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lundi 29 février 2016

Les Crises.fr : La guerre saoudienne pour l’oléoduc du Yémen renforce al-Qaïda, par Nafeez Ahmed

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1
Mar
2016

La guerre saoudienne pour l’oléoduc du Yémen renforce al-Qaïda, par Nafeez Ahmed


Source : Middle East Eye, le 10/02/2016
A Yemeni man poses with a national flag at a sports hall that was partially destroyed by Saudi-led air strikes in the Yemeni capital Sanaa on January 19, 2016. / AFP / MOHAMMED HUWAIS
Nafeez Ahmed
Mercredi 10 février 2016
Un câble secret et un représentant du gouvernement néerlandais confirment que la guerre menée par l’Arabie saoudite au Yémen est en partie motivée par l’illusion ambitieuse américaine d’un pipeline
Presque 3 000 civils ont été massacrés et un million déplacés lors d’un noble bombardement aérien saoudien au Yémen, couvert par les États-Unis et la Grande-Bretagne.
Plus de 14 millions de Yéménites font face à une insécurité alimentaire, un bond de 12% depuis juin 2015. Ce nombre inclut trois millions d’enfants souffrant de malnutrition. Dans tout le pays il y a environ 20 millions de personnes qui n’ont pas accès à l’eau potable.
Les forces aériennes saoudiennes ont systématiquement bombardé des infrastructures civiles en violation flagrante des règles humanitaires internationales. La fuite d’un rapport officiel de l’ONU, destiné au Conseil de Sécurité, nous apprend que les Saoudiens “ont mené des frappes aériennes visant civils et bâtiments publics… y compris des camps de réfugiés et de déplacés, des rassemblements tels que des mariages ; des véhicules, bus, zones résidentielles, services médicaux, écoles, mosquées, marchés, usines, entrepôts alimentaires et autres infrastructures civiles, dont l’aéroport de Sanaa, le port de Al Hudaydah et les axes routiers.”
Des bombes à fragmentation de fabrication américaine ont été lâchées sur des zones résidentielles – un acte dont le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a timidement admis qu’il “pourrait être assimilé à un crime de guerre.”
En d’autres mots, l’Arabie saoudite est un État voyou. Mais comprenez bien, l’Arabie saoudite est notre État voyou.
Les gouvernements américain et britannique qui fournissent à l’Arabie saoudite des armes destinées à être déversées sur des civils yéménites font semblant de ne pas être impliqués dans la guerre, de ne pas être responsables des crimes de guerre de notre allié-voyou.
Un porte-parole du ministère de la Défense britannique a insisté sur le fait que les forces engagées “ne dispensaient que des conseils techniques. Le personnel militaire britannique n’est pas directement impliqué dans les opérations menées par la coalition sous commandement saoudien.”
Mais ce sont des paroles en l’air, étant donné la récente révélation du ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel al-Jubeir, selon laquelle des militaires britanniques et américains travaillent “dans le centre de contrôle et de commandement pour les frappes aériennes saoudiennes au Yémen.”
Vraisemblablement les contribuables ne les paient pas à boire du thé toute la journée.
Non – nous les payons pour superviser la guerre aérienne. Selon le ministre des Affaires étrangères saoudien : “Nous avons des officiers britanniques et des officiers américains et des officiers d’autres pays dans notre centre de contrôle et de commandement. Ils connaissent la liste des cibles et ont une idée de ce que nous faisons ou ne faisons pas.”
Les officiers américains et britanniques ont “été en mesure d’examiner cette campagne aérienne et ont été satisfaits par ses garanties.”
De retour en avril 2015, les responsables américains étaient beaucoup plus francs à propos de cet arrangement. Le Secrétaire d’État adjoint américain Antony J. Blinken a dit lors d’une conférence de presse à Riyad que les États-Unis avaient augmenté le partage d’informations avec les Saoudiens via “une cellule conjointe de coordination” impliquant une sélection de cibles.
En tout état de cause, les dirigeants civilisés du monde libre ont une vue d’ensemble privilégiée des crimes de guerre systémiques de l’armée saoudienne au Yémen – et il semble qu’ils approuvent.
Guerre sectaire ?
Les objectifs de la coalition menée par les Saoudiens sont obscurs.
Il est largement reconnu que la guerre a principalement des dynamiques géopolitiques et sectaires. Les Saoudiens craignent que la montée des Houthis indique l’influence grandissante de l’Iran au Yémen.
Avec l’Iran actif en Syrie, en Irak et au Liban, l’Arabie saoudite voit la rébellion houthi comme une autre composante de cette stratégie d’encerclement de forces mandatées par l’Iran. Cette situation est aggravée par l’accord sur le nucléaire iranien soutenu par les É-U, accord qui ouvre la voie à l’intégration de l’Iran aux marchés mondiaux, l’ouverture de ses secteurs pétroliers et gaziers sous-développés, et sa consolidation en tant que puissance régionale.
Mais ce récit ne reflète que partiellement la situation. Quoique les contacts de l’Iran avec les Houthis sont incontestables, avant la campagne aérienne saoudienne, les Houthis ont acquis la plupart de leurs armes de deux sources : le marché noir et l’ex-président Ali Abdullah Saleh.
Les officiers de renseignement américains confirment que l’Iran a explicitement averti les Houthis de ne pas attaquer la capitale du Yémen l’année dernière. “Notre évaluation demeure que l’Iran n’exerce pas de commandement ou de contrôle sur les Houthis au Yémen,” a dit Bernadette Meehan, la porte-parole du Conseil National de Sécurité de la Maison-Blanche.
Selon l’ancien envoyé spécial des Nations-Unis au Yémen, Jamal Benomar, les frappes aériennes saoudiennes sabotent l’accord de paix imminent qui aurait conduit à une entente pour le partage de pouvoir entre les 12 groupes tribaux et politiques rivaux.
“Lorsque cette campagne a commencé, un élément important, mais passé inaperçu, est que les Yéménites étaient près de conclure un accord qui aurait institué un partage de pouvoir entre toutes les parties, y compris les Houthis,” a dit Benomar au Wall Street Journal.
Il n’était pas question alors de l’Iran. Les Saoudiens, et semble-t-il les Américains et les Britanniques, ne voulaient pas voir une véritable transition vers un Yémen démocratique.
En effet, les États-Unis sont ouvertement opposés à la démocratisation de la région du Golfe en son entier, déterminés à stabiliser le flux de pétrole du Golfe sur les marchés mondiaux.
En mars 2015, le consultant Anthony Cordesman, spécialiste de l’armée américaine et de l’OTAN du Centre d’études stratégiques et internationales basé à Washington, expliquait que : “le Yémen a une importance stratégique pour les États-Unis, comme l’est la stabilité de l’Arabie saoudite pour tous les pays du Golfe. En dépit de tous les discours sur “l’indépendance” énergétique américaine, la réalité reste bien différente. L’augmentation des carburants dérivés du pétrole et alternatifs en dehors du Golfe n’a pas modifié son importance stratégique pour l’économie américaine et mondiale… Le Yémen n’a pas la même importance stratégique que le Golfe, mais il est toujours d’une grande importance pour la stabilité de l’Arabie saoudite et de la péninsule arabique.”
En d’autres termes, la guerre au Yémen a pour objectif de protéger pour l’Occident son principal État voyou du Golfe, pour que le pétrole continue de couler à flots. Cordesman continue en notant : “Le territoire du Yémen et ses îles joue un rôle crucial dans la sécurité d’un autre point de passage obligé à l’extrémité du sud-est de la mer rouge appelé le Bab el-Mandab ou porte des lamentations.”
Le détroit de Bab el-Mandeb est “un passage obligé entre la corne de l’Afrique et le Moyen-Orient, et c’est une connexion stratégique entre la mer méditerranée et l’océan Indien,” transportant plus d’exportations du golfe Persique que le canal de Suez et l’oléoduc Suez-Méditerranée (SUMED).
“Toute présence maritime ou aérienne hostile au Yémen pourrait menacer l’ensemble du trafic par le canal de Suez,” ajoute Cordesman, “de même qu’un débit journalier de pétrole et produits pétroliers que l’EIA [Département de l’Énergie des États-Unis] estime avoir augmenté de 2,9 millions de barils par jour à 3,8 en 2013”.
Le rêve de l’oléoduc yéménite
Mais il existe ici un objectif subsidiaire, reconnu en privé par les officiels occidentaux, mais non discuté en public : le Yémen a encore un potentiel inexploité pour fournir un ensemble alternatif de routes de transbordement pétrolier et gazier pour les exportations du pétrole saoudien, contournant l’Iran et le détroit d’Ormuz.
La réalité des ambitions du Royaume sur ce sujet a été mise à nu dans un câble secret du Département d’État de 2008 obtenu par Wikileaks, de l’ambassade américaine au Yémen à destination du Secrétaire d’État :
“Un diplomate britannique basé au Yémen a dit à PolOff (agent politique de l’ambassade américaine) que l’Arabie saoudite avait un intérêt à construire un oléoduc, qu’elle détiendrait exclusivement, exploité et protégé par l’Arabie saoudite, depuis Hadramaout jusqu’à un port du Golfe d’Aden, en contournant ainsi le golfe Arabique/golfe persique et le détroit d’Ormuz.
“Saleh s’y est toujours opposé. Le diplomate soutenait que l’Arabie saoudite, par le soutien des dirigeants militaires yéménites, en payant la loyauté des cheikhs et par d’autres moyens, était en train de se positionner pour s’assurer qu’elle obtiendrait, à bon prix, les droits pour cet oléoduc du successeur de Saleh.”
En effet, le gouvernorat d’Hadramaout à l’Est du Yémen a curieusement été épargné par les bombardements saoudiens. La province, la plus large du Yémen, contient le plus gros des ressources pétrolières et gazières restantes du Yémen.
“L’intérêt primordial porté par le Royaume à ce gouvernorat résulte de la possible construction d’un oléoduc. Un tel oléoduc a longtemps été un rêve pour le gouvernement d’Arabie saoudite,” observeMichael Horton, un analyste principal du Yémen à la fondation Jamestown. “Un oléoduc passant par Hadramaout donnerait à l’Arabie saoudite et ses alliés du Golfe un accès direct au golfe d’Aden et de l’océan Indien ; cela leur permettrait de contourner le détroit d’Ormuz, un point de passage obligatoire qui pourrait être, au moins temporairement, bloqué par l’Iran dans un futur conflit. La perspective de sécuriser une route pour un futur oléoduc passant par Hadramaout figure probablement une stratégie globale à long terme de l’Arabie saoudite au Yémen.”
Cacher la connexion de l’oléoduc
Les officiels occidentaux sont soucieux d’éviter une prise de conscience publique de la géopolitique énergétique derrière l’escalade du conflit.
L’année dernière, une analyse sans concession sur ces questions était postée sur le blog personnel de Joke Buringa le 2 juin 2015, une conseillère supérieure sur la sécurité et l’État de droit au Yémen au ministère des Affaires étrangères des Pays-Bas.
“La peur d’un blocage par l’Iran du détroit d’Ormuz, et les possibles désastreux résultats sur l’économie mondiale, ont existé depuis des années,” écrivait-elle dans l’article, titré “Diviser pour mieux régner : l’Arabie Saoudite, le pétrole et le Yémen.” “Les États-Unis mettent par conséquent la pression sur les pays du Golfe pour mettre en place des alternatives. En 2007 l’Arabie saoudite, le Bahreïn, les Émirats Arabes Unis, Oman et le Yémen ont conjointement créé le projet de l’oléoduc pétrolier Trans-arabique. Les nouveaux oléoducs devaient être construits depuis la ville saoudienne de Ras Tanura dans le Golfe persique et les Émirats Arabes Unis vers le Golfe d’Oman (une canalisation vers l’Émirat Fujaïrah et deux canalisations vers Oman) et vers le Golfe d’Aden (deux canalisations vers le Yémen).”
En 2012, la connexion entre Abou Dhabi et Fujaïrah, à l’intérieur des Émirats Arabes Unis, est devenue opérationnelle. Entre-temps, l’Iran et Oman avancent dans la signature d’un accord pour leur propre oléoduc. “La défiance vis-à-vis des intentions d’Oman ont augmenté l’attractivité de l’option Hadramaout au Yémen, un vieux désir de l’Arabie saoudite,” écrivait Buringa.
Le président Saleh, toutefois, était un obstacle majeur aux ambitions saoudiennes. Selon Buringa, il “s’opposait à la construction d’un oléoduc sous contrôle saoudien sur le territoire yéménite. Durant de nombreuses années les Saoudiens ont investi sur les leaders tribaux dans l’espoir de réaliser ce projet avec le successeur de Saleh. En 2011 les soulèvements populaires des manifestants appelant à la démocratie ont contrarié ces plans.”
Buringa est la seule haute responsable d’un gouvernement occidental à avoir abordé cette question publiquement. Mais lorsque je l’ai contactée pour un entretien le 1er février, quatre jours plus tard j’ai reçu une réponse de Roel van der Meij, un porte-parole des affaires générales au ministère des Affaires étrangères du gouvernement hollandais : “Mme Joke Buringa m’a demandé de vous informer qu’elle n’est pas disponible pour un entretien.”
Le blog de Buringa – préalablement accessible à www.jokeburinga.com – avait entretemps été complètement supprimé.
Une version archivée de son article sur la géopolitique énergétique de la guerre saoudienne au Yémen est disponible sur la Wayback Machine.
J’ai demandé à Buringa et van der Meij pourquoi le blog de Buringa avait été complètement supprimé si rapidement après que j’ai envoyé ma demande d’entretien, et si elle avait été forcée à le faire sous la pression du gouvernement pour protéger les relations hollandaises avec l’Arabie saoudite.
Dans un email, Buringa a nié avoir été forcé par le ministère des Affaires étrangères hollandais à effacer son blog : “Désolée de vous décevoir, mais je n’ai pas subi de pressions du ministère. La mise en page du blog me dérangeait depuis le début et je désirais le changer depuis des mois… Votre question m’a rappelé que je voulais changer mon site et repenser ce que je veux en faire. Ni voyez rien de plus ici.”
Cependant, le porte-parole aux affaires générales du gouvernement hollandais, van der Meij, n’a pas répondu à de multiples emails et demandes téléphoniques pour un commentaire concernant la suppression du blog.
Beaucoup de firmes hollandaises sont actives dans la conduite d’investissements conjoints au royaume, comprenant la principale compagnie anglo-hollandaise Shell. En raison de la position des Pays-Bas comme un passage vers l’Europe, deux multinationales saoudiennes – la firme pétrolière nationale Aramco et le géant des pétrochimiques SABIC – ont leur siège européen à La Haye et Sittard, tous deux aux Pays-Bas. Les exportations hollandaises vers l’Arabie saoudite ont également nettement augmenté ces dernières années, avec une hausse de 25% entre 2006 et 2010.
En 2013, l’Arabie saoudite a exporté un peu moins de 34 milliards d’euros (38,5 milliards de dollars) de combustibles fossiles vers les Pays-Bas, et importé des Pays-Bas un peu plus de 8 milliards d’euros (9 milliards de dollars) de machines et matériel de transport, 4,8 milliards d’euros (5,4 milliards de dollars) de produits chimiques, et 3,7 milliards d’euros (4,2 milliards de dollars) de denrées alimentaires et d’animaux.
L’alliance saoudienne avec al-Qaïda
Parmi les premiers bénéficiaires de la stratégie saoudienne au Yémen il y a al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA), le même groupe qui a revendiqué le massacre de Charlie Hebdo à Paris.
“Le gouvernorat de l’Hadramaout est une des rares zones où la coalition conduite par les Saoudiens n’a effectué aucune frappe aérienne,” notait Buringa. “Le port et l’aéroport international d’al Mukalla sont en bon état et sous le contrôle d’al-Qaïda. De plus, l’Arabie saoudite a livré des armes à al-Qaïda, qui étend sa sphère d’influence.”
L’alliance saoudienne avec les terroristes affiliés à al-Qaïda au Yémen a été mise en lumière en juin dernier lorsque le gouvernement “de transition” d’Abd Rubbuh Mansour Hadi, soutenu par les Saoudiens a détaché un représentant à Genève comme officiel délégué aux négociations avec l’ONU.
Il s’est avéré que le représentant n’était autre qu’Abdulwahab Humayqani, identifié comme un “terroriste mondial spécifiquement désigné” en 2013 par le Trésor américain pour le recrutement et le financement d’AQPA. Humayqani aurait été derrière l’attaque à la voiture piégée d’al-Qaïda qui a tué sept personnes sur une base de la garde républicaine yéménite en 2012.
D’autres analystes sont d’accord. Comme Michael Horton commente dans le Terrorism Monitor de la fondation Jamestown : “L’AQPA peut également bénéficier du fait qu’il pourrait bien être vu comme un intermédiaire utile par l’Arabie saoudite dans sa guerre contre les Houthis. L’Arabie saoudite et ses alliés arment de nombreuses milices disparates dans le sud du Yémen. Il est presque certain qu’une partie, si ce n’est plus, du financement et matériel arrivera jusqu’à l’AQPA et assez probablement à l’État Islamique.”
Alors qu’ils claironnent la guerre contre l’État Islamique en Irak et en Syrie, l’Occident ouvre la voie à une résurgence d’al-Qaïda et de l’État Islamique au Yémen.
“L’Arabie saoudite ne veut pas d’un pays fort et démocratique de l’autre côté de la frontière de plus de 1500 kilomètres de long qui sépare les deux pays (Arabie saoudite et Yémen),” remarquait la représentante du ministère des Affaires étrangères hollandais dans son article maintenant censuré. Ni, il semble, les États-Unis et le Royaume-Uni. Elle ajoutait: “Ces oléoducs vers Mukalla y arriveront probablement finalement.”
Ils n’y arriveront probablement pas – mais il y aura encore un retour de flamme.
Le Dr Nafeez Ahmed est journaliste d’investigation, expert en sécurité internationale et auteur à succès qui suit ce qu’il appelle la « crise de la civilisation. » Il est lauréat du prix Project Censored pour son travail exceptionnel d’investigation journalistique au Guardian sur l’interaction de crises écologiques, énergétiques et économiques mondiales avec la géopolitique et les conflits régionaux. Il a aussi écrit pour The Independent, le Sydney Morning Herald, The Age, The Scotsman, Foreign Policy, The Atlantic, Quartz, Prospect, New Statesman, Le Monde diplomatique, New Internationalist. Son travail sur les causes fondamentales et les opérations clandestines liées au terrorisme international a été une contribution officielle à la Commission du 11 septembre et à l’enquête médico-légale des attentats du 7 juillet.
Photo : Un Yéménite pose avec un drapeau national dans une salle de sports partiellement détruite par des frappes aériennes dirigées par les Saoudiens dans la capitale yéménite Sanaa le 19 janvier 2016 (AFP).
Source : Middle East Eye, le 10/02/2016
Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

LE DESSIN DU JOUR DE PLANTU - Le MONDE du mardi 1 er mars 2016

     LE DESSIN DU JOUR DE PLANTU

                                         Le MONDE du mardi 1 er mars 2016


OSCAR DU MEILLEUR SCÉNARIO FOIREUX. Le dessin du Monde de ce lundi 29 février.


           OSCAR-550

Droit de suite - lundi 29 février 2016

                                                          LCP Assemblée nationale

DROIT DE SUITE

Droit de suite

Diffusée le 29/02/2016

ÇA VOUS REGARDE : François Hollande : seul... face à lui-même

                                                                   LCP Assemblée nationale

ÇA VOUS REGARDE

François Hollande : seul... face à lui-même

Diffusée le 29/02/2016
Retour mouvementé d'Amérique du sud pour François Hollande. Lors de sa traditionnelle visite au Salon de l'Agriculture, le Président a été accueilli sous les huées et les sifflets du monde agricole, et le stand du ministère de l'Agriculture a été saccagé par des agriculteurs en colère.
Plus tôt dans la semaine, c'est la tribune de Martine Aubry qui attaquait la politique économique et sociale de l'exécutif. Conséquence d'une "loi El Khomri" contestée par le propre camp du Chef de l'Etat, le reste de la gauche et les syndicats. Sans parler d'une fronde sociale qui grandit via les réseaux sociaux. Aujourd'hui, la pétition contre la "loi travail" a récolté plus de 760 000 signatures.
La baisse du chômage de 0,8% au mois de janvier 2016 aurait pu être un mince rayon de soleil pour François Hollande. Mais le "bug" des "radiations massives" de chômeurs des listes de Pôle emploi a éclipsé ce qui aurait dû être une bonne nouvelle : 27 900 demandeurs d'emploi sans aucune activité (catégorie A) en moins en France.
C'est une année charnière pour le Président de la République qui se prépare pour la présidentielle de 2017. Et pour l'instant, elle débute plutôt mal.
La candidature de François Hollande à l'élection présidentielle est-elle perdue d'avance ? Doit-il se résigner à passer par une primaire de la gauche ? Ou se concentrer sur sa survie à la tête du pays et oublier 2017 ?
Les invités de Arnaud Ardoin en débattent ce soir dans Ça vous regarde, de 19h30 à 20h30 sur LCP :
- Nicolas Sfez, Avocat, maitre de conférences Sciences Po, secrétaire national adjoint en charge des institutions au Parti socialiste, membre du conseil fédéral des Hauts-de-Seine
- Bernard Debré, député Les Républicains de Paris
- Vincent Beaufils, directeur de la rédaction de Challenges
- Jérôme Fourquet, directeur du département opinion publique à l'IFOP
Question JDD : "Martine Aubry doit-elle se présenter à une primaire de la gauche ?"
>> http://www.lejdd.fr/Politique/Martine-Aubry-doit-elle-se-presenter-a-une-primaire-de-la-gauche...

à lire sur le Monde.fr , lundi 29 février 2016

                                 

LUNDI 29 FÉVRIER 2016
Les trois primés pour le film "The Revenant", Emmanuel Lubezki, Leonardo DiCaprio et Alejandro Gonzalez Iñarritu, lors de la 88e édition des Oscars.
Leonardo DiCaprio décroche l’Oscar du meilleur acteur
Alejandro Gonzalez Iñarritu repart quant à lui avec la statuette du meilleur réalisateur. L’Oscar du meilleur film a été décerné à « Spotlight » de Tom McCarthy.
Après une manifestation du syndicat des Jeunes Agriculteurs dans un supermarché Leclerc à Saint-Paul-lès-Dax le 12 février 2016.
Les hypers continuent leur « je t’aime, moi non plus » avec les industriels
Les négociations de prix annuelles entre la grande distribution et les marques se terminent lundi. Malgré les menaces, les clauses abusives continuent.
Un réfugié dans la cour de l'ancien aéroport international d'Athènes, le 28 février.
Crise migratoire : Merkel appelle l’UE à ne pas « abandonner » Athènes
La chancelière allemande s’est exprimée alors que des milliers de personnes sont bloquées en Grèce après la fermeture de frontières à travers les Balkans.
En attendant le Super Tuesday, le monde politico-médiatique américain continue de tourner autour de celui qui est progressivement devenu l’improbable astre de la campagne.
KKK et Mussolini : une journée médiatique ordinaire pour Trump
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Famille Buric. Pierrefitte
Les blessés du 13 novembre essaient de reprendre une vie normale
Portraits de victimes des attentats de Paris et de Saint-Denis, toutes en reconstruction, essayant de reprendre une « vie normale » malgré les blessures physiques et psychologiques.
La joie des Lyonnais après leur victoire face au PSG, le 28 février.
Les Lyonnais mettent fin à l’invincibilité des Parisiens en Ligue 1
L’OL a réalisé un exploit en battant le PSG (2-1). Les hommes de Laurent Blanc n’avaient plus été vaincus en championnat depuis le 15 mars 2015, soit 36 matches consécutifs.
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Astuce de chef : comment préparer un délicieux bouillon thaï aux gambas
Astuce de chef : préparer un délicieux bouillon thaï aux gambas
Chaque mois, le format Pile Poêle met un coup de projecteur sur un chef. En février, Christophe Moret, du restaurant deux étoiles L’Abeille de l’hôtel Shangri-La, à Paris, nous dévoile ses astuces. Cette semaine, il nous apprend comment préparer un bouillon thaï aux gambas.
Terrorisme : chronologie du bras de fer entre Apple et le FBI
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Des fleurs poussent dans la vallée de la Mort
Des images inédites de la Voie lactée vue de l’hémisphère Sud
 
Et aussi
Lors d'un blocage de la rocade routière de Nantes par des instructeurs d'auto-écoles en septembre 2015.
Le premier syndicat des auto-écoles appelle à manifester lundi
Le CNPA réclame des délais supplémentaires avant la mise en place, prévue en avril, de la nouvelle épreuve du code de la route.
L'entrée du camp d'Auschwitz, surmontée de l'inscription "Arbeit Macht Frei" ("le travail rend libre"), en 2012.
Ouverture en Allemagne du procès d’un ancien infirmier d’Auschwitz
La santé d’Hubert Zafke, âgée de 95 ans, sera au coeur de cette première audience. Il doit répondre de « complicité » dans l’extermination d’au moins 3 681 personnes.
Jean Christophe Cambadélis et Manuel Valls, en novembre.
Cambadélis sur la situation au PS : « Il y a une crise de mutation »
Le premier secrétaire a dit que si Martine Aubry « n’est pas d’accord » avec la ligne au PS, « elle restera en dehors de la majorité mais la majorité, elle est stable ».
 | LE JOURNAL DATÉ DU 29 FÉVRIER
Iran : poussée des réformateurs et des modérés aux législatives
Le camp réformiste du président iranien Hassan Rohani semble promis à une victoire électorale sans appel, selon les premiers résultats officiels, ce qui pourrait conforter le pouvoir en place et faciliter la fin de l’isolement du pays.
 Lire le journal
Des Iraniennes montrent leurs papiers d'identité avant d'aller voter pour les législatives et le renouvellement de l'Assemblée des experts, le 26 février, à Qom.
En Iran, les premiers résultats des élections législatives ne dessinent pas de majorité claire
Les réformateurs et modérés disposent pour l’instant de 89 des 290 sièges du Parlement, contre 86 pour les conservateurs.
Nicolas Floc et son père, Jean-Paul Floc. D’après la Chambre d’agriculture de Rennes, 30 % des installations se font désormais hors cadre familial.
Ils produisent du lait de père en fils : « On nous pousse à nous endetter, c’est n’importe quoi »
Alors que de multiples crises touchent le milieu, de jeunes agriculteurs décident malgré tout de reprendre l’exploitation familiale par choix et par passion. Reportage chez l’un d’eux en Ille-et-Vilaine.
De nombreux et coûteux organismes privés ambitionnent de préparer aux concours de l'enseignement supérieur.
A quoi servent les prépas privées aux concours ?
La multiplication des concours (médecine, paramédical, ENM…) s’accompagne d’une prolifération d’offres de préparation. Le plus souvent privées… et onéreuses.

Les dernières publications du WSWS , lundi 29 février 2016

                      

29 février 2016

Lancement d’ICBM par les Etats-Unis et menaces de guerre contre la Russie

Par Bill Van Auken, 29 février 2016
Le Pentagone a qualifié le lancement inhabituel de deux missiles balistiques non armés en l'espace d'une semaine de « signal » que Washington était prêt pour une guerre nucléaire.

Des généraux britanniques interviennent pour s’opposer à un «Brexit»

Par Robert Stevens, 29 février 2016
La lettre de13 haut gradés militaires témoigne du rôle de l’UE dans l’agenda militariste des principales puissances européennes.

La xénophobie anti-réfugié et le danger de guerre

Par Peter Schwarz, 29 février 2016
Des dizaines de milliers de réfugiés qui ont échappé à l’enfer de la guerre au Moyen-Orient sont privés de tous les droits et utilisés comme des pions dans les conflits entre les États européens.

Nouvelles et Analyses

La conférence menée par l’Autriche ferme la route des Balkans pour les réfugiés et divise l’Europe

Par Martin Kreickenbaum, 27 février 2016
L’intervention des pays occidentaux des Balkans visant à bloquer les réfugiés quittant la Grèce va déclencher une crise humanitaire et intensifier les tensions dans toute l'Europe.

« Stop à la dérive libérale » : des organisations de jeunes s’engagent contre la réforme du code du travail

« Stop à la dérive libérale » : des

organisations de jeunes s’engagent contre la 

réforme du code du travail

Le Monde.fr 


                              Myriam El Khomri et Manuel Valls, le 22 février.
                           Myriam El Khomri et Manuel Valls, le 22 février. VINCENT KESSLER / AFP


La jeunesse de gauche s’empare de la colère contre le projet de réforme du code du travail qui doit être présenté en conseil des ministres dans le courant du mois de mars. Dans une tribune publiée lundi 29 février sur le site Francetv info, Benjamin Lucas, le président du Mouvement des jeunes socialistes (MJS), appelle le gouvernement à « stopper la dérive libérale, la surenchère sécuritaire et identitaire, dans les mots et dans les actes ».
Selon M. Lucas, le projet de loi porté par Myriam El Khomri, la ministre du travail, constitue « une rupture » et touche, tout comme l’inscription de la déchéance de nationalité dans la constitution, « aux fondements de notre histoire ». Le président du MJS rejette les procès en « archaïsme » faits aux opposants à la réforme :
« Ce qui est moderne, ce n’est pas de faire régresser des droits qui protègent les plus faibles au quotidien, ce n’est pas de s’inspirer des politiques néolibérales des années 1980 (…). Ce qui est moderne, c’est de penser le monde de l’après-croissance, de la société du temps libéré qui partage le temps de travail et les richesses, qui adapte son droit aux nouvelles souffrances au travail et qui garantit à tous de vivre au-dessus du seuil de pauvreté, et aux jeunes de conquérir leur autonomie. »

« Les jeunes comme cibles favorites »


Un collectif d’organisations – Union nationale des étudiants de France (UNEF), Solidaires Etudiant-e-s, Union nationale lycéenne (UNL), Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL), Jeunesse ouvrière chrétienne, les organisations de jeunes des partis de gauche – ainsi que les associations Génération précaire et Osez le féminisme ont lancé un appel commun à la manifestation le 9 mars, date a laquelle le projet de loi devait être présenté en conseil des ministres. « Le contenu de ce projet, directement inspiré des revendications du Medef, représente un véritable retour au siècle dernier pour le monde du travail avec une fois de plus les jeunes comme cibles favorites », écrivent ces organisations dans une tribune publiée lundi sur le site du Journal du dimanche et intitulée « Précaires un jour, précaires toujours ? ».
Les associations espèrent que leur mobilisation, « aux côtés des salariés », pourrait « faire reculer le gouvernement », comme au moment de la lutte contre le contrat de première embauche (CPE). Il y a dix ans tout juste, à l’hiver 2006, le gouvernement de Dominique de Villepin avait dû renoncer à cette mesure censée combattre le chômage chez les moins de 26 ans, après d’importantes manifestations et des mouvements de grève dans les universités.

En savoir plus sur: http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/02/29/stop-a-la-derive-liberale-des-organisations-de-jeunes-s-engagent-contre-la-reforme-du-code-du-travail

Projet loi El Khomry "loi travail" : tous concernés. Ni amendable, ni négociable !




Projet loi El Khomry "loi travail" : tous concernés.
Ni amendable, ni négociable !
 
Le MEDEF applaudit le projet de la ministre El Khomry. Et pour cause : ce projet détruit l’architecture de l’ensemble des
garanties collectives pour tous les salariés.
Jusqu’ici la « hiérarchie des normes » prévoyait que c'est toujours le plus favorable qui s'applique au salarié : Code du Travail,
Convention Collective, Accord d'Entreprise. Avec le projet El Khomry, c’est l’inverse !
Les règles en matière de temps de travail, de rémunérations, de licenciements… seraient désormais définies au niveau de
l’entreprise, donc au niveau où le rapport de force est le plus défavorable aux salariés. Les accords d’entreprise pourraient
remplacer les règles du code du travail. Ce serait la fin de la négociation collective et de l’action syndicale au niveau des
branches.
Avec la réforme El Khomry : les statuts de la Fonction publique en danger de mort !
Chacun le comprend : l’adoption de ce projet de loi ouvrirait immédiatement la porte à la destruction de tous les statuts de la
fonction publique.
Le projet El Khomry intègre d’ailleurs un article habilitant le gouvernement à appliquer le compte personnel d’activité aux
fonctionnaires. L’objectif est clair : remplacer les règles statutaires qui garantissent les droits des fonctionnaires par un
« compte personnel ». Les garanties collectives en matière de salaire, de missions, de carrière, de temps de travail…
laisseraient la place à une individualisation généralisée.
 
Une seule exigence : le retrait !

Le petit jeu CFDT/PS tente de prendre de l’ampleur...
Ne soyons pas dupes !  Ce projet n'est pas déséquilibré comme tente le faire croire la CFDT .Cette réforme c'est la régression sur toute la ligne ! La question n'est pas de demander des concessions à << la marge>> pour mieux faire passer l'essentiel du texte , elle n'est pas de discuté d'ammendement.
Ce texte n'est 
Ni amendable, ni négociable !
Une seule exigence : le retrait !

 
Un bon tract de la fédération FO enseignement culture et formation professionnelle

La cgt
lundi 29 février 2016

L’annonce par Manuel Valls du report de la présentation du projet de loi « El Khomri » en conseil des ministres, est un 1er recul à mettre à l’actif de la mobilisation montante.
Le gouvernement doit prendre en considération les revendications qui s’expriment dans les entreprises, les services sur les questions de salaires, d’emploi, de conditions de travail ainsi que le rejet massif du projet de loi code du travail.
Il doit maintenant annoncer son retrait et ouvrir une phase de négociations réelles avec les représentants syndicaux et les organisations de jeunesse pour élaborer un code du travail protecteur. La CGT a des propositions concrètes en ce sens, et poursuit ses échanges intersyndicaux pour la construction de nouveaux droits.
La CGT propose aux salariés, la semaine du 7 au 11 mars des initiatives multiples dans les entreprises et le 9 mars de participer aux rassemblements et manifestations unitaires en construction.
Fin mars, elle appelle avec d’autres organisations syndicales et organisations de jeunesse, les salariés à une journée de mobilisation convergente, nationale sur les revendications, pour le retrait du projet El Khomri, pour un code du travail du 21ème siècle !
Montreuil, le 29 février 2016