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jeudi 2 juillet 2015

L'actu à 7 h 30 , mercredi 1 er juillet 2015

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DIRECT. Grèce : malgré le défaut de paiement, les discussions continuentDIRECT. Grèce : malgré le défaut de paiement, les discussions continuent
Le gouvernement grec a demandé mardi soir une prolongation de l'échéance pour rembourser son prêt au FMI.

Le FMI constate le défaut de paiement de la Grèce, qui devait rembourser 1,5 milliards d'euros avant minuit
Le FMI a précisé qu'il examinerait "en temps voulu" la demande de report formulée quelques heures plus tôt par Athènes pour ce remboursement.

 
Grèce : comprendre le défaut de paiement en trois questions
Cinq réponses à votre beau-père Jean-Louis, qui ne voit pas en quoi la crise grecque le concerne
Dans la manifestation pour le "oui" au référendum : "Nous voulons la Grèce en Europe, un point c'est tout"
Plus de 600 000 foyers privés d'électricité en Bretagne et Pays de la Loire
En patrouille avec la police des taxis, à la poursuite des UberPop
Canicule : 40 départements placés en vigilance orange jusqu'à jeudi
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Pourquoi il faut aller voir "Terminator Genisys" (même si ça a vraiment l'air nul)
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Les Crises.fr : L’Europe, l’Euro et l’Allemagne

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1
Juil
2015

L’Europe, l’Euro et l’Allemagne


L’Europe, l’Euro et l’Allemagne, par Jacques Sapir

Les journées des 29 et 30 juin ont été marquées par le maintien d’une forte tension entre la Grèce et les institutions européennes. Cette tension était palpable dans les locaux de Bruxelles du parlement européen ou l’auteur de ce carnet se trouvait pour une conférence dans la journée du 30 juin. Au delà des commentaires et des tentatives d’intoxication et d’intimidation qui sont depuis quelques jours monnaie commune (sic) de la part des partisans les plus acharnés de la commission et du conseil, on notera deux faits d’importance.

L’Euro n’est plus irréversible…

Le premier n’est autre que la déclaration faite par M. Benoît Coeuré, membre du conseil de la Banque Centrale Européenne. Ce dernier, dans une interview réalisée avec un journaliste des Echos[1] a admis pour la première fois qu’une adhésion à l’Euro n’était pas irrévocable et que ce dernier était de fait réversible. Il est clair qu’un haut responsable de la BCE ne s’exprime pas en son nom personnel. Ceci constitue donc un changement radical de stratégie par rapport aux déclarations précédentes, et en particulier celles de Mario Draghi, qui insistaient au contraire sur le caractère irrévocable d’une adhésion à l’Euro et considéraient donc que ce dernier était irréversible. Or, l’un des arguments avancés était qu’il fallait affirmer cette irréversibilité de l’Euro pour garantir sa crédibilité, et au-delà celle de la BCE. L’importance de cette clause d’irréversibilité tenait au fait que l’Euro existe sans les institutions nécessaires à une monnaie unique. Dès lors, son existence se réduit, on l’a déjà dit dans ce carnet à n’être qu’un système de taux de change fixes entre les monnaies des différents pays membres.
Ce retournement, qui apparaît inévitable du fait de la tournure de la crise entre la Grèce et les autorités de la zone Euro aura des conséquences importantes quant à la crédibilité de la BCE. Cette dernière devra donc prouver dans ses actes et non dans sa seule communication, sa détermination à faire survivre l’Euro. Mais, il est d’ores et déjà clair que le message a été parfaitement compris par les investisseurs « hors Zone Euro », et que le mécanisme de la spéculation sur « qui sera le prochain » est désormais enclenché.

L’Allemagne tombe le masque

Le second fait n’est autre que la déclaration de Mme Angela Merkel, opposant une fin de non-recevoir aux tentatives tant de Jean-Claude Juncker que d’Alexis Tsipras de renouer ce mardi une forme de dialogue. Tout le monde a compris que l’Allemagne mène le jeu au sein de l’Eurogroupe. Mais, c’est la première fois qu’un dirigeant allemand prend les devant et affirme une position qui devrait êtreeuropéenne et non simplement allemande. En bonne logique, il revenait à M. Juncker ou à M. Dijssenbloem de faire une telle déclaration. Mais Mme Angela Merkel ne s’est pas embarrassée de demi-mesure. Elle n’a pas cherché à masquer son geste en y associant l’un des dirigeants de l’Union européenne. Ce fait, venant après la décision du samedi 27 juin d’exclure de fait la Grèce d’une réunion de l’Eurogroupe indique donc que les dirigeants européens, et en particulier les dirigeants allemands, sont prêts à jeter aux orties les règles les plus élémentaires de conduite (le « consensus » quand ce n’est pas l’unanimité) qui étaient celles pour l’instant admises au sein de l’Union européenne.
Ces deux faits nous indiquent à la fois l’état d’affolement des dirigeants européens mais aussi que, désormais, on voit très clairement se multiplier des entorses de plus en plus importantes aux règles. Dans ce processus, l’Allemagne sort du bois et assume désormais ouvertement un nouveau rôle, qui, de fait, constitue une menace pour l’ensemble des autres pays de la zone Euro. Ce n’est plus simplement une théorie de la « souveraineté limitée » qui a cours désormais en Europe, mais c’est aussi une application du principe du livre d’Orwell Animals Farm, « tous les européens sont égaux mais certains sont plus égaux que d’autres ».

La faillite de la politique française et ses conséquences

L’effacement du gouvernement français, qu’il s’agisse de François Hollande (Président de la République), de Manuel Valls (Premier ministre) ou de Michel Sapin (Ministre des finances), qui ne se sont pas réellement signalés par leur activisme depuis ces dernières semaines, renforce cette image d’une Europe désormais livrée à l’hybris de l’Allemagne. Cette passivité de la France contribue d’ailleurs à la crise. En se refusant à affronter l’Allemagne sur le terrain des principes au nom de l’Europe (et du mythique couple franco-allemand), il se pourrait bien que nos dirigeants aient provoqué par leur inaction, leur passivité et leur suivisme, le début du délitement de l’Union européenne. Il reste donc à voir comment ceci sera perçu à la fois en Grande-Bretagne, ou un référendum sur l’appartenance à l’UE doit se tenir en 2017, mais aussi chez les « nouveaux entrants », soit les anciens pays de l’Est qui restent, on le sait, très sourcilleux sur les garanties de souveraineté qui existent au sein de l’Union européenne. Les actes symboliques forts qui se succèdent depuis ces derniers jours achèvent de déchirer le voile des illusions qui pouvait subsister quand à la véritable nature de l’Union européenne.
[1] Entretien de Benoît Cœuré, membre du directoire de la BCE, 
accordé à Nicolas Barré, Catherine Chatignoux, Jean-Philippe Lacour, Etienne Lefebvre, Guillaume Maujean, Dominique Seux et François Vidal, Les Echos, le 29 juin 2015.http://www.ecb.europa.eu/press/inter/date/2015/html/sp150629.fr.html
Source : Jacques Sapir, 30 juin 2015
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Tsipras: héros ou pyromane ?

A écouter ici, émission Du Grain à moudre
Invité(s) :
Laurent Bigorgne, directeur de l’Institut Montaigne
Romaric Godin, rédacteur en chef adjoint Economie à La Tribune
Vicky Skoumbi, rédactrice en chef de la revue grecque de philosophie “αληthεια”
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La sortie de la Grèce de la zone euro, qui était un objet théorique, ne peut malheureusement plus être exclue

L’interview de Coeuré de la BCE citée par Sapir.
TROP DROLE, je vous laisse décrypter

Entretien de Benoît Cœuré, membre du directoire de la BCE,
accordé à Nicolas Barré, Catherine Chatignoux, Jean-Philippe Lacour, Etienne Lefebvre, Guillaume Maujean, Dominique Seux et François Vidal, Les Echos, le 29 juin 2015.

La sortie de la Grèce de la zone euro est-elle désormais l’hypothèse la plus probable ?
La sortie de la Grèce de la zone euro, qui était un objet théorique, ne peut malheureusement plus être exclue. C’est le résultat du choix du gouvernement grec de mettre fin à la discussion avec ses créanciers et de recourir à un référendum, qui a conduit l’Eurogroupe à ne pas prolonger le deuxième plan d’aide.
Le souhait de la BCE comme des autorités européennes est que la Grèce reste dans la zone euro. C’est le sens de la proposition qui avait été faite la semaine dernière, par la Commission, le FMI et la BCE sous la forme d’un programme de réformes et d’une offre de financement beaucoup plus favorables que tout ce qui avait pu être proposé par le passé. L’Europe n’a jamais lâché la Grèce.
En quoi ces propositions étaient-elles plus favorables ?
Elles donnaient du temps et de l’autonomie à la Grèce pour réformer son économie, comme par exemple son marché du travail, tout en prévoyant une trajectoire budgétaire exigeante mais qui tient compte de la dégradation de la situation économique. L’excédent primaire demandé était ramené à 1% de PIB en 2015, contre 3% précédemment. Nous proposions également des coupes plus importantes dans les dépenses militaires pour créer des marges de manœuvre ailleurs.
La responsabilité de la rupture est-elle donc entièrement grecque ?
La décision d’interrompre les discussions a été prise par les autorités grecques. Cela nous a d’ailleurs surpris, car nous arrivions au terme d’échanges intenses et assez fructueux.
Vous parlez des propositions au passé. La BCE considère-t-elle que la question qui sera posée aux Grecs lors du référendum est d’ores et déjà caduque, puisque l’extension du plan d’aide ne sera plus d’actualité le 30 juin au soir ?
D’un point de vue formel, le programme va en effet expirer mardi soir. Ceci dit, si la réponse est « oui », je n’ai pas de doute sur le fait que les autorités de la zone euro trouveront les moyens, sous une forme ou sous une autre de tenir leurs engagements. La question est politique. La réponse à cette question, ce sont les Grecs qui la détiennent.
Et si les Grecs répondent « non »…
Ce serait un refus de l’offre des 18 autres pays de la zone euro. Il serait alors très difficile de renouer un dialogue politique. L’Eurogroupe a clairement considéré que les propositions des trois institutions étaient allées à la limite de ce qui était acceptable.
Alexis Tsipras estime que les Européens n’ont pas tenu leurs engagements sur la restructuration de la dette…
La question de la dette était en effet une priorité pour le gouvernement grec. Mais dès le 20 février, les ministres de l’Eurogroupe avaient dit que cette discussion ne viendrait que dans un second temps, et qu’il fallait d’abord décider d’un programme de réforme crédible. La Grèce a choisi d’interrompre les discussions avant la deuxième partie de la séquence.
Cette dette ne doit-elle pas être restructurée pour que l’économie grecque soit viable ?
D’abord, elle a été aménagée à trois reprises, depuis 2012. En cumulant l’échange et le rachat de la dette privée puis la révision de la maturité et des taux d’intérêt des prêts européens, ce sont plus de 100% de PIB d’allègements de dette qui ont été consentis. La charge de la dette grecque représente 4% du PIB, moins qu’en Italie ou en Espagne. La question n’est donc pas de savoir s’il faut réaménager la dette mais s’il est utile pour la Grèce de la réaménager une quatrième fois. Le plus important pour l’avenir de la Grèce, c’est de récréer de la croissance. Pour cela, il faut lever les rigidités de l’économie grecque, les barrières tarifaires, les rentes qui entravent l’activité et pèsent sur le pouvoir d’achat de salariés à qui on a demandé un gros effort. L’exécutif grec n’a jamais mis ces questions au cœur des discussions et cela a été une vraie déception de la part d’un gouvernement dont tout laissait à penser qu’il serait très engagé dans la lutte contre les rentes.
Quid des fonds réservés, dans le cadre du deuxième plan, au soutien des banques grecques ?
Cet argent soit 10,9 milliards d’euros, disparait avec l’arrêt du programme, mardi soir, comme l’ensemble des aides à la Grèce qui étaient encore disponibles mais conditionnées à la mise en œuvre du programme.
La BCE a maintenu son programme d’aide d’urgence aux banques (ALE). La question de son annulation s’est-elle posée le week-end dernier ?
La BCE agisse dans le cadre de ses règles. Nous pouvons fournir l’assistance de liquidité d’urgence (ALE) aux banques à condition qu’elles soient solvables, que les garanties apportées soient de bonne qualité, et que cela n’interfère pas avec politique monétaire de la BCE. Jusqu’à dimanche, ces conditions étaient remplies. Il a été constaté dans le même temps que le crédit du gouvernement grec s’était fortement dégradé, en particulier après la décision de l’Eurogroupe  de retirer le filet de sécurité accordé à la Grèce. Cela nous a conduits à ne pas autoriser de nouveaux tirages sur la Banque centrale, tout en maintenant le stock actuel de liquidités. J’estime qu’il s’agit d’une décision proportionnée, car elle ne crée pas de situation irréversible.
Vous allez maintenir l’aide aux banques jusqu’à dimanche soir ?
Nous allons maintenir l’aide jusqu’à nouvel ordre. La situation est réexaminée en permanence par le conseil des gouverneurs.
Quelle est l’exposition de la BCE au risque grec ?
Il y a d’une part les prêts accordés par l’Eurosystème aux banques grecques pour un montant de plus de 116 milliards d’euros. D’autre part, l’encours du programme de rachat de dettes décidé en 2010 (SMP) s’élève à près de 20 milliards d’euros.
On arrive à un scénario de perte potentielle proche de 135 milliards d’euros en  cas de sortie de la Grèce de l’euro?
Je ne veux pas spéculer là-dessus. La Grèce peut rester dans la zone euro.
Quelles seraient les conséquences pour la zone euro d’un non au référendum, qui serait sans doute le prélude à un « Grexit » ?
Il faut différencier l’impact de court terme de celui de long terme. La réaction des marchés financiers mondiaux, ce lundi, montre qu’il y a eu un effet de surprise. Jusqu’à vendredi soir, le scénario envisagé n’était pas celui d’une rupture des négociations et d’un référendum. Les marchés sont devenus averses au risque. Mais leur réaction reste relativement modérée. Cela montre à quel point la Grèce est un cas unique, à quel point la situation dans laquelle elle se trouve aujourd’hui est singulière.
D’autres pays de la zone euro ont connu de lourdes difficultés. Ils sont passés par des programmes d’ajustement dont ils sont sortis. Cela a été pour eux une parenthèse close avec succès. C’est le cas de l’Irlande ou du Portugal. Le programme chypriote est toujours en cours, et il se déroule bien, ce qui devrait permettre prochainement à la BCE de commencer à acheter des titres chypriotes. Je ne sous-estime pas l’effort qu’ont représenté ces programmes et leur coût social. Les citoyens de ces pays l’ont payé chèrement. Mais quand des programmes de réformes ambitieux sont adoptés et mis en œuvre, cela marche ! Ces pays sont sur la voie de la reprise.
Les marchés sont plutôt modérés, pour l’instant. Mais si la situation s’aggrave ?
Leur réaction montre aussi la résilience de la zone euro à des chocs extérieurs. Les filets de sécurité mis en place ces dernières années jouent leur rôle. Je pense au Mécanisme Européen de Stabilité (MES), à l’Union bancaire, et à aux différents programmes de la Banque centrale européenne. Mais il faut être vigilant. La BCE a clairement indiqué dimanche qu’elle surveillait attentivement la situation économique et les marchés. Si des risques survenaient, nous nous tenons prêts à utiliser les instruments dont nous disposons – le Quantitative easing et l’OMT -  et nous nous tenons même prêts à utiliser de nouveaux instruments, dans le cadre de notre mandat.
Quels pourraient être ces nouveaux instruments ?
Le conseil de gouverneurs de la BCE analyse la situation en temps réel. Nous avons déjà dit que nous étions prêts à faire plus en matière de politique monétaire si nécessaire. Jusqu’à maintenant, la BCE a toujours trouvé les réponses aux crises, dans le cadre de son mandat. La Cour européenne de justice a validé le dispositif OMT mis en place en 2012 (programme d’achats de titres pour les pays sous aide financière, qui n’a pas été utilisé à ce jour, NDLR). Et dans son jugement, elle a estimé que la BCE devait bénéficier de larges modalités d’appréciation pour choisir ses instruments.
A long terme, un « Grexit » ne risquerait-il pas d’acter le fait qu’un pays peut désormais sortir de la zone euro, que sa construction n’est pas irréversible ?
Si la Grèce devait sortir de la zone euro, cela risquerait de jeter un doute sur la nature de l’union monétaire et sur son fonctionnement. Cela créerait une fragilité. Ce serait un drame pour la Grèce et son économie d’abord. Ce serait un défi pour l’Europe qu’elle devrait relever au plus vite, en renforçant sérieusement son cadre institutionnel. La stabilité de la zone euro repose sur un équilibre entre responsabilité et solidarité. Pour être plus forts et plus convaincants, il faut des initiatives concrètes pour renforcer ces deux dimensions.
Que diriez-vous aux Grecs pour les convaincre de ne pas sortir ?
L’essentiel c’est que la Grèce soit remise sur une trajectoire de croissance, qu’un consensus soit trouvé pour recréer pour le pays un modèle économique viable. La productivité globale des facteurs en Grèce n’a augmenté qu’à un rythme de 1% par an, entre 1981 et 2014 contre 2% par an dans la zone euro, et ce, en dépit des transferts importants dont la Grèce a bénéficié. Pour y parvenir l’économie grecque doit rester insérée dans le grand marché européen et pouvoir s’appuyer sur ses institutions. J’ajoute que si la Grèce devait sortir, l’austérité serait bien pire encore. Elle ne bénéficierait plus de la solidarité de la zone euro, qui lui a donné le temps de faire les ajustements nécessaires.
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Et je vous donne aujourd’hui votre Quatremer de ce jour :
Il est marqué dessus :

41 réponses à L’Europe, l’Euro et l’Allemagne

Commentaires recommandés

atanguyLe 01 juillet 2015 à 04h08
J’écoutais un de ces journaleux ce soir a la radio disant “Cet argent que les grecs doivent c’est a vous,c’est l’argent de vos dépôts dans les banques françaises”
Premièrement si il est vrai que les banques ont prêté de l’argent, qui m’appartenais,a la Grèce c’est sans mon accord,de plus dans un système financier correcte, ces investissements risqués n’étaient pas de mon fait et les banques devraient les assumer,elles n’auraient jamais du toucher aux dépôts des particuliers pour le faire, et pour couronner le tout ,maintenant les banques se sont déchargé de leurs pertes sur l’état et c’est encore avec notre argent qu’on doit payer les conneries des banquiers.

Les Crises.fr : Actu’Ukraine 01/07/2015

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1
Juil
2015

Actu’Ukraine 01/07/2015


Merci à toutes celles et tous ceux qui ont participé à cette Actu’Ukraine !

ACTU’UKRAINE DU 22 AU 28 JUIN 2015


 PREMIER FOCUS DE LA SEMAINE : LA GUERRE UKRAINIENNE CONTRE LES ENFANTS

Attention certaines images sont difficiles à supporter. 

• En Novorussie. Quelques images et vidéos qui se suffisent à elles-mêmes.

11 juin 2015 :  Enfants du Donbass et mort de Minsk 2  (Attention certaines images sont dures à supporter : youtube)

9 juin 2015 : Donbass.  La plus importante vidéo  [sous-titres français] (youtube, video originale :youtube)

Ce qui renvoit pour les russes, biélorusses et ukrainiens à cette photo iconique de la seconde guerre mondiale, prise fin juin 1941, quelque part dans le sud-ouest de l’URSS, peu après le début de l’invasion nazie (pravmir.ru).

Et les Cyber Berkut de faire le parallèle entre les massacres de Volhynie et la guerre civile au Donbass (Attention, image dure : cyber-berkut.ru)

Le 1er juin, jour des enfants, des réquiems ont été célébrés dans toutes les églises relevant de l’église orthodoxe d’Ukraine (orthodoxie.com).....

le Parti de l’émancipation du peuple (ex-M’PEP) :DÉCLARATION D’ATHÈNES CONTRE L’UNION EUROPÉENNE


DÉCLARATION D’ATHÈNES CONTRE L’UNION EUROPÉENNE
 
Par le Parti de l’émancipation du peuple (ex-M’PEP).
 
Le 30 juin 2015.
 
Le Forum international anti-Union européenne organisé les 26-28 juin 2015 à Athènes, co-organisé par le Parti de l’émancipation du peuple (ex-M’PEP), a connu un grand succès. Son but est le rassemblement le plus large des forces populaires, coordonnées au sein du Forum anti-Union européenne, et le développement des luttes pour le retrait des pays européens de l’euro et de l’Union européenne.
(…)




Adhérez au Parti de l’émancipation du peuple (ex-M'PEP) ! 

Pour imprimer le bulletin d’adhésion, cliquez ci-dessous : 
http://www.m-pep.org/IMG/pdf/bulletin_adhesion_2015.pdf

Les Crises.fr - Grèce : défense de la démocratie, par Jacques Sapir

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                                        Des images pour comprendre
30
Juin
2015

Grèce : défense de la démocratie, par Jacques Sapir


                

La décision d’exclure la Grèce d’une réunion qualifiée après coup d’informelle de l’Eurogroupe le samedi 27 juin représente l’équivalent d’un coup de force de la part du Président de l’Eurogroupe, M. Jeroen Dijsselbloem. Il s’agit d’un acte inouï qui viole tant l’esprit que la lettre des traités de l’Union européenne. L’absence de réaction des autres participants est tout aussi grave. Ce jour fut un jour très noir pour la démocratie. Ce dimanche 28 juin les pressions sur la Grèce ont reprises. Les jours qui viennent pourraient, eux aussi, s’avérer des jours sombres pour la démocratie en Europe comme en Grèce. Il faut en mesurer la portée et les conséquences.

Les faits

La réalité des faits est que M. Dijsselbloem a demandé, lors de la réunion de samedi 27, au Ministre grec des finances, M. Yanis Varoufakis de sortir de la salle. L’Eurogroupe a publié un communiqué sans l’accord du Ministre grec, que l’on trouvera ici.
Communiqué de l’Eurogroupe, publié au Journal Officiel de l’UE
A - Eurogroup Statement
Ce communiqué porte en note que le texte représente l’avis de tous les membres sauf la partie grecque. La position de la partie grecque n’est nullement évoquée comme cela se pratique (ce que l’on appelle une « position minoritaire »). On doit ici faire plusieurs remarques :
  1. Si la réunion était, comme l’a dit M. Dijsselbloem une réunion « informelle », pourquoi a-t-elle fait l’objet d’un communiqué ?
  2. Si cette réunion n’était pas informelle, de quel droit le Ministre grec en a-t-il été exclu, et de quel droit sa position n’est pas mentionnée dans le communiqué ?
  3. L’Eurogroupe est un « groupe informelle » dans le cadre des institutions de l’Union européenne. Mais, il agit par délégation du Conseil européen, dont il reprend une partie des attributions. De ce point de vue, il est tenu par les règles, tant explicites que tacites qui sont celles du Conseil.
La décision de M. Dijsselbloem constitue donc un abus de pouvoir caractérisé, un acte qui pourrait être jugé comme illégal, que ce soit devant la Cour Européenne de Justice ou devant la Cour Internationale de La Haye. Il est donc inouï que M. Dijsselbloem ait pris cette décision. Mais, il est tout aussi inouï que les autres Ministres présents n’aient pas réagis. De ce point de vue, la position de Michel Sapin, Ministre français des finances est parfaitement incompréhensible. Il ne peut à la fois prétendre que « la Grèce fait toujours partie de l’Union Economique et Monétaire » et assister, comme il le fit ce samedi 27 juin, à une réunion dont le Ministre grec était exclu. Il y a là une contradiction irrémédiable. Rappelons que, au cas où la décision de M. Dijsselbloem serait condamnée en justice, tous les Ministres qui ont assisté à cette réunion pourraient être poursuivis pour complicité dans un abus de pouvoir.

La position de Yanis Varoufakis.

Sur son blog[1], le Ministre des finances grec donne très clairement les raisons pour lesquelles il n’a pas accepté les propositions de l’Eurogroupe ainsi que les raisons qui le conduisent à penser que ces propositions constituaient en réalité un ultimatum. Le texte de sa déclaration, qui n’a pas été contestée par les autres membres de l’Eurogroupe et que l’on peut considérer comme authentique, montre que l’on a été en présence d’un raisonnement économique parfaitement articulé. Les arguments avancés par M. Varoufakis sont des plus sérieux, et il a reçu le soutien de plusieurs économistes de réputation internationale (comme Paul Krugman ou Joseph Stiglitz).
Il est toujours possible de contester des éléments de la logique de Varoufakis. Mais il faut alors se situer au même niveau que lui. Force est de constater que ce n’est pas le cas avec les soi-disant « propositions » formulées par l’Eurogroupe. En réalité, ce dernier n’a nullement abordé la question du développement économique de la Grèce, mais uniquement par quels moyens et quelles procédures continuer d’extorquer de ce pays des paiements qu’il ne peut fournir. L’Eurogroupe a bien poursuivi une logique politique et non une logique économique. Dès lors, la rupture entre la Grèce et l’Eurogroupe prend une toute autre dimension qu’un conflit entre un débiteur et ses créanciers. Ce qui était en cause est la souveraineté du peuple grec. La rupture ne s’est donc pas faite sur des questions économiques mais sur le constat que l’Union européenne applique désormais l’équivalent de la « doctrine Brejnev » de souveraineté limitée, qui avait été exprimée lors de l’intervention des pays du « Pacte de Varsovie » en Tchécoslovaquie en août 1968.
Il est un comble qu’alors que l’Union européenne se drape dans une « défense de la démocratie » par exemple en Ukraine (en oubliant opportunément le rôle des milices fascistes qui aident le gouvernement de Kiev) elle piétine de la manière la plus froide et la plus claire cette dite démocratie en ce qui concerne la Grèce. Cette leçon devra être retenue. Le 27 juin 2015 pourrait bien être dans l’esprit de beaucoup l’équivalent pour l’Union européenne de l’intervention soviétique en Tchécoslovaquie, qui aida beaucoup à décrédibiliser le régime soviétique et précipita sa chute 20 ans après.

Le rôle de la BCE

Dans ce contexte, la décision de la Banque Centrale Européenne de maintenir au même niveau l’aide à la liquidité qu’elle fournissait à la Grèce (ce que l’on appelle l’ELA) a été le déclencheur des événements de dimanche 29 juin au soir. Confrontées à des sorties importantes de capitaux depuis le mois de janvier dernier, les banques grecques sont en effet vitalement dépendantes du programme d’aide de la BCE. Les sorties se sont accélérées depuis ces derniers jours. L’annonce du maintien de l’ELA mais à son même niveau équivalait à menacer les banques d’une pénurie de liquidité à court terme.
Déclaration de la BCE sur sa coopération avec la Grèce
A - BCE
Le gouvernement grec a donc été contraint contre sa volonté de mettre en place un contrôle des capitaux et de mettre les banques en sommeil pour une semaine. C’est une décision extrêmement grave, et elle pourrait rendre la tenue du référendum sans effet si elle aboutissait, de fait, à acter le défaut et une expulsion hors de la zone Euro de la Grèce. Il semble que le gouvernement grec se soit résigné à cette logique, en dépit des déclarations qu’il a faites tant samedi que dimanche.
Mais, c’est aussi une décision qui révèle la violence du chantage exercé sur la Grèce par les pays créanciers. Il conviendra de s’en souvenir le moment voulu.
[1] http://yanisvaroufakis.eu/2015/06/28/as-it-happened-yanis-varoufakis-intervention-during-the-27th-june-2015-eurogroup-meeting/
Source : Jacques Sapir, pour son blog RussEurope, le 29 juin 2015.
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Grèce : la BCE et la Commission changent la nature du référendum, par Romaric Godin

Les institutions européennes s’engagent, avec des menaces et des pressions, en faveur du “oui” au 5 juillet. Une politique contestable.
La décision de la BCE de geler dimanche 28 juin le plafond de l’accès des banques grecques à la liquidité d’urgence (le programme ELA) a modifié entièrement la nature du référendum qui se tiendra dimanche 5 juillet en Grèce. En théorie, la question posée aux électeurs grecs sera de savoir s’ils acceptent ou non les dernières propositions soumises officiellement par les créanciers le 25 juin dernier. Mais ce gel du programme ELA a rendu inévitable l’instauration de restrictions bancaires importantes. Et depuis que ce lundi 29 juin, les banques helléniques sont fermées et que les rues de Grèce se sont couvertes de longues queues devant les distributeurs de monnaie, la vraie question à laquelle l’électeur grec devra répondre est très différente.

La BCE fait campagne pour le « oui »

La manœuvre est subtile de la part de la BCE. En choisissant de mettre la pression sur les banques grecques durant la campagne référendaire, elle prévient implicitement que l’électeur aura le choix entre la réouverture des banques le 7 juillet ou la poursuite de leur fermeture. Elle inquiète naturellement une partie des déposants grecs qui se souviennent du sort des comptes chypriotes en 2013 et qui savent que, pour eux, la limite de 100.000 euros appliquée à Chypre ne sera sans doute pas valable. Elle crée aussi une tension qui, ce lundi, était de plus en plus palpable à Athènes. Tout ceci a évidemment un but politique : arracher un « oui » à la population.
Certes, la BCE peut se dissimuler derrière des arguments solides : l’ELA est conditionné à la perspective d’un accord car si l’Etat grec fait faillite, les banques deviennent insolvables. Mardi, le plan « d’aide » deviendra caduc, aucun accord n’est donc possible. Mais, dans ce cas, pourquoi ne pas avoir, comme le demandait le président de la Buba Jens Weidmann, couper l’ELA purement et simplement ? Si la BCE estime que le référendum apporte encore l’espoir d’un accord grâce à un « oui », elle aurait dû fournir aux banques grecques les liquidités suffisantes jusqu’au vote, pour ne pas l’influencer. Elle a préféré un jeu plus subtil qui lui permet, en réalité, de peser lourdement dans la campagne. En faveur du « oui », bien sûr. De ce point de vue, la BCE sort de son rôle purement monétaire et devient un acteur politique de l’affaire grecque. Elle tente de maintenir la Grèce dans la zone euro en se débarrassant du gouvernement Tsipras.

Jean-Claude Juncker s’engage

Le but des dirigeants européens est évidemment le même. Et pour le satisfaire, ils ont été plus francs dans leurs déclarations. Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, lundi midi, n’a pas caché qu’il en faisait un vote pour ou contre le maintien dans la zone euro et dans l’Union européenne :
« Si le peuple grec, responsable, conscient du rôle et national et européen qu’il joue, votait “oui”, le message tel qu’il serait reçu dans les autres pays membres de la zone euro, et au-delà de l’Union européenne, et au-delà de la société mondiale, voudrait dire que la Grèce veut rester ensemble avec les autres pays membres de la zone euro et de l’Union européenne », a déclaré le président de la Commission.
Un peu plus tard, Matteo Renzi, a twitté en anglais que l’enjeu du vote était « euro vs Dracma (sic). C’est cela le choix. »
The point is: greek referendum won’t be a derby EU Commission vs Tsipras, but euro vs dracma. This is the choice.
— Matteo Renzi (@matteorenzi) 29 Juin 2015

 Menaces européennes

Le but des créanciers est donc clairement de dramatiser l’enjeu du referendum pour faire entendre au people grec qu’il ne peut être question de poursuivre les négociations avec le gouvernement en cas de « non. » Or, c’est un des arguments d’Alexis Tsipras : en cas de « non », le premier ministre grec promet que la Grèce sera en position renforcée pour engager de nouvelles discussions sur la base du même programme que celui de Syriza : réduire l’austérité en se maintenant dans la zone euro. Un argument que les dirigeants européens qui, ce lundi, sont entrés en campagne pour le « oui » s’acharnent à démonter en faisant croire qu’ils sont prêts à provoquer le Grexit en cas de vote contraire. Pire, Jean-Claude Juncker indique que la place de la Grèce dans l’UE serait en jeu, ce qui n’a guère de sens.

Peur européenne du « non »

Cette position pose problème. D’abord, il s’agit d’une ingérence dans la vie politique d’un Etat membre, ce qui est assez contestable. Il en résulte une radicalisation visible des positions au sein de la population entre les forces pro-institutions et les autres qui se révèle déjà palpable sur les réseaux sociaux et dans les média. Cela présente un risque élevé dans un pays rongé par la crise et soumis à une fermeture des banques.
Surtout, il cache une peur certaine du « non ». La BCE a montré encore dimanche que si elle était un adversaire d’Alexis Tsipras, elle rechignait encore nettement à engager la mécanique du Grexit en coupant l’ELA. Or, elle seule peut provoquer la sortie de la Grèce de la zone euro. Les chefs d’Etats et de gouvernements de la zone, quoi qu’ils en disent, ne peuvent pas provoquer le Grexit, ils ne peuvent que provoquer le défaut de la Grèce. La question reste donc la même : la BCE est-elle prête à exclure un membre de la zone euro en créant un précédent dangereux ? Et : les gouvernements sont-ils prêts à accepter de prendre des pertes sur les prêts à la Grèce ? La réponse semble encore être non. Et la meilleure preuve en est précisément cette campagne agressive pour le « oui » au référendum, afin de ne pas se trouver dans la possibilité de devoir faire face à un « non », donc à un choix désagréable : engager le Grexit ou de nouvelles négociations ? Jean-Claude Juncker ce lundi a exhorté les Grecs à ne pas « choisir le suicide par peur de la mort. » Mais cette peur de la mort semble aussi partagée par les institutions européennes. D’où cette campagne très vive pour le « oui. »

Le « oui » serait-il une solution à la crise ?

L’ennui, c’est que le « oui » sera peut-être un piège aussi redoutable que le « non » pour les créanciers. Alexis Tsipras peut respecter ce vote comme il l’a laissé entendre et s’engager à appliquer le plan des créanciers. Mais les relations avec la troïka seront forcément exécrables et le gouvernement ne manquera sans doute pas une occasion de contester ce plan pendant sa durée. Surtout, le gouvernement grec pourrait se montrer moins coopératif dans d’autres domaines de la politique de l’UE, on pense notamment aux relations avec la Russie.
Mais le scénario le plus probable est celui d’une démission du gouvernement Tsipras. Selon une source grecque, « tous les ministres, même les plus modérés, sont décidés à ne pas appliquer le plan des créanciers. » Les créanciers auront alors réussi leur pari : se débarrasser de ce gouvernement. Mais ensuite ? Un mois après, de nouvelles élections risquent de replonger la Grèce dans une crise politique. Syriza reste très populaire en Grèce, pour des raisons indépendantes des négociations, qui sont son « innocence » dans le système clientéliste grec. Tout peut changer après le 5 juillet. Mais il est possible que Syriza gagne à nouveau ces élections. Les dernières enquêtes indiquent que même en se regroupant, les partis « pro-mémorandum » (Nouvelle Démocratie, Potami et Pasok) ne passeraient pas devant Syriza (36 % contre 39 % dans le dernier sondage Alco). Cette réélection serait une impasse politique pour la Grèce. Reste le scénario rêvé par les Européens : une victoire des forces « pro-européennes » précitées. Dans ce cas, il est à souhaiter que la médication européenne permettent à la Grèce de disposer d’une croissance forte et bien redistribuée (mais on peut en douter).
Car Alexis Tsipras pourrait autrement rapidement jouer le rôle de recours en s’auréolant du statut de celui qui a résisté pendant six mois à la troïka, victime d’un « coup d’Etat financier. » Il pourrait alors tenir le rôle du « grand homme » grec du 20e siècle, Eleftherios Venizélos, qui a, plusieurs fois, quitté la vie politique pour être rappelé en héros dans les années 1920 et 1930. A moyen terme, la stratégie des Européens apparaît d’autant plus risquée que cette ingérence et les humiliations subies par le pays durant les négociationsne vont pas manquer dans l’avenir de peser lourd dans les relations entre la Grèce et l’Europe. On pourra le cacher quelque temps, mais les plaies resteront longtemps ouvertes.
Source : Romaric Godin, La Tribune, 29/06/2015
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DES ECONOMISTES et des PRATICIENS EN FAVEUR DE LA DRACHME

PAR  · 29 JUIN 2015

Une fois n’est pas coutume, je publie ici un appel d’économistes, soit universitaires soit praticiens, qui se prononcent en faveur du retour de la Grèce à une monnaie nationale .

DES ECONOMISTES et des PRATICIENS EN FAVEUR DE LA DRACHME, 21.06.2015
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Après 6 années environ de sacrifices inhumains “demandés” à la population, la dette de la Grèce a grimpé et représente aujourd’hui 180 % du PIB (au début de la crise elle était de 120 %), et il est évident qu’elle n’est pas viable. Ce désastre est dû au plan imposé par la troïka et dont l’échec est complet, puisqu’il a fait chuter notre PIB, entre 2008 et 2015, de 26 %. Aucun pays n’a jamais subi un désastre d’une telle ampleur en temps de paix : le chômage officiel touche 27 % de la population active, l’austérité excessive, idée fixe des dirigeants de l’UE et qui vise directement la stabilité de l’euro, a détruit l’économie et a plongé en même temps l’Europe tout entière dans une récession permanente et un équilibre de sous-emploi. La Grèce, c’est malheureux, est utilisée comme premier animal de laboratoire. Ces lignes sont écrites à un moment où la négociation est en cours, entre le nouveau gouvernement grec du SYRIZA et les créanciers.
L’obsession de la troïka, qui demande des mesures encore plus inhumaines sans pour autant garantir le remboursement de la dette, intensifiant l’appauvrissement de la population, est absolument inacceptable, criminelle et tout compte fait, sans aucun contenu. Car, à partir du moment où les mesures imposées à l’économie sont totalement inefficaces et qu’elles se traduisent par une baisse continue du PIB, l’augmentation du chômage et l’intolérable ‒dans ces conditions‒ écroulement des recettes publiques, il est clair que ce plan fou de l’austérité asphyxiante devrait être abandonné, sans la moindre hésitation. À savoir que, en dépit des risques et des complications liées à la sortie ‒événement sans précédent‒ de la zone euro, y rester n’offre aucune solution. L’économie de la Grèce est ravagée et il est urgentissime de recourir à un plan de reconstruction et de développement.
La mise en œuvre d’un tel plan n’est pas possible avec les liquidités fournies au compte-goutte par la BCE. En effet, aucune économie ne s’est jamais développée dans le passé sans liquidité confortable et sans une inflation contrôlée. Par conséquent, seul un retour à sa monnaie nationale pourrait, dans certaines conditions, assurer à l’économie de la Grèce ravagée sa reconstruction et un développement rapide, nécessaire pour lui permettre de rembourser cette part de la dette qui n’est pas onéreuse et honteuse.

*Alain Cotta , Professeur des Universités
*Jean-Pierre  Gérard, Président de l’Institut Pomone
* Jean Hernandez Président de chambre honoraire à la cour des comptes, Ancien Dr Adjoint du cabinet de Philippe Seguin, VP du G21
* Roland Hureaux membre   de l’Institut Pomone
*Theodoros Katsanevas, Professeur à l’Université du Pirée, Président du parti en faveur de la drachme
*Gérard Lafay, Professeur émérite des Universités, Vice-Président de l’Institut POMONE
* Maria Negreponti-Delivanis, Ex Recteur et Professeur à l’Université Macédonienne
*Michel Robatel fondateur de l’Institut  Pomone
*Jacques Sapir, Directeur d’études à l’Ecole des Hautes Études en Sciences Sociales
Directeur du CEMI-EHESS
*Ilias Stamboliadis, Professeur à l’Ecole Polytechnique de Hania-Crète
*Jean-Claude Werrebrouck, Professeur à l’Université de Lille 2, membre  du G21
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Communiqués

Zone euro: 19 moins un?

28 Juin 2015 – 18:37 par Les Économistes Atterrés
Samedi 27 juin 2015, dix-huit ministres des finances de la zone euro ont pris la scandaleuse décision d’exclure leur homologue grec, Yanis Varoufakis, de leur réunion et de publier un communiqué annonçant que le programme d’assistance financière de la Grèce prendra fin le 30 juin. Ils n’ont pas supporté que le gouvernement grec préfère obtenir un excédent budgétaire primaire en augmentant les impôts sur les plus riches plutôt qu’en supprimant la prime de solidarité pour les petites retraites inférieures à 700 euros. Ils n’ont pas supporté que Yanis Varoufakis explique depuis des mois que contrairement à ses prédécesseurs, il ne voulait pas seulement attendre « sa tranche de prêt comme un drogué sa dose », mais reconstruire l’économie de son pays et négocier une restructuration de la dette. Ils n’ont pas supporté – après leurs multiples manœuvres et menaces pour imposer un  plan inepte – que le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, leur donne une leçon de démocratie en organisant un référendum pour savoir si le peuple grec accepterait ou rejetterait la proposition des institutions européennes.
Le fond de la question est que, sur un plan démocratique, ce n’est pas aux créanciers d’arbitrer entre différentes mesures budgétairement équivalentes. Accepter cette intrusion et s’y soumettre, c’est  accepter qu’un débiteur – aujourd’hui la Grèce, demain n’importe quel autre pays – se transforme, au nom de la dette, en colonie d’une armée de technocrates appointés.  Et il est atterrant d’entendre le président de l’Eurogroupe reprocher au gouvernement grec d’avoir « envoyé un message négatif aux Grecs » en organisant un référendum ! Alexis Tsipras n’a fait que constater qu’il n’avait pas le mandat pour signer l’accord que lui soumettaient les créanciers. Si l’Eurogroupe – qui s’est rangé aux positions les plus intransigeantes et les plus brutales du FMI – est si convaincu de la justesse et du bien-fondé de ses positions, que craint-il de la consultation du peuple ?
Pour leur part, les dirigeants grecs ont toujours indiqué qu’un accord ne traitant pas la question de la soutenabilité de la dette, ni celle de la reconstruction de l’appareil productif grec, ne résoudrait rien. Les dirigeants européens ont systématiquement refusé d’inclure dans les négociations la perspective d’une restructuration de la dette publique grecque, alors même qu’ils savent celle-ci inévitable. Dès 2012, ils s’étaient engagés – mais n’ont pas respecté cet engagement – à remettre la question de la dette grecque sur le métier. De fait, aucun économiste sérieux ne conteste le caractère insoutenable de la dette grecque mais la nouvelle Troïka cherche avant tout à montrer – en dépit de toutes les évidences – qu’il n’y a pas d’alternative aux politiques déflationnistes qui ont « si bien marché » en Europe depuis 2010, comme déjà dans les années 1930…
Le communiqué de l’Eurogroupe signifie aussi que nul n’a tenté de s’opposer à la création d’une procédure de mise à l’écart visant à pousser un pays hors de la zone euro. Contrairement à ses déclarations, le gouvernement français n’a jamais fait le « trait d’union » entre l’Eurogroupe et le gouvernement Tsipras. Les conséquences de son inaction sont désormais dramatiques.
Nous, Économistes atterrés, dénonçons le coup de force en cours contre la Grèce et son peuple. Il est plus que temps de mettre fin aux menaces où l’UE jusqu’ici s’est complu. Les peuples européens ont tout à y perdre et rien à y gagner. L’UE a entre les mains une proposition d’Alexis Tsipras, résultat de longues négociations et de compromis multiples. En outre, un moratoire de quelques années sur sa dette publique permettrait au gouvernement grec de mettre en œuvre une politique industrielle et de prendre le temps de discuter des modalités de la restructuration de cette dette. Poursuivre dans le déni et les ultimatums conduira l’Europe à une crise majeure. Il reste peu de temps pour la prévenir.

59 réponses à Grèce : défense de la démocratie, par Jacques Sapir