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mardi 12 novembre 2013

POLITIQUE MATIN : LA MATINALE DU MARDI 12 NOVEMBRE 2013

                                                             LCP Assemblée nationale

POLITIQUE MATIN : LA MATINALE DU MARDI 12 NOVEMBRE 2013



                
                Politique Matin : La matinale du mardi 12... par LCP

nvité :
Benoist Apparu, député UMP de la Marne.
Diffusions : du lundi au vendredi de 8h30 à 9h30, en direct.
Une production LCP-Assemblée nationale

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Décret Peillon sur les rythmes scolaires : entêtement ne fait pas raison

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                                                  Le Parti de Gauche

COMMUNIQUÉS

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Décret Peillon sur les rythmes scolaires : entêtement ne fait pas raison

  
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Le décret Peillon organisant le nouveau temps scolaire crée la désillusion de ceux qui s’y étaient engagés et la colère de ceux qui le refusent depuis sa publication. En un mot, le mécontentement est à son comble.
Pétitions, journées d’action, réunions publiques, grèves … tous les moyens sont employés pour faire entendre raison au Ministre et pour abroger le décret.
Des parents d’élèves, des directeurs d’écoles, des enseignants, des territoriaux, des maires, des candidats à la municipale se retrouvent côte à côte dans les mobilisations pour demander le retrait du décret. Des communes ont dès à présent suspendu l’application du décret qu’elles avaient pourtant appliqué dès cette rentrée. Des maires annoncent qu’ils refuseront d’appliquer cette réforme à la rentrée 2014.
Le peuple, attaché à son école, se met en mouvement. Le Parti de Gauche est présent dans les mobilisations et sera le 14 novembre dans les rassemblements prévus dans la plupart des villes de France en soutenant le mouvement de grève et en se battant pour l’abrogation du décret.
Dès à présent, ses candidat-e-s porteront le mot d’ordre de désobéissance citoyenne dans la campagne des municipales pour refuser de mettre en œuvre une réforme qui instaure la rupture républicaine à l’école en rompant avec les 3 piliers que sont l’égalité, la laïcité et la gratuité.

Sondage : la gauche remporterait un secteur-clé pour la conquête de Marseille

Sondage : la gauche remporterait un secteur-clé pour la conquête de Marseille




Selon l'enquête Polling Vox-Observatoire du changement politique pour Libération, la ministre Marie-Arlette Carlotti l'emporterait au second tour dans le 3e secteur à la faveur d'une triangulaire avec l'UMP et le FN.
A Marseille, la gauche est en recul mais peut paradoxalement y croire. Elle l’emporterait aux municipales de mars prochain dans le 3e secteur de la ville, décisif pour conquérir la mairie détenue depuis 1995 par Jean-Claude Gaudin (UMP).
Selon notre sondage (1) PollingVox-Observatoire du changement politique, la ministre et ancienne candidate à la primaire PS, Marie-Arlette Carlotti, l’emporterait très nettement au second tour (47%) dans une triangulaire face au maire sortant, l’UMP Bruno Gilles (35%), tandis que le candidat FN, Jean-Pierre Baumann, totaliserait 18% des suffrages. Elle doit ce succès à de parfaits reports de voix du Front de gauche (11%) et des écologistes (5%) mais, surtout, au maintien de la liste d’extrême droite.
Au premier tour pourtant, c’est l’UMP Bruno Gilles qui vire en tête (34%). Mais il est lesté par la liste FN qui réalise une percée (19%), dans la continuité du score élevé obtenu par Marine Le Pen à la présidentielle (20,4%). La conquête éventuelle de l’hôtel de ville de Marseille par Patrick Menucci (PS) passe certes par une victoire impérative dans le 3e secteur mais aussi – comme le montre notre enquête – par «l’indispensable» présence du FN au second tour.
Au-delà de ces intentions de vote, nous avons également interrogé les Marseillais de ces quartiers sur le bilan de Jean-Claude Gaudin et sur la sécurité qui arrive largement en tête (30%) des priorités des personnes interrogées. 33% des sondés estiment qu’elle s’est dégradée depuis 2008, 7% qu’elle s’est améliorée. Mais 56% d’entre eux jugent que rien n’a changé.
Après le XIVe arrondissement de Paris la semaine dernière, il s'agit donc du deuxième sondage queLibération consacre en ce mois de novembre aux élections municipales de mars. Nous en (...)

Incidents 11 novembre: l'Assemblée entre consensus et affrontement

Incidents 11 novembre: l'Assemblée entre                 consensus et affrontement


Le député-maire UMP de Châteaurenard, Bernard Reynes, et deux élus locaux ont été agressés lundi à coups de couteau par un déséquilibré devant le monument aux morts de leur commune, tandis que des sifflets et huées ont émaillé la présence du président François Hollande le matin à l'Arc de Triomphe à Paris, et l'après-midi à Oyonnax (Ain).
Du président PS de l'Assemblée, Claude Bartolone, au Premier ministre Jean-Marc Ayrault en passant par le président de l'UMP, Jean-François Copé, plusieurs interventions solennelles ont mêlé hommage aux élus de terrain et cris d'alarme après l'agression dans les Bouches-du-Rhône.
Un appel au "sursaut" lancé par Jean-Marc Ayrault notamment aux parlementaires pour défendre les valeurs et exigences républicaines face à "la montée d'un climat de haine", et un "message d'alerte" de Jean-François Copé face à "un crime contre des élus et contre la République" ont été accueillis par des applaudissements sur tous les bancs.
Tant le chef du gouvernement que des députés de gauche se sont aussi indignés et inquiétés des manifestations d'hostilité visant François Hollande lors des cérémonies du 11 novembre, avec des références aux années 1930.
Réquisitoire le plus violent
Même si cela été le fait "d'une toute petite minorité", quand "on vise le président de la République, c'est la République que l'on vise", a clamé M. Ayrault.
"En disant non à l'extrême droite, aux insultes et aux sifflets, c'est à la France éternelle et à ses valeurs que nous dirons oui de toutes nos forces", a-t-il encore affirmé, déclenchant une standing ovation de la gauche.
Mais le consensus affiché a volé en éclats moins d'une demi-heure après le début de la séance, la droite et le centre mettant en cause la responsabilité du gouvernement dans la montée de la colère dans le pays.
Si François Sauvadet (UDI) a lancé à Jean-Marc Ayrault qu'il y avait "un sentiment d'incompréhension et de colère dans le peuple de ne pas savoir où vous emmenez la France", le plus violent réquisitoire à l'adresse du Premier ministre et du président de la République est venu du chef de file des députés UMP, Christian Jacob.
Clamant que les Français "crient leur colère face à une France socialiste qui dégrade notre pays et le plonge dans la faillite", Christian Jacob a affirmé: "18 mois après avoir pris le pouvoir, vous êtes impuissants et usés".
François Hollande mène une "présidence molle qui bat tous les records d'impopularité", "vous êtes à la tête d'un gouvernement fantôme", "votre majorité n'est tenue en rien", a-t-il attaqué. Et de lancer: "La situation impose un sursaut. L'horizon de la France ne peut pas se limiter au nombre de jours où vous resterez à Matignon".
"Vous êtes en train de faire croire qu'il y a une crise institutionnelle. Mais de quoi parlez-vous? Remettez-vous en cause la légitimité de l'élection présidentielle au suffrage universel?", lui a riposté M. Ayrault.
Un temps apaisé, l'affrontement dans l'hémicycle a repris de plus belle vers la fin de la séance lorsque l'UMP Valérie Boyer a lancé, lors d'une question à Manuel Valls sur la sécurité à Marseille, que la majorité avait "récolté" lundi ce qu'elle avait "semé". Condamnation immédiate du ministre de l'Intérieur et brouhaha de grande ampleur.

Bancocratie : de la république de Venise à Mario Draghi et Goldman Sachs

Bancocratie : de la république de Venise à Mario Draghi et Goldman Sachs

Mondialisation.ca, 10 novembre 2013

                                                                    Bancocratie
Du 12e au début du 14e siècle, l’Ordre des Templiers, présent dans une grande partie de l’Europe, s’est converti en banquier des puissants et a contribué à financer plusieurs croisades. Au début du 14e siècle, il est devenu le principal créancier du roi de France, Philippe le Bel. Face au poids d’une dette qui grevait ses ressources, Philippe le Bel s’est débarrassé de ses créanciers et, par la même occasion, de sa dette en diabolisant l’Ordre des Templiers, l’accusant de multiples crimes |1|. L’Ordre a été interdit, ses chefs exécutés et ses biens confisqués. Il manquait un État et un territoire à l’Ordre des Templiers pour faire face au roi de France. Son armée (quinze mille hommes dont mille cinq cents chevaliers), son patrimoine et ses créances sur les dirigeants ne l’ont pas protégé de la puissance d’un Etat décidé à éliminer son principal créancier.
À la même époque (11e – 14e siècles), les banquiers vénitiens financent aussi des croisades et prêtent de l’argent aux puissants d’Europe, mais ils manœuvrent beaucoup plus habilement que l’Ordre des Templiers. A Venise, ils prennent la tête de l’État en lui donnant la forme d’une république. Ils financent la transformation de Venise, cité-État, en un véritable empire comprenant Chypre, l’Eubée (Négrepont) et la Crète. Ils adoptent une stratégie imparable pour s’enrichir durablement et garantir le remboursement de leurs créances : ils décident eux-mêmes d’endetter l’État vénitien auprès des banques qu’ils possèdent. Les termes des contrats de prêts sont définis par eux puisqu’ils sont à la fois propriétaires des banques et dirigeants de l’État.
Alors que Philippe le Bel avait intérêt à se débarrasser physiquement de ses créanciers pour se libérer du poids de la dette, l’État vénitien remboursait rubis sur l’ongle la dette aux banquiers, qui eurent d’ailleurs l’idée de créer des titres de la dette publique qui pouvaient circuler d’une banque à l’autre. Les marchés financiers commençaient alors à se mettre en place |2|. Ce type d’emprunt est le précurseur de la forme principale d’endettement des Etats tel qu’on le connaît au 21e siècle.
Sept siècles après l’écrasement de l’Ordre des Templiers par Philippe le Bel, aujourd’hui les banquiers d’Europe, tout comme leurs prédécesseurs vénitiens ou génois, n’ont manifestement pas d’inquiétude à avoir à l’égard des gouvernements en place.
Les États nationaux et le proto-État qu’est l’Union européenne d’aujourd’hui sont peut-être plus complexes et sophistiqués que les Républiques de Venise (ou de Gênes) du 13 au 16e siècle, mais ils sont tout aussi crûment les organes d’exercice du pouvoir de la classe dominante, le 1% opposé aux 99%. Mario Draghi, ancien responsable de Goldman Sachs en Europe, dirige la Banque centrale européenne. Les banquiers privés ont placé leurs représentants ou leurs alliés à des postes clés dans les gouvernements et dans les administrations. Les membres de la Commission européenne sont très attentifs à la défense des intérêts de la finance privée, et le lobbying que les banques exercent auprès des parlementaires, des régulateurs et des magistrats européens est d’une efficacité redoutable.
Si une poignée de grandes banques capitalistes occupe le devant de la scène ces dernières années, cela ne doit pas cacher le rôle des grandes entreprises privées de l’industrie et du commerce, qui usent et abusent de leur proximité avec les structures étatiques de manière tout aussi habile que les banquiers. L’interconnexion et l’imbrication inextricables entre les États, les gouvernements, les banques, les entreprises industrielles et commerciales, et les grands groupes privés de communication constituent d’ailleurs une des caractéristiques du capitalisme, dans sa phase actuelle comme dans les précédentes.
Effectivement, dès la victoire du capitalisme comme mode de production et comme formation sociale dominante, le pouvoir est exercé par les représentants des grands groupes privés et leurs alliés.
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CC – World Economic Forum
D’un point de vue historique, le New Deal initié par le président Roosevelt en 1933 et les trente années qui ont suivi la 2e guerre mondiale apparaissent comme une parenthèse pendant laquelle la classe dominante a dû faire des concessions, certes limitées mais réelles, aux classes populaires. Les grands patrons ont dû dissimuler quelque peu leur emprise sur l’État. Avec le tournant néolibéral entamé dès la fin des années 1970, ils ont abandonné la discrétion. Les années 1980 mettent sur le devant de la scène une classe dominante complètement désinhibée qui assume et affiche avec cynisme la course au profit et l’exploitation généralisée des peuples et de la nature. La formule, tristement célèbre, de Margaret Thatcher « There is no alternative » marque jusqu’à aujourd’hui le paysage politique, économique et social, à travers des attaques violentes des droits et des conquêtes sociales. Mario Draghi, Angela Merkel, Silvio Berlusconi (grand patron italien), José Manuel Barroso apparaissent comme des figures emblématiques de la poursuite du projet thatchérien. La complicité active des gouvernements socialistes (de Schröder à Hollande en passant par Blair, Brown, Papandreou, Zapatero, Socrates, Letta, Di Rupo et bien d’autres) montre à quel point ils se sont insérés dans la logique du système capitaliste, à quel point ils font partie du système tout comme Barack Obama de l’autre côté de l’Atlantique. Comme l’a affirmé le milliardaire américain Warren Buffett : « C’est une guerre de classes, et c’est ma classe qui est en train de gagner ».
Le système de la dette publique tel qu’il fonctionne dans le capitalisme constitue un mécanisme permanent de transfert de richesses produites par le peuple vers la classe capitaliste. Ce mécanisme s’est renforcé avec la crise commencée en 2007-2008 car les pertes et les dettes des banques privées ont été transformées en dettes publiques. Sur une très vaste échelle, les gouvernements ont socialisé les pertes des banques afin qu’elles puissent continuer à faire des bénéfices qu’elles redistribuent à leurs propriétaires capitalistes.
Les gouvernants sont les alliés directs des grandes banques et mettent à leur service les pouvoirs et les deniers publics. Il y a un va et vient permanent entre les grandes banques et les gouvernements. Le nombre de ministres des Finances et de l’Économie, ou de premiers ministres, qui proviennent directement des grandes banques ou qui y vont quand ils quittent le gouvernement ne cesse d’augmenter depuis 2008.
Le métier de la banque est trop essentiel à l’économie pour être laissé dans les mains du secteur privé, il est nécessaire de socialiser le secteur bancaire (ce qui implique son expropriation) et de le placer sous contrôle citoyen (des salariés des banques, des clients, des associations et des représentants des acteurs publics locaux), car il doit être soumis aux règles d’un service public |3| et les revenus que son activité génère doivent être utilisés pour le bien commun.
La dette publique contractée pour sauver les banques est définitivement illégitime et doit être répudiée. Un audit citoyen doit déterminer les autres dettes illégitimes ou/et illégales et permettre une mobilisation telle qu’une alternative anticapitaliste puisse prendre forme.
La socialisation des banques et l’annulation/répudiation des dettes illégitimes doivent s’inscrire dans un programme plus large |4|.
Comme pendant la république de Venise, aujourd’hui dans l’Union européenne et dans la majorité des pays les plus industrialisés de la planète, l’État est en osmose avec la grande banque privée et rembourse docilement la dette publique. Le non remboursement de la dette illégitime, la socialisation de la banque ainsi que d’autres mesures vitales seront le résultat de l’irruption du peuple comme acteur de sa propre histoire. Il s’agira de mettre en place, sous un contrôle populaire actif, un gouvernement aussi fidèle aux opprimés que les gouvernements de Merkel et de Hollande le sont aux grandes entreprises privées. Un tel gouvernement du peuple devra faire des incursions dans la sacro sainte grande propriété privée pour développer les biens communs tout en respectant les limites de la nature. Ce gouvernement devra également réaliser une rupture radicale avec l’État capitaliste et éradiquer toutes les formes d’oppression. Une authentique révolution est nécessaire.
Eric Toussaint
L’auteur remercie Pauline Imbach, Stéphanie Jacquemont, Damien Millet et Claude Quémar pour leurs conseils.

Notes

|1| Voir David Graeber, Dette 5000 ans d’Histoire, Paris, Les liens qui libèrent, 2013 ; Thomas Morel et François Ruffin, Vive la Banqueroute !, Paris, Fakir Editions, 2013.
|2| Fernand Braudel, Civilisation matérielle, économie et capitalisme. XVe-XVIIIe siècle, Paris, Armand Collin, 1979 ; David Graeber, Dette 5000 ans d’Histoire, Paris, Les liens qui libèrent, 2013.
|3| Le secteur bancaire devrait être entièrement public à l’exception d’un secteur coopératif de petite taille avec lequel il pourrait cohabiter et collaborer.
|4| Voir Damien Millet et Eric Toussaint, « Europe : Quel programme d’urgence face à la crise ? »,http://cadtm.org/Europe-Quel-progra…, publié le 10 juin 2012. Voir également : Thomas Coutrot, Patrick Saurin et Éric Toussaint, « Annuler la dette ou taxer le capital : pourquoi choisir ? »,http://cadtm.org/Annuler-la-dette-o… publié le 28 octobre 2013. Enfin voir : Que faire de la dette et de l’euro ? http://cadtm.org/Que-faire-de-la-de… publié le 30 avril 2013.

Eric Toussaint, docteur en sciences politiques, est président du CADTM Belgique (Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde, www.cadtm.org) et membre du conseil scientifique d’ATTAC. Il est l’auteur de Bancocratie, Edition Aden, Bruxelles, 2013 et de Procès d’un homme exemplaire, Editions Al Dante, Marseille, 2013. Il a écrit, avec Damien Millet, AAA. Audit Annulation Autre politique, Seuil, Paris, 2012.

Marchons pour une révolution fiscale contre les privilèges par Jean-Luc Mélenchon


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                           Marchons pour une révolution fiscale contre les privilèges

                   
                                    "Il faut une révolution fiscale !" par lepartidegauche

Documents : 1914-18 : Ce qu'on lisait dans les tranchées

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Guerre de 1914-1918. Soldats français lisant ou dormant au cours d'une trêve dans les tranchées situées dans les Flandres. (©Alinari / Roger-Viollet)

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1914-18 : Ce qu'on lisait dans les tranchées

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Quand ils ne se battaient pas, les poilus dévoraient des romans. Lesquels ? Plongée inédite dans cette incroyable bibliothèque de guerre.

L'automne 1914 fut moins littéraire que mortifère. Avec une moyenne de 800 morts par jour pendant quatre ans et demi, il y aurait presque de l'indécence à se demander ce que lisaient les poilus. Un jeune historien s'y est risqué. Et son travail est passionnant. D'abord parce qu'il nous incite à voir cette guerre autrement. A travers les lectures des soldats français, on saisit l'évolution du conflit dans les mentalités. L'attente, la peur et l'assaut se manifestent aussi entre les lignes lues. 
"On peine à concevoir que, dans ce contexte, la lecture ait pu trouver une quelconque place. Lire semble en effet éloigné des préoccupations du moment, les soldats cherchant d'abord à informer et à rassurer leurs proches." A dessein, via les publicités, les commerçants vantent la solidité de leurs stylos, agendas et carnets auprès de cette clientèle particulière qui tient bon parce qu'elle n'a pas le choix.
Mais après avoir dit aux siens que l'on était encore vivant, le souci immédiat du soldat consiste à s'informer. Dans les tranchées, on lit d'abord des journaux, des quotidiens dont les tirages font aujourd'hui rêver, autour de 10 millions d'exemplaires pour toute la France: "A la veille de la Grande Guerre, livres et journaux dominent l'espace culturel. Jamais autant d'ouvrages n'ont été édités en aussi grand nombre, et jamais la presse n'a été autant diffusée."
"Le Petit Parisien", "Le Matin", "Le Journal" et "L'Echo de Paris" triomphent sur ce marché où un adulte sur deux lit un journal. Contre la censure - moins radicale qu'on ne le pense - et le "bourrage de crâne", "Le Canard enchaîné" fait son apparition en 1915, pour révéler ce que les autres taisent.

"Ce qui manque le plus, ce sont les bouquins"

Et puis il y a les romans. On continue de lire "la Débâcle" de Zola comme pour se persuader que ce qui était dit de la guerre de 1870 et de la défaite de Sedan ne se reproduira pas. Benjamin Gilles rappelle que le taux d'illettrisme de la population était deux fois moins élevé qu'aujourd'hui ! On lisait donc beaucoup, parfois aussi pour se moquer de ce monde militaire qui n'en finissait pas, d'où le succès des "Sous-Offs" de Lucien Descaves.
"Mais si la guerre, en créant un besoin de compréhension et d'explication inédit, a eu un effet moteur dans la propagation de l'imprimé, écrit Benjamin Gilles, elle n'a cependant fait qu'amplifier un processus existant. La lecture n'aurait en effet jamais eu un caractère aussi central dans les pratiques des soldats dans les tranchées si elle n'avait pas été profondément implantée dans la France de la Belle Epoque." 
Les tirages les plus importants de l'été 1914 en disent long sur les goûts: "les Souffrances du jeune Werther", de Goethe (42.000 exemplaires), "la Conquête du pôle Nord", de Charles Guyon (30.000), et "le Prix du silence", de Jean de Belcayre (150.000), le Marc Levy d'alors, de son vrai nom Geneviève de Cézac... Mais, dès les premiers combats, les auteurs allemands disparaissent au profit des "alliés" Mark Twain, H.G. Wells ou Edgar Poe.
27 09 13 BenjaminGilles DR
BENJAMIN GILLES est le responsable du département des périodiques à la Bibliothèque de Documentation internationale contemporaine (BDIC) à Nanterre, et l'un des commissaires de l'exposition «Vu du front» prévue en 2014. (©DR)
A la fin du mois d'octobre 1914, l'historien de l'art Elie Faure écrit à sa femme : "Ce qui manque le plus, ce sont les bouquins." Et, dans les tranchées, on retrouve les habitudes de lecture de la vie civile, comme le montre l'étude de Nicolas Mariot ("Tous unis dans la tranchée? 1914-1918, les intellectuels rencontrent le peuple", Seuil, 490 p., 24 euros) avec des universitaires tel Marc Bloch qui dévore des ouvrages de sciences humaines sous la mitraille. Le pouvoir d'achat accentue également la distinction.

250.000 exemplaires pour "le Feu" de Barbusse 

L'équation économique entre le journal et le livre est vite résolue pour un ouvrier qui gagne quotidiennement entre 2 et 6 francs. Le livre coûte en moyenne 3,50 francs contre 5 centimes (1 sou) pour le journal. C'est donc à travers la presse que les poilus lisent les romans, sous la forme de feuilletons. Le plus célèbre d'entre eux paraît dans un journal qui affiche clairement sa devise : "Les imbéciles ne lisent pas 'l'Oeuvre'." 
Les soldats s'enthousiasment pour "le Feu" d'Henri Barbusse. C'est le grand succès de l'année 1916. L'auteur, engagé volontaire, y raconte la vie des damnés de la guerre, en utilisant l'argot des troufions pour donner à son récit le timbre du documentaire. En deux ans, 250.000 exemplaires du "Feu" trouvent des lecteurs, sur le front comme à l'arrière.
Ce livre particulier sert de trait d'union entre les combattants et leurs familles. Barbusse y dit sa vérité, comme il écrivait à sa femme en 1915 : 
Les Allemands tués dans le fond des trous, entassés par endroits, ont des attitudes crispées et suppliantes. On sent que tout a été brisé par cette charge inouïe qui nous a rendu tout ce vaste territoire qui s'étend à perte de vue."
Sigmund Freud, dont deux fils combattent dans l'armée autrichienne, a, lui aussi, pris la mesure du désastre. Il n'est plus l'exalté de 1914. Du côté allemand, hormis les ouvrages de propagande fortement conseillés par le Reich, on lit donc aussi "Deuil et Mélancolie" (1917), où le psychanalyste explique que la perte d'un être cher ne peut être "réparée".
"La lecture, poursuit Benjamin Gilles, a donné, tant aux civils qu'aux mobilisés, les outils mentaux pour comprendre ce qui se déroulait sur le front." On lit Barbusse, mais aussi "Guerre et Paix" de Tolstoï ou les "Pensées" de Pascal. Le médecin Maurice Bedel le rapporte dans son "Journal" (qui sort chez Taillandier le 10 octobre) 
On lit beaucoup pendant la guerre. Et, dans le milieu des officiers, on lit énormément. On s'en tient, bien entendu, aux auteurs de réputation assise." 
Et de citer Zola, Kipling, Rabelais, Montaigne, Baudelaire ou Loti dont "Pêcheur d'Islande» dépassera le demi-million d'exemplaires en 1919. Pourtant Maurice Bedel avoue: 
Ce n'est pas sur un champ de bataille qu'il sied de méditer sur la guerre... Ces cadavres pitoyables vous enlèvent toute liberté de jugement."

8 millions de poilus, un marché de masse 

Néanmoins, avec huit millions de soldats et une guerre qui s'éternise, les poilus représentent un marché de masse : "Les lecteurs sur le front n'ont pas été les seuls à se trouver dans la nécessité d'ajuster leur comportement. Maisons d'édition et rédactions ont été aussi dans l'obligation d'intégrer ces transformations pour proposer à ce lectorat combattant une offre qui cadrait avec ses attentes. La guerre a donc autant touché l'acte de lire que les structures qui portent le développement de la lecture."
Le « Salon de lecture » sur le Front, fin mai 1915. (©Caudrilliers / Excelsior – L'Equipe / Roger-Viollet)
Le "Salon de lecture" sur le Front, fin mai 1915. 
(©Caudrilliers / Excelsior – L'Equipe  / Roger-Viollet)
Après les vendeurs de stylos et de carnets, Larousse propose des petits livres collant à l'actualité militaire, et Charpentier, des classiques au format de poche. Les éditeurs se sont adaptés à la demande et aux nécessités de ces liseurs particuliers. La guerre de positions favorise la lecture, celle de mouvement la contraint. C'est une évidence.
Ajoutons à cela la fatigue nerveuse, les bombardements et la frayeur de mourir. "Le temps consacré à la lecture est court et fréquemment interrompu", explique Benjamin Gilles. On comprend mieux le succès des feuilletons vite lus, des textes courts, de la poésie ou des anthologies. Vigny, Molière ou Constant se trouvent ainsi fréquemment dans les poches des uniformes bleu horizon. Témoignage d'un poilu : 
Je me dandine, engoncé dans ma capote toute raide de pluie, le front alourdi du casque. Et je regarde. Puis, pour ne plus regarder tout cela, je me mets à lire dans un tout petit bouquin jaune à 2 sous 'les Liaisons dangereuses', en mangeant un reste de riz au chocolat, lourd, glacé, âcre de fumée, délicieux."

A partir de 1916, après l'échec de l'offensive de la Somme et ses plus de 50.000 morts en une seule journée, s'installent l'idée d'une guerre longue et la nécessité de sortir mentalement de l'enfer. On lit donc du Courteline, du Jules Verne ou "la Fiancée du corsaire", de Paul Féval fils. Côté allemand, on reste dans la littérature patriotique. "L'intérêt pour la lecture, écrit Benjamin Gilles, se manifeste à nouveau au sortir de la crise militaire de 1917, et celle-ci joue un rôle moteur dans la réflexion sur la place de l'imprimé dans les tranchées."
Ces lectures finissent par nous donner une autre vision de la guerre, loin des élucubrations nationalistes des intellectuels qui sévissent à l'arrière. On ne lit pas pour oublier la guerre, mais pour s'oublier soi-même, pour échapper un instant à l'évidence d'un destin funeste, pour ne plus penser à ceux qu'on ne reverra peut-être pas, parce que la littérature, comme la prière, c'est ce qui reste quand tout s'effondre autour de soi. C'est elle qui permet de durer, quitte à mentir sur une réalité trop horrible. Benjamin Gilles rend fort bien cela. Et il montre qu'il y a toujours à dire, un siècle plus tard, sur cette histoire qui n'en finit pas de finir.
Laurent Lemire
Lectures de poilus : 1914-1918. Livres et journaux dans les tranchées,
par Benjamin Gilles, Autrement, 340 p., 23 euros.

Source : cet article est issu du dossier sur 1914-1918 paru dans les pages littéraires du "Nouvel Observateur" le 12 septembre 2013.