos des membres du Comité « Des ânes grossiers et bêtes ou bien des coquins de bas étage ! » Alors que la Garde nationale était à la pointe de la résistance. 
Une fois les élus des beaux quartiers partis, il restait deux grands blocs : les majoritaires et les minoritaires. 
Les majoritaires sont les jacobins, les blanquistes et les indépendants ; pour eux, le politique l'emporte sur le social ; se voulant les continuateurs de l'action des « montagnards » de 1793, ils ne sont pas hostiles aux mesures centralisatrices, voire autoritaires ; ils voteront cependant toutes les mesures sociales de la Commune. 
Les minoritaires sont les radicaux et les « internationalistes », collectivistes ou proudhoniens ; ils s'attachent à promouvoir des mesures sociales et anti-autoritaires ; ils sont les partisans de la République sociale. 
Cela dit, la Commune est dans une situation dramatique : c’est un gouvernement assiégé, la grosse affaire est de survivre. Les maires et députés-maires médiateurs se font traiter par la réaction d’ « ambassadeurs accrédités de l’émeute ». Son électorat s’est dissous, d’où timidité dans les réformes sociales. Elle appelle la province au secours. Mais les tentatives de création de Communes dans les grandes villes françaises se sont effondrées en quelques jours. Là-dessus, il faut ajouter toutes les dissensions internes. 
Benoît Malon écrira « Le temps n’était pas aux réformes sociales ». 
https://youtu.be/Na9abKBmNgs






LA COMMUNE AU POUVOIR
« Il ne faut plus de gens vivant du travail des autres » écrivait Victoire Bér...

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