Faire front contre le risque de déflagration Mondiale
Un redoutable tocsin sonne à la porte de nos consciences. Celui d’heures remplies de périls dans un monde en proie aux flammes attisées par le binôme américano-israélien, armé des plus puissantes armes de destruction et d’anéantissement. Chaque citoyenne et citoyen du monde est convoqué par la cruciale responsabilité de stopper la logique fanatique et mortifère du trio Trump- Nétanayahou-Khaménei.
Il rapproche le monde du chaos général. Ne l’acceptons pas ! Pire encore, une seule flammèche, allumée par les armadas guerrières, une simple erreur d’un logiciel en furie, une cascade de mauvaises interprétations entraînerait le monde dans une guerre mondiale.
Déjà mondialisée, la guerre au Moyen-Orient, ajoutée à celle qui se déroule sur le sol européen en Ukraine, tue, blesse, ampute, pollue chaque jour et se fait ressentir dans chaque foyer sur la planète.
Imbibée de pétrole et de gaz, le feu d’une crise économique, sociale et écologique planétaire est allumé dans le Golfe persique. Les travailleurs, les peuples commencent à en payer le prix dans tous les segments de la vie quotidienne. Des pans entiers de l’industrie et de l’agriculture mondiale vont subir une secousse d’un niveau inconnu jusque-là.
Bouffi d’orgueil et de puissance, de messianisme et de mégalomanie, le couple « Trump-Netanyahou » a entrepris de remodeler le Moyen-Orient et tente, à coups de canonnières, de prendre le commandement général de la planète. Il y a évidemment loin de la coupe aux lèvres, mais les dégâts sont déjà incommensurables.
En écoutant certains généraux américains écartés ces derniers mois de leurs responsabilités – à cause de leur désaccord avec la nouvelle administration américaine - , on est pris d’effroi.
Selon eux, le pire est à craindre, car la peur de ceux qui ont pris leurs places empêche toute délibération collective, toute discussion avec le secrétaire d’État à la Défense sur les risques en cours dans une guerre dans laquelle, - tout le monde s’accorde à le dire- , le président des États-Unis agit comme un canard sans tête, incapable d’anticiper les événements et d’apprécier la stratégie des forces militaires et de la théocratie iranienne.
Le voici qui s’offre le toupet d’appeler tous les pays à organiser une bataille navale dans le détroit d’Ormuz après les avoir écartés de toute information sur le déclenchement de cette guerre toujours aussi illégale. Le suivre dans cette voie serait ouvrir la porte à la déflagration mondiale.
Face au précipice qui s’ouvre devant nous, toutes les citoyennes et les citoyens sont placés devant la responsabilité de refuser ces fanatismes et une guerre dont les buts visent à relancer les grands groupes capitalistes dominant le numérique, le militaire, l’extraction d’hydrocarbures et de minerais rares, le transport maritime et un remodelage du monde contre la Chine et les pays du Sud.
Loin de la recherche d’une avancée de la démocratie, de la souveraineté, le criminel déversement d’armes américaines et israéliennes vise à soumettre les peuples Iraniens, Libanais et Palestiniens aux volontés des pouvoirs fascisants à Tel-Aviv et à Washington. La mainmise sur Gaza et la Cisjordanie se poursuivent activement pendant qu’on nous demande de regarder ailleurs, le Golan est absorbé, le versant syrien du Mont Hermon est occupé. Le sud Liban est revendiqué par l’extrême droite israélienne qui exhorte l’armée libanaise, quasiment sans munitions, à affronter la force armée du Hezbollah en espérant sans doute une guerre civile permettant à l’État israélien de faire valoir un « droit de propriété ». Et, en Iran sous le feu des bombes, s’intensifie la répression contre la jeunesse et les populations. Loin d’être libératrice, la guerre bloque les dynamiques internes de changement et offre au pouvoir le moyen de suspendre de plus en plus de droit humain sous le fallacieux prétexte de la trahison.
Le projet de reconfiguration du Moyen-Orient inclut celui de l'avènement du « Grand Israël » et recoupe les velléités du clan Trump de détruire des États et des nations pour faire valoir une construction mondiale organisée autour de l’impérium avec ses périphéries soumises dont la mise en place de mille « Cités-états » dirigées par ce que les penseurs de la Maison Blanche nomment « les investisseurs » tout puissant promulguant leur droit à toujours plus d’accumulation capitaliste.
Ils rejoignent en cela un ancien haut fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères israélien, M. Oded Yinon qui dès 1982 avait développé les projets de conquête de l’État israélien. Il est utile de relire l’un des chapitres de ce plan : « La totale dissolution du Liban en cinq provinces servira de précédent pour la totalité du monde arabe, incluant l’Egypte, la Syrie, l’Irak et la péninsule arabique qui sont déjà sur la voie. La dissolution consécutive de l’Irak et de la Syrie en autant de zones ethniques et religieuses, ainsi qu’au Liban, tel est le premier des objectifs d’Israël sur le front Est à long terme. La dissolution du pouvoir militaire de ces États devant constituer le premier des objectifs à court terme […] La Syrie s’effondrera selon sa structure ethnique et religieuse, en plusieurs entités sur le mode libanais d’aujourd’hui, de sorte à obtenir un État Alaouite sur la côte, un État sunnite dans la région d’Alep et de Damas, un autre sunnite à Damas hostile à son voisin du nord, et les druzes en établiront peut-être un dans notre Golan et plus sûrement dans le Hauran et le nord de la Jordanie. »
Ce programme est donc clair. Les mots démocratie ou paix servent de rideau de fumée devant le grand appétit d’un État israélien dominateur, cultivant cette vieille stratégie selon laquelle il faut diviser pour mieux régner. Entre temps, le pouvoir de Tel-Aviv aura fait naître le Hezbollah en 1982, de la même manière que les États-Unis ont engendré Daech à la faveur de la guerre du Golfe, sans parler de tous ces mouvements fondamentalistes islamistes financés pour faire disparaître les forces démocratiques, socialistes, communistes ou de libération nationale dans tout le monde arabe.
Au lieu d’en tirer toutes les leçons et de se projeter vers un avenir d’émancipation des peuples, les institutions européennes et les dirigeants européens* (à l’exception de Pédro Sanchez en Espagne) sont soit silencieux, soit tacitement complices du mouvement américano-israélien voire le soutiennent ouvertement, prêts à la co-belligérance, au nom d’une prétendue tactique défensive, à portée des drones du pouvoir iranien qui, blessé, fera feu de tout bois, accélérant un fatal et mortifère engrenage.
Un mouvement populaire européen devrait porter avec force les principes du droit international et de la Charte de l’ONU pour la paix. Cela se joue par des délégations en direction des institutions européennes et des gouvernements, la poursuite des manifestations et courageuse actions du Mouvement de la paix.
Résister à cet engrenage est devenu un projet politique humaniste d’importance capitale.
Que l’on soit européen, arabe, américain, Ukrainien, Russe, Africain, Chinois, Indien, que l’on soit chrétien, musulman, juif, bouddhiste ou athée, ensemble, on doit résister au pire qui se profile avec plus d’insistance chaque jour.
Résister, c’est dire non à tous les fanatismes, à tous les projets de domination, à tous les asservissements. C’est porter un projet de radicale rupture avec la dictature de l’argent roi et des armes, condition pour sauver notre humanité commune.
Résister, c’est construire une puissante vague contre ce guerrier torrent de lave en feu qui risque de balayer l’ensemble du vivant. La paix humaine est bien la condition de la vie. 17 mars 2026. |
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