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mercredi 3 avril 2013

Vénézuela : Le compte à rebours est lancé

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MONDE -  le 2 Avril 2013

Vénézuela : Le compte à rebours est lancé

 
Caracas (Venezuela), envoyée spécialeLa campagne de l’élection présidentielle du 14 avril a débuté. Nicolas Maduro, le favori, comme son outsider de droite, Henrique Capriles, se revendiquent de l’héritage de Chavez. 
Les Judas ont brûlé. Dimanche de 
résurrection oblige, les habitants des barrios ont mis le feu à des mannequins empaillés pour célébrer la Pâques. Rompant avec le silence de ces derniers jours, la pétarade qui a accompagné ce rituel a, d’une certaine manière, lancé le compte à rebours de l’élection présidentielle du 14 avril qui désignera le successeur du président Hugo Chavez, mort le 5 mars. Ce scrutin, qui voit s’affronter le candidat du Parti socialiste uni du Venezuela (Psuv), et vice-président par intérim, Nicolas Maduro, à Henrique Capriles, de la Table d’unité démocrate (coalition hétéroclite de la droite), est chargé de symboles.
Nicolas Maduro, donné favori dans les sondages
Pour la première fois depuis quatorze ans, et après autant de scrutins, cette élection se déroulera sans Hugo Chavez, dont le leadership a profondément marqué le pays. Sa figure est d’ailleurs omniprésente : sur les chaînes publiques, dans la presse, sur les murs de Caracas, mais surtout lors des premiers actes de cette campagne express. Dans un discours souvent emprunt de contemplation, et de religiosité, Nicolas Maduro, donné favori dans les sondages, se pose bien évidemment en successeur désigné du leader de la révolution bolivarienne, en se présentant comme le « fils de Chavez ». L’ancien ministre des Affaires étrangères a d’ailleurs décidé de donner le coup d’envoi de sa campagne, à Barinas, l’État qui a vu naître le Comandante, tout comme ce dernier l’avait fait lors de la présidentielle du 7 octobre 2012. Vendredi, lors du lancement des unités de bataille du commando Hugo Chavez (équipe de campagne) des plaines de l’Ouest, Nicolas Maduro a insisté sur l’enjeu électoral : « Le modèle de la patrie et celui de l’anti-patrie. » « Il y a deux modèles et deux horizons, a-t-il harangué. 
Le modèle du socialisme démocratique ou celui des privatisations, celui de la révolution bolivarienne, chaviste, ou celui de Washington. Il y a un horizon capitaliste et un horizon chrétien et socialiste, c’est vous qui décidez. »
À cette occasion, le syndicaliste et ancien chauffeur de bus, comme il aime à le rappeler en opposition à Capriles, « le petit prince de la bourgeoisie parasitaire » qui, en retour, méprise ses origines modestes, a souligné l’importance des valeurs et de la conscience laissées en héritage par Hugo Chavez. Eddy Ortiz est l’un des sept millions d’adhérents du Psuv, formation qui le 14 avril sera soutenue par des milliers d’organisations sociales, et le Grand Pôle patriotique, qui regroupe onze organisations politiques. Comme lui, ils sont nombreux à déclarer que 
« la révolution continue dans le sillage tracé » par le président défunt, citant pêle-mêle « les missions » programmes sociaux ainsi que les « conseils communaux, véritables organisations du pouvoir populaire dans les quartiers ».
Le candidat de la MUD avance masqué
Henrique Capriles, quant à lui, déploie une stratégie pétrie de mimétisme. Après son échec lors de la précédente présidentielle et des déclarations fracassantes sur de prétendues manipulations de la mort de Chavez par les autorités, le fondateur de Primero Justicia tente désormais de capter une part de l’héritage. Usant de formules détournées du leader défunt, Henrique Capriles avait même envisagé d’entamer lui aussi sa campagne à Barinas, avant de se raviser. Il a baptisé son commando de campagne du nom de Simon Bolivar, si cher aux yeux de Chavez, alors que la droite a toujours relégué aux oubliettes de l’histoire le héros de l’indépendance du Venezuela. Sur le fond, le candidat de la MUD avance masqué, préférant taire le caractère ouvertement libéral de son programme. Son cheval de bataille reste les livraisons de pétrole avantageuses aux pays voisins, à commencer par Cuba, ou encore l’insécurité. L’opposition avait d’ailleurs prévu, hier soir, une marche aux flambeaux dans la capitale contre ce problème qui préoccupe, en premier lieu, les Vénézuéliens.
Dernier symbole enfin : le 14 avril est, pour les chavistes, l’anniversaire du retour de la démocratie après le coup d’État avorté contre Chavez, le 11 avril 2002. Cette date sera aussi celle de la fin de la campagne qui, pour l’heure, il faut le reconnaître, manque de fond politique.
La gauche latino appuie Maduro 
Le groupe de travail du Forum de Sao Paulo a décidé d’apporter officiellement son appui au candidat socialiste, Nicolas Maduro. Réunie à Caracas lundi, cette instance, qui regroupe un large éventail de formations politiques du continent allant de 
l’extrême gauche au centre, tenait également à rendre hommage 
à Hugo Chavez. Le secrétaire exécutif du Foro de Sao Paolo 
et responsable du Parti des travailleurs du Brésil, Walter Pomar, 
a déclaré que l’élection de Nicolas Maduro « est importante 
pour l’intégration latino-américaine ». « Le Venezuela joue 
un rôle important fondamental. Ce serait un désastre 
s’il y avait un changement de direction au sein de ce gouvernement », a-t-il estimé. D’où l’importance, a-t-il ajouté, d’une « victoire écrasante pour Maduro ».
Cathy Ceïbe

Cahuzac exclu du PS, Hollande campe sur sa ligne

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POLITIQUE -  le 3 Avril 2013

Cahuzac exclu du PS, Hollande campe sur sa ligne

Jérôme Cahuzac se voit exclu du PS, condamné fermement et sévèrement par tous ses anciens collègues au gouvernement, mais la ligne politique n’est pas remise en question. François Hollande n’a pas promis de remaniement ni de mesure forte, malgré la pression de ses alliés d’EELV qui réclament un "choc de confiance".
"Il s'est exclu de fait du Parti socialiste. Il n'en sera désormais plus membre", a lancé le numéro un du PS, réclamant à l'élu du Lot-et-Garonne de renoncer également "à ses mandats électifs". "Les fautes, politique et morale, de Jérôme Cahuzac, exigent la sanction la plus ferme, envers des actes et un mensonge inacceptables". Harlem Désir a lancé ainsi la vague de désolidarisation de la majorité gouvernementale envers l’ancien ministre.
Hollande réaffirme sa volonté de République irréprochable
François Hollande a pris la suite dans une brève allocution vidéo enregistrée. Il condamne fortement et annonce quelques mesures qui risquent d’être avant tout symboliques. Il veut renforcer l’indépendance de la justice, lutter de manière impitoyable contre les conflits d’intérêts (publics-privés), et proposer une loi pour que les élus condamnés pour fraude ou corruption se verront interdits de tout mandat public.
Jean-Marc Ayrault, qui s’apprête à vivre de difficiles moments à l’Assemblée nationale face aux questions au gouvernement, s’est félicité malgré tout de l’indépendance de la presse et de la justice. "Personne n'est intervenu dans l'enquête préliminaire" et qu'il n'y a pas eu "d'officine", "d'enquête parallèle", "de pression sur les médias" précisent des ministres réunis en Conseil ce mercredi matin.
"Choc de confiance"  
Le groupe écologiste de l'Assemblée nationale souhaite de son côté créer un "choc de confiance" passant notamment par la transparence totale sur le patrimoine des élus afin d'en finir avec les soupçons. François de Rugy et Barbara Pompili, co-présidents du groupe écologiste, ont annoncé mercredi qu'ils allaient redéposer une proposition de loi relative à la transparence de la vie publique et la prévention des conflits d'intérêts.
Cette proposition de loi prévoit de renforcer la transparence en matière de situation patrimoniale des élus. Elle propose également de renforcer cette même transparence en ce qui concerne les revenus tirés de l'exercice d'un mandat politique et de l'utilisation faite par les élus des moyens mis à leur disposition. Le texte propose enfin de renforcer la prévention des conflits d'intérêts auxquels peuvent être confrontés les parlementaires.

Décentralisation : « l’incompréhension » et « la colère » repoussent le « chantier » à plus tard

                         http://parti-ouvrier-independant.fr


Décentralisation : « l’incompréhension » et « la colère » 

repoussent le  « chantier » à plus tard

s'informerLe Premier ministre Jean-Marc Ayrault a confirmé devant les sénateurs socialistes que son gouvernement retirait son projet de loi sur la décentralisation, qui devait être discuté au Conseil des ministres du 10 avril. Ce projet qui, d’après Thierry Mandon, porte-parole des députés du PS avait suscité « l’incompréhension et la colère » des élus locaux, sera remplacé par « un texte d’ensemble » dont les trois parties seront discutées et votées séparément par le Parlement d’ici la fin de l’année.
Il a justifié ce retrait en arguant « la complexité » du « grand chantier de la décentralisation ».
Il a précisé que la première partie sera consacrée aux métropoles, dont celles de Paris, Lyon, Marseille et aux autres grandes villes, et qu’elle devrait être soumise au Sénat très prochainement. La deuxième portera sur les régions et la troisième traitera des « solidarités territoriales qui concernent notamment l’avenir des départements, l’avenir des communes et des inter-communautés ».
Les réformes envisagées seront encadrées par « un pacte financier » qui fera l’objet d’une négociation avec les collectivités locales et qui devra être adopté avant la fin de l’année.
Les parlementaires socialistes se sont félicités de ce report, de même que François de Rugy, le patron des députés d’Europe-Ecologie-Les Verts, qui espère que la prochaine mouture du projet sera plus consistante : « Nous sentions de toute façon sur ce texte un peu de tâtonnement et d’hésitation. Pour nous qui sommes de fervents décentralisateurs, nous ne trouvions pas cette réforme très ambitieuse. »

MAROC. "Nous avons connu une contre-révolution"

                                           Le Nouvel Observateur


MAROC. "Nous avons connu une contre-révolution"

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Omar Radi, journaliste et fondateur du mouvement de contestation M20, dresse un bilan peu flatteur des réformes menées par le régime marocain. Interview.

A Rabat, le 31 mars, des manifestants réclament plus de libertés publiques. (AFP /FADEL SENNA)
                               A Rabat, le 31 mars, des manifestants réclament plus de libertés publiques. (AFP /FADEL SENNA)
Dans la tourmente des révolutions arabes, le Maroc est resté relativement calme. Plus d'un an après l'organisation d'élections législatives remportées par les islamistes du PJD (Parti de la justice et du développement), le régime est confronté à une colère sociale grimpante. En cause, la hausse de la fiscalité sur les produits de première nécessité et certaines restrictions sur les libertés publiques. Omar Radi, journaliste et fondateur du mouvement de contestation M20 (pour "Mouvement du 20 février", date de la première manifestation), dresse le bilan pour le "Nouvel Observateur".
Vous avez été l'un des fers de lance de la contestation au Maroc au début de l'année 2011, avec la création du M20. Où en est aujourd'hui cette contestation ?
- Le M20 a semé des germes pour plus tard. Aujourd'hui, le mouvement est très affaibli. Il n'est plus capable d'endosser le leadership de la contestation marocaine. De nombreuses chevilles ouvrières du groupe sont en prison, ce qui a cassé sa dynamique. Nous sommes immobilisés et handicapés. Les médias marocains, quand ils ne nous calomnient pas, ne relaient plus nos informations. Ils nous accusent de vouloir semer la zizanie et de provoquer l'instabilité dans le pays. L'opposition parlementaire ne s'oppose pas, il n'y a pas de débat.
Quelles formes prend la contestation ?  
- Dans la rue, la colère des citoyens s'expriment de manière hystérique. Il n'y a pas d'opposition populaire institutionnelle, ni organisée. Les quelques structures associatives ne peuvent pas gérer les choses à l'échelle nationale et ainsi instaurer un rapport de force avec le régime du roi, Mohamed VI. Les gens ont été cassés et je crains qu'ils portent en eux un potentiel de violence qui pourrait exploser si la situation sociale se dégrade, s'il n'y a pas d'argent pour payer les fonctionnaires, s'il y a une pénurie de gaz...
Dans les centres urbains, il reste difficile de rassembler les gens. Mais les populations des montagnes, de l'Oriental et du Sud, se mobilisent de plus en plus. On observe une accélération des émeutes. L'économie marocaine va mal, le régime est arrogant, il sème la division au Sahara occidental. Le malaise se ressent. Il risque de n'y avoir personne pour canaliser et guider cette colère.
Quel bilan faites-vous des réformes menées par le régime depuis 2011 ?
- Le régime politique marocain a été prudent et intelligent, à l'inverse d'autres pays de la région comme l'Egypte ou la Tunisie. Il n'a pas tiré sur la foule, il a su contenir la colère de la population. Une vingtaine de jours après la première grande manifestation nationale du 20 février, le roi Mohamed VI a proposé un changement de Constitution. Cette nouvelle a été accueillie avec satisfaction. Pour la première fois depuis des décennies, un rapport de force avec le régime s'était installé au Maroc.Jusque là, personne ne pouvait critiquer la monarchie.
Mais on ne se faisait pas d'illusions quant au résultat du processus politique qui devait commencer. Nous avons continué à nous mobiliser. Et on s'est vite rendu compte que la Commission qui avait été désignée pour réviser la Constitution était composée d'anciens potentats du régime et que des constitutionnalistes sérieux avaient été exclus. Résultat : un projet de Constitution qui n'est en fait qu'un lifting de la Constitution de 1996, adoptée sous Hassan II.
Quels changements apporte la nouvelle Constitution ? 
- Elle oblige le roi à nommer le chef du gouvernement parmi les membres du parti qui gagne les élections. Mais il n'y a toujours pas de séparation des pouvoirs : le roi continue d'être le premier policier, le premier juge, le premier imam, celui qui décide de la politique intérieure, de la politique extérieure, de la sécurité et de l'économie. Toutes les nominations de hauts responsables doivent être validées par le roi.
Le gouvernement d'Abdelilah Benkirane ne devait-il pas être un rempart face à la monarchie ?
- Nous avons voulu accorder du crédit à ce processus politique, mais le jour où le PJD a gagné les élections, il a recruté des conseillers royaux. Un gouvernement de l'ombre a vu le jour et toutes les affaires importantes ont été gérées par des instances non-élues, composées de ces conseillers royaux. Or ces derniers n'ont aucune attribution dans la Constitution...
Quant à Abdelilah Benkirane lui-même, il n'a pas de pouvoir. Il est décrédibilisé. A son arrivée au gouvernement, il est devenu un courtier qui applique les décisions des conseillers royaux à la lettre. Mais même s'il déçoit, il reste populaire chez les classes les plus défavorisés, car il est très charismatique.
L'organisation Human Rights Watch a appelé le Maroc à approfondir ses réformes en matière de droits humains. Quel est votre quotidien d'activiste ?
- La situation des droits de l'Homme et des libertés publiques s'est nettement dégradée depuis 2011. Maintenant que la contestation est affaiblie et que la résistance de la rue a reculé, le régime se permet tout. Les manifestations sont quasi-systématiquement réprimées et une centaine de personnes ont été arrêtées en 2012 pour des raisons politiques. Même les activités intellectuelles et culturelles sont de plus en plus interdites... Nous avons un espace public à discours unique Tous ceux qui refusent les règles du jeu sont exclus et malmenés. Nous avons connu une contre-révolution.
Profitant de la faiblesse de la contestation des réformes impopulaires ont été menées. Sur le plan économique par exemple, nous continuons à fonctionner sur les réformes d'Hassan II, qui datent du milieu des années 1990. Celles menées au début de l'ère de Mohamed VI, comme le plan Emergence (pour dynamiser le secteur industriel), et sur le tourisme, ont montré leurs limites. Les prix ont augmenté, on a supprimé les mécanismes de la Caisse de compensation (système de subvention notamment), une loi a été votée pour limiter la grève.
Sur la question des services publiques, de la santé ou de l'éducation, nous sommes derrière l'Irak, le Yémen et le Zimbabwe ! Au Sahara, le développement économique est au point mort. Les écarts entre les riches et les pauvres se sont énormément creusés. On est très loin des pays voisins. Et la communauté internationale a applaudi les réformes.
Justement, François Hollande est au Maroc pour deux jours. Attendez-vous qu'il mette la pression sur le régime sur ces questions-là ?
- Je n'espère rien d'un président français qui continue de soutenir des réformes impopulaires comme le Train à grande vitesse. Ce projet qui attire les grands patrons français va nous coûter 5 milliards d'euros... Et puis les sujets qui sont au cœur du programme de sa visite,  comme les questions géostratégiques sur Mali, vont éclipser toute question sur les droits de l'Homme. Qu'attendre d'une France qui, en 2011, a refusé que les Nations Unis envoient des observateurs dans la région du Sahara. Qu'attendre de la France qui expulse de son territoire autant de Marocains, si ce n'est plus, que sous Nicolas Sarkozy. Le changement viendra du Maroc seulement.
Propos recueillis par Sarah Diffalah, le 3 avril 2012 - Le Nouvel Observateur

Affaire Cahuzac : "On ne peut pas se contenter d'une réponse morale"

                                         Le Nouvel Observateur


Affaire Cahuzac : "On ne peut pas se contenter d'une réponse morale"

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Pour le socialiste Emmanuel Maurel, les mesures contre les conflits d'intérêt doivent s'accompagner d'une réorientation de la politique économique. Interview.

François Hollande a réagi aux aveux de son ex-ministre du Budget. (FRANCE 2/AFP)
François Hollande a réagi aux aveux de son ex-ministre du Budget. (FRANCE 2/AFP)
François Hollande vient de s'exprimer, il a annoncé plusieurs mesures pour lutter contre la corruption et les conflits d'intérêt, qu'en pensez-vous?
- Le président avait une gravité bienvenue. Ce qu'il propose va dans le bon sens. Mais on ne peut pas juste faire de cette affaire un problème moral, c'est aussi un problème politique.Jérôme Cahuzac a été le représentant d'une forme de caste qui demande des efforts mais qui ne se l'applique pas.
Il faut une vraie politique contre la fraude fiscale. C'est décisif, plusieurs milliards d'euros échappent à la justice, faute de volonté.
On est dans une période de grand tourment politique mais aussi dans une crise de l'efficacité politique. Il est temps d'une réorientation des politiques économiques en France et en Europe. On ne peut pas se contenter d'une réponse morale.
Le chef de l'Etat n'a pas été assez loin, selon vous?
- Ce n'est pas ce que je dis. François Hollande a raison de réagir sur les conflits d'intérêt. Il s'agit là d'un individu mais la vraie question, c'est l'immense défiance qui vient surtout du fait que les Français ont le sentiment que les politiques n'ont pas de prise sur les choses.
Jean-Marc Ayrault s'est exprimé hier soir, François Hollande ce matin, était-ce la bonne réponse à apporter?
- Jean-Marc Ayrault hier, c'était la réaction très spontanée d'un homme honnête qui se sentait trahi.
Harlem Désir a annoncé ce matin l'exclusion du PS de Jérôme Cahuzac…
- C'est un peu anecdotique. La vraie question qui se pose à la gauche c'est : comment sortir par le haut de ce climat délétère. Comment lutter contre la crise économique et sociale. Le conflit d'intérêt est emblématique du système capitaliste dans lequel nous vivons. C'est la force de corruption de l'argent. Comme disait le général de Gaulle, "on ne fait pas de la politique à la corbeille".
Quel est le sentiment aujourd'hui au Parti socialiste? Que répondez-vous à la droite qui s'interroge sur ce que savaient le Premier ministre et le Président?
- Un sentiment de colère et de tristesse. Quant à la droite, elle est mal placée pour nous faire des leçons dans le domaine des conflits d'intérêt. Les hommes politiques doivent être vertueux et efficaces, sans séparer les deux.
Interview d'Emmanuel Maurel, conseiller régional d'Ile de France, membre du bureau politique du Parti socialiste, par Estelle Gross - Le Nouvel Observateur ( le 3 avril 2013)

EN DIRECT : du nouveau sur la matière noire

                                                      Sciences et avenir

EN DIRECT : du nouveau sur la matière noire

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Le prix Nobel Samuel Ting présente aujourd’hui à 17h les derniers résultats d’AMS, ce détecteur de particules placé au-dessus de la Station Spatiale Internationale.

L'instrument AMS sur la station spatiale internationale Nasa
                                                          L'instrument AMS sur la station spatiale internationale Nasa
On attendait ces résultats depuis mi-février, lorsque le prix Nobel Samuel Ting à la tête de l’expérience AMS avait annoncé -au beau milieu du congrès de l’Association américaine pour l’avancement des sciences- l’imminence d’une publication importante… Le résultat devait concerner la matière noire, cette matière invisible qui représente – aux dernières nouvelles d’après les résultats de Planck- presque 27% du contenu de l’Univers.
L’excès d’antimatière enregistré par AMS pourrait provenir de l’annihilation des particules de matière noire que l'on cherche depuis plus d'un demi-siècle. Nous l'avions annoncé dans le numéro d'avril actuellement en kiosque. 
Vous pouvez suivre cette annonce en direct en suivant ce lien :
Azar Khalatbari, Sciences et Avenir, 3/04/13

Sécurisation de l'emploi : les élus du Front de gauche à l'offensive

                                          Le Nouvel Observateur

Sécurisation de l'emploi : les élus du Front de gauche à l'offensive

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Les élus du FG ont déposé quelque 4.500 amendements sur le texte, examiné à l'Assemblée nationale après avoir été signé par les partenaires sociaux.

Les députés du FG ont déposé quelque 4.500 amendements sur ce texte. (THOMAS SAMSON/AFP)
Les députés du FG ont déposé quelque 4.500 amendements sur ce texte. (THOMAS SAMSON/AFP)
L'Assemblée nationale a commencé mardi 2 avril, pour au moins quatre jours, à débattre du controversé projet de loi sur l'emploi, avec le Front de gauche comme opposant le plus résolu, mais les députés n'auront que d'infimes marges de manoeuvre.
Moins de trois mois après l'accord national interprofessionnel conclu entre le patronat (Medef, CGPME, UPA) et trois syndicats (CFDT, CFTC, CFE-CGC), les députés débatent de la transposition dans la loi de cette combinaison de flexibilité accrue pour les employeurs (accords de maintien dans l'emploi, mobilité interne...) contre de nouveaux droits pour les salariés (accès élargi aux mutuelles, droits rechargeables au chômage, formation...). Une partie de la gauche s'oppose au projet, et la CGT et FO militent ardemment contre.
Les discussions sur cette "grande avancée" qui "fera date", "30 ans après les lois Auroux", vont permettre de "dissiper des malentendus ou récuser des interprétations erronées", a estimé le ministre du Travail Michel Sapin, devant les députés et en présence, dans le public, de son prédécesseur des années 1980, Jean Auroux.

"Rien d'historique"

"Comparaison assez osée pour un texte qui n'a pas grand-chose à voir pour la protection des salariés avec les lois Auroux", a lancé plus tard Jacqueline Fraysse (Front de gauche), faisant la promotion d'une motion de rejet préalable du projet de loi.
L'UMP Dominique Dord a estimé que "le texte n'a rien d'historique même si la plupart des dispositions vont dans le bon sens", que la méthode Hollande "ressemble furieusement à la méthode Sarkozy", mais que "la volte-face" des socialistes est "historique", notamment sur la possibilité d'"accords dérogatoires au Code du Travail". "C'est l'abandon de vos alliés communistes en rase campagne", a-t-il lancé en défendant une motion de renvoi en commission.
Se défendant d'"être un Bisounours" et disant comprendre que "certains aient des craintes", Michel Sapin a insisté sur les garanties accompagnant les accords de maintien dans l'emploi, qui font qu'ils n'ont "rien à voir avec les accords compétitivité emploi" du quinquennat Sarkozy. Il a aussi assuré qu'il était "faux de prétendre que le licenciement sera plus facile" à l'avenir.

4.500 amendements déposés par le Front de gauche

Déterminés à être "en pointe" pour se faire les "porte-voix" des opposants et ne pas être réduits à "des scribes", les députés du FG ont déposé quelque 4.500 amendements sur ce texte reprenant "beaucoup de revendications du Medef".
Ces 4.500 amendements - en fait 450 amendements de base déposés par chacun des dix députés du Front de Gauche - ne constituent "pas un signe de radicalisation" mais une volonté de montrer que "le gouvernement ne s'attaque pas aux véritables responsables de la crise et que les salariés vont en payer les conséquences", a expliqué leur chef de file, André Chassaigne.
Face à cette bataille, qualifiée de "scène de ménage au sein de la majorité" par l'UDI Arnaud Richard, il est même envisagé que l'Assemblée nationale puisse siéger tout le week-end.
Avec l'espoir de nouvelles avancées suivant le "chemin de crête" de loyauté envers les signataires et d'écoute des non signataires, les députés PS vont déposer une cinquantaine d'amendements, "tous acceptés par le gouvernement", selon l'un de leurs porte-parole, Thierry Mandon. Des "amendements de précision", a noté Yann Galut (PS).
Souhaitant "améliorer ce qui peut l'être" et "jouer pleinement un rôle de législateur", le rapporteur du projet Jean-Marc Germain (PS) a évoqué plusieurs pistes : doublement du délai donné à l'administration pour valider des plans de sauvegarde de l'emploi, limitation des stages abusifs, souci d'"aller plus vite et plus loin sur la représentation des salariés dans les conseils d'administration", mise en oeuvre du compte individuel de formation "dans les meilleurs délais", etc.

Avis partagés à l'UMP

Malgré les critiques initiales de l'aile gauche du PS, il y aura au sein du groupe socialiste "beaucoup moins de votes contre ce texte, s'il y en a", que contre le traité budgétaire européen à l'automne, a pronostiqué  Thierry Mandon.
L'UMP, où les avis sont partagés, semble embarrassée.
"On reste avec un regard plutôt positif, mais en étant très inquiets des cautions qui vont être données à la gauche", a déclaré le président des députés UMP, Christian Jacob.
Si Luc Chatel a plaidé pour ce "premier pas dans la bonne direction", Henri Guaino a confirmé qu'il voterait contre, vu notamment le "retour de l'autorisation administrative de licenciement".
Quant à l'UDI, "plutôt favorable", elle menace de s'abstenir, voire de voter contre, si les services à la personne notamment ne peuvent déroger au minimum de 24h hebdomadaires pour les temps partiels.

L'affaire Cahuzac vue de l'étranger

                                                Challenges

L'affaire Cahuzac vue de l'étranger

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Les journaux allemands et britanniques ne sont guère optimistes pour la présidence de François Hollande qui fait face à "une débâcle en terme de crédibilité".

Jérôme Cahuzac, ministre du Budget, dans son bureau, à Paris, le 29 mai 2012. (AFP PHOTO LIONEL BONAVENTURE)
Jérôme Cahuzac, ministre du Budget, dans son bureau, à Paris, le 29 mai 2012. (AFP PHOTO LIONEL BONAVENTURE)
"L’ancien ministre du Budget couvre de honte François Hollande", titre ce mercredi 3 avril die Welt. Pour le quotidien allemand, le président français doit faire face à "une vague de mauvaises nouvelles". Et de conclure que, pour le gouvernement socialiste, "l’affaire Cahuzac est une énorme débâcle en termes de crédibilité".
Le mensonge est d’autant plus lourd que Jérôme Cahuzac était un "ministre du Budget porteur d’espoir" au sein du gouvernement, observe le journal allemand die ZeitFace à ce "tsunami", selon les termes du Handelsblatt, le président Hollande est "sous pression" et confronté à "une vague d'indignation". 
L’onde de choc est aussi ressentie outre-Manche comme un "coup" pour le quotidien The Times. Selon le journal, la honte sur François Hollande est aussi la conséquence directe de cette affaire.
Le bilan tiré par le Financial Times n’est guère plus optimiste. "La chute dramatique de M. Cahuzac va empêcher le gouvernement socialiste de se différencier de la présidence de centre-droit de Nicolas Sarkozy, dont certains proches furent également impliqués dans des scandales de corruption", écrit le quotidien britannique. A droite comme à gauche, les hommes politiques français sont régulièrement mis à mal par les affaires de corruption comme le rappelle le Financial Times.
A l’étranger, on relève également le rôle déterminant joué par Mediapart, le "site d’investigation qui a aussi révélé les mauvais agissements de Nicolas Sarkozy", comme le rappelle The Independent.
Cruel paradoxe
Enfin, dans l'ensemble, la pressé étrangère ne manque pas de rappeler la cruelle ironie de l’affaire qui met en cause un ministre du Budget en guerre contre la fraude fiscale, qui se révèle lui-même fraudeur. "Un ministre français qui s’est fait champion de la répression de la fraude fiscale (…) accusé de blanchiment d’argent de fraude fiscale", écrit, cinglant, le Wall Street Journal.
Une situation absurde également décrite par le quotidien anglais Guardian qui parle d’un "aveu public par l’homme qui mena la lutte contre l’évasion fiscale". "Le gouvernement socialiste avait fait de la lutte contre l’évasion fiscale sa priorité", constate également la BBC.
Du côté de l’enquête, la presse suisse est en première ligne. Le quotidien suisse Le Temps a révélé mercredi l'existence d'un compte bancaire non déclaré de Jérôme Cahuzac à la suite de perquisitions au sein de la banque UBS et chez la société Reyl et Cie. Selon le journal, ce sont ces investigations qui auraient poussé Jérôme Cahuzac à passer aux aveux.