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lundi 4 avril 2016

L'ECONOMIE - lundi 4 avril 2016


L'ECONOMIE

Lundi 4 avril 2016

Rebond du moral des cadres, réservés sur la loi travail

Quartier de la Défense, à Paris, le 12 juin 2009.
Quartier de la Défense, à Paris, le 12 juin 2009. LOIC VENANCE / AFP
Le moral des cadres a nettement progressé le mois dernier, pour retrouver son meilleur niveau depuis début 2011, selon l’enquête mensuelle de Viavoice pour HEC, Le Figaro et France Inter publiée lundi. L’indicateur reflétant le moral des cadres a en effet bondi de 8 points en un mois, pour s’établir à – 27 en mars. Cette évolution résulte notamment d’un regain d’optimisme sur les perspectives d’évolution du chômage, 46 % seulement des cadres anticipant une augmentation dans les prochains mois (contre 62 % lors de la précédente édition de cette enquête). En revanche ils se montrent particulièrement sceptiques au sujet du projet de réforme du code du travail porté par la ministre du travail, Myriam El Khomri.
La plupart estiment qu’elle n’aura pas d’effet sur l’économie et l’emploi, mais affichent par ailleurs un regain de confiance dans la conjoncture, selon le sondage Viavoice. Pour 62 % des cadres interrogés, la réforme du droit du travail n’aura « pas d’impact positif sur l’activité » à l’échelle macroéconomique, tandis que 66 % d’entre eux pensent qu’elle « ne favorisera pas la création d’emplois en France », détaille cette étude. Ils doutent encore plus de ses effets au niveau microéconomique : pour 75 % des cadres du secteur privé, la loi El Khomri n’aura pas d’impact sur l’économie de leur propre entreprise, ni sur l’emploi à cette échelle pour 78 % d’entre eux. Le jugement sur le texte est contrasté : 45 % estiment qu’il « va trop loin en remettant trop en cause le droit des salariés », 26 % au contraire qu’il « ne va pas assez loin et ne permettra pas vraiment d’assouplir le code du travail ». Seuls 15 % considèrent le texte« équilibré ».
Vaste enquête sur l’évasion fiscale mondiale. Le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) et une centaine de médias internationaux, dontLe Monde, ont commencé à divulguer dimanche soir des informations sur des avoirs cachés dans des paradis fiscaux par des dirigeants politiques, des personnalités sportives et des organisations criminelles. « Il s’agit de la plus grosse fuite d’informations jamais exploitée par des médias. » Cette enquête menée pendant un an par 378 journalistes dans 76 pays a porté sur 11,5 millions de documents provenant de la firme panaméenne Mossack Fonseca, spécialisée dans le montage de sociétés offshore. L’analyse de ce que Le Monde décrit comme une « immense caverne d’Ali Baba de l’évasion fiscale » a révélé qu’un millier de ressortissants français auraient eu recours aux sociétés-écrans mises en place par Mossack Fonseca. La liste des clients ayant eu recours à des montages financiers offshore pour dissimuler leurs actifs comprend, selon les premières révélations parues dans la presse, les noms de 128 dirigeants politiques et douze chefs d’Etat ou de gouvernement, dont six en activité.
Performant Israël. L’économie israélienne a connu en 2015 une croissance stable, à 2,5 %, qui devrait se poursuivre cette année ; tandis que le chômage a reculé à 5 %, à son niveau le plus bas depuis trois décennies, selon un rapport de la Banque d’Israël.

Micro-Macro

par Thibaut Soulcié
Dessin de Thibaut Soulcié
+ 13 %
Les redressements opérés pour « travail dissimulé » ont augmenté de 13 % en 2015, pour atteindre le chiffre record de 460 millions d’euros, selonLes Echos« Le taux de redressement pour une action de contrôle pour travail dissimulé a atteint 87 %. Ceci représente cinq points de plus que l’année précédente quand le taux avait augmenté de trois points », précise le quotidien économique.

Dans la presse étrangère

L’ouverture au commerce international en débat

Un terminal dans le port de Newark, dans le New Jersey, le 29 janvier.
Un terminal dans le port de Newark, dans le New Jersey, le 29 janvier. SPENCER PLATT / AFP
La rhétorique opposée au commerce international se répand chez les candidats à la présidentielle américaine, ayant même gagné Hillary Clinton, qui a pourtant soutenu le partenariat transpacifique (Trans-Pacific Partnership, TPP) et maintenant s’y oppose. Depuis les années 1980, l’Amérique s’est progressivement ouverte aux importations à bas prix, mouvement qui s’est accéléré avec l’Accord de libre-échange nord-américain (Alena), avec le Mexique et le Canada, en 1994, rappelle The Economist. Puis l’adhésion de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), en 2001, a entraîné un choc supplémentaire et un bond des importations chinoises à bas coût. Certes les importations à bas coût bénéficient aux consommateurs américains. Par ailleurs, de nouveaux marchés se sont ouverts pour les entreprises américaines. Les exportations vers la Chine ont progressé de 200 % entre 2005 et 2014. Néanmoins, l’ouverture aux échanges internationaux continue de souffrir d’un problème aigu d’image. Les économistes tentent d’en calculer les effets. Mais les chiffres sont très variables selon les estimations de l’impact du commerce chinois sur le déclin de l’emploi manufacturier américain. D’autres facteurs comme le progrès technologique semblent jouer négativement. Mais les pertes d’emploi liées au commerce, montrent des économistes, sont les plus douloureuses. Et les travailleurs qui perdent leur emploi n’en retrouvent pas ou en reprennent dans des secteurs vulnérables pour l’emploi. Les mécanismes de compensation, notamment le Trade Adjustment Assistance (TAA), ne sont pas suffisants. Il n’en demeure pas moins que, malgré le commerce international, les niveaux de vie sont plus élevés que dans les années 1980. Et les barrières douanières n’aideront pas les travailleurs non qualifiés. Par ailleurs, les nouveaux accords commerciaux internationaux, comme le TPP, sont plus favorables aux travailleurs américains, car ils protègent les droits de propriété intellectuelle et mettent en place des normes de travail plus strictes. Il y a aussi des perspectives avec l’Europe. Le partenariat transatlantique sur le commerce et l’investissement (Transatlantic Trade and Investment Partnership, TTIP) pourrait accroître jusqu’à 3 % le produit intérieur brut américain. Les Américains sont conscients des avantages du libre-échange, mais il faut penser aux mécanismes de redistribution pour contrer ses effets négatifs.
« Ma vision des négociations en cours, c’est que nous sommes encore à une bonne distance d’un programme cohérent que je puisse présenter à notre conseil d’administration »
La directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, a estimé dimanche que les discussions sur la dette grecque étaient encore loin d’avoir abouti à un programme acceptable par le Fonds dans une lettre au premier ministre grec Alexis Tsipras rendue publique sur le site Internet du FMI.
Arabie saoudite : la fin d’un modèle de rente ? Après des années de forte croissance économique assurée par les prix élevés du pétrole, l’évolution du royaume saoudien de 30 millions d’habitants, une des premières puissances pétrolières mondiales, est l’une des grandes inconnues des années à venir. Au-delà d’un bilan conjoncturel négatif, l’Arabie saoudite se retrouve exposée à des risques multiples. Le modèle de croissance fondé sur la rente n’est plus viable avec les prévisions d’un pétrole durablement bas. Mais toute modification du pacte social augmente la probabilité à long terme de troubles politiques internes. Le pays est donc potentiellement explosif…
Insertion par l’activité économique. En avril 2015, l’IGAS a été saisie d’une demande de mission relative à l’expérimentation dans le secteur de l’insertion par l’activité économique (IAE) par le ministre du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social. En 2013, on dénombre 3 822 structures d’insertion par l’activité économique (SIAE) conventionnées par les DIRECCTE (Directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) : entreprises d’insertion (EI), entreprises de travail temporaire d’insertion (ETTI), associations intermédiaires (AI), ateliers et chantiers d’insertion (ACI). Ces structures emploient 127 600 personnes rencontrant des difficultés sociales et professionnelles particulières.
L'éco & moi
Monde du travail. Les métiers du service à domicile s’organisent. A partir du mois d’avril 2016, travaux ménagers, accompagnement scolaire, maintenance informatique et autres services à domicile sortent de l’arrangement de gré à gré pour s’inscrire dans une grille des métiers, avec sa grille de salaires correspondante. Les raisons d’être de cette classification établie par un accord signé en 2014, et entrée en vigueur le 1er avril 2016, sont de préciser les contenus des métiers et de les hiérarchiser, d’accompagner les salariés et de faciliter leurs transitions professionnelles. « Le particulier employeur dispose d’un délai de six mois pour classer l’emploi de son salarié » et pour savoir s’il emploie un baby-sitter à 9,67 euros de l’heure, ou un garde d’enfant à 9,98 euros bruts, fait savoir la Fédération des particuliers employeurs de France. Le particulier employeur devra signifier par écrit à son salarié son métier et son niveau de salaire d’ici au 30 septembre. Les jeunes baby-sitters ont toujours le droit de garder le « petit neveu », la convention collective intègre une clause jeune travailleur pour les 14 ans-17 ans, mais leur taux horaire est minoré.
À lire sur Le Monde.fr

« Panama papers » : une plongée inédite dans la « boîte noire » des paradis fiscaux

« Le Monde » et 108 autres médias internationaux ont travaillé sur une base de données inédite qui lève le voile sur l’opacité de la finance offshore.
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« Panama papers » : l’incroyable histoire de Mossack Fonseca

Le cabinet d’avocats panaméen, créé sous la dictature, s’est spécialisé dès le début de ses activités dans la création de sociétés-écrans. Il compte parmi ses clients des dirigeants de pays corrompus et de régimes autoritaires, voire des réseaux criminels de haut vol.
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La « loi travail » a élargi la fracture syndicale

Le débat sur la réforme du code du travail a fait renaître le clivage entre contestataires et réformistes.
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Sources Le Monde.fr  - lundi 4 avril 2016

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