Rahul Gandhi a officiellement pris samedi les rênes du Parti du Congrès indien, succédant à sa mère Sonia, qui le dirigeait depuis dix-neuf ans. Ce mouvement, qui a gouverné le pays la plupart du temps depuis l’indépendance de 1947 est aujourd’hui dans l’opposition. M. Gandhi se pose en adversaire du parti nationaliste hindou BJP et du charismatique premier ministre actuel, Narendra Modi. Dans son discours d’investiture, il l’a accusé, samedi, d’avoir renvoyé l’Inde « au Moyen Age où les gens sont massacrés pour qui ils sont, battus pour leur foi », rapporte Times of India. Alors que se profile la campagne pour les élections législatives de 2019, le Parti du Congrès a multiplié les déboires électoraux ces dernières années face au BJP. Des élections locales ont donné le ton des débats à venir ces derniers jours. La dimension religieuse pourrait prendre une place importante, y compris dans le camp de M. Gandhi, dont le parti tenait traditionnellement du sécularisme, mais qui a ces derniers temps mis en avant son identité hindoue, analyse le New York Times.
M. Gandhi, 47 ans, est le fils, petit-fils et arrière-petit-fils de premiers ministres indiens. La lignée a commencé avec Motilal Nehru (1861-1931), un brahmane du Cachemire, qui s’engage dans la lutte contre le colonisateur britannique. Son fils Jawaharlal Nehru est premier ministre de l’indépendance en 1947 jusqu’en 1964. Il est lui même suivi par sa fille Indira Gandhi, première ministre de 1966 à 1977 puis de 1980 à 1984, avant d’être assassinée par ses gardes du corps sikhs. Son fils aîné, Rajiv, prend sa suite mais est lui aussi tué en 1991, par une extrémiste tamoule. Son épouse Sonia Gandhi se lance alors en politique à la fin des années 1990, avant de laisser la place à son fils Rahul. Cette continuité dynastique n’est pas sans rappeler celle de la famille Bhutto au Pakistan voisin. Dix ans après l’assassinat de sa mère, Benazir, la première femme à avoir dirigé le pays, son fils Bilawal Bhutto, 29 ans, se lance en politique et multiplie les meetings alors que les élections générales se tiendront en 2018, indique Gulf News. Le journal rappelle aussi le destin tragique de cette famille, marquée par les assassinats. Le jeune homme codirige depuis 2007 le Parti du peuple pakistanais avec son père, l’ancien président de la République Asif Ali Zardari.
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