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samedi 2 mars 2024

à la UNE du LE TEMPS - samedi 2 mars 2024

 

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Samedi 02 mars 2024

Portrait de l'auteur Florian DelafoiFlorian Delafoi, chef d'édition

Bonjour,

Israël est-il en train de perdre le contrôle de son assaut à Gaza? Notre journaliste Aline Jaccottet analyse les conséquences du drame qui s’est joué lors d’une distribution alimentaire. Dans un grand entretien accordé au Temps, la philosophe Julia de Funès appelle à «redonner du sens» au travail: exit les rooftops végétalisés et les baby-foots! Pour le week-end, notre rubrique culturelle vous conseille Shogun, une série qui débarque au pays des samouraïs.


📍Le fait du jour: A Gaza, la mécanique du chaos profite au Hamas

Aline Manoukian/AFP

Aline Manoukian/AFP

Pourquoi c’est important: Une distribution alimentaire a viré à la tragédie jeudi à Gaza après des tirs de l’armée israélienne: 112 Palestiniens ont été tués, morts sous les balles, piétinés par la foule ou écrasés par les camions d’aide. «On essayait juste d’obtenir un sac de farine quand j’ai reçu une balle dans la jambe», raconte un survivant au Temps. Notre journaliste Aline Jaccottet, spécialiste de la région, décrit une mécanique du chaos qui profite au Hamas. Analyse et témoignages

Pour approfondir: Du Proche-Orient à l’Ukraine, les guerres et leur violence inondent les réseaux sociaux d’images explicites. Comment ces contenus affectent-ils les plus jeunes? «La société est anxiogène, ce qui enlève aux jeunes la possibilité de se rêver et de se projeter», explique Angélique Gozlan, docteure en psychopathologie. Lire l’interview


Les 3 actualités du matin

1

Peine historique pour Gunvor, contrainte de régler plus de 660 millions de dollars pour corruption en Equateur

L'entrée de Gunvor Services SA, à Genève le 13 février 2008.
2

En 2023, les émissions mondiales de CO2 ont atteint un nouveau record

3

A Genève, le danseur François Chaignaud et le musicien Aymeric Hainaux ensorcellent les foules

Les Français François Chaignaud (à gauche) et Aymeric Hainaux offrent un spectacle d'une intensité démoniaque, entre sabbat druidique et joute chevaleresque

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La grande interview

Delphine Blast pour Le Temps

Delphine Blast pour Le Temps

Julia de Funès dénonce la «bonheurisation» du travail. La philosophe porte depuis des années un regard sans compromis sur le monde professionnel. Elle a reçu Le Temps dans les bureaux de son éditeur parisien pour une discussion franche sur le travail et ses travers. «Nous n’avons jamais autant parlé de bonheur en entreprise et il n’y a jamais eu autant de burn-out, de dépressions, d’arrêts de travail, etc. Il y a donc une erreur d’aiguillage», constate-t-elle. Lire l’entretien


Notre sélection

A Moscou, une foule a fait ses adieux à Alexeï Navalny. Des dizaines de milliers de Moscovites ont rendu, vendredi, un dernier hommage à l’opposant emblématique. «Il n’avait pas peur, nous non plus», a scandé le public, en applaudissant le cercueil. Une cérémonie en accéléré, comme si les autorités avaient reçu pour consigne de ne pas laisser s’éterniser l’événement. Récit d’une journée pas comme les autres

Les voitures chinoises peuvent-elles nous espionner? La Maison-Blanche estime que ces véhicules peuvent représenter un risque pour la sécurité nationale. Elle évoque plusieurs scénarios, de la récolte de données sur les citoyens américains aux actes de sabotage sur les routes du pays. Ces soupçons font penser aux tours de vis contre plusieurs firmes chinoises. «La Chine a toujours été une cybermenace pour les Etats-Unis», rappelle un expert. Lire le décryptage

Paul Pogba, itinéraire d’un talent gâté. Le footballeur français a l’abattage d’un Vieira, la roulette d’un Zidane et le jeu long d’un Platini. Il est désormais loin des terrains, suspendu quatre ans à la suite d’un contrôle positif à la testostérone. Notre journaliste Laurent Favre brosse le portrait de ce personnage. Avec une question: peut-on avoir gâché sa carrière quand on a brillé en Europe et soulevé la Coupe du monde? Lire le portrait

En Corée du Sud, la guerre des sexes fait rage. Le pays de la K-pop voit se succéder les «faits divers» de violence masculiniste, auxquels répondent des manifestations féministes toujours plus radicales sur les réseaux sociaux et dans la rue. Les plus déterminées décident de se passer complètement des hommes. Cette polarisation s’accélère à mesure qu’elle est instrumentalisée de part et d’autre de l’échiquier politique. Lire l’éclairage


L’actualité en Suisse

Ennio Leanza/Keystone

Ennio Leanza/Keystone

Thomas Jordan quitte la BNS sous les louanges. La Banque nationale suisse a annoncé vendredi la démission surprise de son président. Malgré les critiques sur le franc fort et l’absence de versements aux cantons depuis 2023, son bilan est largement salué. «Il a été à la tête de la BNS dans des environnements difficiles, mais la Suisse a conservé un chômage limité et une inflation sous contrôle», salue Cédric Tille, ancien de la BNS. Réactions

Louis Margot raconte sa traversée de l’Atlantique à la rame. Le Morgien vient de terminer une étape de 76 jours de rame à travers l’océan Atlantique. Quand il a posé le pied à terre, il a eu la sensation d’être «une sorte d’extraterrestre». «On parle d’une traversée à la rame mais c’est plus un voyage intérieur. C’est un combat dans la tête de tous les instants», confie le jeune homme. Lire l’interview

A Genève, des commerçants veulent faire dérailler l’extension du tram. Les travaux qui devaient débuter ce printemps sont suspendus à l’issue d’un recours déposé par 17 commerçants contre l’extension de la ligne 15, censée relier le centre-ville de Genève à Saint-Julien. «J’ai investi dans ce magasin pour préserver les emplois de mes collaborateurs autant que le mien», témoigne une fleuriste. Lire la suite


Un week-end de votations

La Suisse vit un nouveau dimanche de votations avec deux initiatives qui ont alimenté un vif débat: le projet de 13e rente AVS et le recul de l’âge de la retraite. Notre rédaction vous fera vivre cette journée avec les résultats en temps réel, des réactions et des analyses. Nos articles sur les votations

En vidéo

Peter Anderson/PYMCA/Avalon/Getty Images

Peter Anderson/PYMCA/Avalon/Getty Images

Comment le hip-hop s’est installé en France. Le hip-hop vient de célébrer ses 50 ans. Notre journaliste Isabelle Aeschlimann raconte comment ce mouvement né dans le Bronx a fini par atteindre les côtes françaises. DJ Dee Nasty a découvert cette énergie artistique en 1975 lors d’un séjour à San Francisco. Il a fini par la ramener dans ses bagages. «Si je suis encore vivant, c’est grâce au hip-hop», raconte ce pionnier. Témoignage et archives


Dans le débat

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Plastique philosophal

Alexis Favre, producteur d'«Infrarouge» (RTS)

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Politique migratoire: «Le Tessin mérite la solidarité confédérale»

Norman Gobbi, chef du Département des institutions du canton du Tessin (Lega)

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Soumission ou sécession

Rinny Gremaud


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Pour le plaisir

📺 Un voyage épique au pays des samouraïs. Disney+ a mis en ligne les premiers épisodes de Shogun. La série est adaptée d’un roman de 1975 qui plonge dans le Japon féodal où débarque un marin anglais. Atmosphère léchée, batailles chorégraphiées, costumes fidèlement reproduits… Tout est somptueux et a l’air d’avoir coûté un saladier, observe notre journaliste Virginie Nussbaum. Découvrir la série

📚 Stephen King sonde l’âme humaine détraquée. Le maître de l’épouvante publie un nouveau roman, Holly, prénom de son personnage d’enquêteuse Holly Gibney, apparue dans Mr. Mercedes en 2015. «Je voulais la retrouver», confie l’écrivain dans son habituelle postface. La geek est plongée dans une histoire parfaitement macabre, sans profondeurs fantastiques ni couches surnaturelles. Lire la critique

🏃 Simon Ehammer rêve de médaille olympique. Le spécialiste appenzellois des disciplines multiples travaille de longue date pour monter sur le podium à Paris cet été. «Je n’ai plus l’âge de rêver d’une participation aux JO: je dois y avoir de grandes ambitions», affirme l’athlète, dont le «cœur appartient au décathlon». Ce week-end, il participe aux Mondiaux en salle. Lire le portrait

📸 Un étrange cocon s’installe à Photo Elysée. La photographe Nora Rupp a installé une petite cabane dans le hall du musée lausannois. Dans cet espace, les visiteuses peuvent parler d’elle, du rapport à leur corps. «Comment elles se sentent au travail, ou avec l’âge avançant… ou même quelqu’un qui aurait juste envie de crier! Tout m’intéresse», raconte l’artiste vaudoise. Découvrir le projet


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Avant de se quitter

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LSDJ (La Sélection du Jour) - INTERNATIONAL Après deux ans de guerre en Ukraine, quelle stratégie pour l'Occident ? 01 MARS 2024

 


La Sélection Du Jour
01 MARS 2024 - N°2130

INTERNATIONAL

Après deux ans de guerre en Ukraine, quelle stratégie pour l'Occident ?

Photo : Arrivée à la conférence de soutien à l'Ukraine au Palais de l'Elysée, le 26 février 2024 (crédit : Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP).

Deux ans après l'invasion de l'Ukraine par les forces russes le 24 février 2022, il semble clair que nous assistons à un tournant dans le conflit, au moins au niveau diplomatique. En témoignent les très vives réactions françaises et internationales aux paroles d'Emmanuel Macron lors de la conférence parisienne de soutien à l'Ukraine, n'excluant pas la possibilité d'y envoyer des troupes au sol afin d'empêcher la Russie de gagner la guerre. Pour certains, ses propos ont envoyé un signal fort au Kremlin tout en restant dans l' « ambiguïté stratégique » ; par contre, pour l'opposition (RN comme LFI), Macron fait un pas irresponsable vers la guerre. Pour d'autres encore, il a surtout fait preuve d'une grande maladresse envers ses partenaires occidentaux. La diplomatie française se retrouve presque seule, étant donné que beaucoup de pays (dont les États-Unisl'Allemagne, l'Italie et la Pologne) ainsi que l'OTAN ont fermement rejeté l'engagement de forces terrestres en Ukraine – sans qu'un pays de l'Alliance soit directement attaqué par la Russie, casus belli sous l'article 5 du Traité de l'OTAN. Diverses options militaires ont néanmoins bien été examinées à Paris, motivées sans doute par une grande inquiétude face à la situation à l'Est, ainsi que par la possibilité d'un retour de Donald Trump à la Maison Blanche qui pourrait mener à un désengagement, voire à une sortie directe des États-Unis de l'OTAN, laissant les gouvernements européens organiser leur propre défense.

Plusieurs développements récents ont contribué à l'impression chez beaucoup de commentateurs que c'est désormais Vladimir Poutine qui tiendrait l'initiative sur l'échiquier. Au niveau domestique, son pouvoir s'est visiblement consolidé suite à la mort de son opposant le plus notoire Alexeï Navalny et l'éradication effective de toute résistance politique organisée en Russie (dans le sillage du décès de Navalny, le Prix Nobel de la Paix Oleg Orlov a été condamné à 2 ans et demi de prison). Les élections présidentielles du mois de mars ne sont qu'une formalité et rien n'indique que Poutine devrait quitter la présidence avant 2036. Sur le terrain, la chute de la ville (fantôme) d'Avdiivka a donné à l'armée russe son premier succès depuis des mois. Pour l'Ukraine, ses espoirs liés à la contre-offensive de l'été 2023 se sont évaporés depuis longtemps. Elle se trouve désormais en manque critique de munitions, comme l'a souligné le leader du Sénat américain Chuck Schumer lors d'une visite surprise chez Volodymyr Zelensky, appelant les Républicains à débloquer 95 milliards de dollars d'aide pour Kiev.

Le Kremlin a d'ailleurs clairement réitéré ses objectifs, qui vont visiblement plus loin que le simple maintien des régions ukrainiennes déjà annexées ; il est évident que Moscou veut changer le régime à Kiev, qu'il considère comme étant en « agonie », comme l'a dit le porte-parole de l'Ambassade russe en France Alexander Makogonov. Lors d'une réunion filmée avec des représentants des médias russes, l'ancien président Dmitri Medvedev a non seulement évoqué la nécessité d'attaquer Kiev dans l'avenir, mais a également souhaité le « retour » de la ville « russe » d'Odessa sur la Mer Noire. Medvedev est certes connu pour sa rhétorique outrancière, surtout sur X/Twitter, où la virulence de ses posts a donné lieu à des spéculations sur l'influence de sa consommation d'alcool. Ses dernières remarques ont également été ridiculisées par le porte-parole de la Commission Européenne Peter Stano, qui a conseillé à Medvedev d'aller voir un professionnel de la santé mentale. Cependant, ses propos au sujet de Kiev et d'Odessa ont été dits calmement au cours d'une longue discussion officielle : même s'il s'agit de la pure propagande, le discours de Medvedev — n°2 du Conseil de sécurité russe — reste important dans la mesure où il constitue un message du régime pour les Russes.

L'évocation de la ville d'Odessa n'est peut-être pas sans lien avec la situation actuelle un peu plus à l'ouest en Transnistrie. Cette région séparatiste à l'est de la Moldavie est de facto indépendante depuis 33 ans (sans être reconnue internationalement) et a voté en 2006 pour rejoindre la Russie qui y maintient 1 500 à 2 000 soldats. Le 28 février, un congrès des 620 députés de la Transnistrie a eu lieu pour la première fois depuis 18 ans et a appelé Moscou à « protéger » la région contre une « guerre économique » de la part de la Moldavie. Si des opposants avaient plutôt craint que la région ne fasse une demande directe d'adhésion à la Russie, la déclaration du congrès reste inquiétante dans la mesure où le langage de la « protection » des russophones ressemble fortement à celui employé dans le Donbass dans les semaines avant l'invasion de février 2022. On verra dans les prochains mois s'il s'agit uniquement d'un coup de propagande de la part des séparatistes, ou si leur déclaration fait partie d'une stratégie de déstabilisation progressive de la Moldavie (qui parle déjà de « guerre hybride ») afin de préparer une intervention militaire russe au moment voulu.

Peter Bannister
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Pour aller plus loin :

Guerre en Ukraine : Dmitri Medvedev évoque la prise de Kiev comme un objectif possible de la Russie

>>> Lire l'article sur Le Figaro

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