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vendredi 28 août 2015

Où va le POI ? : L'analyse et le point de vue d'un ex- militant de l'OCI -PCI sur les développements de la crise au sein du POI -CCI - vendredi 28 août 2015

Où va le POI ?


L'analyse et le point de vue d'un ex- militant de l'OCI -PCI sur les développements de la crise au sein du POI -CCI


Sources : http://www.luttedeclasse.org/

Le 28 août 2015

CAUSERIE


<<Depuis le 1er août il y a eu plus de 4400 connexions à la page d'accueil de notre portail, et vous avez été plus de 900 à télécharger le n°1 de la Tribune des travailleurs de la tendance du POI-CCI.
Nous mettons à disposition de nos lecteurs et des militants tous les documents qu'on nous adresse ou ceux qui sont facilement accessibles sur le Net en rapport avec la crise du POI.
On nous a fait un procès d'intention pour avoir lié à la nécessité d'organiser les travailleurs, celle d'élever leur niveau de compréhension du fonctionnement de la société ainsi que leur conscience politique, à croire que ce dernier point devrait être réservé à une élite qui jusqu'à preuve du contraire a fait faillite.
Donc qu'il nous soit permis de ne pas tenir compte de ses jugements à l'emporte-pièce, dont les conclusions sont incompatibles avec les enseignements de la révolution russe de 1917, qui comme le précisera Trotsky coïncidaient avec le parti bolchevik ou le léninisme, mais aussi avec le combat inlassable que Lénine mènera dès les toutes premières années du XXIe siècle jusqu'en 1917 sur ces deux axes politiques intrinsèquement liés.
Les extraits de Que faire ? de Lénine rédigé en 1902, donc en dehors de toute situation pré-révolutionnaire ou révolutionnaires, que nous reproduisons, constituent un démenti cinglant à l'orientation politique adoptée par la majorité du POI-CCI, qui en réalité s'inscrit dans le prolongement de celle appliquée par l'ensemble de ce courant politique depuis la mort de Trotsky en 1940 quand on se penche un peu plus près dessus, et qui a abouti notamment à la liquidation de la FEN et à l'établissement d'un lien organique entre leur appareil et celui de FO...
Le trotskysme n'a fait que servir de caution à des dirigeants qui s'étaient donnés comme (seul) objectif de porter le PS au pouvoir, et auquel finalement leurs activités tant syndicales que politiques étaient subordonnées, conformément au réformisme bourgeois des social-démocrates Bernstein, Dühring et Cie. qui de réforme enréforme devait contraindre le capitalisme à réaliser le socialisme, en rupture avec le socialisme scientifique de Marx et Engels.
La crise actuelle du POI-CCI, c'est la crise du réformisme qui était condamné à mort et devait entrer en putréfaction dans les années 70, s'accélérer dans les années 80, et annonçait la contre-offensive du capital pour liquider toutes les réformes qu'il avait dû consentir à la classe ouvrière lors de la période précédente, les uns et les autres revendiquant sa dépouille pour tenter de le réanimer ou de le maintenir artificiellement en vie.
Les syndicats incarnant mieux que quiconque le réformisme ou le trade-uniniosme, c'est sur la question de leur rôle et des rapports à entretenir entre leur parti avec leurs appareils et leurs diverses instances, dirigeants et cadres, que la crise du POI-CCI se développera, sans qu'aucun n'envisage de rompre avec les appareils syndicaux corrompus.
Les militants de base de ce parti ne se sont jamais rendus compte qu'ils étaient ainsi manipulés par des cadres et dirigeants qui tiraient profit personnellement de la ligne politique qu'il avait adoptée devenus permanents à vie de syndicats vendus ou dans leur parti, comme ils ignoreront jusqu'au bout que Jospin en faisait partie ou que leurs dirigeants côtoyaient des dirigeants ou des ministres du PS, qu'on leur présentait comme des social-traîtres ou leurs pires ennemis.
Pendant que les militants de base non-syndiqués se battaient sur le plan politique, derrière l'appareil raflait la mise et mettait notre parti au service de FO et du PS, s'agissant du PS Lambert le déclarera à L'Express dont je n'invente rien. A aucun moment on ne saura combien de permanents comptait notre parti, combien étaient permanents dans FO ou dans d'autres syndicats, du coup à aucun moment on ne s'interrogera sur leurs relations avec l'appareil de FO notamment, dont rien ne transpirait dans Informations ouvrières ou la Vérité (organe théorique du POI-CCI), à aucun moment on ne se demandera si le temps passé et l'énergie dépensée par ces dirigeants et cadres dans les syndicats ne l'étaient pas au détriment de leur travail politique ou de la construction du parti, plus tard j'en arriverai à la conclusion que ce n'était pas véritablement leur objectif en reliant entre eux tous les matériaux que j'allais rassembler de 2002 à 2005.
Que ce soit un membre du Conseil économique et social et environnemental, Vincent Présumey, qui prenne leur défense relayé par le groupe La Commune (issue de ce courant politique) par le biais du support Mediapart, est plutôt cocasse à l'heure où le gouvernement envisage à nouveau d'intégrer au Sénat cette institution de collaboration de classes. Qu'un tel média lié au PS et au régime les héberge doit être un honneur pour eux. On abordera peut-être un jour prochain les deux derniers articles de Présumey qui ne présente pas un grand intérêt, hormis qu'on sait dorénavant qu'il est également abonné au Canard enchaîné, on a les chaînes qu'on veut bien se donner...
Il y a un aspect des causes de la crise du POI-CCI que nous n'avons pas encore évoquée et qui à noire avis est déterminante.
On a évoqué un désaccord sur leurs rapports aux syndicats et leurs appareils, l'absence de ligne politique, leur combat politique se réduisant à des slogans, mais on ne s'est pas encore penché sur le troisième facteur qui compose la réalité, la situation économique, l'orientation du capitalisme et son développement depuis l'après-guerre jusqu'à nos jours.
Lambert et Gluckstein avaient avoué à demi-mot que finalement il n'y avait pas compris grand chose pour être bref. Cela ne les intéressait pas apparemment. Ils devaient considérer que ce facteur était un sous-produit de la lutte des classes ou il ne devait avoir qu'une influence secondaire dessus, alors qu'en réalité il allait s'avérer déterminant, dans la mesure où l'orientation du capitalisme de plus en plus placé sous la tutelle de l'industrie financière allait considération influencer et modifier les rapports entre les classes au profit de la classe dominante dès la fin de l'URSS. En fait, ce sera dès le début des années 70 que l'oligarchie financière anglo-saxonne allait mettre en place un dispositif qu'elle allait développer au fil des décennies suivantes, qui était appelé à faire pression sur les Etats, à les étrangler littéralement au moyen de la dette dès lors qu'ils avaient acceptés de se soumettre au marché (1973) et allaient perdre ainsi leur souveraineté, qui allait se solder par leur abdication politique face à la finance devenue toute puissance, dont désormais étape par étape (Maastricht, BCE, euro, demain le traité transatlantique) ils allaient appliquer méticuleusement la politique incarnée par l'offensive contre tous les acquis ou droits sociaux des travailleurs, la mise en place de politiques d'austérité, etc.la marge de manoeuvre des différents gouvernements étant réduite à néant.
Le réformisme qui avait pu faire illusion pendant 30 ans avait vécu, place à la dictature de fer de l'oligarchie financière.
Bien entendu, cela allait s'accompagner de multiples mobilisations du mouvement ouvrier et pratiquement autant de défaites, puis l'affaiblissement des syndicats qui allaient perdre des millions de syndiqués, tandis que les ONG et autres associations financées par l'Etat ou de généreux donateurs allaient pousser comme des champignons, les travailleurs allaient progressivement se détourner du PS et du PCF, tous les partis ouvriers allaient entrer en crise, le PCI allait être liquidé au profit du MPPT, puis du PT et enfin le POI, la LCR allait donner naissance au NPA qui depuis est en voie de dislocation également, de nouveaux partis allaient émerger, le PG notamment, Nouvelle Donne tout récemment, tous les deux issus du PS, sur le plan syndical, Sud et Unsa allait voir le jour, la Fen disparaissaît, etc. et tout cela traduisait de profonds bouleversements en cours des rapports entre les classes qui n'allaient pas être analysés comme tels, car toute analyse sérieuse ou remontant aux origines de ces profondes modifications aurait mis en évidence l'attitude opportuniste ou la dérive droitière de tous ces partis liés de près ou de loin à la classe ouvrière ou au mouvement ouvrier au cours de la période précédente, ce qui pour leurs dirigeants étaient inconcevables et on aura compris pourquoi.
Leur stratégie politique s'avèrera erronée parce que leur analyse de l'évolution du capitalisme l'était également. Pourquoi ? Parce qu'ils refuseront obstinément de prendre en compte la stratégie politique de l'oligarchie financière qui reposait sur le développement de facteurs économiques qui ne figuraient pas dans Le Capital, qui allaient fausser le fonctionnement du capitalisme et partant de là toute analyse économique sur laquelle reposait la stratégie et les tâches politiques à adopter et à fixer au prolétariat. En violant les règles de fonctionnement du capitalisme, ils allaient fausser les rapports entre les classes en leur faveur et apparaître tout puissant, à côté l'implosion de l'URSS sera un évènement secondaire, qui, comme on l'a souligné plus haut, ils avaient déjà intégré près de deux décennies auparavant.
Pendant près de 40 ans ils soutiendront la théorie de l'imminence de la révolution qui allait s'avérer foireuse, ils affirmeront durant toute cette période que les conditions objectives étaient plus que mûres, pour finalement décréter l'inverse en 2008 (Gluckstein lors de l'oraison funèbre de Lambert), bref, on en est logiquement arrivé à la conclusion qu'on était en présence d'aventuriers ou de gens qui s'étaient pris pour ce qu'ils n'étaient pas à notre insu.
Et rien n'a changé depuis, et la crise du POI-CCI ne changera rien puisque les uns et les autres sont convaincus d'avoir raison, selon eux ils n'ont commis aucune erreur, mais là il ne s'agissait pas d'erreurs, mais de la manifestion de leur incapacité à intégrer le marxisme pour interpréter la situation sous tous ces angles, y compris économique, or c'est l'économie qui détermine la politique, avant tout celle de la classe dominante contre laquelle nous nous brisons les dents parce qu'on n'en comprend ni l'origine ni le développement ni l'objectif politique.
On aurait presque envie de s'excuser d'introduire ce facteur dans notre analyse, mais si on procède autrement on ne peut pas comprendre la situation et les rapports entre les classes, l'état et le niveau de conscience des masses exploitées.
Ils en sont restés au schéma classique de l'économie et de la conception de la lutte des classes, comme si finalement tout s'était déroulé fidèlement à ce qu'ils avaient lu autrefois dans des livres ou leurs expériences passées qui avaient eu lieu dans des conditions totalement différentes. Ils ne pouvaient pas en tirer des leçons puisqu'ils continuent de le nier.
Un tel aveuglement, un tel acharnement à s'écarter de la réalité a de quoi préoccuper sérieusement les militants, car on ne s'en sortira jamais en continuant de la sorte.
On n'a pas le temps de formuler ici un diagnostic sur l'évolution prochaine du capitalisme mondial. Tout ce qu'on peut dire au regard des dernières informations qui nous sont parvenus sur les rapports entre les Etats-Unis et la Russie ou ce qui se passe en Russie, c'est qu'elle va prochainement tomber dans le giron de l'oligarchie financière internationale regroupée autour de l'oligarchie financière anglo-saxonne, c'est une question de quelques années seulement tout au plus, ensuite le tour de la Chine viendra, elle tombera comme un fruit mûr dans le panier de la mariée du gouvernement mondial ou de la dictature mondiale, et si nous ne les avons pas stoppés avant, nous pourrons dire adieu définitivement au socialisme.

Ce qui est étonnant, c'est que des gens aussi intelligents que nos dirigeants et bien des cadres du mouvement ouvrier car cela ne concerne pas seulement le POI, ne parviennent pas à se ressaisir, à admettre qu'ils se sont fourvoyés, on ne veut pas les juger, on ne leur en veut même pas, on ne leur demande aucun compte, la virulence de nos propos fait partie de la polémique ou du combat politique, nous n'exigeons la tête de personne, nous essayons de comprendre pourquoi ils persistent à nier l'évidence.>>

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