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LA FIN NE JUSTIFIE PAS LES MOYENS
Peut-on parler de quoi que ce soit sans que cela tourne au procès personnel ? Interrogé sur ce qu’a dit Laurence Rossignol, ministre de je ne sais quoi et du truc et du machin, à propos de la prétendue « mode islamique », j’ai dit trois choses. Un : les marchands se sont emparés du Temple, ils se sont emparés de l’islam comme un prétexte pour faire de l’argent. Je juge cela irresponsable. Deux : à peine avaient-ils commis cette faute qu’ils en font une seconde en prétendant que cette mode est « décente », ce qui voudrait dire que les autres façons de s’habiller ne le seraient pas. Trois : chacun a le droit de s’habiller comme il veut et chacun a le droit d’avoir un avis sur ces façons de s’habiller. Et moi je n’aime pas le voile. Mais je n’ai pas l’intention de l’interdire ailleurs que dans les cas prévu par la loi. Rien de tout cela ne semble intéresser certains de mes commentateurs. Je prends la peine d’en parler parce que je crois que leur mécontentement à mon sujet est significatif d’une façon de parler d’une chose pour ne pas parler d’une autre. Ici, une seule chose leur parait insupportable. Et chaque fois, pas un mot sur le fond c’est-à-dire sur les trois points que je viens d’évoquer. L’insupportable serait que j’ai osé dire au fil de ma démonstration : « Laurence Rossignol n’est pas raciste ». Je persiste et signe : elle ne l’a jamais été et je le sais car je la connais de longue date. Aucun intérêt politicien ne me conduira à dire le contraire quand bien même est-elle membre du PS et d’un gouvernement que je combats tous deux. J’ai été trop souvent accusé d’être antisémite par de vils aboyeurs dans le style de Harlem Désir (je crois d’ailleurs qu’il est encore dans ce gouvernement mais personne n’a entendu le son de sa voix sur le sujet) pour sombrer dans le même abaissement que ces gens-là. Harlem désir savait parfaitement que je suis exempt de quelque racisme que ce soit et que toute ma vie et mes engagements en témoignent et pas seulement des indignations de convenances et de circonstances dont il est coutumier. Mais il a pensé rentable de faire semblant de le croire par clientélisme. J’ai dit que c’était une « erreur » de la part de Laurence Rossignol d’avoir utilisé une expression pareille et qu’elle n’aurait pas dû le faire. En effet « nègre, « youpin », « bougnoule », n’ont pas à entrer dans le vocabulaire des antiracistes, même avec des guillemets, même au deuxième degré. J’ai dit : « erreur ». Cela serait insuffisant de dire « erreur ». OK ! « crime », ça vous va ? Alors va pour « crime ». Et maintenant écoutez ça : « Laurence Rossignol, cette criminelle, n’est pas raciste ». Refuser d’accabler quelqu’un par confort de situation, quand on sait la vérité par intime conviction, fusse au prix de la lutte contre ses propres amis, est une règle de vie morale. C’est aussi comme ça que j’en suis venu à défendre Kerviel. Au moment où j’ai pris la parole sur ces deux là, je savais que cela ne me vaudrait que des ennuis, de la malveillance et des amalgames répugnants. Je m’en moque ! Ce qui est en jeu en moi est d’un autre niveau qui m’enjoint de ne pas me taire. En agissant de la sorte je veux faire vivre une vertu que ne respecte aucun de mes adversaires quand il s’agit de moi. Voyez les derniers trains d’injures contre moi des BHL (Syrie : Melenchon c’est Le Pen) ou Cohn Bendit (« Melenchon est raciste quand il parle des allemands »). Ils jouent exactement sur ce procédé d’attribution aux autres d’une identité qui n’est pas la leur, juste pour éviter de s’expliquer sur le fond. Je veux faire vivre une règle morale fondamentale : la fin ne justifie pas les moyens. Je n’ai pas besoin de traiter Rossignol de raciste, alors qu’elle ne l’est pas, pour combattre son parti son gouvernement, et même sa personne s’il le faut. Parce qu’elle n’est pas raciste et c’est un fait certain et avéré pour moi, quand bien même a-t-elle commis le « crime » de prononcer le mot nègre. Non pas à cause du mot seulement, je tiens à le dire, mais parce qu’il est totalement faux de croire que les noirs réduits en esclavage ont accepté leur servitude. Pas davantage que les « söndernkommandos » n’acceptaient l’holocauste ! Lire a ce sujet « les militants et leur morale » de Colette Audry. En tous cas, s’agissant de l’esclavage, un ministre français « de gauche » doit savoir cela mieux qu’un autre. En effet c’est sous François Mitterrand qu’Haïti fut dispensée de continuer à payer le « dédommagement » pour la libération des esclaves de ce pays, liberté acquise au prix de la lutte armée dirigée par Toussaint Louverture et de la juste défaite de l’armée de Napoléon. Et maintenant, que pensez-vous de la prétendue « mode islamique » ? Moi je suis contre.
JLM
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