Le consensus sénégalais autour de la loi sur les « actes contre-nature » a choqué l'Occident. Il traduit pourtant une réaction à des normes perçues comme imposées, vécues comme une pression idéologique extérieure. Loin d'un cas isolé, il s'inscrit dans une dynamique mondiale où universalisme et souveraineté s'opposent de plus en plus frontalement, dans une logique d'escalade où chacun durcit ses positions. Le document en sélection est un rapport parlementaire de la Commission des Lois, de la Décentralisation, du Travail et des Droits humains de l'Assemblée nationale du Sénégal. Il porte sur une réforme de la loi encadrant les actes dits « contre nature ». L'objet du texte est clair : renforcer l'incrimination. Cela passe par une clarification juridique, un alourdissement des sanctions (peines de prison plus longues, amendes majorées), mais aussi par l'introduction de nouvelles dispositions, notamment la pénalisation de l'apologie, la promotion ou le financement de ces pratiques. Le rapport justifie cette réforme par une recrudescence des « déviances sexuelles » (incluant homosexualité, bisexualité, transsexualité, zoophilie et nécrophilie) ainsi que par une amplification de leur diffusion. C'est dans ce cadre qu'intervient la séquence virale. La députée Diaraye Bâ a défrayé la chronique, et tout le monde s'est arrêté sur une phrase : « Les homosexuels ne respireront plus dans ce pays. Les homosexuels n'auront plus la liberté d'expression dans ce pays ». Elle a suscité indignation, condamnations, emballement médiatique. Le récit serait simple : une sortie brutale, radicale, presque isolée. Mais en se concentrant sur cette phrase, on passe à côté de l'essentiel, car ce récit relève d'une décontextualisation qui laisse croire à une position marginale. Une lecture simplifiée (pour ne pas dire orientée) de la réalité, qui est tout autre. Et surtout, qui est beaucoup plus dérangeante pour ceux qui promeuvent un « vivre ensemble » construit sur des bases globalo-mondialistes alignées sur une idéologie de la déconstruction, comme nous l'avons déjà documenté dans LSDJ 2666, « Le document qui prouve la dérive totalitaire d'extrême gauche de la Commission européenne ». En réalité, ce qui se joue aujourd'hui au Sénégal dépasse largement le pays. Cela ressemble presque à une guerre idéologique mondiale, oppos… Raphaël Lepilleur |
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